EXTRAIT D'UNE LETTRE DE M. LE COMTE D'ESGLAIBES
COLOMEL D^RTILLERIE XV RETRAITE.
Mai 1857.
Lorsque je lus votre caleiidrier da bon cultiva-
tenr, je fiis frappé des avantages qu'on pouvait retirer d\ine eqlture raisonnée; je pensai dès lors, et po«r la preitiièrd fob, à m'oecuper d^agficulture aussh6t que je serais . dégagé du service mffîtaire ; mais pour que ma pratique agricole devançât cette époqueautant que «possârte, je fis venir à Metz , où j'étais en garnison en 1825 , mi araire de Roville avec lequel je labourai la p<^on dtt polygone- donnée: à mon régiment (alors le 4« d'aitiUerie à cheval); j'y cultivai des pommes de terre et autres, légumes pour mes soldats. J*appris Ut à conduire Faraire, et j'admirai la perfection du travail de cet instrument/ et sa supériorité sur les charrues du pays ^ avec lesquelles je le ciMnparai.
Je me souviens que dans mon enthousiasme, j'allais; suivi de mon araire, surprendre dans les environs de
386 DOVAnft
Ifetz les fermiers à la charrue; je faisais dételer deux, quelquefois quatre de leivs chevaux, je les mettais à mon araire, et je labourais aussi fiieilemeut et mieux qu'ils ne le ^wieut avec leur charrue attelée de quatre, sn ou huit, cbeviaux. le crojais que ce résultat les eoavaincrait et leur ferait adopter Faraire. C'est qu'alors jetais sans expérience, et je ne savais pas combien il fiiut de temps, de soins, de persévérance, d^adresse et de succès, pour faire changer à un laboureur sans instruction , la plus mauvaise de ses pratiques agronomiques.
En 1825 , je pris de feu mon beau-père une ferme située au village de Chalencey , département de la Haute-Marne, à Fextrémité sud du plateau fui s'étend de Langres vers Dijon , et à peu près également éloignée de ces deux villes. Au pied de ce plateau, Fun des plus âevés de la France, la Marne, PAube et les affluents de la Saône prennent leur source, à deux ou trois lieues de distance, et coulent dans des directions opposées , pour porter leurs eaux d'une pwt vers FOkïàuBi, de Vautre vers k IMUdltecranée.
Cette poritien éle^^ a une tempénituve beaiico«|i fkm froiie que ceBe du basais de D$od, qui m eat offwiaBi fiMTt rapprodié, et Oià la moiseon se fiât euvixon qonze jours ph» KVt. Le maïs etie raisin n'y mûrissent pam^ bknsaê que dttis les années pvécQoe» et chaudes : antti leurs produits u'eaÉxent-fls pour rien dois lea spéeuhtionA èes hdkitants , dont FinduMrie agricek eousiste principalement à paoduiif du blé al de Faveîoa , qui trouvent au pMl de Gray un débeudui^ assufeé.
L'sNOin» dA nos vûgwtugftes est fevt estimée^ et se vend tfmimmt un cpiarlen sua du prix de celle du ll8flsig»7i MX muMhé» ée Gragr et de J^jion.
Bfalgré le froid rigoureux des hivers, les réeoUes, sur qes mootagMi, sont beaucoup moins siij^tea à étie dé- Imiitea par lea gelées, que dana d'autres moins élevées et
DE CHALBlfCET. 387
moins ùfÀàes^ saâft doute parce que les alt^natÎTes de gelées et de dégels y sont moini finéquentes et moins pro* noncées.
