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rèrent 6 à 7 pouces de terre végétale. Tj eondoitb 49 ^tures de compost (diaux et toArfce), et J'y semai du seigle qui me rendit 12 hectolitres à Thectarè. Au printemps 1836 , J'y conduisis encore 45 voitures de compost, ètj'y seniai des lupins qui, vu la sécheresse, donnèrent peu de matière à enfouir; en automne j'y semai du seigle qui a beaucoup pkis Mie apparence que le premier. Je regarde maintenant eette j^èoe comme aussi bonne qu'aucune de celles que Je trouvai à mon entrée. Elle a 8 à 9 pouces de terre végétale, et je croit qa'avecune fuqpture moyenne on y serait assuré ^unebelte récolte en blé.
D après ces exemples , Monsieur, vous ne serez pas sur* pris de me voir grand partisan des labours profonds. Toutes mes terres qui ont reçu une jachère , ont étélai)ourée9 à 9 , 10 et même là pouces , et il n'est guère permis de douter que l'approfondissement de la couche végétale ne soit pour beaucoup dans les beaux résultats que j'ai obtenus. Le terrain en est devenu plus sain et bien moins sujet au déchaussement. Je crois cependant que rapplicatikm de la chaux contribue beaucoup à corriger les mauvais effists de cette terre vierge, qui du reste s'améliore promptement dès qu'elle est exposée aux influences atmosphériques. Aussi, ai-je toujours eu soin de faire très-profonds mes labours d'automne , et au printemps cette terre jaune et noire, (je pourrais même dire ce minerai) ne se distinguait presque plus de la terre végétale. J'ai du resté observé des cas où cette exposition pendant quelque temps du sous-scrf A l'air , parait indispensable, et d'autres qui la feraient Juger moins nécessaire. Le sous-sol dans les premiers était plus ferrugineux que dans les seconds. Je vais vous exposer les feits sur lesquels je, fonde cette opinion. En iS35 je fis écolmer mes 5 hectares de bruyères par des particuliers qui, en automne , y mirent du seigle à leur compte ; je ne m'étais réservé que la paflle. Dans quelques parties il n'y avait pour
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ainsi dire pas de tore TégéUle. De suite après la récolte, <f est4i-diie mu âO juiUet » |e labourai à 8 pouces , je chaulai , et fiuaai iiuaaa de &0Û0 kiL à rheelai^ : je labourai de nouveau et semai immédiatement (i^ septembre) de la navette qoÊ at^urd'bui a une assez belle appairenoe. Un biUon q«i av«ft reçu les deux laboura trèe-peu de temps avant la semaillft est bien ioférienr aux autres ; |e n'ai pu Tattribuer qu'à la trop eourte e3q[K>siticm à l'aiit de ce sous-sol ferrugineux» Dans la mtme pièee^ je m'étais réservé quelques bOlons pour essayer la navette et le odsa sur écobuage ; après avoir étendu les eendres, je labouraià 3 ou 4 pouces; Je senoMi immédiatement ces deux plantes après avoir bersé , extirpé et hersé de nouveau* Elles ont très-bien levé , vaâê jusqu'à présent elles n'ont végété qu'avec lenteur et misère. Je crois que si j'eusse donné deux labours, le 1'^ longtemps avant la semaiUe, et le deuxième immédiatement, j'aurais une récolte plus belle. En 1834 je labourai à 8 pouces le trèfle que j'avais trouvé à mon entrée ; je semai iaunédiatemeat, les demfers jours de novembre, du firoment qui eut très^mauvaise apparence jusqu'au mois de mai suivant ; à paitir de cette époque , il poussa avec une vigueur telle qu*il me rendtt S6 hectolitres à rhe^are. L'automne dernier, un de mes voisins me pria de labourer son trèfle, en me recommandant d^aller le plus profond possible. Aujourd'hui son blé est sqierbe ; il parait même devoir verser x c'étail cependant une pièce de trè» médiocre qualité. La récolte y sera certainement double des mdlleures «umées* On ne peut attribuer QDtte amélioration au trèfle , car die eti avait d4à porté.
