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ayenlr en livrant cette industrie à la concurrence à une époque où elle n'est pas encore en état de la supporter? La fabrication du sucre est encore chez nous dans un état très-voisin de Tenfance^ les fabriques se multiplient , mais partout on manque de contre -maîtres et d'ouvriers expérimentés^ parmi les établissemens qui se forment tous les jours, combien devront encore succom-ber devant les obstacles et les difficultés que rencontre nécessairement toute industrie nouvelle ! Celle-ci en éprouvera* encore plus que tout autre , parce qu'elle est exercée dans le plus grand nombre des cas, et par la nature même des choses, dans des exploitations rurales éloignées de toutes les ressources industrielles que présentent les villes ^ et par des propriétaires étrangers à la direction d'une spéculation industrielle ^ et il faudra encore bien des années pour que l'entreprise d'une sucrerie de betterave présente aux propriétaires un succès assez assuré pour qu'on puisse considérer, ce genre d'industrie comme établi cbes; noiissur des bases solides. Jusque-là, l'espoir de bénéfices assez élevés peut seul déterminer les hommes sages à employer à une entreprise de ce genre, les capitaux qu'elle exige impérieusement.
L'opinion a infiniment varié sur l'étendue des bénéfices que Ton peut attendre d'une sucre-
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rie de betterave dans Tétat actuel des dhos^l^ et aujourd'hui encore^ on trouverait à côté d^uné multitude de personnes qui regardent ces entre-prises comme des folies ruineuses^ quelques individus qui soutiennent que les bénéfices que font les fabricans, sont assez élevés pour quW puisse abaisser les droits d'entrée sur les sucres étrangers , sans risquer de compromettre Texis-^ tence des fabriques nationales ^ remarquons cependant que cette dernière opinion est toute nouvelle, qu'elle a été faite hier, par des hommes qui ont un intérêt personnel à la réduction des tarifs^ et par ceux-là même qui, il y a trois jours, ne parlaient qu'avec dérision du sucre de betterave. D'un autre côté, les hommes qui portent dans la question un intérêt opposé, les fa— bricans de sucre ont présenté des calculs d'après lesquels leurs bénéfices ne sont pas supérieurs à ceux que produisent une multitude d'autres genres d'industrie. On attache naturellement peu de confiance à des calculs de ce genre présentés par les parties intéressées, et cette défiance est en général très-fondée; c'est pour cela qu'il m'a paru que l'on pourrait attacher quelque prix à connaître, sur ce point, l'opinion d'un homme aujourd'hui étranger à cette fabrication, et qui ne porte dans la question, d'autre intérêt que celui d'un Français ami de son pays, mais qui
SUR LES SUCRES» iSy
connaît Assez les circonstances et les détails de la fabrication ^ pour se former des idées justes sur ce sujet. D^{^j^s lo ans que j^ai cessé de me livra* à la fabrication du sucre de betterave^ j^aî eu mille occasions de me tenir au courant de ce qui concerne cette branche d^industrie : je connais les divers perfectionnemens qui y ont été successivement apportés^ et j^ai assez travaillé et observé sur ce sujet, pour appré^ cier retendue de rinfluence de ces perfection-*nemens, soit sur la diminution des firais de production, soit sur Taugmentation des pro*duits; ffun autre côté, dans mes relations nombreuses avec des personnes qui se livrent à cette fabrication, ou qui ont acquis, dans (intention de s'y livrer, des connaissances positives sur la question économique de ce genre d'industrie, chacun s'est exprimé avec moi en toute liberté, sans détour et sans arrière-pensée. Je crois donc être en état d'avoir sur ce sujet une opinion conforme aux faits, et de pouvoir la présenter avec quelque confiance. Je déclare que j'ai l'entière conviction que dans les fabriques qui ont passé leur temps d'apprentissage^ qui travaillent avec les meilleurs procédés connus^ et sont dirigés avec cet ordre, cette économie et cette entente des détails qui doivent assu^rer le succès de tout genre d'industrie, la