La ferme que je prenais à bftQ, et que je fins yaloîr encmre ai^oûrd'hui, étaii cemposée d'envûen 160 joumauxi ou à peu près 5.1 hectares. Ce» teirres poavaient se elasser dinA : un tiers calesâie, nfayant que 4 à 5 pouees de teire végétale arec un sous-sol rocailleux. Ces champs, ne rapportant ifoedu seigle, du sarrasin et un peud'avoine» étaienl^ dans ces temps , ^slûnés 56 à 60 francs le journal. Un second tiers , aussi en terres ealeâres , aiqpélées. dans le pays Maagets, mais beaucoup meSleures ^eks précédentes» surestimaient 3 à 400 francs te jouraial. Enfin, le dernier tiers, en terres argileuses peu ccoq^actes, ayant un soussol inqpermésdile à Tenu : dans cette dennère partie se tronvaienl des prés secs deni on tirait trës-^peu d'herbe. Les meflleurtt de ces terres étaient estimées 4 à 500 frmics lejounud.
Toute» ces différente» tenes , dan» le plus mawmi» état, anrtout c^e» des deun premiers tiers, se Iduaieirt , Tune dans ïxoÊxej <amron a francs le journsd par an«
Faehelai à KoNdile uft araire, une charrue à deux verseurs, un extirpateur, ifise houe à cheval, et je fi» faire «ne hoae à losange dont jb vis Téloi^ et la description dan» les «anales agficoles de RoviUe.
Je confiai k direetioa de ma petite cnltur»^ pendant mes longues absences,, à Thomme d^alSyres de mon beau* père; homme probe et intelligent, mais qfà^ heureusesèment pour moi, était alors emMoai de» kdMrsAtons. Je dis beureuiiemeiii powmoi, parce; qifâvèe le 2èk» isvé« Oéchi et le peu de pratique que j'afvais à cette ^oque, l'aurafe iflfaiUSil^nent fait de grandes pertes, s'a avait suivi toutes les prescriptions que je m'empressais de lui adremer de loin dans toules mes lettre». O s'-éleignadenc
388 DOMAIIIB
fort peu de la culture du pays; cependant il sema en In^ zeme , sainfoin et trèfle y plusieurs champs qu'il mit en lion état, et je me trouvai, dès la 4* année, assez bien fourni de fourrages. Hais je n'obtenais pas des récoltes sardées les avantages que je m'ét^ promis. Bans des. cbamps infestés de chiendent et de toutes sortes de racines viyaces, les binages s'exécutaient mal , et devênaient.très-coùteux. La houe à cheval ne pouvait fonctionner d^is la plupart de mes champs remplis de grosses pierres : enfin , je re« connus, à mes dépens, que, dans de tels dhamps et dans un tel pays, où la main d'œuvre est rare, la jachère complète et bien donnée , était le plus sûr comme le plus économique des moyens à employer pour mettre mes terres en bon état. J'avais d'ailleurs à cultiver plusieuyi^ petites . pièces de terre disséminées dans le finage, et pour lesquelles il eût été impossible de suivre un autre assolement que celui du pays. Je fis des achats et des échanges, pour agrandir mes champs et pour y communiquer en tout temps. Je vendis les petites pièces qui me restaient, et je m'appliquai à épierrer, clore, défricher et bien labourer toutes celles que je conservai (environ 66 hectares). J'adoptai l'assolement de 4 ans : jach^«, blé, trèfle et avoine, dans tous ceux de mes champs qui en étaient susceptibles.
En 1830, époque à laquelle j'obtins ma retraite, je vins enfin prendre les mancherons de mon araire , et je dirigeai moi-même ma culture. Je me hâtai de mettre en état les plus mauvaises terres , c'est-à-dire , celles du premier tiérsy et j^y semai avec du seigle ou avec de Favoine, des luzernes et des sainfoins qui y vinrent si bien, que tel journal de ces champs qui avait coûté 50 francs d'achat, rapporta au bout de 3 ans des luzernes dont les coupes pouvaient se vendre sur pied par année, 100 francs.
Pendant ce temps je rompis tous ceux de mes prés qui
DB GgÀUUiOBT. 38^
n'étaient pas sufieeptible» d'être arrosés, ce qui me donùa de très-bdles récoltes, et me permit, sans, acheter de paille ^ de Êdre consommer à Téciuîe tontes' mes prairies artifiddles , soit- en' vert soit en sec.