luaqu'ici je n'ai pas suivi d'assolements fixes ; mes terres létaient de qoaKtés trop diffih^ntes , et je ne connaissais pas les pbmtes qu'il convenait le mieux de cultiver dans mon «»1. Les essais de diverses cultures auxquels je me suis livré pendant ces trois ans , m'ont déterminé à adopta l'assole-
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ment snmnt :\ 1'^ annëe jachère; â* colza fumé â â0;00O kilog. à rhectare , et cbaulé, si la pièce ne Ta pas encore été } S^'-blé; 4« récoltes sarclées (fèves d'hiver, betteraves; poiaixiQft de terre) , fumées à 20,000 Idlo^. â ThecUre; b^ blé aveo trèfle; 6^ trèfle; 7« blé. Il sera peut-être possible .pkn tard de supprimer une jachère sur deux'rutatioflur consécutives , et la remplacer par des vesees d'hiver ou du trèfle incarnat pour faucher en vert. La terre étant débarrassée de boime heure, on pourrait encore donner une demi-jaehëre. Du reste ce rempiaoement serait absolument facultatif et dépèn-i drait dé l'état du sol. L'assplement serait alûi» de 14 ans» On fumerait quatre Ibis et dbaulerait une fois. La seule ré« celte qui m^inspire des craintes est celle des racines , qui Jusqu'ici s'est constamment balancée en perte dans ma comptabilité. J'ai cependant lieu de croire que lorsque le terrain aura été ameubli par les cultures, et les prairie^ •artiâcielles , j'obtiendrai des résultats plus satis&iaants. Jai aussi l'intention d'avoir en dehors de l'.assolement et le plus près possible des hàtiments de l'exploitation, un hectai^e t>u deint de luzerne qui , d'après les essais que j'ai &itSy réussit assez bi«i, mais seulement paur une courte, (jurées Une luzerne «emée en18â4, m'a donné dès ISâô, cteq 4roanes<)aupes; elle conunenoed^àfBdliltr. . j
' Il nie reste à vous parler des praides.Jialuffdttes qui^ comme je vous le disais, 'étaient en grande partie. ansosées pardés.eauKf^m'ôht.pas unegrande.propriété firtill^atfte^ •mais qçiii'nelaissent pas que de produire de bons e£Eftts» (Les rigoles avaient beaucoup trop de pente, étai^ tr<^ profondes, et par conséquent arrosaient mal. IL était do^i«gei|t ^ dkanger ce système. J'adoptai celui ^ relpois^ d'ea» avec «figolBs à parËsit niveau, système que je n'ai vu cons^}«» dans taueun ouvrage , .mais d'après mon expérience , supérieur à ^tous les. autres. C'est à l'aide du niveau d'eau q«ie je traee mes-'rigdies. C'est surtout dan Um prés humides que oe
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mode d'irrigation devrait être suivi , parce que sans nuire à l'arrosement , on peut faiire les rigoles assez profondes pour bien les ëgoutter. Je n'ai encore appliqué ce mode d'irrigation qu'à ime portion de mes prairies ; mais j'en suis fort satisfait , et je l'éten^rai à toutes les autres.
J'avais le projet de vous indiquer les résultats financiers de mes premières années. d'exploitation , tels que les présente ma comptabilité que je tiens fort régulièrement, et dans la même forme que celle de Roville ; mais à une époque où je suis encore si peu avancé dans l'amélioration de la plus grande partie de mes terres , lorsqu'il me faut encore trois années podr qu'eUes entrent toutes dans l'assolement régulier , et qu'elles reçoivent successivement de la chaux , les résultats de la comptabilité ne présentent que bien peu d'intérêt. Je vous dirai seulement que je viens de clore mon troisième bilan , et que je suis fort satisCadt des résultats de ces trois années d'exercice: tout me porte à croire que les profits annuels de l'exploitation suffiront pour couvrir les frais d'amélioration, jusqu'à l'époque où j'en recueillerai complètement les fruits , par l'accroissement de produit sur toute l^tendue des terres.
DE BAZET,
DéPARTEMEKT DE LA DORDOGNE.