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fabrication ne présente, au prix actuel des sucres en France, que des bénéfices fort modérés, et qui ne dépassent pas ce qui est strictement nécessaire pour pouvoir déterminer des hommes prudens à s^aventurer dans la même carrière. Je connais plusieurs fabriques qui jusqu^ici ont été. constamment en perte , quoique les propriétaires ne le disent pas à tout le monde, par des motifs faciles à deviner^ je connais un grand nombre de propriétaires qui hésitent à former des entreprises de ce genre, et plusieurs d'entr'eux se sont arrêtés dans leurs projets, à cause dé rinquiétude que leur inspirait les résultats problématiques de Penquête commerciale. Je suis convaincu que toute réduction dans les droits d^entrée arrêterait instantanément Fessor , que prenait en France ce genre d'industrie. Je sais bien , et les fabricans éclairés savent comme moi^ que les perfectionnemens que cette fabrication si jeune chez nous pourra recevoir, donneront dans la suite beaucoup de ^tituc(e dans les pril de production : d'une part, on diminuera encore les dépenses, et de l'autre je suis pen^uadé que Ton portera encore fort haut l'augmentation des produite que l'on obtient d'une quantité donnée de betteraves^ mais combien il en coûtera de tatonnemens et de fautes pour obtenir ces résultats! ! Combien de fabriques succomberont encore avant i
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cette époque ) parce quUl leur manque quelque chose pour faire aussi bien qu^il est possible! Combien ne pourront pas subsister assez longtemps pour acquérir une expérience que des années seules peuvent donner^ dans un genre d^opérations qui embrasse le cercle entier d^une année ^ en sorte que ce n^est presque jamais que dans Tannée suivante , que Ton peut profiter de Fexpérience acquise par les fautes que Ton a commises ^ soit dans la culture ^ soit dans les procédés de fabrication ! Dans combien d^en— truelles ne faudra-t-il pas encore attendre pendant des années, que Ton ait pu trouver ou former des contre-maîtres et des ouvriers capables d^apporter à des opérations de la nature la plus délicate et la plus difficile, les soins et les connaissances pratiques nécessaires pour en obtenir un succès constant et uniforme !••• Et c^est dans de telles circonstances que Ton voudrait compromettre le sort d^une industrie naissante qui promet à la France une si importante Source de richesses!
Au fond, que demandent aujourd'hui les fabricans ? Est-ce une augmentation dans les droits existans ? Pion ^ c'est simplement le maintien de la législation , sur la foi de laquelle ils ont formé des entreprises utiles à leur pays encore plus q[u'à eux-mêmes. Fortera-t-on le découragement
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dans leur esprit, écartera^t-on de cette carrière tous ceux qui se préparaient à y entrer, en montrant que le gouvernement ne porte aucun intérêt à ce genre dMndustrie , et qu'il n^est nullement disposé à le soutenir de sa protec-^: tion? Il y a vraiment quelque chose d'étrange dans rinsistance avec laquelle on s^efforce en ce moment à préoccuper Topinion publique en fa— veur d'une réduction de droits d'entrée sur les sucres. Comme impôt, les consommateurs ne pensent guère à s'en plaindre, car cet impôt est trèsmodéré, et la matière sur laquelle il porte n^est pas de première nécessité , quoique les habitudes de. l'aisance en aient beaucoup étendu la consommation. Cest au nom des commerçans importateurs des sucres étrangers que l'on insiste' avec le plus de forcé; mais de quoi se plaint donc le commerce? Ses opérations sur les sucres diminuent-elles d'année en année? Au contraire, les importations se sont accrues dans une proportion prodigieuse depuis quinze ans ; les raf- Ëneurs interviennent de leur côté dans la question; et l'on croirait à les entendre que toutes les raffineries du royaume vont être fermées , si Ton n'abaisse pas les tarifs. Mais si les importations de sucre se sont accrues , l'industrie des raffmeurs a reçu des accroissemens correspon— dans, car tout ou presque tout le sucre brut
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qui entre chaque année dans le royaume, passe par leurs mains avant d'arriver aux consom-c mateurs^ et si les raffineurs font valoir les bé-* néfices que Tindustrie française pourrait retirer de Fexportatîon des suci-es raffinés, comment pourrait-on mettre en balance , sous le rapport de la richesse générale, Findustrie qui exporte une petite partie d'un produit tiré du dehors ^ après lui avoir donné une légère augmentation de valeur, avec Tindustrie qui crée ce produit lui-même , et qui enrichit la nation de la matière première et de tout Taccroîssement de valeur que peuvent lui donner les travaux du raffineur ?