Vous, voyez y Monsieur , qn'ei^ procédant ainsi ,. j'ai- diangé mes mauvais champs en bons prés et mes mauvais prés* en bons diamps. Certainement il a faUa, pour atteindre ce but, des sc|M et.de l'argent; mais ces dépenses sont promptemènt couvertes avec des champs beaucoiq>««néliorés et. que je. pourrais Êidlan^nt louer plu^ du double de ce qu'ils Tétaient,, lorsque j'ai commencé à les cultiver, surtout les terres argileuses « qui ont quadruplé leurs produits. Cependant i^est sur les plus mauvaises terres <]pe raméliôration a été le plus sensible. Cela tient à la complète réilirsite du. sainfoin et sm*tout de Ifti luzerne qui,, contrairement à Topinion émise par plusieurs bons auteurs, vient parfaitement daas des champs qui ont peu de terre végétale : pourvu'que le sons rsol soit perméable , elle dure beaucoup plus longtemps dans ces sortes de terrains qui généralement sont sur des hauteurs, que dans les meilleures terres de la plaine.
Lorsque j^eus assez de fumier, je cultivai la navette dans les terres calcaires , où je pris Vassolem^t de cinq ans r jachère bien fumée, navette ou blé, trèfle, blé et avoine. Mes récoltes sont fort belles;. mes blés pèchent, je crois, par excès de fumure, car ils sont plus abondants en paille qu'en grain : aussi les moissonneurs ne se contentent pas , pour les couper, du prix ordinaire. J'ai &it venir de Belgique, Tannée dernière, un moissonneur belge et des &ulx à tafer. Ce belge a moissonné aussi vite que «piatre de mes moissonneurs, quoique je le ndsse totgours dans mes blés. les plus épais ,: et même dans.ceux qui étaient y^sës. n égrenait moins le blé, il coupait beaucoup jdus près de terre et perdait moins d'épis.
890 BOHAim
LeshâEbifantsdemoa'filIftge^Mit éM mmv d'tteAratHNi en k vojrttDt ItavÉmer ; treize t'entre eBx m'ont pâé de leur céder des ftnbr à saper, et se 0OHt eMprcsBéfl d'ap* prendre à s'en sonrtr : «i sorte qne eefUe méthode exeellente pour le^ réooltes ^paisses , me parait être adc^tée dans ce pays.
L'année denrière j'ai commencé l'assolement de 6 ans ; jV chère fort^onent filmée ; «dza ou navette ; bié; trèfle; blé; avofaie : assolement que je conserverai probablement , avec cette modification cpie dans les fnècesmi bon état , je enlbut&rÊi le Aanme d'avoine anssitOt après la moisson , pom- j rqpiqner du colza bien fumée Au reste je ne m'assi^ttis pas serrement à un assolement : ajiffit une sonbendance de prairies artificielles, je suis libre de laire ce que je veux y selon mes besoinsy et selon l¥tat de ma terre. Je sème aussi du ray-grass anglais et d'Italie sur mes avoines , poQP pftturage de mes moutons, pendant deux on trois «ss. Le ray-grass dïtafie n'a encore été*8emé qu^en petite quantité, et m'a réussi. Les moutons le préfèrent à tout autre pâturage.
J'ai essayé, il y a deux ans, dlmiter la enlture du colza du ftimier Leroi, que fax été à même d'étudier pendant «ion sé|our à Mstz , et dont vous aii«z rendu un cenj^e si parfiiitementefxact, Assès les annales agricoles de RoviOe; mais j^ ai trouvé un grand inconvénient; c'est que dons les années sèches , on ne peut pas toiijours rompre le trèfle en temps opportun ,' la semaHle du colza ne pouvant se différer : tandis que sur la jachtee , entretemte fraâ^^ far dês eanpê de hirse ^ ^tèœ$irp9tmi^, on peut smner quand on veut«
Je remarque tons les jours que les hriiitffiBts de nos mcm* tagnes sont dlq[iosés pbis qu^aâleurs à adf^ter des iimo vatiçns agronomiques: ainsi la culture des betteraves et des carottes, celle des vesces et de l'avoine d'hiver, des
DK €aAlaMGBT. 391
SmnHmyUéi^otlÊtÊA à k ««(i»«iftkiii de la taiM pâtura «C à û»mit le MUilàl^éonrie, TattëMeraiioii de ce MlnO, leg kejraagesAiir jâAère Avam kboor peur la dertracitoi Ai
pépêMiÊM à Gbalettoey ; et ooê^ heureoieft dispositieQs »'éteBdenld^l^avoL^riffib^ifirffl^. J'ai remaiifiié f ne quand un haMlttit da tfllife adqpte ime des nouLvelles eullares que j'y pnrtique 9 eHeestattsittei adofilée par «ikgraod ama^ bfie^'aatns dttivateur».
