PREMIÈRE LETTRE
Écrite à M. Fawtier, par M. Jules Rieffel^ . ancien élèi^e de rétablissement de Rouille , sur rétablissement agricole du VerneuiU
Au YemeaU, le 9 avril 1829.
JyloN cher Fawtiery il y a dîx-sept jours que jV quitté Paris et quinze que je suis chez nos anciens camarades Léon de Dombasle et Bus^eo. Vingt mois se sont écoula depuis le jour où ils nous ont quittés à Roville; ils me paraissent avoir franchi avec une activité et une persévérance infatigables dans Texécution, et sans dévier de la marche qu'ils s'étaient tracée en commençant, cette première année d'entrée en ferme, cette année rude que nous redoutons tous.
Je t'ai promis, en nous séparant, de ne te donner que des faits : les faits seuls devront donc avoir une place dans notre correspondance*
Le Yerncuil est admirablement bien situé, entre Tours , Angers, La Flèche et Saumur ^ c'est cette dernière ville qui offre les principaux débouchés avec Baugé, petite ville distante de trois lieues de poste. Ces débouchés sont tellement
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avantageux , qu'ails leur permettent la culture de toute espèce de plantes; sa situation, que retendue des terres rend un peu solitaire, est cependant très-agréable : tous les quinze jours se renouvellent , dans les villages voisins , des foires de plusieurs milliers de bestiaux , qui rendent ces alentours très-vivans pour le cultivateur. La propriété compté 4^0 hectares d'un seul tenant, et la maison de ferme est située presque au milieu : voilà , certes , tous les avantages que peuvent exiger la surveillance et 1 économie. La cour de ferme est très-vaste; elle a 110 mètres de long sur 67 de large; il n'y a pas encore d'entrée principale, plusieurs bâtimens n'étant pas construits, d'autres pas achevés; cependant , telle qu'elle est, elle offre déjà un ensemble assez satisfaisant pour qu'on puisse voie ce qu'elle deviendra sous peu. En entrant du côté de l'est, par où elle communique à la grande route de Baugé , l'on a à sa droite , la machine à battre, la grange, deux* celliers et la bergerie; à gauche, la maison d'habitation du maître et des élèves, la fabrique d'instrumens , un hangard de 82 mètres de long , et l'écurie ; vis-à-vis , au fond de la cour , deux maisons d'ouvriers, une petite bergerie et les loges à porcs. 11 y a encore, en fait de bâtîmens, sept habitations de manouvriers , disséminées sur
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divers points de la propriété, ainsi quWe ber^ gerie renfet'mant les béliers.
Il est facile de voir de quelle école sort le Verneuîl : en toutes choses on reconnaît ici Tordre administratif et l'heureuse division du travail, importés dans Tagriculture par notre maître j et je n'hésite pas d'avancer que c^est à cet ordre parfait que nos amis doivent leurs premiers succès. Dès rentrée en ferme, le travail a de suite été partagé ainsi qu'il suit, et chacun, dans sa partie , n'a plus eu qu'à suivre la ligne droite : Busco a eu l'administration, Léon la direction des cultures , et la marche à donner est combinée de concert^ le ménage et le jardin sont naturellement échus à madame Busco ^ qui se montre digne fille de M. de Domhasle^ en étonnant par son activité toutes les dames du pays. Un chef de main-d^œuvre dirige , comme à Roville, les ateliers des manouvriers 5 ce chef n'est point payé à l'année : simple journalier, il ne reçoit que. 2 5 cent, par jour de plus que les autres, et par ce moyen ce chef est intéressé à bien faire travailler, et à mettre souvent luimême la main à l'œuvre s'il ne veut pas se^voir remplacer. Sept domestiques^ dont quatre pour les bœufs et trois pour les chevaux , font les travaux de culture : je dois néanmoins observer que ce nombre n'existe pas en ce moment , parce qu'un
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â|S5e2 grand nombre de cultivateurs du pays oiif déjà envoyé des apprentis qui exécutent ces travaux 5 enfin, un commis, un berger et deux aides, un jardinier et son aide , une fille de basse-cour et un Maître-Pierre, espèce de factotum qu'on emploie à toutes sortes d'ouvrages, complètent la liste des employés. La fabrique d'rnstrumens aratoires perfectionnés occupe habituellement neuf maréchaux et cinq charrons 5 le dernier instrument sorti porte ie n*^ 245, ce qui présente déjà un beau résultat , vu qu'il a fallu du temps pour monter les forges , préparer les outils , attirer les ouvriers etf la confiance. Les instrumeps sont absolument les mêmes que ceux dont on se sert à Roville, sauf quelques légers changemens aux régulateurs et à la houe à cheval 5 changemens , du reste , fjui ne prouvent rien autre chose que le travail de l'esprit humain, qui cherche toujours à avancer : le régulateur de chaque instrument porte deux clefs de dimensions différentes, en sorte que s'il y a quelque chose de dérangé dans les champs , on se trouve à même d'y porter promptement remède.
