‹ Annales agricoles de Roville (volume 3)Chapitre 45 sur 72 · DU CHIENDENT · texte numérisé non relu

DU CHIENDENT

râttre en totalité par Teffet de la récolte sarclée^ que Ton devra régulièrement faire succéder à cette céréale.

On voit que dans tout ceci je ne demande que des labours et des hersages, pour détruire complètement une plante nuisible qui infeste, d^uis long -temps des terres qui sont chaque année labourées et hersées, et qui sont même assujéties tous les trois ans au procédé de la jachère ; mais c'est qu'il ne suffit pas de labourer et herser pour détruire le chiendent; il nesuffit pas même de labourer et herser beaucoup ; car dans la même pièce , un cultivateur soigneux s'en débarrassera entièrement à Taide de trois labours, landis qu^un autre en aurait peut-être donné quatre, et aurait laissé le sol tout aussi infesté qu'auparavant. Il suffit pour cela qu'il ait laissé négligemment, par exemple après le second labour , la terre se tasser , et le chiendent s'emparer dé nouveau du sol en repoussant des racines ^ car alors l'effet des dMx premiers labours est perdu. Si l'on voit le chiendent pousser des feuilles à là surface de la terre , où peut être assuré qu'il pousse également des racines à Fintérieur, et alors il y a urgence; si l'on néglige une semaine de beau temps, il surviendra peut-être ensuite des pluies qui forceront de retarder encore le labour, et lorsqu'on y reviendra, le chiendent

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se sera àé]ï fortifié, et aura reconquis tout ce qu^on lui avait fait perdre par les cultures pré^ cédeates. Cest donc moins le nombre des cultures qui contribue à là destruction de cette plante , que rà-propos de Finstant où Ton exécute cW cune d'elles. Un praticien observateur ne s'y trompera jamais , sMl connaît ass^ sa terre pour apprà:îer d^avance Teffet mécanique que va produire chaque labour et chaque hersage, dans tel état du sol et dans telle circonstance ateosphérique.

En parlant ici de labours, je comprends ceux qui sont donnés avec coin, à raies étroites et égales, et avec une charrue qui trandie et renverse également toute la largeur du sillon : avec les charrues à socs étroits, qui sont usitées dans beaucoup de cantons , et qui laissent sur le côté de chaque raie, un prisme ou arrête de terre intacte et seulement recouverte par la terre que Tinstrument y ramène, la destruction du chiendent est impossible^ car les Racines qui traversent ces portions du sol que la charrue n^entame pas, OQt bientôt poussé des radicules dans la terre m|u^ qui les avoisine, et le chiendent ne pà«* raît jamais prospérer davantage que dans le cas où prenant ainsi comme un point d'appui dsm un sol ferme, il peut s'étendre dans une terre fraîchement remuée^ aussi chaque labour que

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