BU CHIENDENT
Ton donne avec une mauvaise charrue ^ est une culture qui semble profiter au chiendent au lieu de lui nuire. Il faut donc que la charrue remue et retourne complètement à chaque cul-^ ture tout le terrain à une profondeur uniforme^ et dans toute Tépaisseur que peuvent occuper les racines du chiendent^ ce qui ne dépasse presque jamais cinq à six pouces. Avec la meilleure char<« rùe^ on n'atteindra le but qu'au moyen d'un labour soigné et uniforme, car si Ton prend une bande plus large que celle que peut trancher le soc, il restera encore une arête de terre non remuée, et si Ton fait des manques^ ou si on laisse des chevets , comme cela arrive toujours dans un labour irrégulier, on verra promptement le chiendent verdir dans ces places où la terre n'a pas été uniformément remuée.
Lorsque Ton a complètement purgé de chiendent une pièce de terre, il est nécessaire de prendre des précautions pour se garantir de la contagion des parties qui Pavoisinent. En effet, une pièce de terre est entourée, soit par des chemins, soit par des haies , soit par des fossés sur le bord desquels on est forcé de laisser une bande de terre inculte j car on ne peut, sans nuire à la durée du fossé, conduire la charrue jusqu'à sa crête même et il faut bien laisser là au moins un demi «-mètre de largeur. Toutes ces parties
3f^û DESTRUCTION
iont des pépinières de chiendent qui envahi»^ sent promptement la pièce, et dans beaucoup de circonstances , deux ou trois mois suffisent pour que le terrain le plus complètement nettoyé soit déjà bordé d^une lisière de plus d'un mètre de largeur, entièrement infestée de cette plante. Cest là que Ton peut reconnaître quelle prodigieuse activité de végétation peut déployer le chiendent, lorsque, comme je Taî dit plus haut, ayant un pied dans une terre ferme et fortement tassée, il trouve à étendre ses racines, ou plutôt ses rameaux souterrains , dans up sol riche et bien ameubli* Dans beaucoup de cas, le champ du voisin produira le même effet que la bordure la plus infestée. Il est facile de se garantir de cette contagion , mais cela exige une attention constante et assidue : chaque fois que Ton a labouré la pièce, il faut en faire le tour avec une charrue, en traçant une raie profonde qui rejette la terre sur la pièce même, de manière à empêcher toute communication des. racines du chiendent. Cette raie doit, si les circonstances Texigent, être nettoyée à la pelle, de manière à Tentretenir constamment vide. Si, en traçant la raie à la charrue, on remarque que la terre rejetée sur la pièce contient déjà quelques racines de chiendent , il ne faut pas hésiter à le faire éplucher à la main au moyen d'un
petit <tochet^ ce qui exige très-peu de trayait pour une grande j)ièce de terre. S^il arrive que Toa se soit laissé gagner par une ceinture de chien-* dent de quelques mètres de largeur , quUl serait trop coûteux de nettoyer à la main, il deviendra nécessaire de faire de cette largeur un petit billon que Ton traitera à part pour la destruction du chiendent par les moyens que j^ai indiqués.
Les personnes qui n^ont pas à combattre Fennemi contre lequel je cheixhe ici à fournir des armes aux cultivateurs, trouveront certainement long et fastidieux outre mesure, Particle que je viens d^y consacrer ; mais je ne crois pas devoir m^en excuser à Tégard de ceux qui cultivent des •terres infestées de chiendent^ c'est pour ces derniers seulement que j'ai voulu . Técrire. On peut être assuré que, par les moyens que j'ai indiqués, on se débarrassera promptement et complètement de cette lèpre des terres arables, avec des soins et de Tattention, à la vérité, mais sans une forte dépense.
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DE L^ÉCOBUAGE
Et de remploi des cendres comme engrais ^ par M. RoM»T BROWN5 traduit de Vanglais par M- Fawtix».
JLi'usAGE d^cobuer le sol a long-temps prévalu dans la Grande-Bretagne, cl quoique cette pratique ait été condamnée , et même déclarée préjudiciable par plusieurs chimistes 5 quoiqu enfin dans plusieurs circonstances elle ait été interdite^ aux fermiers par les propriétaires, il n'est pas moins vrai que le cultivateur praticien qui juge de Putilîté d'une pratique d'après les résultats, l'a souvent adoptée en la considérant comme un des moyens les plus efficaces de rendre productif et d'améliorer tous les sols dont la surface est formée par une couche de tourbe, ou contient des substances d'origine végétale, dans un état qui ne les rend pas propres à produire la fertilité. Sur de pareils sols rien, mieux que l'écobuage ne peut promptement ramener la fertilité 5 les cendres fournies par cette opération servant à stimuler et à mettre en action les principes
ET DE li^EMPLOI BIS CEP(DBES. 345
fertilisam tenus jusque-là , par les cirdonstànces ^ dans un état d'inaction et conséquemment d^inu^ liiité.