Stte ebeoAsteioe piuticiiMère a ccM^rfkiié ptiiMammeat à TaflOiélmailioB des pratiques agrieeles dans eetle'cefiMiuiiie. Elle jouissait de^eesps imiaéttlofial dapafooi»^ d-ao^aiMitagae d'eni^oii tnrfs treots^heétares ; patinage, seo , arisëva- He et tïotiTert éd breassaOles eoastammekit breotëes : t^iai* porte; lés- faaMtMlsti>eaifaiMil que c'était pour eax mti^ granie éhuemtr ^& pourvoit Um lesioalitts t^asser leurs hétea du «dté^de h mMtagiie, et de wtAwiÉk fAus & s'en oceu** per le reste du joar.
H y a quelques années que keoiÉftMiieperd^ par suite d'im precès , tmssesdrailsàla propriété etau pétitirage de la mentagnè, ee qui eausaungiand désespoir éa»$ le viMagë; cependant il fiflut a^riserau^mc^en de neutirir le bétail, car la jaelière serves. terres rarement fumées foui^fidssait un triste pâturage. On dommen^a dcmc à sentir la nécessité de<i pmiies artôfiddies : aussi les bsÉitants s'empreMèr^itHis A'imilsrr «temple qaiieiir ftit demie f de «yminuer beauemip la culture édsoéréales pe«r augmelMr eeHe des légumineijh «es. Aùjemdlmi qu'ils SMtabstndaiiai^tpémrvua de toiurrages , ils convieiinent que la pet^ du pil»rage de la montagne a été pour eux, sous le tappoM agiMfiMtique , ime eiteënëtance keui^use qmv en lis fiiçant à acmisr des pi^ries'atfiflciefiesy a iMaueeup augmenM^ tetnrs prodiuts en loas genres^ et le«v a f»m^é b pesay^ilité de supprimer en »
tiàiement la vâine pAtufe. Uj a peu d'araëM^ le» eluMii^
beaucoup moia» de Taleiar que Jea. autres, parée ipi'ils é^aàmi plu» exposéa aux niisagfis du Wtaîl* Afe^igepapt ce sont les plus Fechercbés, ^ pgyrcQ qu'jl» p^v^t ^1^ dessaisonaés et mis eu praîripa aitifiçi^Ues p^nwaufmt^* jQaj&it seul pnuuviala bouue dîreiiQtiou.de'UQS eidtiy^ouES. ; Je ax>i6 devoir yous eDjtreleuir du mQjea e^y^é pf^iir imtooduife Taiaire daqs 9^9» ^ploi^Uop^ J'ayûi^ ak^^ à mon service, comme labourei^r^ ri^aniiiiiele ^us en* tèU et le moins intdligevt possilde; dfH^^.f^tu^sas fi^ se trouvent souvent remues. Vous devinez^ j^nçâenr^ avec qudle x^ufoaufîe il vit arriver .va^ cJ^Birrue qu'il ne connaissait pas, et q^e j'eus rixnprudenc^ de lui vanter
beaucoup. J[ele i^mdpisislapYWi^® ^Mf^a^^Kec l'^s^y dans mes terres argileuses qui ^ sont sans pitres; Je.eboisis le cbamp le;plmi.à plat, et là, je;lab^urai devant lui, et si fficilemenl, qpie J<9,ffisais soixâgate pas et plus, en suivant la charrue, les mains derrière le .dos; aloi^i je jlui donnai à teujr les isnanchercms, et en peu de temps, il laboura dans c^s diamps , mm 1^ ^ mieux ^le moi; tSPtiâs lorsqu'il ftllut labourer dai^ deç rougets ea cçteau , 40ù]a terre, s'attacbaiit sous^l'ii^stcuinesyi, le faisait sortir de ti^re à tout mconeut; où les* pierres nombreiises 