‹ Annales agricoles de Roville (volume 2)Chapitre 51 sur 88 · TERRES · texte numérisé non relu

TERRES

SOUMISES A l'aRRBNTBMEN' PARCELLAIRE.

l'* PÉRIODE.

TOTAB.

Pendant 5 ans. . . .

Moyenne d'un an .

Pendant 5 ans .... Moyenne d'un au. .

Pendant 5 ans ....

Moyenne d'un an. .

Pendant 15 ans. . . .

Moyenne d'un an

suiï

ENSEMBLE DE L EXPLOITAT:

Total.

Pendant 15 ans. . . .|6 75 Moyenne d'un an sujO 45

MOYENNE PAR AN SUR un HECTARE.

du produit

de. frais

brul.

de culture.

du produit net.

VE LA GBAlfDB BASTIDE. 303

Des terrains saunUs^i Varrmtement parcettaire.

Il nous reste peu de choses à dire sur cette partie du revenu de rexploitàtion. Les terres à grande culture sont réputées bien affermées en Provence lorsque la rente s'élève à quarante francs par hectare. Le tableau N^ 2 démontre qu'en cédant ainsi diverses parcelles du liomaine, nous les avons affermées au dessus de ce taux; la variation du revenu par hectare, dans chaque période, ne résulte que de celle qpii a existé dans le prix des grains , cette rente se payant en nature. Des motifs de divers genres nous ont déterminé à continuer ce mode d'arrentement pour une certaîneportion des terres du dcmiaine. Les firais quifigurent sur cette partie du revenu se composent des importions, et d'une petite somme annuelle que nous donnons à IHm des principaux rentiers qui est chargé d'opérer la rentrée de toutes les rentes.^ sans non-valeurs.

Terrains consacrés à la vigne.

Le produit de nos vignes paraîtra peut-être fidUe, ainsi «que les frais de culture. Nous sommes à cet ^ard placé dans une position particulière et spéciale. Nous avons dû tirer parti de la résidence à Paris du propriétaire du domaine que nous exploitons ; nos vins s^embarquent à Marseille, et se rendent à la capitale comme vin de table. Pour conserver un débouché aussi avantageux, nous devons plutôt viser à la qualité qu'à la quantité ; c'est pourquoi nous ne fumons jamais les vignes ; d'ailleurs celles de notre exploitation ont été plantées dans les parties de terrain de qualité inférieure et très-propres à donner un vin plus délicat et plus spiritueux. Sur 31 hectares de vignes, une seule pièce de 16 hectares est plantée à plein et cultivée entièrement avec la charrue de M. Lacaze, de Nimes, ditetnyne-

âO»

i>ôirAi[inK

ronne, qui, attelée d'un seul mulet, fouetionne bien dans les sols légers. Dans tes vignes plantées à Ùuliêres , la charrue de Roville laboure les intervalles, et chaque rang reçoit les deux façons à la bêche. La vente de nos vins à Paris étantun fait conunercial et non agricole , nous n'avons pas dû faire entrer son influence sur les résidtats de nôtre gestion. Dans le produit brut que nous énonçons, nous avons évalué les récoltes de vin au prix courant de diaque année comme si nous avions vendu sur les lieux. Les bénéfices fôits à Paris jse sont élevés pendant 15 ans à plus de 2500Ô fr. , sonmie égsde au produit brut de nos vignes.

moyenne annuelle .

d^hecUtes en vignes, j

rëcQ

sûr TénsémMe de Pexploiunion.

hé»

un hectare.

Première période. . ' Denxièitie ^pëdode.

Ti^iâiae t^iënode

iBién que les trois systèmes dé culture aient été ^ëdalement appliqués aux terres soumises à Tassolemént , leur influence s'est aussi fait sentir sur les vignes ; elle résulte delà Êicilité avec laquelle nous avons exécuté tous nos labours depuis radot)tion de la charrue de Roville; nous avons pu, âans les deux dernières périodes, donner plus de soin à no£ vignes , tlont la grande étendue ne permettait pas toigours, sous le régime ded jachères, de donner tous les labours convenables; les charrues du pays exigeant plus de£Drce et faisantbien moins de travail dans.un temps donné. La progression des produits est bien marquante sur les vi*

DK LA <»A1IDB BÂSTIDB. 3§S

(HeB : 5 hott» 23 Ik . pur hfidm, dans là pimiièie périiMte ; %

Si la progremoa n'est pai la même «ur la veywu net pat hectare f il fiiut l'attribiwr an pria moyen de la vente qm a yarié, aaveir: 10 fr. 09 c. rheotalilie , dans la preasière période, fi fr. 24 c. dans la seconde» et 8 fr. 33 e. dans la troiiiéBie période.

