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et de \ieux ehénes qui ^endenl au loin leurs rameauX4 La contenance de ces diverses pièces varie de 40 ares à 10 hectares. Le terrain a partout assez de pente pouk permettre récoulemeat des eaux, et pas assez pour que des ravins puissent se fiormer. Si on en excepte environ 3 hectares de terres argileuses , les terres du domaine sont en général légères , contenant beaucoup d'humus sans ap* parence de calcaire. Ce sont ces mêmes terres que les na* turalistes ont appelées sol volcanique de la haute Auvergne. L'épaisseur de la couche végétale est quelquefois de plu^ sieurs pieds » quelquefois superficielle. Le sous-sol est pierreux, graveleux et rarement argileux. La marche des instromeAts est souvent gênée par des Uocs de pier«> res et de roches basaltiques qui se montrent à la surÊice. Quelques-unes de nos pièces recèlent aussi des prismes de basalte de plusieurs pieds de long. Ces terres abandonnées à elles-mêmes se gazonnent avec une facilité extraordinaire, et les bons pacages qu^elles produisent, lorsqu'elles sont bien fumées et bien soignées , ont donné H|ynn||n de Salers la grande réputation dont il jouit dans le département pour l'élève du bétail. Le seigle y végète avec vigueur , ainsi que le sarrasin et les pommes de terres
L'industrie principale du pajs s'exerce sur le bétail à cornes. On y fabrique des fromages très-estimés , et Fou exporte une grande quantité de bétail, surtout de bœufs de Tâge de 3 ou 4 ans , qui se distribuent dans le Poitou, le Berry , le Nivernais et la Franche-Comté, etc. Aucune contrée de l'Europe, d'après le témoignage de M. Grognier, n'ex» porte, pour une sur&ce de territoire égale, un aussi grand nombre de tètes de gros bétail que la Hanté* Auvergne ; et la race de^ Salers est une des plus estimées de ce pays. Les bœufs en sont , par leur conformation robuste, très-propres au servic<9 des attelages.
Les hivers sont ici ordinairement rigoureux et longs ;
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et les premières gelées qui ont lieu assez souvent dans la dernière quinzaine de septembre , rendent fort chanceuses les récoltes de sarrasin, qu'on n'ose d'ailleurs semer avant les premiers jours de juin , les gelées tardives se faisant presque toujours sentir jusqu'à cette époque. Les neiges qui d'ordinaire commencent à tomber vers le milieu de novembre, protègent nos récoltes semées en automne Jusqu'en février et mars. Mais souvent dans ce dernier mois et aussi dans le courant d'avril , les seigles tardife ont tout k craindre des gelées qui ont lieu dans ce temps. T^ous avons encore des dernières neiges en avril et mai, mais ordinairement à cette époque elles ne font que tomber pour disparaître. L'épaisseur de la couche de neige, prise dans un endroit où elle n'avait pas été poussée par le vent, a varié cette année de 6 à 14 pouces. Le raisin ne mûrit pas ici eii pleine terre : on ne l'obtient que dans les jardins, dans des lieux parfaitement abrités, et encore n'atteint*il pas tous les ans le degré de maturité désirable.