Le nombre des bestiaux n'est pas encore en rapport avec l'étendue de la ferme 5 mais on né peut marcher centre l'ordre de la nature, et ce n'est pas en une année que l'on a pu produire des prairies artificielles en assez grande quant é,
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pour nourrir tous les animaux que le Vemeuil doit contenir par la suite. En attendant, voici ce qui existe : neuf chevaux , dont sept seulement sont employés aux travaux de Fexploitation et principalement pour charrois ^ huit bœuÊ , race du Poitou ^ deux vaches , un troupeau de méri^0S) et un de moutons à longue laine , ensemble 5o8 bêtes et 18 porcs. Les huit bœufs formant quatre attelages, labourent depuis le i^'^ janvier jusqu^au 3i décembre, c^est-à-dire tous les jours de Tannée où Ton peut mettre la charrue en terre. Il n^est pas inutile de remarquer ici que c'est une erreur générale dans ce pays, et d'autres encore, de croire qu'il faut laisser reposer les bœufs, pendant des trois ou quatre mois d'hiver: ici les habitans ont été tout étonnés de voir ceux de nos amis travailler continuellement et se bien porter. Le troupeau de mérinos ne se compose plus aujourd'hui des seules bêtes venues de Ro ville, on y a joint, l'année derrière, un lot de 208 brebis , également de race pure , qui s'est trouvé à vendre dans le voisinage , de manière que ce troupeau compte maintenant 489 têtes, dont 44 béliers, i65 agneaux et 280 mères. Le troupeau de moutons à longue laine , race de Dishley, commence seulement; il ne se compose encore que de 20 bêtes , mais d'une grande beauté : on a essayé, à la dernière monte;, de doQ-
hèt ie teller Dîshley à vingt brebis mérinos. Dixbuit agneaux sont nés de. ce croisement qui offre les plus belles espéranccîs; les agneaux ont tous les caractères physiques du père ^ et la fmesse du brin de laine de la mère^ sans les ondulations } leur laine qui est lustrée est déjà plus longue qu^ celle des agneaux mérinos purs ; mais il faudra encore plusieurs années pour bien connaître les résultais de Cette expérience. Nos amis espèrent portei^ jusqu^à ptès de 6,000 le nombre de leurs bêtes à laine, et jeiie doute pas que^ dans la suite , le Verncuil ne soit à même de les nourrir- On va mettre la dernière main à une très*belle porcherie composée de quatorze loges de 3 mè(t*es de long^ sur *è mètres 7 5 centimètres de large chacune, et disposée autour à^nne petite cour de 2â mètres.
Léon et ÉUscù m'ont fait des calculs séduisans sur les avantages de l^élève des porcs dans cette localité, et ils Comptent s'y livrer aussitôt. Comme le fait n'existe pas encore, je ne m'y arrêterai pas -, j'ai seulement dû constater Texisteoce de la porcherie , qui mérite réellement d^être mentionnée.