Le revenu moyen de 36 fr. 6â c. par heetare , que nnna avons atieint pour les vignes, dnsla tenîaënM période, est aases âevé pour des terres d'une inliMoiité de qnaMlé re-> connue, et qui tappcyrteraieiit moins , quelque fût l^sssolement qu'on adopterait.

Ttrreê iomùàBi unx asêokn^ê.

Cette partie de l'exploitation est celle qui a toujours fixé le plus ^écialement notre attention; c'est là notre véritable champ d'expérience, celui où nous avons tenté d'appliquer les méthodes de culture du nord, en les modifiant ; c'est là que la charrue de Roville creusant profondément le sol , a amené un ameublissement tel que le chiendent a totalement ^sparu, soit par Faction brûlante du soleil après les gros labours d'été , soit par le gel après ceux d*hiver , scit enfin parce que cette plante, ainsi que Ta constaté M. de fiombasle, ne peut exister sur un terraiii entièrement ameubli. La culture du sainfoin , qui avait de la peine à s'accMmater dané notre exploitation avec les fabours si imparfaits des charrues du pays, devint florissante après Padoption de celle de Rovi&e ; il nous a même été permis de cultiver' la luzerne dans la dernière période , pendant laquelle cet iastrument perfectionné était exclusivement eimployé pour nos labours. Nofjs avons opéré le défoncement de quelques pièces de terre, en faisant passer deux eharrues, rune après l'autre , dans le même sillon ; la grande de Roville d'abord, attelée de 6 mulets , suivie de la moyenne sans le versoir, . ÎO

306 DCWAIIIB

«ttdée dé â mvlflto; et nous obtenions par cette combi^ison un guëiret uniforme et sans arête , de la profondeur de i^ ponces ^ sor lequel les luzernes ont parbitanent réassi. Cette méthode a été appréciée; eUe peut être fort utile à la Provence, où la profondeur des labours est enoore pfais nécessaire que l'abondance des >enfnns. Sous notre dknat sec, dans un sol trop fortement fimié et labouvé peu profondément , r^igrais devient une caoïe de plus de destruction des plantes, dans les grandes sécheresses. Tandis que , même sans engrais, les plantes arrivent toujours à là fin de leur végétation, sur un terrain profondément labouré. Les terres fortes et dans une situation basse, comme les nôtres , reçoivent une amélioration considérable des labours profonds ; mais si elles sont traitées par les labours ordinaires , elles donnent des récoltes médiocres , parce qu'elles sont sujettes, pendant l'hiver, à la stagnation des eaux qui fait pourrir les racines des plantes, et à une sécheresse extrême, en été, saison pendant laquelle les rayons brûlants du soleil les font crevasser dans toutes les directions, et exposent les racines à leur action meurtrière. Ces deux inconvénients majeurs ont pour cause le sous-sol argileux, qui , n'étant jamais atteint par les labours impar&îts , reste compacte, empêche par son imperméabilité naturelle la filtration des eaux pluviales, et les retient en trop grande abondance dans les couches supérieures , trop minces pour résister plus t^rd à l'ardeur du soleil d'été qui enlève bien vite toute leur humidité. Les labours profonds, au contraire , rompant la forte couche d'argile du sous-sol , permettent à Feau de descendre beaucoup plus bas que les racines des céréales, et de leur communiquer, même à l'époque des plus fortes sécheresses , une fraîcheur constante et salutaire , en formant au-dessous d'elles un réservoir naturel dans lequel elles se plongent, et qui, par l'elTet du soleil pendant les grandes chaleurs , fournit une humidité suffisante dans les couches supérieures.

DB LA GAANIfB BASTIDE. Ml

* Les résultats présentés sar le tableau N"^ 2, déiÀontrent, d'une manière iiicontestaUe, rinfluencedes systômes suivis sous chaque période, puisque le revenu net par hectare a été:

Sous les jachères , de 19 fr. 68 c.

Sous les prairies artificielles , de. .61 50. Sous la culture perfectionnée, de. 67 26.