4{Qi s'y trouvent lûsaieut dérajer, et causaient des manques que je .voulais qu'on r^rît; al§rs mop b(»n«ieju'ett inHaâllibtemiwt quitté, sijel'alrats forcé à labopr^ ayec l'arairo dans ces scories de ^b^mfSy et.moirméf^e,, qip avais feit jqaon aHyrwitifflago au. pojijgpne de ])|etz , dont la* terré saUonnepise et sws pierri9> est très-&cile à labourer, je commençai à craindre d'être obligé de renoncer à Taiaire^ au moms. dsns mes rougeU.Je cédai doue fàr^ cilemisnt au désijr qa'aralt mon dom^que de rei^ndre la. idiarme du pays, mais JQ.Pwtiupai à lui Suraj^reiiidre
DE aUL&ElIGET. 393
l'anire tontèè les fois qu*it ùiBaH laboôrer dans les taries œc^kmtesy et auiii dam les tùugeU , lompie l'état de la terre me faisait penser que la chamie nese salkait pas par dessous; Iwsqa'il n'j avait pas trop dé ptectes ; enfin, 'lorsque le* damp n'était pas Indien pente.
Je sairis avee altaition les progrès que faisait inon domestiçM dans ces «Atonps difficiles , et je remarqrai pettà peu que tel dhaimp q^ f avais cra inqjKissîble àlabou* rer avec Taraire , se labourait tièsKlxian; mais mon domestique: avait toiifoifirs^ des raisons pour prenAré plutôt* la ebarme du pays que r«raire. Je n'eus pas l'air .d'y atla* dber d'imp<»tanoe, et souvent je* le' laissais fidre oomme il le Yoeiait Lorsque ma àmnve du pays était ii réparer, je laissais traîner en longueur les réparations, et JB pa<ndssais regretter beaucoiq^ qu'on fiM (Mgé de se servir de Faïadre dans des ebami» oii^lékdt d difficU» de le cm^ imre, et oà <i fMmt tatU d'aéreue pour cxéehtér un labour passaUe» Peu k peu je fids par conquérir à l'aiaireet mmi dÔBiestique et tous mes éhamps,: même ceux en coteau^ qui soBt les plus dtffimies à lidx>urar àFaraice, etpoinr le^quds il fiisA «atàgisMide habitude , et aveir l'attention indispettsi^ ble.âe: mettre la ehanrue d'atottet plus boo-a de «rie ^^ue: là petite est plus rapide, afin de ffareèr le laboureur à iemr sa ckwrue d'aplomb, iet non inoBoée sehm^la pente du coteau.
Quimd je vis que mon domestique avait mis aon amour* pnq^ro' à cMduire l'araiie, et qu'il le conduisait Men dina toâs.mes dunap» sans exception, je vendis ma charrue ^npayS) et, d^Miis sî&ans, jene me. sers plus que do l'araise, dans touies les t^rês et par tous les temps où les eharriies du pay8:peuveiit Ubeiwer. J'ai, depuis, ehangé teois im de diorôstiques, et je n'ai pkts i^ifouvé la mràadre difficulté pow leur fàkû eondoire l'araire. Seulement, j*ai soin, dans les.conimenceoients, de. faire tiamiBor les non^seaux vttiua daus les cbimqps les jiuA
994 DOMAIHfi
ftdles. Je dois dire aissn qu'en SuiMsM Mer beancanp de griMMs finies,. j'ai Miidii bms cbanqpa loeiBs dif&cyes qa'ils ne Félaienl.
