‹ Annales agricoles de Roville (volume 2)Chapitre 69 sur 88 · DE SAUCY · texte numérisé non relu

DE SAUCY

bonne récolte: alors je fis labourer profondément bonnes et mauvaises places. Le sous-sol de ces dernières était une terre bleue (qudquefois jaunâtre) extréaiement compacte et calc^re. Lorsque je fis herser, cette terre bleue, s'était délitée et produisit un très-bon effet, carie Jblé.étaiît près* que aussi beau dans ces places que dans les bonnes^ La luzerne m^me y est assez bien garnie : j'ignore si die. réussira longtei^ps. En général, je crois quHl y a très-peu déterres de coteaux où un labour profond serait nuisible aux récentes»

Dans les terres blanches de la plaine , J'ai souvent &it ra^ mener à la surface, dans les endroits où la couche végétale était très-peu épaisse, un et qud.quefois deux pouces d'uûe terre jaune ferrugineuse, et j ai remarqué que si cela ne produisait pas un bon effet, il nen résultait pas un mauvais. Dans ua autre coteau, qui est aussi une très J)onne terre: à blé , j'ai fait donner après la récolte de: Ué., tm labonçleplus profond possible» car huit bons bœufs étaient attelés après la charrue tricorne et tiraient de toute lens force. Après ce labour, j'ai semé ce champ en navette d^au-» jtomne sans fumure. Elle a été très-laiîgtemps à ^«i(ke de la vigueur, et ce n^est que dans les beaux jcnirs ée> Pau*tomi?^ qu'elle a commencé à prendre de la force , et aufour-» d'hui, elle est très-belle , aussi belle dans Jeâ mau¥»se9 places que dans les bonnes : elle donnera , je crois , une récolte abondante.

. Jeciteraiehcoreunepiècede 170aresdetrès-mauvM8eterre de côtes, qui en 1834 ne reçut que deux labours profonds et deuxhersages, et fut semée à ràQtomne,.en blé qui surpassa toute espérance , car tous les halûtants étaient d'accord qu'ils n'y avaient jamais vu un aussi beau blé. An total , les moins bons résultats que j'ai obtenus de labours profonds, sont que les plantes croissent moins rapidement .dans leur jeunesse.

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Lalozerne, qui a été récoltée pour laprenuèrefoisen 1836^ n^a pas produit uno récolte aboodante, car le printemps dernier a été tellement désavantageux, que dans tous les en« virons, les luzemières qui étaient en plein rapport, c està-dire dans leur Z^ et 4® année, ont très-peu produit , parce qu'il est à rematquer que dans le printemps de 1836 nous avons eu alternativement, dans ce pays-ci, le beau t^nps, la pluie, la gelée et la neige; le 3 mai la terre était couverte de 4 pouces de neige , ce qui a beaucoup influé sur nos récoltes dé Tannée dernière : mais cette luzerne donne beaucoup à espérer , car eUe est très bien garnie ; et je suis persuadé qu'elle donnera cette année une récolte abondsoite.

La sole de blé du fermier sortant fut ainsi ensemencée : six hectares environ avaient été semés en trèfle, en mars ; 6hec« tares furent semés en coka ; 150 ares en navette, et à peu près 250 ares en avoine* Il 7 eut la moitié de la récolte de navette et de colza qui fût passable, l'autre moitié fut médiocre ; mais on ne pouvait guère espérer une belle récolte dans des terrés d^épuisées et sans fumier : cependant la récolte de trèfle fut très-belle.

La sole de céréale de printemps Ait ainsi distribuée : 150 ares furent semés en fé véroles d'automne ; un hec* tareen pommes de terre; un hectare en vesces de printemps, et deux hectares environ en navette de printemps; le reste de la sole fut laissé en jachère et semé en blé, excepté un hectare qui avait été semé au commencement d'août en colza qui a été très-beau , quoiqu'on générai les plantes oléagineuses aient très-mal réussi dans ce pays-ci. Il est vrai que la terre avait reçu plusieurs labours et hersages, et avait' été passablement fumée.

