DUNE LETTRE DE M. C. LACOMME
A?ril 1937.
.... La ferme de Salicy, que j*àî prise à bail pour vingt années, moyennant un fermage anpuel de 10,200 fr. , se compose de 167 hectares, tantprds naturels que terres arables ; elle était cultivée avant moi par trois fermiers qui suivaient l'assolement triennal avec jachère, ainsi que tous les cultivateurs de la contrée; elle est très -épuisée , car depuis fort longtemps , le propriétaire étant payé en nature, prélevait les S/3 en gerbes pour le loyer et ne rendait pas de paille. En outre , les fermiers comme presque partout, faisaient manger la pailla par les bestiaux, et en avaient par conséquent très -peu pour litière.
Toutes les terres qui composent la ferme sont argileuses (argilo-calcaires et terres blanches désignées par les habitants du pays sous le nom d'aybues)^ excepté 10 hectares qui sont sur un plateau de montagne , et qui sont beaucoup plus calcaires et Idgères.
Au 1" mai 1834 , j'entrai en jouissance des 2/6 de la ferme : le fermier sortant occupait encore les deux soles de céréales , de sorte qu'il n'y avait que celle de jachère que je pouvais exploiter. A une époque aussi avancée de Tannée , je crus devoir donner une jachère à toute cette sole , excepté un hectare Ipli fut planté enpommes de terre. Cette sole se composait de 8 hectares situés sur la montagne et de 13 hectares de coteau.
Les terres situées sur la montagne étaient infestées de chiendent. Il y en a] à peufirès la moitié où une légère couche de terre couvre la roche. Ces terres reçurent des labours -et des hersages en temps sec , jusqu'à la parfaite destruction du chiendent. Onze hectares de terre de coteau étaient destinés à recevoir de la luzerne; ainsi mon intention était donc de préparer cette pièce le mieux possible ; mais à peine la moitié fut-elle labourée que la sécheresse me força d'y renoncer, car il n'était pas possible d'y faire i^oidre la charrue : une partie reçut trois labours et plusieurs hersages ; une autre en reçut deux, avec des hersages réitérés ; enfin le reste ne reçut qu^un seul labour avec plusieurs coups d'extirpateur et de herse. Toute la pièce fut semée en octobre 1834 en blé, et au printemps suivant en luzerne. La récolte en blé fut magnifique ; elle rendit environ 23 hectolitres par hectare , ce qui est un produit double de ce qu'elle rendait ordinairement ; j'attribue une grande partie de l'augmentation de produit aux labours profonds.
Il est à remarquer que la pièce de terre en question varie beaucQup sous le rapport de la qualité ; et comme mon intention était de labourer profondément les endroits où la couche de terre végétale était épaisse, je consultai le fermier sortant sur ce qu'il pensait des mauvaises places : il îne répondit que je labourerais comme bon me semblerait , dans ces parties , que j'étais bien sûr de n'y pas &ire une