Je lahoore foiifonrs «yac deex.dicvtttt. ^ tamti ife moyenne laiBe , néne pouc rottpre aies trtfes en tertes jogileuies. Je ne aeets q^to «heiiaïui 91e pmar fom-» fM de vidlke kizenies. Je &i8 tm^gmkfaaoim h» tnite de «Ms deux dievans:, «'eti-à-dîiey ^ife je. mets le Irait de gandie dacbetaldedrdtedaaslecrociMideladrMlB du îMioBoier de gaiifi|ie^ et le Inâi de dsoîte. eh» dieyil de fancàe an aroch^ de la jancke dn^pakMnîer de-dooîle. De eelte niaaièBe^ la diairae mucdie biaa fins sépdiferement, et l'on s^aperçoit beaacoiif nifliMi;de l'inéfntariié dn tarage des dàmwBOu
Je me sers de l'aiaife de weffmm psndeof 9 liklMs» en fimte et Terseîr en toU^ niais surtontjd'nn |Mtitaiain à Mtfs en bois, venant de Betilkv et ipi^undtem^fâr lenti m'a donné, n'ayaat|m:lB fine adi^ter |«rjMSdeBisstiques, qnoiqfn'il eût fidt Tenir de Bmille nmffofftm pomim enseignera Cet anube porte le N» ki&. C'est nn vxai trésor ^w je fins serupideasMMent vépaeer. Je moê parwao&à Éâm in» ici des iraûres; mais ib n'ont jonais. dans^. liwr^ maidis la régnlartté et l'apleiidi de ceux venant de &o«Sle«
J'entrerai enoore4ans fnei|nes lUtMls sur dêmvesfW^ lies de hm enitnre.
B^Édanft cinq s»s, par mon «Hbe et en mon abmÊm»^ on a semé de la «raine de trèfle inoamat,. on Jmonch) sur plnrienrs demes eàamps, as» forçai ait pn le fidie rénsêir nne sedte foie: tassi y on étaîteonnAMW qeercsite plante ne poavBât preqiérer dansncftte cd^unat. Cote teMt & ce ^'on le s^nait Ipt^ows ti^ tarA. Depuis «on re^ toinr â'Afriqae, c'est-^hdîm, d^uis t8M, j'en ai semé chaque année au mois d'août , soit sur le ckaume saas labour, soit après nn laiKNir; jmnaîs il n'a man^ié* HA
Bl taUUBIlCBT. MS
i*m ioiloiui^ eu «ofai, apite le labour, de faire hener tig^ottreosoBieiit, pois rooler, pvis' semer trfcs-ëpais la graine dans son enveloppe; piûis, eiiose easentiefle, dé fiârepasaorctrepaiMerdessDSy moBtPOQpeau démontons. LoÉsfoe je sème sur tm diamtfd sans Id^oor, J'atlenda qae la taràe aoit homide poor y ttre passermes montons.
le atea de ravoine d'Umr an eommenoenient de sép- Isntoe^ mais oovune, à cciCe épo^, on eA fiûrtpressé d'ouvrage, Je n'en sème qa\m jonmal, ee qni ine sitfit pour ma semence 4e ITamiëe raiimi#; et à la finéajanmr, on an commeneament ie ft viSer , lenque lesniitrea lldkynreiM ne pensent pas eneore à senmr , je labonre et je sème en avoine d'felvi^ tontes nïea tera lâgèra , où l'avirine est le plus exposée à souffrir de la sécheresse, l'obtiens do tiès-bens résdiats : moa avoine d'Uver seawée en êespUmtee^ pèse i5 Kvres i/i le foaii d'heolamre rade. Celle a^ mée «i février pèse J8 livres, et la bonne avoine dn pays 0e pèw que fU VineÊ îfÈ. Ibtrame qw 4 ttvves pâor boisseatf e^t on grand nvnntaie en bvenr de favelne d'Uver. Cette* d est blanche ; la même semée en ft4rier se récolte grise v leoteS'denx gntadnl beanconp et donnentde très-b^e paHe, soitotf cdte seioée avai^ CMifer.
