‹ Annales agricoles de Roville (volume 3)Chapitre 36 sur 72 · DOMBASLE · texte numérisé non relu

DOMBASLE

JLf ES pluies opiniâtres pendant la durée des moissons , sont sans contredit une des circonstances les plus embarrassantes qui puissent se rencontrer dans la pratiqué de Tagriculture \ et il arrive trop souvent que les pertes qu'éprouvent les cultivateurs par Teffet de ces intempéries , diminuent le produit des récoltes , dans une proportion très-considérable 5 plus souvent encore^ la qualité des grains isst altérée de manière à en diminuer beaucoup la valeur. On a indiqué des moyens très-variés pour mettre les caltivateurs à Tabri de chances désastreuses , qui peuvent aussi compromettre la subsistance de la population , et il y a du bon dans plusieurs des procédés que Ton a indiqués pêur atteindre ce bût 5 mais, d'après mon expérience, il n'est aucun de ces moyens dont Pefficacité puisse se comparer à Tusage de disposer les céréales aussitôt qu^elles sont moissonnées , en moyettes y meuleites ou meulons. Cette pratique est fort

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ancienne dans plusieurs cantons de la France ^ cl il est difficile de concevoir que l'usage ne s'eû soit pas généralisé ^ car le procédé est extrêmement simple. Cependant on ne doit pas se dis* simuler que ce procédé entraîne une légère augmentation de main-d'œuvre, et c'est sans doute ce motif qui a détourné de l'imitation, les cultivateurs qui voient cette pratique en usage dans Aes cantons très-rapprochés d'eux ^ mais cette petite augmentation de travail est compensée par de si grands avantages ^ que je pense qu'aucuQ cultivateur soigneux ne doit négliger ce moyea de sécurité pour ses récoltes , toutes les fois que l'incertitude du temps parait le rendre nécessaire. Il est à peu près impossible d'être contraria avec plus d'opiniâtreté par les pluies , qu'on i'a été dans tout le nord de la France , pendant le coursi de la dernière moisson (1828), et une quantité très-considérable de grains a été avariée, soit sur le chaume, soit dans les meules ou les granges, après avoir été rentrés sans être suffisamment secs. C'est dans ces circonstances que j'ai voulu essayer l'usage des moyettes ^ et j'en ai ét^ aussi satisfait qu'il était possible de l'espérer; j'a} la convictioA qu'en employant ce moyen avec intelltgenceetac' tivité, un cultivateur peut être assuré de rentrer se& grains en excellent état, dans les saisons les plus défavorables. J'ai sauvé, par ce moyen, m^

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récolte d^escourgeon ou orge d^hiver^ consistant en environ 5,ooo gerbes, et dont la* rentrée m^embarrassait d^autant plus que , dans ce moment ) où il ne se passait pas un seul jour sans des pluies abondantes, f avais en même temps sur terre une récolte considérable de colza, que Von ne. pouvait espérer de sauver sans y em^ ployer tous les bras et les moyens d'exécution dont je pouvais disposer. L^escourgeou ayant été mis en moyettes se conserva parfaitement , et un mois plus tard , lorsque le bsctage du colza fut terminé , on rentra Forge en très-bon état. Comme il a été engrangé bien sec , Ja masse ne s'est nullement échauffée , et le grain a conservé cette belle couleur claire^ si recherchée des brasseurs, et qui est on ne peut pas plus rare dans les orges de la récolte de cette année. Tout le froment que j'ai mis en moyettes, s'y est également irès-J^ien conservé. Je passe à ta description du' procédé, qui est très-simple , mais qu'on ne doit cependant pas s'attendre à voir exécuter avec perfection par des ouvriers qui lé font pour la première fois. On obtiendra bientôt une bonne exécution, si l'on a soin de charger exclusivement un petit nombre d'hommes les plus soigneux, de la tâche d'arranger les moyettes, en leur faisant apporter les javelles par les autres hommes ou par des femmes ; de cette manière , en formant

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