J'ai dit qu'il y a quelque chose d'étrange dans les. réclamations si pressantes que Ton apporte en ce moment contre le tarif des sucres^ j'aurais pu dire quelque chose d'étranger^ et s'il faut dire toute ma pensée , il y a là quelque chose danglais. En remontant à la source de ces réclamations, ne rencontrerait - on pas des Français qui eussent cédé à leur insu, à des suggestions venues du dehors ? Ce qui est certain, c'est que l'intérêt de l'Angleterre est immense dans cette question : on sait bien que les combinaisons du monopole colonial, peuvent leules permettre à TAniérique de soutenir la con-
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currence avec Tlnde, pour la fourniture du 5ucr« aux nations de l'Europe ; et au moment où la chute inévitable de ce monopole vient donner à la nation britannique Tespoir bien fondé de recueillir toute cette succession , et d'acquérir à son tour pour ses possessions de Plnde, le monopole de \2L fourniture du sucré à TEurope , un genre d'industrie s'élève qui menace d'entrer en concurrence avec les productions asiatiques, et qui, encore dans l'enfance, laisse entrevoir la prétention de soutenir avec succès celte rivalité* Etouffer dans son berceau le monstre qui pourrait apporter un tel déplacement dans la production d'un des objets les plus lucratifs du commerce anglais, serait certes* une belle opération diplomatique^ des moyens de tous les genres seront, sans aucun doute, employés pour atteindre ce but; et ce serait bien peu connaître le gouvernement anglais que de ne pas le croire disposé à faire mouvoir des ressorts de tout genre pour obtenir ce point de sécurité. Cest à la France , à laquelle est en ce moment confié le germe de cette branche d'industrie si féconde en espérances ^ à le conserver avec soin. Aujourd'hui , il est certain que sa conservation ou son anéantissement dépendent de quelques francs de plus ou de moins dans le tarif. Dans dix ans, si cette industrie est ménagée, et reçoit les développemens
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qu^oa doit naturellement en attendre , on appré-' ciera toute la portée de la découverte qui a mis TEurope en possession d^un produit précieux qui lui était exclusivement fourni par les autres contînens^ et alors ^ je le dis avec assurance y. on ne concevra pas que , dans les circonstances où nous nous trouvons aujourd'hui, une semblable controverse ait pu diviser les esprits. S'il était possible au contraire que Ton parvînt à comprimer en ce moment l'essor de cette industrie nouvelle, il n'est pas probable que l'Europe la perdrait pour cela : quelqu'autre nation s'en emparerait un peu plus tard, et l'on sentirait alors toute rénormité de la faute qui l'aurait laissé s'échapper de nos mains«
§ Xin. Du droit d^entrée sur tes laines^
De toutes les questions de tarifs qui peuvent intéresser la production agricole, il en est peu qui aient , depuis quelque temps , attiré aussi puissamment l'attention publique, que celle du droit d'entrée sur les laines étrangères, et il n'en est peut-être aucune qui soit plus délicate et plus compliquée. Hors .d'état, comme je le suis, de la. résoudre, je me bornerai à présenter ici
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quelques considérations qui me semblent deroir
entrer parmi les élémens de la solution.
