DU CHIENDENT
I) fftut donc se proposer un autre but, et celui qu^il est beaucoup plus facile d^atteindre, con-^ siste à faire périr dans le sol même, tout le chiendent qui y existe^ sans se donner la peine d^en enlever une seule radicule 5 par ce moyen y on atteindra encore un autre but d^utilité, celui d'enrichir le terrain des débris décomposés de toutes les racines , et dans beaucoup de cas , Tamendement qui résulte de la décomposition d^une énorme quantité de racines, est tellement important, qu'il suffit pour payer avec usure toute la dépense occasionnée par la destruction du chiendent. On se donne souvent beaucoup de soin pour ensemencer un terrain d^une récolte destinée à être enfouie pour engrais, et dans beaucoup de cas, on sacrifie pour cela la récolte dune année; mais je ne pense pas qu'aucune récolte enfouie en vert, fournisse au sol une quantité plus considérable de débris de végétaux que celle qm est produite par la destruction du chiendent , dans ces terrains que Ton rencontre si éouvent, où Tépaisseur entière de la terre cultivée est entrelacée des racines de cette plante , de manière qu^après un labour, on aperçoit dans les tranches retournées par la charrue,' plus de chiendent que^ de terre. Un sol semblable contient réellement un trésor dont il n'est question que de sayoir iaire usage.
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La deslnicUon complète du chiendent dans le $ol le plus infesté ^ est fondée sur ce seul principe, que le chiendent ne peut subsister et périt infailliblement dans un sol bien ameubli y et que Von tient constamment meuble pendant deux ou trois mois dans la saison sèche de /'année. Pour atteindre ce but, il faut donc chercher à obtenir Tameublissement du sol le plus tôt qu^on le peut au printemps^ Pour cela, un labour d'automne ou d'hiver est très-utile dans les sols argileux qui se laissent bien pulvériser par TeSet des gelées^ on laissera la terre en mottes, comme la charrue les a retournées, et Ton se contentera de donner un hersage immédiatement avant le second labour , qui s'exécutera en mars ou avril , aussitôt que la terre sera un peu profondément ressuyée , mais avant qu'elle ait eu le temps de se reprendre et de se tasser, parce qu'alors on aurait beaucoup plus de peine \ obtenir l'ameublissement après ce second la^ bour. Lorsqu'il sera fait on laissera encore la terre sans la herser ; car^ comme on doit avoir pour but ki de dessécher la terre autant que possi^ble, on doit éviter avee soin les hersages qui cmitribuent puissamment à retenir l'homidité dans le sol : ainsi, c'est toujours hnmédiatenient avant chaque labour que l'on doit donner un hersage énergique, ce qui rend le labour ^i le soit
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bêaueoup plus efficace pour ameublir le sol ; mais dans l'intervalle qui sépare les labours , on doit bien se garder Remployer la herse, le rouleau, ou aucun autre instrument^ la terre doif rester soulevée et en arêtes relevées comme la cfaarrue Fa placée.
Le troisième labour, toujours précédé par un hersage, pourra se donner en avril ou mai^ il est extrêmement important de saisir pour chaque labour Tinstant le plus favorable , c^est-à-dire , de ne jamais attendre que la terre soit tassée, et de choisir un moment où elle est bien ressuyée: le succès de Fopération dépend essentiellement du soin que Ton apporte à ces deux circonstances.
Dans le mois de mai ou le commencement de juin, il est encore temps de se déterminer à laisser cette terre en jachère, ou à Pemplanter en pommes de terre ou en betteraves repiquées : sî le printemps a été humide et que le sol ne soit pas encore parfaitement bien ameubli, il est beaucoup plus sûr de continuer la jachère, en destinant ce terrain à un ensemencement de colza ou de froment; dans ce cas on donnera encore pendant Pété, deux on même trois labours précédés de hersages, avec les précautions que j^ai indiquées. Si les premiers labours ont suffisamment ameubli la terre, et que Fon s'aperçoive que le chiendent est déjà bien malade, on peut 5*^ LIYR. 22
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sans crainte planter dans ce terrain des pommes de terre dans le mois de mai, en lui donnant le troisième labour, ou y repiquer des betteraves en juin. Si Ton ne néglige pas des cultures fréquentes entré les lignes, avec la houe à cheval, le chiendent sera également détruit, surtout avec la culture des pommes de terre, à cause du buttage énergique qu^on peut leur donner à Taide de la charrue à deux versoirs.
Dans les sols nommés communément terre blanche , où les gelées n^exercent aucune action pour ameublir la terre, le procédé sera le même t si ce n^esf que Ton ne donnera pas de labours d^automne, qui, dans ces sortes de sols, sont souvent plus nuisibles qu^utiles pour Tameublissement de la terre. Ici , de même que dans les sols légers et sablonneux qui s^ameublissent très-facilement, on pourra toujours se dispenser d^avoir recours à la jachère , et une récolte de pommes de terre, bien traitée, doit détruire radicalement le chiendent au moins dans cinq années sur six, car je n^en excepte que ces années, où des pluies, continuelles régnent sans interruption pendant le printemps et Tété ^ et même dans ce cas , s'il reste encore du chiendent après les cultures que je viens d'indiquer , il se trouvera en si petite quantité qu'il ne pourra faire aucun tort à la récolte de céréales qui suivra , et on le fera dispa—