Telle a été Fopinion des cultivateurs pendant un grand nombre de générations , et cette opinion ne peut être détruite par tous les raisonnemens de la théorie quelque spécieux qu^ils soient Si Ton éco— buait un champ pour en transporter les cendres ailleurs ^ les chimistes auraient raison et leurs objections seraient fondées ; car il est Certain quQ ce champ perdrait sa fertilité : mais si ces cen«^ dres sont répandues sur le sol même qui les a produites , et si| comme cela arrive ^ les effets de ces cendres sur le sol égalent ceux que Ton obtient par des amendemens calcaires lorsqu'ils net leur sont pas supérieurs ^ je ne vois pa&^n vérité le mal qui résulte de Técobuage. Le sol loin d'être durci par cette opération ^ est au. contraire réellement et sensiblement ameubli^ parce que le sous-^sol se trouvant mélangé avec les cendres y la couche de terre propre à la végétation, ac^ quiert plus de profondeur , et la puissance pro-^ dttctive du sol est augmentée. Il iaut observer étendant que comme les effets des cendres pro^ duites par Pécobuage ne sont pas de longue du-^ rée, bien qu'ik soient immédiats , une application de fumier devient indispensable à la troisième aoaée de culture , apr^s quoi U i^ol aiusi amé-
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nagé doit être converti en prairie. Le grand point, toutes les fois que Ton applique des stimulans à un terrain ^ est de ne pas abuser de la fertilité produite ^ et de suivre au contraire ^ un assolement peu épuisant. Sans ces précautions on s^eipose à n^obtenîr que des résultats contraires à ceux que Ton peut espérer- • Ce que noms venons de dire a rapport à la pratique nommée généralement écobuage (paring and buming)^ c'est-à-dire, à ce procédé d^agriculture par lequel le cultivateur écroûte le sol à la profondeur d^un à deux et à trois pouces, afin de réunir ensuite la portion écroûtée en petits tas auxquels on met le feu pour en produire Fincinération. Nous parlerons maintenant d une autre manière d'employer les cendres produites par Técobuage d'une terre tourbeuse , sur un sol d'une nature toute différente. Les effets des cendres employées de cette manière sont exactement les mêmes que ceux que Ton obtient par Tapplication de la chaux, bien que la manière dont ces cendres agissent soit plus violente et conséquemment plus active. Lorsqu'on suit cette pratique sur un champ, la première récolte est magnifique; mais si ensuite on n'a pas recours aux engrais, le sol s'épuise plutôt qu'il ne s'enrichit par l'application des cendres- Le Mémorial agricole de Robert Ainslie^rir
ET 0K l'eVFLOI 0£S GENDRES. 347
gisseur au célèbre John , duc cle Stair^ dans sa propriété de Culhorn^ dans le fP'igtonshire^ fait mention des effets des cendres; sur le sol, et de la méthode suivie pour obtenir ces cendres par Fécobuage des tourbières.
Du mémoire de M. AinsUey il résulte que lord Stair envoya , en 1 728 , à son régisseur, plusieurs barils de cendres terreuses de la nature de celles que les cultivateurs du sud de TAngleterre emploient comme amendement sur leurs prairies ou sur leurs terres arables. Suivant les intentions de Sa Seigneurie , ces cendres furent semées sur deux champs différens , savoir : sur une pj:airie destinée à être fauchée , et sur un champ d'orge. On eut soin de réserver une portion des cendres afin d'co connaîtrerles principes au moyen de Panalyse. La prairie et le champ d^orge donnèrent des produits magnifiques, et lorsqu'on analysa la portion de cendres qu^on avait mise en réserve , on trouva qu'avec une forte proportion de substances terreuses ces cendres contenaient beaucoup de particules de chaux ou de débris de coquilles. M. AinsUe a conclu de cette analyse que ces cendres étaient le produit d'une tourbe brûlée avec soin et qui était mélangée avec une forte quantité de marne coquillièrc, ou bien que Ton avait mélangé après coup les parties calcaires avec les cendres, et que dans
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tous les cas c^^taît à ces parties cftkdlres^ ainsi qu'aux sek contenus dans les cendres qu^l at— tribaait la propriété si éminemment fertilisante de cet amendement»
Voici maintenant comment M^AinsRe s^j prît pour produire Tincinération de la tourbe qui se trouvait à sa portée. Diaprés les indications qui lui aTaient été transmises pour bien conduire cette opération nuportante, il commença par alhimer le feu avec des fagots y des broussailles et de la paille sur lesquels il fit placer des mor-« ceaux de tourbe très-minces et bien secs; lorsque ces matières furent enflammées^ il fit ajouter sur ce foyer tme noutelle coucbe* de tourbe^ enlevée en tranches aussi minces que les premières, mais mmns séchées^ et il eut soin de pratiquer des ouvertures dans le tas avec une fourche , afin d*exciter Padîvîté du feu* Enfin, en ajoutant successivement des couches de tourbe à mesure que le feu augmentait, il parvint à obtenir dans chaque foyer des monceaux de cendres d^une forte charge de voiture qu'il fit transporter, ainsi qu^on le lui avait recommandé, dans un em-^ placement couvert avant qu^ils ne présent de Phumidité* Cest en suivant le même procédé que M. uiinslie parvint, avec peu de dépensés, à convertir une grande masse de tourbes en cendres ^
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qull employa comme amepdement. Les gens qu^il employa à ce travail devinrent bientôt experts dans les différeutes opérations de Técobuage de la tourbe et dans la conduite des fourneaux où se préparaient les cendres. .
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