Le premier pas à faire dans cette question^ consiste^ je crois, à bien apprécier notre situation actuelle', relativement à la production de la laine et pour circonscrire la question dans ses limites réelles, je dois dire que, c'est presque uniquement des laines mérinos que je m^occuperai, •parce que, quoique Ton parle presque toujours des laines en général, c'est réellement sur les, seules laines de mérinos que roule la discussion. Les producteurs de laine commune ou les propriétaires de troupeaux d'anciennes races françaises, ne se plaignent pas, 014 du moins si Ton a entendu quelques plaintes de leur part, je crois que c'était uniquement pour faire écho 5 il faut donc les placer hors de la cause 5 et pour ce qui concerne les autres races récemment importées, les propriétaires ne se plaignent pas encore, car il n'a existé jusqu'ici que des essais plus ou moins heureux , et l'on ne connaît pas encore les élémens des calculs que Ton devra, établir pour la production. C'est donc exclusi- Tcment aux troupeaux de mérinos purs ou métisés et à leurs toisons , que se circonscrit la discussion sur la question des laines.
Il me semble que l'on n'apprécie pas bien la position dans laquelle se trouve aujourd'hui Fin-
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dustrie des mérinos en France^ il est impossible » de méconnaître que . cette position est un état transitoire , ou si Ton veut , un état de crise in— vinciblement amené par les circonstances antérieures. L'éducation des mérinos a formé il y a . 3o ou ^o ans^ et pendant une assez longue suite d'années , une spéculation qui se trouvait entièrement hors de pair avec l'éducation , l'entretien ou l'engraissement de toys les genres de bestiaux sur lesquels s'exerce l'industrie des cultivateurs : le haut prix des animaux a mis pendant longtemps cette spéculation à la portée seulement des propriétaires riches ou du moins aisés, qui, pour la plupart, entretenaient leurs troupeaux dans un but et avec des moyens tout différens de ceux des fermiers ordinaires. Le prix élevé auquel ces propriétaires trouvaient à vendre les toisons et les animaux qu'ils élevaient , formait une puissante comparaison de la différence de position dans laquelle ils se trouvaient, relativement aux cultivateurs proprement dits : pour ces derniers , l'entretien des bestiaux est une nécessité, car il leur faut des engrais, et il n'est question popr eux que de savoir quel est le genre de bétail qui paiera le mieux les fourrages et les soins , ou , en d'autres termes , qui leur procurera des engrais au plus bas prix possible4 Pour se déterminer à prendre ou à ne pas pren-
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are de bétail, il ne s'agit pas de savoir s'il est possible d'obtenir du foin consommé dans la ferme, le même prix que Ton en trouTcrait sur le marché^ il ne peut être question que du choix* à faire entre les différens genres de bestiaux ^ car, sans fumier pas de récoltes , et sans bestiaux pas de fiimier. Le propriétaire qui n'exploite pas doit calculer tout au-* trement, car s'il ne compte pas le fumier pour rien , il n'y attache pas du moins la même importance que le cultivateur, et il n'entretiendra un troupeau que dans le cas où il trouvera dans la vente des produits un bénéfice suffisant pour lui rembourser, outré les frais de garde et autres, la valeur du fourrage consommé, ainsi que des prés et pâtures qu'il lui consacrera , et qu'il reprendra à son fermier à des conditions plus ou moins avantageuses, ou qu'il se procurera par tout autre moyen , pour lusage spécial de son troupeau.
