‹ Annales agricoles de Roville (volume 3)Chapitre 41 sur 72 · D MAÏS · texte numérisé non relu

D MAÏS

Quand la fleur mâle du maïs commence à se faner ^^ c^est un signe que la fécondation est terininée. Cette fleur ou aigrette n'est alors plus nécessaire , et Ton coupe la tige au-dessus de 1? * feuille qui se trouve au-dessus de Pépi le plus élevé. C'est ce que l'on appelle étêter le maïs.

Les agriculteurs alsaciens ne sont pas d'accord sur l'utilité de cette opération : les uns prétendent qu'il vaudrait mieux les laisser, Tes autres aii contraire disent que cela accélère la maturité 5 c'est pourquoi ils pratiquent Fétêtement particulièrement dans les années froides et humides. Il n'est pas sans vraisemblance que la croissance ultérieure de la plante soit arrêtée par suite de la blessure qu'elle vient de recevoir, que l'activité dans la circulation des sucs cesse, et que, faute de renouvellement de ces isucs , le fruit sèche plus tôt. Il en résulterait une diminution dans le volume des grains 5 mais une récolte moindre, en bon état, vaudrait toujours mieux qu'une plus considérable que l'on ne pourrait pas rentrer dans un état satisfaisant. Dans âts climats plus chauds cela pourrait être blâmable 5 mais en Alsace où le maïs ne parvient pas toujours à sa maturité, je regarde cette pratique comme très - utile. Dans tous les cas , la diminution dans la récolte en* gk^ins est bien compensée par la qualité bien su- 5* IiIYR. 21

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pérknre de ces sommités donnée^ vertes mx bestiaux.

Le maïs est exposé ici à deux maladies : la première est le charbon des blés (uredo /rumen-' forum) y excroissance monstrueuse qui détruit quelquefois entièrement Pépi. Cette maladie est très-commune dans les années favorables au mais. Comme elle n^attaque ordinairement que quelques pieds , elle n^occasionne pas de grandes pertes. Le ver est beaucoup plus dangereux^ il détruit quelquefois la moitié de la récolte. II attaque non^seulement Tépi , mais encore la tige qui le porte ^ au point de la faire plier sous soa propre poids.

Récoke.

La récolte du mais en Alsace , a lieu vers la SL-Michel , et quelquefois vers la fin d^octobre. Quand le mais est mûr, Textrémité des feuilles qui entourent Pépi blanchit , S'cntr ouvre , et laisse apercevoir ce dernier. Cependant, si le froid venait à se déclarer avant cette époque , il faudrait le rentrer tel quel. Les feuilles se fanent , pâlissent , les graines se dessèchent ; tout espoir de le voir mûrir davantage est alors perdu.

Comme les gelées nocturnes d^automne se font plus fréquemment sentir dans les situations basses

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qu'aîlleutS^ îl ne serait pas prudent d*y planter chez nous du maïs 5 sans cette circonstance, les marais et les étangs desséchés où le blé a coutume de verser, seraient très*-propres à la culture de cette plante^

On coupe les tiges près de terre avec la fàu-^* cille, on les transporte de suite à la maison où on les dépouille aussitôt de leurs épis; celles-là sont alors exposées en plein air pour être sé^ chées. Quelques cultivateurs cependant cueillent les épis pendant que la tige est sur pied , arra-* ehent ensuite celles-ci, les posent en faisceaux ^ et les laissent ainsi sécher jusqu^en hiver.

Conservation et égrenage des épis.

Le ma& plus que toute autre céréale, est exposé à s^échauffer. Comme ses grains sont très-^serrés , et que la couche des feuilles qui enveloppe Fépi est très^épaisse , sa dessication se fait très-diffi— cilement , quand même il est parvenu à sa parfaite maturité. Aussi la première chose que Ton fait quand il est rentré, est de le débarrasser de son enveloppe; mais Fépi n^est alors pas encore dans Pétat où Ton peut Tégrener. Il faut que , par ^ une plus longue évaporation , les grains perdent de leur grosseur pour permettre ensuite Tégrenage. Pour les amener à cet état , jusque vers l'époque de Tannée où Ton peut faire cette opération