Ce pays est doté d'une race de bêtes à cornes qui passe avec raison pour la plus belle du département. Le^aG|p» sont généralement du poids de 400 à 450 kilogrammes ea vie. Les fromages de Salers sont aussi les plus renommés du Cantal. Les habitants de ces contrées sont plutôt pasteurs qu^agriculteurs ; les neuf dixièmes des terres sont en prés ou pacages, et un dixième seulement produit le grain qui , la plupart du temps , est insuffisant pour nourrir le fermier. Voici à peu près la division ordinaire de leurs terres. '^A chaque ferme se trouve attachée une montagne où l'on conduit les vaches dans la dernière quinzaine de mai, pour les en retirer dans les premiers jours d^octobre. Les terres autour de la ferme sont un tiers environ ea prairies naturelles ; les autres, en pacages qu^n rompt ordinairement tous les cinq ou six ans, par quart ou par cinquième. Sur le défrichement, on sème du sarrasin qu'on fume ou
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qa'on ne fiime pas, suivant qne le terrain Ta été par le parc deâ yaches. Au sarrasin succèdent ordinairement trois céréales consécutives et quelquefois quatre. Ce sont deux et tirois seigles et une avoine qu'ils tirent de cette sole , avant de laisser croître un nouveau gazon. Ils ont toujours le soin de finir leur rotation par un seigle qui , laissant la terre plus sale que Fautre céréale , est par conséquent plus propre à remplir le but qu*ils se sont proposé. Il n'est pas rare 'dé voir , dans les premières années de rétablissement de ces pacages, une moitié du terrain couverte de diiendent. Le parc des vaches qu^on passe ordinairement sur ceux nouvellenient établis, fait succéder à ces plantes parasites les trèfles, les ray-grass et toutes les herbes succulentes qui constituent les Inms pacages du pays. Il arrive souvent, lorsifue ceux-ci ne sont pas abondamment fumés , que les genêts de toute espèce viennent s^emparer du tcnrain. De là résulta qu'ils éprouvent une grande difficulté pour rompre «nsuitct, avec leurs attelages composés de jeunes bcBu&, ces forêts de genêts. Ces terres restant alors pauvres, on en tire peu de produit lorsqu^on vient à les rompre. Elles ne donnent guère que deux récoltes consécutives de cé-^ réaies , pour ensuite revenir à leur état primitif. De 1à deux classes bien distinctes dans leurs terres arables : les premières , fumées ou parquées par le bétail k cornes, et qui prodiHsent les meilleures herbes du domaine. Ces pacages, comme c^est assez naturel , sont destinés aux bestiaux qu'on apprécie le plus sur la ferme. C'est là-dessus que sont ordinairement engraissés les bœufs. Les jeunes bestiaux sont nourris .dans les pacages de secondé classe, au milieu de ces genêts si épais, qu'ils peuvent, à peine placer leur museau pour atteindre les herbes rares qui croissent dans les intervalles des arbustes. Les terres de cette seconde classe , qui forment environ le quart des terres arables du domaine d^Escous , plus légères que celles de la première,
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peuvent eUes-mèmes ie subdiviser ea deux classes bien distinctes, dont la plus pauvre, constamment coavertede bruyères et qui ne produit une récolte que tous les trente ans, n^est qu'une dépaissance de moutons. Le domaine contient, de ces dernières, de 6 à 8 hectares. J^ai la certitude que même celles-ci , dïondanvnent fumées , donneraient des récoltes satis&isantes. Je me propose d'y essayer plus tard comme engrais , les récoltes enfouies en vert. C'est sur des terres de cette nature que Ton pratique généralement récobuage, dans le pays.
Le fermier du domaine d'Escous entretenait 40 vaches et leur progéniture, qui était vendue vers Tâge de trois ans. Les vaches étaient généralement médiocres et mal entretenues , parce que c'était un capital qui appartenait au pro* priétaire. Cet usage est assez général dans ce pays, parce que peu de fermiers seraient en état de se procurer le capital en bestiaux. C<»nme les baux sont co9rts, le fermier a toujours devant les yeux Tépoque de sa sortie, et ne s'^occupe que de soigner les élèves dont il fait de Targent, en choisissant les animaux qui ont le moins de valeur, pour remplir les vides dans la vacherie. Le fermier entreteùait de plus 150 à 200 moutons. Le propriétaire avait en réserve quelques terres et prés autour de son habitation, et entretenait quatre à six vaches, avec les élèves qui en provenaient. Ces animaux, mieux nourris et mieux soignés que ceux du fermier, étaient incomparablement plus beaux.