Il ne viendra guère à l'idée à un propriétaire d'entreprendre dans uhe combinaison semblable, soit l'entretien d'un troupeau de races communes ou d'une vacherie , soit l'engraissement des bœufs ou des bêles à laine ; et s'il l'entreprenait , il ne pourrait certainement y trouver que de la perte, non-«$eulement par le motif que j'ai exposé plus haut, mais aussi parce qu'un propriétaire
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ordinairement absent pendant une partie de Tannée, se peut jamais donner à tous les détails économiques, des soins qui puissent lui permettre de soutenir, la concurrence avec le cultiva^ teur qui en fait sa principale affaire. Cependant Féducation des mérinos a présenté pendant longtemps des bénéfices tellement supérieurs à ceux que Ton pouvait attendre de tous les autres genres de bestiaux , qu^un grand nombre de troupeaux ont été formés et soutenus avec de grands profits par d^ propriétaires non cultivateurs , et par des combinaisons économiques plus ou lûoins favorables 5 quelquefois bien calculées pour cette position spéciale, mais quelquefois aussi assez mal conçues 3 et pendant une vingtaine d^années, il a réellement fallu quWe spéculation de mérinos fût bien mal dirigée pour n^être pas lucrative.
Il est facile de sentir qu^un semblable état de choses devait avoir un terme : la multiplication des animaux en a nécessairemrnt fait baisser le prix , et dès ce moment, les cultivateurs ont voulu aussi prendre part à une spéculation qui était en quelque sorte dans leur domaine; et même un assez grand nombre de fermiers auxquels les moyens pécuniaires ne manquaient pas , n'ont pas attendu ce moment pour entrer en concurrence avec les propriétaires , dans une
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carrière où tous les avantages étalent de leur côté. Il était bîen évident que dès Tinstant où cette spéculation passerait entre les mains dès cultivateurs ^ elle ne pouvait pas tarder beaucoup à se niveler sous le rapport des profits , avec les autres branches d'éducation ou d'entretien de bétail. Ainsi, lorsqu'on veut rechercher aujourd'hui si Tindustrie des mérinos peut se soutenir en France, aux prix actuels des produits, la question doit se poser ainsi : Les troupeaux de mérinos donnent-ils des produits égayioc à ceu± que trouve Vagriculture dans rédu-cation des troupeaux de races communes , dans Vélève ou V engraissement du bétail à cornes y etc. P '
La question ainsi posée, je ne pense pas qu'il puisse exister de doute sur la solution ; et si quelque propriétaire se plaint de l'avilissement des jproduits de son troupeau de mérinos, qu'il essaie de le remplacer par quelque autre genre dç bétail , et il verra s'il ne trouvera pas encore une perte bien plus considérable. Mais l'administration doit-elle sWôrcer de maintenir ou plutôt de faire renaître l'état précédent des choses, en favorisant spécialement la production des laines fines, par des mesures qui ne tourneraient pas également au profit de la production des autres sortes de lainage? Il serait superflu d'examiner
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si une marche semblable aérait prudente ef conforme aux règles d une bonne administration ; car il est très-certain que tous les efforts que pourrait faire le gouvernement pour atteindre uu but de ce genre, seraient entièrement inutiles. Il est impossible d'empêcher que le niveau s'établisse entre des industries analogues; et tant qu'il y aura plus d'avantages à produire dé la laine de mérinos qu'à entretenir du bétail de tout autre genre, les troupeaux de cette espèce s'accroîtront graduellement , jusqu'au moment où. la baisse des prix des produits rétablira, l'équilibre 5 et cet accroissement sera prompt, aujourd'hui que cette industrie est entre les mains d'un grand nombre de fermiers. Il me semble donc évident quil faut que les propriétaires non cultivateurs se résignent à une nécessité contre laquelle il est impossible de luter. Aujourd'hui, la production des laines communes de méririos dites laines intermédiaires , est dans le domaine des cultivateurs ; car malgré l'abaissement des prix des laines de cette qualité, ils les produisent encore avec plus d'avantage que les laines communes qui n'ont pas éprouvé de baisse, avec plus d'avantage que la viande grasse, que le beurre, le fromage, etc;; et s'il est des cultivateurs qui disent quils ne peuvent produire la laine de mérinos aux prix actuels^ l'observation que j'ai faite pour
