‹ Annales agricoles de Roville (volume 3)Chapitre 35 sur 72 · SUR LA MOISSON DES CERÏALES · texte numérisé non relu

SUR LA MOISSON DES CERÏALES

la plaiite. L'inçlinaîsoa de Vépi vers le sol est le premier ipdice de la mort; mais il est de fait que Je. grain a atteint sa maturité avant Tinclinaison de Fépi, et si Ton attend cet indice y c^est afin seulement d'obtenir la maturation de la paille.

Puisqu'il est vrai que dans les plantes la mort commence à se manifester dans la partie supé-^ rieurs ^ il est clair ^ dès que la sève cesse de circuler dans la partie de la tige qui se trouve im-» médiatement au-dessous de l^épi, que le grain ne tire plus rien de la plante ; en conséquence y lorsque Ton dI£Fère de moissonner les céréales parvenues au point dont nous venons de parler ^ on s^expose, sans aucun avantage, à une perte de temps et aux chances «de la mauvaise saison. Bien plus, on peut, sans inconvénient, faire la récolte quatre à cinq jours avant ce termcf, parce qu'à cette époque de la végétation, la sève est très-peu abondante et la circulation languissante. D'un autre côté, lorsque Ton coupe les céréales pendant que la sève circule encore, la maturation continue peùdant quelque temps; fait qui a été prouvé par une foule d^expériences. La fleur du trèfle rouge fauché vert conservje long-temps sa fraîcheur, lorsqu'on le tient à Fombre, et semble même fleurir lorsque la fauchaison a lieu pendant un temps humide. Tous les fruits y ainsi

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que les semences qu^ils contiennent, niûrissent après même qu'ils ont été cueillis avant parfaite maturité ^ le grain des céréales ne fait pas exception.' L'expérience m'a démontré de la manière la plus claire que les grains continuaient à mûrir après qu'ils avaient été coupés prématurément, et que cette, pratique n'en altérait jamais la couleur. Tous les cultivateurs praticiens doués d'un esprit un peu observateur , ont dû remarquer que dans certaities années quatre ou cinq jours de temps sec suffisaient pour mûrii* complètement une récolte qui, avant ce temps, paraissait encore en pleinç végétation. Assurément on pouvait sans risque moissonner cette récolte au moment où le changement dont nous venons de parler commençait à s^opérer.

Tous ceux qui ont récolté ou vu récolter des céréales^ complètement mûres, ont dû observer qu'une assez grande quantité des meilleurs grains tombe à terré sous la main du moissonneur , et dans les autres opérations de la moisson et de la rentrée de la récolte : ceci est dû à ce que les balles ou gloumes des épis sont ouvertes à la maturité. Il est encore difficile et même impossible d'empêcher que beaucoup de tiges et d'épis ne se perdent sur le sol, parce que la paille étant aussi mûre, la tige n^a plus de force et tombe à la moindre secousse. Observons

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enfin que le grain perdu dans ces circonstances est le meilleur et le plus pesant. En effet^ après une moisson tardive, comme celles de L821 et 1822 , la perte éprouvée devient manifeste par la grande quantité de grains qui végètent sur le soL Les grains d^un froment complètement mûr ou de Tavoine patate tombent à terre avec uDe extrême facilité ] les pertes sont encore plus grandes lorsque Ton moissonne Torge qui atteint sa maturité. En un mot, toutes les céréales éprouvent une grande diminution de produits^ suite d\ine maturité trop avancée.

Lorsque les céréales sont récoltées avant la maturité , les grains se trouvant gonflés et serrés dans les gloumes , le cultivateur n'éprouve point de pertes par les opérations de la moisson et de la rentrée de la récolte.

Si Ton ne fait la moisson que lorsque le grain est complètement mûr , la récolte se compose de peu de grains de médiocre qualité ; mais la perte se compose des bons grains qui sont tombés à terre ^ et si Ton moissonne prématurément , il n^. a pas de perte de bons grains, mais la récolte contient une plus forte proportion de grains de médiocre qualité que dans le premier cas. Ainsi, il résulterait que le produit varie peu sous le rapport r de la qualité, lorsque Ton moissonne à com-^ piète maturité ou prématurément^ mais que le

produit dans ce dernier cas augmente sôus le rapport de la quantité des grains dinférieure qualité. Si en outre un Tent violent survient pendant la maturité^ Favantage sous le rapport du produit sera totalement en faveur de la coupe prématurée.