Le foin récolté à Escous était insuffisant pour nourrir pendant Thiver les bestiaux qu'on avait tenus pendant Tété dans les pacages. Il Êdlait, en moyenne, ajouter 40 milliers de foin aux provisions fournies par les prés^ U est assez commun iciqu*uu fermier achète beaucoup de foin pour passer son hiver. On n'a p^ d'exemple, du moins je n'en connais pas , qu'un dVntre eux ait jamais essayé
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d'introduire quelque amélioration propre à le dëUimr d'usie ri lourde charge. C'est en vain qu'ils voient partout croître les trèfles naturels , ils n'ont jamais eu Tidëe d'en couvrir une certaine étendue de terrain pour suppléer à la disette de fourrage. Une autre cause qui ne contribue pas peu à k disette des fourrages, surtout dans les années sèches, coDune celle qui vient de se passer , est le déprimage des prés : on nomme ainsi Faction de faire pâturer les vadies dans les prés, au printemps. C'est la plus ruineuse pratique qui puisse exister pour le fermier auvergnat. Elle est encore la conséqumice de la disette de fourrage qui se Êdt sentir au printemps ; mais elle tend elle-môme à reproduire cette disette; car j'ai reconnu avec évidence, depuis mon séjour ici, que le d^rimage diminue dans une trèSngrande proportion la téédite du foin.
Il n'est pas douteux pour moi que tel fermiar , qui cette année, a acheté 40 milliers de foin au prix de 36 francs le millier, prix actuel , n'eût obtenu dans les quatre dernières années , par la suppression du déprimagë , ime amélioration assez grande sur les prés , pour avdr récolté Tété dernier bien au-delà des 40 milliers. Que serait-ce donc , si ayant introduit dans son exploitation quelques hectares en trèfle, il avait en sus ce fourrage poiu* parer aux cas fortuits? L'irrigation des prairies est , au reste , une pratique généralement répandue dans le pays, et elle y est assez bien entendue, du moins pour la cotiduite de l'eau qu'on y introduit ; mais on ne Ëiit généralement rien pour èébarrasserles prés des eaux souterraines qui infestent plusieurs de l^rs parties, et qui leur font produire des herbes de très-mauvaise qualité. Des saignées couvertes seront nécessaires pour améliorer sous ce rapport plusieurs prés de la ferme.
J'arrivais à Escous en mars 1834 , et le fermier n'était à terme qu'au 25 du même mois 18âë , en sorte que j'avais une
année entité pour étudier le pays. Nous pourions d'idllèurs fidre en petit nos premiers essais, sur la réserve. Les fourrages artificiels foreat comparativement essayés sur divers points. M' Tyssandier avait eu soin , avant mon arrivée , de faire semer sur quelques parties de terre du trèfle commun. Ces premiers essais furent heureux, et je suis certain aujourd'hui qu'il est peu de pays où cette légumineuse réussisse aussi bien. Nous essayâmes aussi les pommes de terre et les vesces.Les premières me donnèrent 300 hectolitres à l'hectare , et les vesceshuitmilliers. Nous fimes usage dans ce même temps de tous les instrumepts perfectionnés d'agriculture, de la houe à cheval , du buttoir, de la charrue de Roville. Pas une femme n'entra dans les pommes de terre avec son sarcloir : la houe, à cheval et le buttoir se chargèrent de toute la besogne qui ne laissa rien à désirer. La charrue simple fonctionna aussi sans la moindre difficulté. Au 25 mars de l'année suivante, je me trouvai à la tête de la ferme de Roche-Ëscous. Je dois faire observer que, dans le courant de cette première année, je préparai, sur les modMes que j'avais apportés de Roville, mes cahiers de comptabilité ; je me proposais de la tenir en partie double : j'en avais pris l'engagement avec le propriétaire. Je visitai aussi vers cette époque les plus belles vache* ries des environs.