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les propriétaires s^adresse également à eux^ car il est impossible qu'ils espèrent éviter, par quelque mesure que ce soit de la part de l'administration^ les effets de la libre concurrence avec tovis les autres cultivateurs qui peuvent comme eux produire de la laine de mérinos ^ et qui en produiront certainement si cette branche d'industrie leur offre plus d'aVantage que l'économie des autres genres de bétail. Aujourd'hui, il n'y a que la production des laines superfines de mérinos qui puisse compenser , pour, les propriétaires , le désavantage de leur position à Fégard des cultivateurs. Les animaux de haute finesse sont en ce moment ce qu'étaient les mérinos communs il y a trente ans^ c'est une industrie hors de pair : elle se nivellera aussi peut-être avec le temps, mais tout doit faire prévoir que les laines de cette qualité se maintiendront encore long-temps à de hauts prix ^ caf les soins minutieux et l'attention qui sont nécessaires pour élever et maintenir un troupeau à un haut degré de finesse, seront toujours à la portée d'un bien moins grand nombre de cultivateurs?, que l'entretien d'un troupeau ordinaire de mérinos. Les races de bêtes à laine nouvellement importées d'Angleterre pourront aussi offrir aux propriétaires des spéculations i^ui ^remplaceront pour tux , ce qu'ont été pen^
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dant ioDg-temps les mérinos communs^ mais ce serait s'épuiser en efforts superflus , que de chercher^ par des droits spéciaux à Tentree ou par des prohibitions^ à soutenir artificiellement à un prix relativement supérieur à ceux des autres produits animaux, les laines intermédiaires , dont la production est aujourd'hui enti'e les miaîns d'une multitude de cultivateurs. Le seul résultat que Ton obtiendrait serait une production exagérée qui tournerait au détriment des laines communes , sans apporter une amélioration durable aux producteurs de laines intermédiaires. Quant aux laines superfines , les tarifs actuels leur suffisent , et ce ne sont pas les propriétaires des troupeaux qui les produisent, qui sollicitent des prohibitions ou de nouvelles augmentations de droits.
Si nous considérons la production des laines en France sous un point de vue général, nous serons hvcés de reconnaître qu'elle a autant besoin d'être soutenue par des droits à l'entrée , que celle des grains et des bestiaux ; et il est facile de concevoir que pour que ces diverses branches de productions soient également favorisées , il faut que les droits sur les laines soient relativement plus élevés que ceux qui opt pour objet les grains ou les bestiaux , parce que le prix du transport étant dans une proportion beaucoup moindre avec la
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Taleur, on peut les faire venir de contrées plus éloignées, en sorte que la concurrence serait beaucoup plus redoutable pour Tagriculture française, dans la production de la laine que dans celle des autres objets. SMl en était des laines comme des grains ou des bestiaux,, si toute la quantité qui s'en importe était employée à la consommation intérieure, les intérêts des consommateurs combinés avec ceux des producteurs, devraient seuls être consultés sur la limite qu'il convient d'assigner aux droits d'entrée j mais ici, la question se complique infiniment par les in-^ térêts de Findustrie manufacturière qui convertit en produits destinés à l'exportation , une partie considérable des laines importées , et même une partie des laines récoltées dans l'intérieur. Il est bien certain que la fabrique des étoffes de laine souiSre en ce moment en France, au moins autant que l'agriculture qui produit la matière première 9 et l'on ne peut guère se refuser à croire que le taux élevé des droits d'entrée est une des causes principales de cet état de souflFrance des manufactures qui , si cet état de choses durait , se trouveraient privées d'une grande partie de leurs débouchés au dehors. Maïs cette inaction des manufactures est aussi la principale cause de rabaissement du prix des laines 5 en sorte qu'il faut combiner ici , outre les intérêts des consommateurs, ceux des pro-
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ducteurs de laine ^ relativement à la concurrence des produits étrangers ^ avec ceux des manufacturiers , dans leurs rapports avec l'industrie des autres nations ^ et en défendant les intérêts des ma^nufacturiers , on défend encore ceux de . 1^ production de la matière première 5 car ce ne sera heureusemeiït jamais par des manufactures étrangères que seront consommées les laines françaises ^ ainsi c'est uniquement de la prospérité des manufactures nationales ^ que les producteui^ de laine peuvent espérer des débouchés faciles et avantageux.
