DE II. JULES RIEFFEI
quelques concours, et la culture en planches aura remplacé les sillons : c^est alors que nos amis jouiront de la douce récompense que nous espé^ rons tous de nos travaux , celle d'avoir fait quelque chose pour le bien-être de leurs semblables. Tout à toi.
Écrite à M. de Dombasle^ par M. Vincent, pasteur à Nîmes.
[Assolemens dans la plaine de Nîmes.
EXTRAIT
iNous suivons, dans la plaine du Vistre,
un assolement qui nous réussit assez bien. Nous débutons par une luzerne que nous faisons au printemps , avec cinquante-quatre fortes charretées de fumier par hectare. Ce fumier vaut aujourd'hui lo fr. la charretée. Nous n'avons presque rien cette année-là ; mais pendant les quatre années suivantes, nous avons en cinq coupes 36o quintaux de luzerne sèche, que nous vendons de i fr. 75 cent, à 2 fr. le quintal^ ou bien, nous vendons toutes les coupes de Tannée, en bloc, et sans frais pour nous, environ 55o fr. par hectare. Après ces quatre récoltes de luzerne, nous en avons quatre de froment sans fumer. Le froment rend dix ou douze pour un. Après les blés , en perdant une année , nous semons un sainfoio
DE M. VINCINT. 4^9
au mois de mars. Il porte trois récoltes sans fumier, et nous rend pour chacune 180 quintaux par hectarej plus, environ 40 de regain d'été; plus , une valeur d'environ 72 fr. en herbage d'hiver ^ soit pour le tout , environ 4^0 fn en argent. Après le sainfoin , et toujours sans fumier, nous mettons trois blés et une avoine , et pous recommençons notre assolement parla luzerne j En sorte que nous avons :
1 année perdue pour semer la luzerne, avec un pacage d'hiver, valant environ ^y^f IT-otM*
4 années, luzerne, valant chacune» 55o 4 années, froment, ou la dernière
en avoine.
1- année perdue pour semer le sainfoin, avec un pacage d'hiver, valant 7a 3 années, sainfoin, valant chacune. • 4^^ 3 années, froment.
1 année, avoine.
1 7 années , avec un seul et fort fumier.
Tout le succès de cet assolement repose sur la bonne réussite de la luzerne. Les trois blés de suite viennent fort beaux. A la fin, la folle avoine nous chasse, sans que la terre soit épuisées k sainfoin ou la luzerne l'extirpent parfaitement
Peu de propriétaires s^occupent du soin des
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troupeaux. On vend ses fourrages, ftn ai mis un sur le domaine que j^exploite, et je m'en trouve bien. La proximité de la ville, où les boues fournissent beaucoup d^engrais, et la consommation des fourrages dans la ville, sont la cause de cette manière de procéder. Les terres autour de la ville sont très-divisées , et beaucoup de gens sont fermiers, par parcelles, de vingt propriétaires dififérens. Le prix courant du fermage d^ua hectare est aujourd'hui de 190 à 200 fr.
J^ài pensé que ces détails vous seraient agréables : ils sont exacts , pour ce qu'on appelle la plaine de Nîmes, c'est-à— dire , un peu moins d'une lieue carrée. Plus loin , les cultures changent^ la vigne, les mûriers paraissent. Cependant cet assolement gagne dans les plaines du Gardon^ dans celle du Bilourle, de St.-Gilles et ailleurs.
XfifTHfi DU Mimi: au MiME. 4^1