Dans un pays où les prairies artificielles me paraissent si. bien réussir, où la race des bestiaux est estimée et recherchée même des contrées reculées, où un commerce considérable en fromages assure au producteur un débouché toujours. certain; dans un pays enfin où, vu l'intempérie des saisons, on ne pourrait , sans s'exposer- à de graves uiécomptes , hasarder la culture de certaines plantes fort lucratives ailleurs : créer des fourrages en grande abondance, et par suite produire des fromages et des bestiaux, fut le but vers lequel il me parut dès Tabord qu'on devait tendre. Les terres du domaine me paraissaient aussi fort convenables pour la production des ce-
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Téales. Des renseignements déjà pris, et rexpériencede ma première année, m'annonçaient que les seigles pourraient être cultivés sur une^Ius grande surfiice qu'ils ne Tavaient été jusqu'alors. Amoins d'hivers asseï rigoureux pour détruire la ré- <;olte, on peut compter, dans ce pays-ci, de 20 à 25 hectolitres de seigle, par hectare, en moyenne, et le prix de cette céréale est aussi compté en moyenne 24 f. les 160 litres : soit 15 f. rfaect^tre. D'un autre côté, les p;îturages, en y comprenant la montagne, étaient insuffisants pour entretenir pendant îété le nombre des bestiaux que nous pourrions nourrir pendant iliiver, en adoptant sur la ferme de bonnes méthodes de €ulture.FalIait-iI abandonner le système des pâturages pour la nourriture à Tétable, si vantée et réellement si avantageuse dans d^autres localités ? A cet égard je n'eus pas longtemps d'hésitation , et je fus bientôt convaincu que la méthode ordinaire du pays était réellement beaucoup plus profitable dans la localité. Mais devions-nous conserver à Tétat de pâturage, des terres voisines de Fexploitation, dont nous pouvions tirer de riches produits par un bon système de culture? le fus €$Bcore bientôt convaincu que, diaprés le bas prix où «e louent les pâturages dans les montagnes , il serait beau- <!oùp plus ptofitaMe de ch^cfaer là toute la nourriture d^été An bétail, tandis qaV)n emploierait les terres de la ferme à lui procurer une abondante nourriture pour Thiver. Je vis dans cette marche lé moyen d'accroître considérablement le nombre des bestiaux ^itretenus jusque là dans Texploi talion. * Tel est le plan que J'ki conçu pour l'amélioration de ce domaine; et tout ce que j'ai pu observer pendant deux années de séjour ici , ' m'eoJût considérer le succès comme infaillible, 'Ces deux années ont été consacrées aux essais divers de culture qui devaient servir à fixer définitivement mon opinion ^t celle dû propriétaire. Mon premier soin fut de semer en trèfle toutes les terres que le fermier nous' avait laissées sée mées en céréales. Nous avions ensemencé également en trèfle^
Tannée auparayant, tous les seigles de la réserve qui n'ont pas donné l'année suivante moins de 20 milHers à rbactare.
Dans €0 même temps, je mis entre les mains de mes domestiques la charrue de RoviUe qui devait remplace le mauvais petit araire du pays, si peu propre, dans quelques circonstances que ce soit, à exécuter un labour passable. Cet instrument estsiimpar&it, qu'après avoir donné avec lui six labours, et employé beaucoup de peine à briser les mottes à la main , on est loin d'avoir mis le sol en aussi bon état à» culture qu'il l'est après deux labours exécutés par la charme de Uoville et un hersage. Mon étonnement fot extrême lorsqfoa je fus témoin de la docilité de ces bonnes gens qu'on m'avait peints comme les êtres les plus insouciants et les phis indociles de la terre. Pas un d'entre eux n'a mis de la répognanoe à prendre les mancherons des instruments que j'ai introduits ici. A la vérité, j'ai secondé cette bonne volonté par tous les moyens possibles. Je connaissais trop les avantages des instruments perfectionnés, pour négliger ces soins; car le Cantal est ,peut-être^ de tous les dépa^rtemients de laFrancQ,l^plus arriéré dans l'art de travailler la terre par la dbarrua. L'administration qui paraît l'avoir compris ^ sembl^ait vouloir <^oo|ider mi pçu les propriétaires qui désireraient iati qduire dies eux quelque amélioration dans ce genre. Oa a établi i cet e&tA des concours qui porteront leurs fruits , s'il soQt eontînuésw
J'ai pu, iaê^s toutes les périodes de ma pratique agricole, apprécier tout ce que peut une bonne ciriiture nm une terre , mais jamais d'une manière plus évidente qçe cette année. Les récoltes de printmnps, généralement mauvaises ailleurs , se sQut Êdt distinguer cbe^ omis par un luxe dp végétation peu conunun dans ces. coptrées. Les avmnes, qu'on sème ici toujours vers la fin d'avril j n^ont pu rénster à uqe fo^e sécheresse. La plus grande partie a d^^ être piiturée sur place. La nôtre, au contraijje, a dçnné 90 hectolitres à l'hectare. No«i sarrarâiB c^iit été avs» tÂ^ siuy^^im & ^mf.