Je viens de visiter trois cultivateurs de nos
environs, qui ont déjà adopté les nouveaux îns^
trutnens, ainsi que la culture en planches^ si
cet élan continue, sous peu d'années, nous verrons
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le département de Main^et-Lbire prendre rang parmi ceux qui offrent la plus belle culture : chaque jour je vois arriver une foule de visiteurs» Il y a une circonstance vraiment comique que je ne puis omettre. II ar-rive souvent que de bonnes gens, qui^ ne pouvant croire ce quVn leur a raconté^ et voulant voir par leurs propres yeux ^ viennent et demandent à voir les curiosités du VerneuiL Parmi ces curiosités ^ la machine à battre^ attire surtout leurs regards :ije crois que si Ton avait mis une toile devant^ avec un tambourin , et que Fon eût fait payer un droit d'entrée à chaciin de ces curieux, les frais du dernier battage seraient payés.
Adieu, etc.
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DEUXIÈME LETTRE
De M. Jules Rieffel à M. Fawtier. J
Au Veraeuil le a 5 {ain 1829.
lYloN cKer ami, je ne t^ai parlé, dans ma âer^ nière^ que du matériel de la ferme; je vais dans celle-ci t' entretenir de quelques autres objets , et je commence par Finstitut» Tu penses bien qu il n'est pas encore monté comme celui de Roville , mais il y a un commencement* Sept élèves suivent en ce moment les travaux du Yemeuil , et rivalisent de loin avec ceux de Roville ; c'est ainsi que peu à peu la France se peuplera de cultivateurs éclairés. JPai déjà plusieurs fois cherché à calculer le bien immense que retirera notre patrie de cette impulsion donnée à Tagriculture^ et je ne puis m'empêcher de voir que, du jour où Roville a été fondé , datera une époque remarquable dans rhistoire de notre civilisation. Je n'envisage pas seulement ici la question agricole, mais le bien-être général dç^ la population des campagnes, qui résultera des bonnes méthodes introduites, des landes défrichées, des
capitaux répandus dans la main du pauvre, et enfin, de rinstructîon populaire qui s'ensuivra. Je ne ii'ai pas encore parlé du sol ni des cultures, j'y arrive maintenant. La terre végétale est un véritable terreau de bruyères, de hpit àdouze pouces de profondeur, noir, léger, friable un peu onctueux et uniforme sur toute la propriété, à l'exception de quelques parties plus sablonneuses que les autres; le sous-sol est une argile pure et tellement compacte que l'on peut creuser partout des mares et des étangs à volonté; l'eau de pluie y séjourne et ne tant jamais : l'abreuvoir de la cour a résisté jusqu'ici aux plus grandes sécheresses. Cette disposition du terrain le rend bien un peu froid et humide dans les saisons pluvieuses 5 mais aussi pendant les temps secs, elle est d'un avantage incalculable: néanmoins je ne pense pas qu'un sol semblable pût être cultivé avec profit, s'il reposait sur un sous-sol sablonneux. Cette terre passe pour infertile dans le pays , et cela par unebonne raison, parce qu'on ne sait pas faire un labour passable : les métayers qui cultivaient ici avant nos amis, grattaient la terre à deux ou trois pouces au plus, puis mettaient leur semence dans cette poussière, et la première sécheresse emportait le tout. 11 faut voir, au contraire, 1 influence des bons labours de la charrue de Ro-
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ville : j' ai en ce moment sous mes yeux un champ de colza magnifique , sans fumier ^ voilà un fait qui n'est pas douteux, et c'est la différence du labour qui seul a produit ce changement. Je ne doute pas un instant que ces terres bien labourées , soumises aux influences de Tatmosphère et d'un bon système de culture, avec les engrais nécessaires, n'acquièrent en peu d'années une grande valeur : c'est une mine d'or , mais il faut savoir l'exploiter.