Ainsi que nous Tavons déjà dit , une terre, en Provence, soumise à la grande culture , passe pour être bien affermée Torsqu'on obtient 40 fr. par hectare , de rente ; c'est du moins la base que Ton prend pour les achats de propriétés d'une étendue moyenne de 25 à 50 hectares, celles au-dessous étant plus chères , et celles au-dessus , généralement fi^tées à un. plus bas prix, lorsqu'elles n'ont pas été l'objet d'améliorations spéciales. Ces chiffres démontrent , dès le premier aperçu , que la grande Bastide n'était pa;s bien tenue à l'époque de notre entrée , puisque , malgré de notables améliorations dans les soins donhés pendant la première période, nous ne sommes pas arrivé au produit net que le système agricole suivi en Provence permet d^espérer, lorsqu'on l'applique dans une ferme d'une étendue assez restreinte pour que celui qui exploite soit plus fort que sa ferme. Cette différence est représentée par celle qui existe entre la rente commune de 40 fr. et 19fr. 68 c. , rente obtenue par nous pendant la continuation du système des jachères.

La seconde conséquence à tirer de ce rapprochement, c'est que Tintroduction des prairies artificielles donne les moyens de dépasser cette rente commune de 40 f. ))j> c^

Puisqu'en la comparant avec le revenu net par hectare de la période des prairies artificielles , qui est de .61 f- 50 c.

On trouve une différence en plus de 21 f. 50 c.

3M BûiiÂiin

c'est-à-dive, iotaiil an-dessiit de k nml« coamoney que la somttie dont nom éCioiit rarté aQ-deMms, dans la fttiùdm été jachèros.

Enfin ces résultats prouvent encore qu'en supprimait en plein la jachère, et frisant entrer dans les récoltes sarclées les récoltas racines, on pent encore dépasser lepi^emier succès, et porter le revenu net de l'hectare à 67 fr» 50 c.

L'énorme accroissement des frais de culture dans chaque période, dont le produit net n'est que le cinquième environ sous la culture perfectionnée , est un fait qui mérite de fixer l'attention : toutefois, en comparant cet accroissement avec celui du prodoit net, on verra qu'ils ne suivent pas la même progression , puisque, des jachères aux prairies artificielles, les frais de culture sont doublés, tandis que le produit net est triplé. Entre la seconde et la troisième période , les deux régimes différant beaucoup moins, les frais sont restés à pep près les mêmes; et cependant le produit net de 67 fr; âS c. par hectare, ol^tenu dans la dernière période , dépasse de neuf pour cent celui de la période précédente.

C'est cette énormité de frais de culture qui rend le sort du cultivateur si à plaindre, puisqu en voyant souvent ses récoltes manquer par l'intempérie des saisons, il perd à la fois les bénéfices qu*il espérait et les dépenses énormes qu'il avait faites. S'il n'a pas les avances suffisantes pour recommencer, et attendre des années plus heureuses, il marche chaque jour plus rapidement vers sa ruine complète. La culture alterne, quoique plus coûteuse, a encore c^ avantage que les récoltes et les produits étant plus variés, les risques se trouvent assez divisés pour qu'on ne soit pas exposé à perdre dans une seule année une grande partie du produit brut, comme les fermiers qui cultivent exclusivement le froment.

Eémtiim ^ 9éÊ$ê A ktm.

Aprte avrâr Jeté vm ooup d'œilsur l'ensemlde des résultats db noire ei^Ioitatioii, nous allons en examiner les détails, ^bk de démontrer par des faits positifs Knfluence des trcns ^sternes de eulture sur les diverses branches de revenu, l'éduoation des bétes à laine forme le pivot sur lequel doit rooler tout système de eulture qu'on voudra introduire on Arovence, parce que, dans nos contrées, ces animaux peuvent seuls consomma: avec avantage les produits des prairies mrtificielles et des récoltes sarclées, et les convertir en produits vendables, tels que les agneaux, la laine, le frénkage. Nous commençons donc par &ire connaître la situatkm du troupeau de bétes à laine, et les influences exercées sur son produit par les divers systèmes de culture , l9n isolant les faits pour chacune des périodes que noua avons déjà indiquées. Le» résultats obtenus sont d'autant plus romarquables, quavant nous la grande Bastide n'avait Jamais possédé de troupeau, et que généralement <m croyait dans notre canton qu'il n'était pas possible d'y tenir un tlmipeau pendant toute Tannée ; cette croyance était si bien aeeréditée> que l'un de nos voisins» possédant une terre presque deux fois aussi grande que la nôtre , entraîné par I4 force de l'exœiple, ne s'est décidé que depuis cinq ou six aUs seulement ^ à tenir aussi un troupeau.

J 94aoQO-v4

SA

1 (S û oô

«cN tN IQ ^

Page 1