Au 23 avril 1836, je suis entré en jouissance des trois autres cinquièmes de la ferme. J'ai donné une jachère aux terres qui avaient été semées en céréales de printemps par les fermiers sortants, parce que cette sole est

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beaucoup moins fertile que les autres. Deux hectares araient été semés en colza de printemps , qui a été totalement détroit par les pucerons. Outre qu'il est très-difficile à en garantir, il ne yientpas à maturité, les années tardives €omme Tannée dernière.

Cette sole a été semée en octobre , en blé^ excepté 3 hectares qui ont été semés en colza , qui aujourd 'hui est trèsbeau. La sole des céréales de printemps.Eéeoltées en 1836 parles fermiers sortants, a été destinée ainsi qu'il suit : 8 hectares sont semés en féveroles d'automne; 130 ares scmt préparés pour recevoir des betterave^^; -60 ares sont semés en gesses. Le reste de la sole va recevoir une jachère complète et sera semé en blé, et probablement une partie en plantes oléagineuses.

La sole de blé de 1836 est et sera ensemencée ainsi qu'il suit : 4 hectares furent semés au printemps dernier en pâ« turage pour les bétes à laine. Dix hectares s«*ont semés en plantes dites sarclées, telles que féveroles de printemps, pois, vesces, betteraves , pommes de t^re, etc. Le reste va être semé en avoine et orge, et recevra ensuite une jachère, tandis que la partie semée en plantes sarclées recevra du blé à l'automne.

En résumé , après les semailles de printemps, le& terres seront occupées ainsi qu'il suit ;

hect. ar.

Blé 3» »

Colza d automne 3 3(>

Navette,. 8 »

Féveroles d'automne 8 »

Luzerne • • • . 14 »

Orge et avoine. 13 »

Avoine d'hiver 1 »

Trèfle 9 60

à reporter.... 95 90

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reports...', ... 95 90

Pâturage pour les moutons 5 »

Sainfoin également pour pâturage 2 70

Betteraves 3 »

Pommes de terre 2 »

Févevoles de printemps 3 »

Gessesi » 60

Pois : 3 60

Vesces d'hiver. » 60

Vesces de printemps 3 70

Carottes » 50

Pavots » 25

Prés naturels. 30 80

Jachère 14 35

Terre inculte 1 »

Total 167 »

il est présumahle que la chaux doit faire un très-bon effet dans les terres blanches. En 1835 je fis chauler une pièce de la contenance de 4,80 ares. La chaux fut répandue sur le premier labour après là récolte de colza, à raison de 100 hectolitres par hectare , en ayant soin de laisser de distance en distance un billon où on n'en mettait pas. Un hersage énergique fut donné après que la chaux fut répandue ; puis on répandit 12 voitures de fumier attelées de 4 bétes, par hectare ; ensuite on donna un second labour. La moitié de la pièce fut semée en blé , le mauvais temps no permit pas de continuer ; l'autre moitié reçut un troisième labour, qui fut donné au printemps suivant pour recevoir de l'orge.

Toute la pièce fut semée en trèfle qui est très-beau ; on eût pu en faucher une grande partie à l'automne , quoiqu'il n eût été semé que le 13 mars , et que l'été eût été peu favorable. Il m'a semblé que la chaux n'a pas ou trèspeu agi sur le blé et Forge ; mais à l'automne dernier les

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billons qui n'avaient pas reçu de chaux étaient bien marqués, le trèfle étant beaucoup moins beau que dans le» autres.

Quant aux assolements, je n'en ai point encore de fixe ^ et je doute même si f en adopterai ; car en suivant un assolement libre, on fait rapporter à chaque champ ce qui lui convient le mieux et selon que les saisons sont favorables.

DE TARAGES,

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