On cultive généralement , dans ce pays , eii sillons , avec une charrue à deux versoirs , le plus mauvais instrument que j'aie jamais vu^ aussi est-il impossible de s'imaginer Fétonnement qu'ont produit la charrue simple et la culture en planches^ les sombres pronostics n'ont pas manqué au commencement, mais aujourd'hui le langage est bien changé. Je n'entrerai^ dans aucun détail de culture proprement dite 5 tu la connais puisqu'elle est. la même que celle de Roville :ici les billons ont tous une largeur uniforme de vingt et un pieds , qui donne juste huit lignes de pommes de terre. Dans un défrichement que Ton vient de faire, nous avons trouvé en ce genre, une véritable antiquité agricole; c'est un champ couvert de vieilles bruyères très-élevées , qui nous a offert , à notre grande surprise , des billons semblables aux nôtres , décelant par conséquent une
ancienne culture perfectionnée. Cétaient des eon«* jectures à Tinfini ! ces bilions remontent-ils dans la nuit des temps ^ ou sont-ils Touvrage de quelque moderne? nous Tignorons* Les anciens du pays disent cependant avoir vu ici, dans leur jeunesse, plusieurs cultivateurs normands, dont la révolution vint interrompre les travaux : on ne songea pas à les imiter , les bruyères repa^ rurent , et ici comme ailleurs , les mauvais procédés furent conservés.
Nos amis ont déjà !25o hectares de terre en culture, dont 45 ont été défrichés Tannée dernière^ en ce moment on écobue de nouvelles bruyères qui vont recevoir du blé dès cet automne, et après un seul labour^ dans d'autres endroits on défriche à la charrue : alors on sème avec le blé, et par hectare, cinq hectolitres de noir animal qui active étonnamment la végétation. Le noir que Ton tire des raffineries de sucre d'Orléans, me paraît un excellent engrais pour ces terres j on croit généralement qu'un hectdlitre égale trois milliers de fumier : il offre un grand avantage au Verneuîl, en ce moment^ car, dans Tassolement libre qui y est adopté, on place son fumier sur telle récolte que Ton veut , et Ion met du noir sur telle autre, en attendant que l'augmentation du nombre des bestiaux permette de produire du fumier en plus grande
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quantité. Les cendres lessivées sont aussi employées avec beaucoup de profit dans les mêmes circonstances que le noir*. Dans^ nos discussions à Roville, j'ai quelquefois entendu blâmer IVcobuage : ne connaissant pas cette pratique, je n^az pris parti ni pour ni contre 5 mais aujourd'hui je soupçonnerais aisément que ceux qui en parlaient avec désayantage, n'avaient aucune idée de cette opératioBf OU' n'en?- avaient entendu parler que par les cbimistes.r Sr Pon n'écobuaiipas ici les défrichemens^^ il ne viendrait rien, à moins qu^on n'eût à sa disposition^ une grande quantité de fumier , et ceU est facile à voir par les places qui ont mal ou pas; du tout brûlé»^ Je ne connais' que deux^ ineon^éniens à Fécobùage , c'est qu'on* ne; peuf pas facilement le pratiquer en grand, et qu'on. est bien embarrassé dans les années pluvieusesir
Je ne te ferai pas îcf l^numératibn complète des produits de* celte année^. je me contenterai' de parkr de quelques-uns seulement y- par exemple, de ce beau colza sans fumier, semé en' lignes , sur place, avec le semoir 5 je crois décidément que kl semaille sur pkce est d'abord plus économique, ensuite plus* productive que celle par le repiquage, et qu'il faudrait l'adopter de* préférence, si Ton avait toujours le temps de; lien préparer la: terre après la moisson : malb^o»-