M. Coke est ^ je crois , la première personne qui ait. avancé que le blé récolté avant parfaite maturité était de meilleure qualité. La raison qu il en donne est que dès que lé blé arrive à un cer^ tain point de la maturation ^ une partie de la matière nutritive passe de Tintérieur du grain à la pellicule qui forme le son. Ainsi ^ suivant M. Coke^ le blé complètement mûr contient plus de son et moins de farine que le blé récolté prématurément. Cette théorie est certaine-* ment ingénieuse ^ mais mon manque d^expérience dans Part du meunier et du boulanger , m'empêche de me prononcer sur ce sujet. Cependant, en jugeant seulement diaprés rimpresaidn quVcasionne Tapparence des grains, je dirai qu^après avoir scrupuleusement examiné les résultats d'un grand nombre d'essais, j^ai jugé que la différence de qualité entre un blé récolté complètement mûr à un autre récolté douze ou quatorze jours avant Ja maturité, était de i à 3 pour % en faveur du blé mûr , et que je n^ai remarqué aucune différence lorsque le blé récolté prématurément

SUtl tJk MOISSON tJSS CÉBÉAJsfSS*. ^'ajS

lie ravait été qtie de six à huit joui*s. Mais H est certainement des cas où la coupe prématurée améliore le grain, ou tout au moins rempêcbe de devenir pire.

La coupe prématurée augmente certainement la qualité nutritive de la paille^ et en permettant aux cultivateurs de prolonger le temps ordinairement consacré à la moisson , cette pratique, si elle était généralement adoptée, leur permettrait aussi de faire la récolte avec un nombre moindi*é de manouvriers, ce qui par conséquent dimi-nuerait les frais.

Il résulte de toutes les observations que nouÀ venons de faire sur la coupe prématurée , qu^eù moissonnant les céréales huit à dix jours avant leur parfaite maturité , la qualité du grain n^est paà aliférée , la quantité du gi*ain est augmentée , le graiil est en quelque sorte mis à Fabri des dé-^ sastres occasionnés par le vent et la pluie, la qualité de la paille est ainéliorée^ et que les frais de la récolte sont diminués.

Si rhomme pouvait disposer du soIeH, du vent et de la pluie, et si Ton pouvait récoltor les épis un à un, alors je deviendrais partisan de la coupe à maturité de toutes les céréales. Mais lorsque j'obsexvé combien le climat est variable et eomLien la coupe prématurée o£fre d'avantages au cultivateur^ jie ne puis m^nipêcher de re- 5*^ LIVR. i8

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commander la pratique de la coupe prématurée à rattenlion sérieuse de tous les agriculteurs pra* ticiens* C. C* **

La lettre que nous venons de traduire en suscita une autre de la part de M. S. 7!a//or de Bristol. Cette lettre parut dans le n^ XCVIII du Fav^ mer's Magazine^ je n^en donnerai que Textrait M. Taylor pense que Fauteur de la lettre cidessus a envisagé la question de la coupe prématurée des céréales d^une manière trop générale. Son opinion est qu^il y a des espèces de grains pour lesquelles la coupe prématurée ne saurait être que nuisible. Telle est Torge, qui n^acquiert cette belle c6uleur qui la fait rechericber, qu^en achevant complètement sa maturité sur pied. Il s'appuie' de Tex^mple du Norfolk ^ont la production en orge est des plus considérable. Dans ce comté où il a vécu ^ il a^toujours vu préférer par les brasseurs Porge la plas mûre. Du reste il partage complètement Topinion de M. C. C pour toutes les autres céréales. Enfin, il termine en disant qu^il ne pense pas que M. Coke ait jamais récolté son orge avant maturité, et que si Ton adopte la coupe prématurée pour Forge, il faut la laisser javeler longtemps sur le sol, pratique qu^tl regarde comme fort chanceuse pour cette céréale , surtout si un été humide a favorisé la croissance du trèfle semé avec elle.

MOISSON DANS lÈS SAISONS PLUVIEUSES, ayS

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