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sans négliger d^autres travaux, on emploie en Alsace le procédé généralement connu , qui consiste à attacher plusieurs épis ensemble , et de les suspendre sous des avances dé toits ou sous des portes , et généralement partout où ils peuvent être exposés à des courans d'air , mais à Tabrî de la pluie. A cet effet, on retrousse le peu de feuilles qu^on a laissées après les épis , on en réunit huit, dix ou douïe y on attache ces feuilles ensemble avec un fil un peu fort , puis on les suspend à des perches ou des clous. Ceci est peut-être la meilleure et ta plus ancienne méthode de sécher le mais ^ c'est aussi celle qui est pratiquée par les sauvages de l'Amérique , d'où elle nous a été transmise par les Espagnols* ^ Cependant , quand on cultive le mais en grand , cette manière devient embarrassante et même sou-^ vent impraticable ^ c'est pourquoi l'on s^y prend tout autrement dans les colonies anglaises de l'Amrique. On construit en plein air, mais à portée des habitations , de petits bâtimens qui , aa lieu de murs , sont entourés de lattes et même souvent de perches. Elles ne sont pas plus rapprochées qu'il ne le faut pour empêcher les épis du iuaïs de passer dans les intervalles.^

On leur donne la longueur et la hauteur que l'on veut. Ceux des colons anglais ont ordinaivement dix-sept à dix-huit pieds de long. Oa

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né doit leur donner que deux à trois pieds de largeur^ s^ils étaient plus larges, Pair ne pourrait pas jouer à travers, et le but serait manqué*. Le toit, qui doit pouvoir s'enlever ou se soulever pour pouvoir y introduire le mais , est ordinairement en planches posées les unes sur les autres. Le plancher est également en lattes^ il est à trois pieds au-dessus du sol , en partie pour que le tout soit plus exposé à Pair, en partie pour garantir la récolte des souris et des rats. Cette élévation seule n€ suffit pas cependant pour défendre le ma& contre ces animaux, si Ton n'adapte pas aux quatre piliers qui soutiennent le magasin, à environ un pied du plancher et horizontalement , des plateaux ronds en Ion te , tôle , ou en bois, recouverts en dessous de fer-blanc, mince. Ces plateaux doivent avoir assez àe diamètre pour empêcher les rats d'atteindre leurs faords.^ Il sara bon de faire attention de douer les lattes en dedans de l'encadrement , car autrement le poids de la récolte pourrait les détacher. Pour économiser ks ferremens d'une <m de plusieurs portes ^ par lesquelles on viderait le magasin, on peut, dans ce but,^ clouer les lattes du plancher à^ l'extérieur ^ pomr pouvoir ks enlever ensuite au besoin (i)..

(i)Pai parlé ^ dans la 4* livraison de ces Annales , d'an« «onstractioa de ce genre (jue j^ai fait établir k Borille^

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Quand le m^ n^est psts mûr lorsque le moment de la récolte est arrivé^ il est très-difiBcile a conserver et a peu de valeur. La meilleure chose à faire alors , quand on en peut rentrer une partie, est de le couper avec le coupe-racioe, et de le donner aux bestiaux. Mais quand on en a trop , il faut tâcher de le sécher au moyen du feU) comme on le verra plus loin.

Dans les grandes exploitations, on peut le battre au fléau ^ mais dans les petites , on Vé^ grène à la main^^ et cela avec moins de peines et dans moins de temps qu'on pourrait le croire. Les uns frottent deux épis Tun contre Tautre^ d^autres , et c^est le plus grand nombre, se servent d^un fer ou dVne vieille lame de couteau , qu'ils fixent en long avec le tranchant, à la partie su*périeure d'un banc, de manière que le dos du couteau dépasse le bois d'un demi-^pouce. Cest en frottant les épis contre le dos du couteau qu'on parvient à les égrener facilement. Les do^ mestiques sont occupés à cet ouvrage pendant les soirées de l'hiver. Deux travailleurs peuvent faire un hectolitre de grains dans l'espace de deux heures*

. pour essai. Après deux années d^asage , fen suis satisfait, et je fais construire en ce moment une cage semblable beaucoup plus étendue, (Note de M. de Dombasle).

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