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reusement cet obstacle est insurmontable dans une foule de localités* On a aussi essayé la culture du lin de Riga e^t du chanvre du Dau-^ pbinét Tétais curieux de voir ce lin , dans des circonstances différentes de celles où je Pavais observé à Roville : nos amis lui ont donné une terre depuis long r- temps en culture, ameublie par deux labours , et amendée avec de la cendre , dans la proportion de i3o doubles décalitres à Vhectare ] je dois observer cependant , que cette te/re vient de porter quatre récoltes sans fumier. Ce lip présente aujourd'hui une très-belle appa-^ retice, malgré la grande sécheresse qui Ta saisi au moment de sa levée : il est probable toute-^ fois que 9 si nous avions eu un peu de pluie , il aurait monté plus vite. La même observation peut ^'appliquer au chanvre , vrai phénomène pour les babitans qui n'en avaient jamais vu dans ces landeSf Les pommes de terre couvrent une sur-» face de trente hectares; tu penses bien qu'il a été impossible, dans les circonstances actuelles, de fumer une telle étendue : il y en a donc une grande partie sans fumier 5 cependant ces der^ ni^res lèvent très-régulièrement ; en automne oa répandra du noir animal ou d^s cendres sur la semaille du blé de cette partie, Les carottes ont produit, Tannée dernière, une si belle récolte sur une terre cjui n'avait pa? été fumée depuis^ trois
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ans , que Ton en a ensemencé celte année quatre hectares, et Ton peut déjà concevoir de belles espérances à la vue du champ, Le choux du Poitou, récolte-fourrage et récolte oléagineuse, offre de grands avantages dans ce pays 5 on le cultive en abondance^ ses feuilles servent pendant tout rhiver à la nourriture des vaches et des cochonfii, et venu ensuite à graine, son pro^ duit, san& approcher de celui du colza, peut encore être vendu très^ avantageusement ; aussi Léon et Busco comptent-ils le cultiver très en grand, Entrés en ferme en septembre 1827, nos amis n'avaient pu s^mer que du trèfle incarnat pour prairie artificielle , et il avait si bien réussi Tannée^ dernière, qu'ils avaient continué; mais les pluies fréquentes de ce printemps en ont fait jnanquer une grande partie, et leur ont prouvé qu'il était très-casuel dans cette localité , dans les années humides; ils se sont donc mis à semer de la luzerne, du trèfle rouge, du ray-grass ordinaire et du ray-grass d'Italie : la comparaison leur prouvera bientôt lequel de ces fourrages devra être conservé et prendre racine dans )eur assolement
Je n'achèverai pas sans te dire un mot sur la première réunion agricole qui a eu lieu , il y a quatre jours 5 elle a été aussi brillante que possible, on comptait environ douze à quinze cents
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personnes sur la propriété^ c^élaÀt un spectacle unique dans le pays , et rien n^avait été négligé de la part des directeurs pour le rendre intéressant. Six concurrens se sont présentés, dont cinq avec des charrues-modèles de Roville , et un avec une charrue belge ^ ce dernier a commencé par attirer tous les vegards par Péclat de son attelage et la grâce avec laquelle il s^avançait^ mais reportant bientôt ses regards sur la terre, la foule a distingué la supériorité marquante du labour d'un fiermier, voisin du Verneuil , qui,, le premier a adopta la culture alterne dans toutes ses parties. Le nom de Rayer ^ fermier au Theily mérite de figurer pai^mi ceux de ces hommes du peuple, que Ion. voit de temps en temps surgir de leur classe par une intelligence peu commune. Le jury a confirmé l'opinion publique en lui décernant le premier prix donné par rétablissement; le second, offert par Les élèves du YerneuU , joints à quelques anciens élèves de Roville , qui se trouvaient préséns , a été remporté par un laboureur de la commune de Longue \ ce dernier était vivement disputé par le Belge, mais le fond de la raie,, mieux nettoyé par la charrue de Roville, a, je crois, décidé les jurés. Nous avons tous remarqué Feffet salutaire que produisait la vue de ces beaux labours sur Tesprit des habitans du pays^ encore