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des voisins. Qu'avions-nous tait de plus qu'eux pour être ainsi fovorisés? mejoai kbouré , et rien de plus. Tout le intmde^dans le voisinage, a pu remarquer le contraste bien' frappant entre un champ dépendant du domaine et celui d'na voisin , tous les deux plantés en pommes de terre et séparés l'un de l'autre par un trait de charme seulement. La différence de récolte obtenue prouve jusqu'à l'évidence la supériorité de notre travail. Les voisins s'étaient habitués depuis quelque temps à vcdr leurs récoltes plus belles que celles du fermier d'Escous; Pourrait-on dire que notre supériorité provient de la fumure? Si cette objection peut 6tre valable plus tard y je ne crois pas qu'elle le soit aujourd'hui ; car , dans aotre début, nos terres n'ont pas été mieux Aimées que celles des voisins. C'est par Teffet de la même cause que nos seigles semés en automne sont tous >' sans exception , les plus beaux de la contrée. La charrue de* RoviUe et aussi les autres instruments perfectionnés se recommandent tous à nos agriculteurs , non seulement sous le rapport de la p<»fection du travail, mais encore sous celui' de la promptitude avec laquelle ils l'exécutent ; et cette considération seule devrait suffire pour les faireadopter, dans un pays où la saison de travailler la terre se trouve resserrée dans des limites plus étroites que partout ailleurs.
Avant de parler de l'assolement que nous croyons le plus convenable d'adopter ici, et delà quantité de bestiaux que le domaine pourra nourrir , je vais dire comment se sont* comportées nos récoltes l'année dernière. Comme je l'ai fil plus haut , nos trèfles nous ont donné 20 milliers à l'hectare ; les vesces, semées 5 juin , et récoltées fin septembre ^ fâ milliers; les pommes de terre, 462 hectolitres à l'hectare : c'est le maximum de ce que j'ai récolté en (dein champ depufs que je cultive; le sarrasin, 31 hectolitres à l'hectare. H &ut dire néanmoins que ces diverses récoltes ont été fiâtes sur des surfaces peu étendues : 8 & 9 hectares pour
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le tout; CCS terres n'étaient pas le» ]dus mauvaises du domaine, et l'année dernière a été très-fiivorable. Cependant, la plus grande partie des terres n'est pas inférieure à eeUes-; ci j et j ai lieu de penser qu'avec du temps et une bonne culture, ou amènera même les plus mauvaises parties à des produits satisfaisants.
Le domaine de Roche-Escous , aCEermô en grande partie en denrées ^rapportait net au propriétaire de 5ôOOà6<MM) fr. Si nous cherchons maintenant à quel revenu on peut le por* ter , nous trouvons que les prés ne peuvent être évalués à un produit moindre de 120 fr. par hectare. D'après les résultats de ma comptabilité de cette année, ce produit s^est porté à 146 fr. par hectare, tous frais payés, en évaluant le foin à 18 fr. le millier. Mais il ùlvA faire la part des chances des saisons. En les comptant à 120 fr., les 34 hectares de prés présenteraient un produit net de 4080 fr. Quant aux 79 hectares de terres â^ablçs, je ne doute guère qu*à Taide d'un hon système de culture alterne , on ne puisse en porter prompteinent la plus grande partie à un produit égal, par hectare , et les plus mauvaises portions pourront , je pense , aussi y être amenées avec le temps. Dans cette évaluation je n'ai point Êdt entrei^ la montagne, dont le produit, d'après les prix ordinaires^ peut s'estiBoneràraiso» de 30 fr. l'hectare. Le produit de cette montagne ainsi qu^une grande partie de ceux de la ferme , devront se réaliser par l'intermédiaire du bétail, sui^vant le système général de culture du pays.