it yens ai d^ padé, MbnsiBnr, il y a environ deux ans, de TfidNittvvalion que l'nvnia ftdte eur les binages en temps seoGi. S^tôa^aette époqiiœ ma piaiiqiie m^ deptan ^ pins eonfismé dani l-opinion que l'efficâeilé4le ees lânages repose snr ee ^'^i rolnpant ia croate fai se feraie piar ki sédberesse ta k snrfiicè àshlsL tarre^ la eaisdM et M^pomen- Ue qn-Ss pmdniseKt , inteaoeple la eMMsmnbaliM entre lo codofîqne de l'i^mo^ére et les racines des plantes, parce qae h tante ameaUîe ne Usant {dus tûseps ai^ec la terre ftme qn'^e roeouvie , prodâit sur cette terre VeSfk, d'nn corps étrajiger , iék qu'une pierre qui conserve la finicbeur i la taire sor laqneUe elle est phcée. Qum de plni$
396 DOKAIHB
Avorable à des plairteé , qné d'aroir léan feaiHM dMis «M atmosplière échauffée par le soleil, etieurs raciiies dass ime terre cmistaïaaieiil fiafcte?
. Aftm y h$ Mnaçei en Umipê uô ne loiil-fb Mê'^ftofÊMei ,
Um teevipéefar lei racines des jplenlè» fm toit desiéMei ^ ' Aussi,. les iMm^ies, lersqu'ime séduvessè ccânmenee, ne pettYent<*âs être doniiéft trop tôt ^ après fue le sol lest Ueii fessuyé à la sur&ce.
• Aussi, lorsqfa'uiie^herase eoBàDeDce^ est^iljiiportant de kerser les champs labourés, afin de conserver leur fraiseur, et pôuToir les labourer plus Urà asa^ré la contih iMBDté de la sécheresse; pratique qui a èlé adoptée ici pfar plusieurs cultiroteors.
Il est vrai que les binages en temps sec sont encore firvobles aux plantes , parce qu'ils rompent h croûte de. terre qui en quelque sorte les étrangle; mais je crois que cet avantage n'est que secondaire, lèempiuré à cehii de conserver pendant la «Valeur» les racines d» plantes dans 1m sol frais.
le m'occupe aufcsi d'améUorations du bétail : j'ai pour cela acheté deux vaches de Franche^omté, de forte taSte et bien oonstnûtes pour l'engraissement. JPai choitft dans nos environs un taureau moins gros qu'elles , et d'une fine qualité pour l'engrais. Je conserve toujours les élèves, surtout les .taureaux , qui me paraissent avoir les formes les plus propres à atteindre le but de l'engraissement, prenant de. pp^rence les taureaux les plus petits et les mieux ftits » enfin je dien&e à suivre f exenlple et les conseils des éleveurs anglais. Je suis la même marche pour tous mes minimaux domestiques, entre autres pour des porcs, Anglochinois que je d<»s à l'obligeance d'un agricidteur très éclairé, mpn voisin et tani, H. de Girval, dont. le fils, élève de RaTlUe , fiiît valoir la ferme avec un lèle , une in-
DS GHALENGBT« 397
telligence et une sagesse fort remarquables. Malheureusement la vie d*un homme pourrait à peine suCfire, à moins qu*il ne fut un Bakwell , pour créer une race améliorée ayant la constance du sang ; et à mon âge , je ne puis espérer d'y panrenir : mais je commence, et si après moi d'autres continuent ce que j'ai commencé, j'aurai été utile à mon pays.
Je ne vous parlerai pas, Monsieur, du bonheur réservé it celui qui aime l'agriculture et qui s'en occupe; vous êtes mieux que personne à même de l'apprécier : mais il est certain que pour l'homme qui a le cœur bien placé , il n'y a pas de plus douces jouissances que de voir croître en même temps que ses enfants, les arbres qu'il a plantés et qui doivent les ombrager un jour. J'ai cru pendant longtemps que l'art de détruire les hommes était le premier de tous; maintenant je pense que nous devons préférer de les rendre heureux, et que rien n'y contribue d'avantage que Tagriculture.
DE BILLEMONT,