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Dans ce compte, j'ai évalué le fourrage see à 18 f. le millier, prix auquel je le porte dans ma comptabilité, au crédit des prairies naturelles et artificielles. Les racines que les vaches consommeront seront évaluées à un prix corespondant, relativement à leur yaleur nutritive. Les fromages sont évalués à 40 f. le quintal , taux moyen auquel ils se sont vendus depuis dix ans. Quant aux autres articles du compte, j'en ai puisé les éléments dans la comptabilité de la vacherie actuelle.
Ce compte ne présente, comme on le voit, presque aucun bénéfice ; chaque vache coûtant annuellement 170f. 85 centimes, donne un produit de 185 f. 40 centimes: mais notre but est de trouver un emploi de nos fourrages; et si la vacherie les paie à raison de 18 francs le millier, comme je les compte ici , nous sommes pleinement satisfaits. En y comprenant le prix des élèves vendus , je pense que la vacherie fournira annuellement 12 à 1500 if. en produits de vente, indépendamment de la valeur du fumier.
L'exploitation produira de plus 2 ou 300 hectoKtres àR seigle à vendre , représentant une valeur de 3000 à 4500 f. ; on tire encore un revenu de 800 à 1000 f. , des cochons que l'on entretient dans la ferme , indépendamment du produit de ceux qui sont entretenus dans la montagne , des résidus de h laiterie ; et une somme à peu près égale d'un petit troupeau de moutons que Ton est forcé de tenir, pour tirer parti (fii pâturage dans les bois. Tout m'a donné lieu de penser que ces divers produits accessoires seront suffisants pour payer toutes les dépenses de l'exploitation ; en sorte que le produit brut de la vacherie qui forme notre industrie principale, deviendra , dans peu d'années , le produit net du domaine.
Je ne puis terminer cette notice sans exprimer la. sincère reconnaissance que m'inspirent les procédés francs et affectueux dont n'a cessé d'user envers moi M' Tyfesandier, propriétaire dit domaine. 1]et hdmme d\in esprit élevëetd'un
DE BiOCHB-BaCOUS. 3SS
gifafids^s, a compris dés Tabord la position dans laquelle fl devait placer son régisseur^ pour qu'il pût travailler avec fruit. Depuis cette époque, je n'ai qu*à me louer des attentions et de la bienveillance que j'ai rencontrées dans cette respectable Ëimille. Si par mes soins , je puis accomplir le but qu'il s'est proposé dans ses tentatives pour Famélioration de cette propriété, je m'estimerai heureux d'avoir pu payer ainsi la dette de la gratitude.
Il est intéressant de rapprocher quelques-unes des données présen** tees par M. Duffourc , de celles qui ont été fournies par M. le Comte à^jingeuilief dans une brochure fort intéressante quUI a publiée » il y a quelques aniaées, sur les vacheries qu^il possède^ dans le htmi Bttgey f et où Ton fabrique du fromage , façon de Gruyère. Chez M. d^AngeviUe^ chaque vache produit annuellement 915 litres de lait, avec lesquels on fabrique 89 kii. de fromage. CVst un peu plus de i 0 litres de lait par kilogramme de fromage. Il paratt quVn Auvergne le rendement est le même, car M. Z>/i^w(; indique iOOO litres, comme rendante quintaux de fromage ou 100 kil. , produit moyen annuel d'une' vache dans ce pays. Mais M. d^Angex^ille entretient une race de vaches très-petite, qui est la race commune de cette partie du département de rAin. Ces vaches ne pèsent en moyenne » en vie^ que 275 kil., et la ration journalière est do 6 à 7 kilog. de foin. En Auvergne , au contraire , la race est grande et forte, et du poids de 400 à 450 kil.. en vie. Les bétes reçoivent ordinairement par jour et par tête 10 kilog. de foin. Chaque vache d^Auvergne consomme donc annuellement, dans la pratique or« dinaire du pays, 5650 kiL de fourrages secs, ou Téquivalent en herbe pâturée , pour produire 100 kil. de fromage. Ainsi le rapport est de 56 kil. de foin pour un kil. de fromage. Si, comme Tespère M. Duf^ fourc , il obtenait une production de 150 kilog. de fromage , en portant la ration journalière à 12 1/2 kilog. de foin , on aurait le rapport de 30,40 kil de foin pour un kil. de fromage. Chea M. d^Atigeville^ la consommation annuelle d^une vache étant de 2,572 kil. de foin pour la production de 89 kilog « de fromage, cela ne donne que le rapport de 26 kil. 60 de foin pour un kil. de fromage. L^avantage est donc tout en faveur des vacheries du fiugey. Oh ne peut guère attribuer celle différence à r infériorité des fourrages de TAuvergne , dont la bonne qua-
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Uté est asMt eommtt ; elle est donc due k h snpànorit^ de la race des Taches de Bngej pour la production du lait. Cest un nouvel exemple de la supériorité de plusieurs petites laces de bétes à cornes sur les I^Fsndes , soua ce rapport. Cest là aussi Topinion de M. d^Angetnlle , qui Fa puisëe dans une comparaison approfondie entre les belles races des diverses parties de la Suisse quHl a visitées , et la race petite et en apparence cbétive qu^il entretient. On voit combien on se trompe lorsqu'on cberehe k introduire de grandes races de bétail k cornes dans les cantons où Ton ne se livre pas à Féléve des boeufs , mais où le bétail n'est employé qu'à la production du lait. Soit qu'on veuille importer la race toute faite, soit qu'on introduise seulement des mâles , afin d'élever la taille de la race du pays , cette marche est presque toujours une foute. On ne peut excepter que les cantons où les vaches du pays sont mauvaises laitières , c'estr4^re , produisent une trop petite quantité de lait, non pas par individu, ce qui importe peu , myif relativement à la quantité de fourrage qu'elles consomment.
{Note €k jr. fXe Dombasie. )
DE CHALENCEY,
( HAUTE-JUARNE ).