Nous nous sommes déterminés, en effet, à adopter saM restriction, sur le domaine deRoche-Escous, un sjystème de culture alterne , en même temps que le système pastoral usité dans le pays. Le bétail passera les. étés surla montagne, à l'exception des bœufs de travail qui seront nourris . tonte Tannée à l'étable , et des jeunes bœufs de^ 3 ans destinés 4 êUe vendus dans Tannée. Ces derniers seront nourris w:-
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un pAtorage qui fera partie de notre assolement. Le resté du bétail descendra des montagnes aux époques accoutumées , pour consommer sur place la dernière herbe des prés que la &uix n'aura pu atteindre.
Nous venons d'affermer tout nouvellement une montagne propre à nourrir 36 têtes, et attenante à celle que nous aviOQiï déjà. Nous augmenterons ainsi nos ressources pastoral^ à mesure que le besoin s'en fera sentir. A l'entrée de l'hiver nos bestiaux rentreront dans les étables, où ils seront, je pense , abondamment nourris par les ressources que nous offriront nos prairies artificielles et nos racines, jointes au foin de nos prés.
L'assolement que je me propose de suivre sur 64 hectares que nous mettons en culture (les bruyères devant dès le principe nous absorber trop de fumier, ne seront exploitées que plus tardj) , est de 8 années , comme il suit : 1" année, pommes déterre fumées ; 2* Vesces de printemps aussi fumées ; 3" seigle ; 4' trèfle ; 5* trèfle ; 6* pacage ; 7® sarrasin fumé ; 8"^ seigle. Je ne m'étendrai pas sur les motifs qui m'ont engagé à suivre cet assolement de préfërence à tout autre. Je me contenterai de dire que j'ai pris en considération les diverses circonstances locales. Il ne remplit peut-être pas toutes Ie& eoçiditions que l'on regarde généralement comme essentielles à un bon assolement ; mais il me semble qu'il convient parfaitement à nos circonstances, et son principal mérite est qu'il fournira de la nourriture à un grand nombre de bestiaux. Je me propose de le modifier néanmoins lorsque le temps sera venu, en finissant ma rotation par feux céréales consécutives, deux seigles par exemple ; chose que vous approuverez sans doute dans un assolement aussi long et commençant psur une récolte sarclée suivie d'une prairie artificielle. Je me propose aussi de le modifier en mélangeant au trèfle des graminées dont le succès ici me paraîtra le plus certain. J'en aï
semé en mélaoge avec les trèfles de cette année ; je verrai aa l^rintemps prochain ce que je dois espérer 4e cette pratkiiie, que je crois bonne , parce que nos terres conviennent particulièrement à toute espèce de plantes de ce genre. Au xeste, l'expérience et la comptabilité pourront seules m'apprendre les modifications que je dois y apporter.
Cet assolement doit nous procurer une masse de fourrages qui, jointe à ceUe des prairies naturelles, formera Féquivalent de 600 milliers de foin, d'après ce que j'ai pu observer lusqulci relativement à ces divers produits, ^assolement étant arrêté , nous avons eu à examiner quel serait le moyen le plus profitable de tirer parti de nos fourrages. Deux moyens se prësentai^il : 1* la vente d'une partie ou de la totalité de ces founages ; 2'' les £aire consommer par des bestiaux, et dans ce dernier cas, il ËiUait rechercher quelle espèce de bétail pourrait payer le fourrage au prix le phi^ élevé. Un usage assez généralement répandu chez les fermiers des environs, celui d'adieter chaque année de 30 i 50 milliers de foin, suivant Tét^due de la ferme, me domuût resp(»r de trouver un emploi profitable de nos fourrages. Cette idée me souriait d'autant plus, dans les commencements,, ^'on est généralement daaM l'habitude ici de faire manger le foin sur place ^ en sorte q^e le veQdeui? a enccve pour lui le fonûer. Mais j^ai bientât compris qu'il n'était guère possible d^exécuter ce projet en grand , &. moins de grandes avances en construction de granges* En effet y L'époque où l'on mène, les vaches au foin, pour me secvir d'uuQ expression du pays, étant la même pour t9us les fermiers , il aurait Êdlu autant d'étables que de lots de foin qu'on aurait eu. à vendre ; ce qui aurait nécessité des avances très-considérables. D'ailleurs , le temps n'est peutêtre paj$ éloigné où chacun récoltera sur sa ferme assez de fourrage pour ne pas avoir besoin d'acheter ailleurs : si Télan donné l'année dernière continue encore cette année ainsi