D'après les principes que doit avoir en vue une sage administration, un droit d'entrée sur une matière qui , comme la laine , fournit à une exportation considérable en produits manufacturés , doit nécessairement être combiné avec une prime d'exportation qui permette aux manufacturiers français, de soutenir, avec l'industrie étrangère^ une concurrence qu'ils ne pourraient évidemment supporter sans cette compensation des droits qu'ils ont acquittés sur la matière première, ou de Faugmentation qui résulte des droits d'entrée , sur les prix de^ laines récoltées à l'intérieur. Il me semble que c'est spécialement sur le mécanisme de cette prime d'exportation combinée avec les droits d'entrée , qu'il faut diriger son attention , si l'on veut chercher les moyens de soulager à
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la fois Tindustrie manufacturière et Fagriculture; et, dans mou opinion , il n'est pas possible, dans la situation actuelle des choses, de rien faire pour Vagrîculture , en ce qui concerne le tarif des laines, si ce n'est ce que Ton peut faire en faveur de Tindustrie manufacturière qui lui offre le débouché de ses produits. Il faut que l'administration considère tin droit de ce genre , non pas comme un revenu, mais comme un moyen de favoriser la production et l'industrie intérieure ; c'est ici qu'il faut que nous apprenions par l'exemple de l'Angleterre, combien il y a à gagner pour le gouvernement lui-même , à régler les questions de ce genre sans fiscalité , et dans la . seule vue des intérêts de la prospérité intérieure , seule source de richesses pour le trésor public comme pour la nation. Je ne dirai pas que c'est sans lésinerie , mais je ne craindrai pas d'affirmer que c^est largement et avec libéralité que le système des primes doit être combiné avec celui des droits d'entrée. Je suis donc persuadé que c'est principalement dans l'examen des résultats obtenus depuis quelques années par l'adminbtration des douanes dans cette combinaison de moyens, que l'on pourra trouver Pexplication de Tétat de détresse dans lequel se trouvent no5 manufactures. En effet , la prime a été calculée de telle manière qu'au lieu de former le rem-
SCa LES ULINES. | yS
bouTsement intégral des droits d^entrée,' elle a constamment laissé au profit du trésor , un excédant qui a varié de i^Soo^ooo fr. à a .millions. Il est bien évident que ce n'est pas ainsi que Ton pouvait espéi*er de favoriser l'industrie manufacturière ^ et encore bien moins la production intérieure des laines, puisque bien loin que celle— ci ait profité d'une partie des primes accordées à l'exportation , l'administration n'a réelle^ ment remboursé par ces primes que la moitié environ des droits qu'elle avait perçus à l'entrée sur les laines étrangères. C'est là, j'en suis persuadé , qu'il faut chercher aussi pour l'avenir , en faveur de nos manufactures , le remède à une décadence qui devient sérieusement alarmante pour l'industrie de la production des laines en France. Si l'on concevait d'une manière plus large le système des primes , et si , à l'aide même de quelques sacrifices en excédant des droits d'entrée, Ton parvenait, comme cela ne parait pas problématique, à accroître la masse de nos exportations de lainage , l'agriculture trouverait , dans Taclivité des manufactures, une immense ressource pour la production des laines 5 et relativement à l'industrie des mérinos communs en particulier, on adoucirait certainement par ce moyen, la secousse toujours fâcheuse produite par l'étal transitoire > dans lequel se trouve cette
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industrie. Il n'est pas douteux non plus qu^ Taccroissement de richesses publiques qui résulterait de la prospérité de ces deux branthes d'industrie, ne icompensât largement, aii profit du trésor , le léger sacrifice que ces primes pourraient exiger ^ et je ne pense pas que le gouvernement puisse employer aucune somme à une (dépense plus profitable pour luimême*