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que les suivantes , il n'est pas douteux pour moi que chacun trouvera bientôt chez lui les ressources qui lui manquaient pour hiverner les bestiaux. Il est à ma connaissance que plus de 25 quintaux de graine de trèfle ont été semés Tannée dernière dans nos environs. Comme on a vu d'ailleurs que nous étions les seuls qui n'achetions pas de foin cette année y il est probable que cet élan se soutiendra, et que les marchands de foin seront oUigés dele£iire consommer par leurs bestiaux. Par tous ces motifs, nous avons jugé qu'il £illait nous déterminer à tenir du bétail , et il restait à examiner de quelle espèce il serait, et dans quelle combinaison il serait entretenu. Il est d'abord évident pour moi qu'il ne saurait y avoir de bénéfice ici dans l'élève des bestiaux autres que ceux du pays. Si les montagnes des Pyrénées conviennent particulièrement aux hôtes à laine ; si les mérinos offrent de grands avantages aux propriétaires du département du (xers, par les fines toisons qu'ils procurent, tQDuvant sur les terres calcaires de ce département une nourriture qui leur convient ; le département du Cantal et le canton de Salers surtout, trouveront longtemps leur richesse dans l'élève de la belle race de bétes à cornes dont la nature les a dotés , et dont les débouchés sont assurés , ainsi que dans la vente des fromages , peut-être susceptibles d'améliorations sous quelques rapports, mais teb qu'ils sont, recherchés au loin.
L'élève des bestiaux et la Êibricatiou des fromages, tels étaient d(«c les débouchés qui s'offraient à la consonunatipa de nos fourrages naturdte et artificiels. Je dis l'élève dea bestiaux et la âbrication des fromages, parce que ces deux branches de l'indostrie agricole doivent marcher ensemble dans I^ montagnes de Salers. Le prix des fromages variant d'une année ^ l'autre , ainsi que celui des bestiaux des différents âges qu'on élève dans ces montagnes , il serait diffi-die, ou pour mieux dire impossible, de déterminer de^
quel côté est le plas grand avantage ; et si, dans le courant d'une année , l'une des deux branches présente du bénéfice sur Fautre, il sera possible <;ue le contraire arrive Tannée suivante. Nous élèverons donc des bestiaux et nous produis rons des firomages , en donnant plus particulièrement nos soins à celle des deux industries qui semblera nous offrir des bénéfices plus certains.
On a généralement Tbabitude dans ce canton d'élever un veau pour deux vaches. La moitié des veaux qui naissent est livrée au boucher immédiatement après la naissance. Bans un troupeau de 40 vaches, on gardera presque toujours 16 mâles et 4 femelles. Quoiqu^un même veau soit adopté par deux vaches , il n'en tette néanmoins qu'une. On le présente à l'autre, afin qu'elle donne plus volontiers son lait. Les veaux , pendant les huit mois environ que les vaches donnent du lait , en reçoivent une plus ou moins grande quantité, suivant leur âge et leur-force. On compte que dans le courant des quatre premiers mois, un quart du lait d'une des deux vaches passe à la nourriture du veau, et le reste est converti en fromage. Dans les quatre mois restants, le veau ne reçoit plus qu'une moitié de ce qu'il recevait d abord. Ainsi , pendant les quatre premiers mois , les 7 huitièmes du lait de deux vaches; sont convertis en fromage , et 1 huitième seulement est destiné à l'élève. Or r on compte généralement que deux vaches produisant en^ semble quatre quintaux de fromage dans le courant de l'année, doivent en faire deux dans les quatre premiers mois, et deux dans le courant des quatre derniers ; quoique la quantité de hit produite dans h seconde pModene soit pas aussi considérable que dans la première, parée que le lait étant à cette époque plus easéeux qu'au printemps , donne également la môme quantité de .fromage. On calcule que dans les quatre première mois, six hectolitres de lait firoduisent un quinte defrçmage, et qu'il n'en b^ ^^
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4 hectolitres dans les quatre mois suivants. On trouve par UQ calcul simple, que le:veau consomme, pendant les quatre premiers mois, l'équivalent d'environ 28 livres de fromage , et à peu près 14 dans la seconde : en tout 42 livres y qui j aa prix moyen de 40 fr. le quintal de fromage, donneraient une valeur de 16 fr. 80 cent, au lait consommé par le veau. Il nous restera à rechercher par l'expérience s'il ne serait pas plus profitable de faire consommer au veau une plu» gr^de quantité de lait , car il est certain que par ce moyen on* fait acquérir aux animaux beaucoup plus de développement. Quatre cents milliers de fourrages récoltés seront suffisants pour nourrir pendant Thiver 80 vadies de montagne qtie nous nous proposons de tenir. I^e reste sera destiné aux bœufs de travail et aux élèves, dont le nombre variera en raison de lexcédant en fourrages que nous obtiendrons sur la quantité nécessaire pour nourrir les vaches. Une vacherie ainsi nourrie doit donner au moins trois quintaux de fro- Qidge par tête, en supposant le système de deux vaches par yeau, comme cela est usité dans le pays. J'ai pour garant de cette prévision l'exemple de plusieurs bonnes vacheries de nos environs, où Ton dépasse le produit de trois quintaux de fromage par tète, au moyen d'une abcmdante nourriture d'hiver et des soins attentifs donnés aux vaches pendant Vannée. De bons pâturages pour Tété sont sans doute une condition indispensable pour l'abondance des produits; mais ce n'est pas la seule , et twt le monde sait, dans nos montagnes , qu'on n'obtiendra que de chétifs produits dea vaches mal nourries pendant Thiver , quoiqu'elles occupent de trèa-hons pacages pendant Tété. C'est là un iMt qni m'a frappé dans les observations que j'ai été à portée de fidre dans les diverses vacheries que j'ai visitées.
La pauvreté et quelquefois l'insoudance eioqpédieDt qaid beauc^p de fermiers nourrissent convenablement leurs vaches, quoiqu'ils en connaissent généralement TimportoacQ
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/en dtend pour exemple le proverhe suivant, que répè* tent fiouyent les fenuiers du pays : G^est en hiyer qu'on fidt les fromages ; c'est en été qu'on les presse. Hais j'ai leecontré dans cette classe plusieurs hommes industrieux qui sarent consaorer aux animaux une nourriture suffisante, et qoi en sont récompensés par une abondance correspondante de produits. Chez ceux-ci la quantité de fromage atteint généralement trois quintaux par tète, quoique, coEune production générale dans le pays, on ne l'éralue qu'à deux quintaux, comme je l'ai dit. Beaucoup de vadieries mal soignées donnent à peine un quintal par tête, qaoiifà'àhs soient tenues pendant l'été dans les mêmes montagnes que celles qui produisent deux ou trois fois plus.' Farmi les exploitations les mieux t^ues , je ferai une mention partieuli^e de celle du Grénéral Hygonet , située près d'Aurillac et dont les vaches font estivage dans le Gantai. Le domaine de Yayrac qu'il exploite est de la même contenance que celui d'Escous, et il y entretient 100 vaches qui ont produit l'armée derni^e plus de trois cents^quintaux de fromage. Le général Hygonet a adopté dans son exploitatien un assolement alterne, avec beaucoup de prairies artifideiles ; il a supprimé le déprimage des prairies. De là, abondarace de foin , abondance de regain et riches pacages d'au- 9. En hiver, se» vaches reçoivent réguHèrement 25 li- 1 de fourrages par jour, par tête, et il a de plus une bonne' montagne pour Tété. Yoilà leut le secret de cette abondante produe()o&de fromage.
Vaprès ^expérience que >'ai acquise cbns la tenue d'une vacàerieel de la* comptabilité qui s'y rapporte, et d'aprèsr ks noBÉbreuses^ observations auxquelles je me suis livré, j'ai lieu de croire que Te compte des 80 vaches que nous I i^oposon? d^entretenir , s'établira comme il suit :