SECONDE LETTRE
Du mime au même.
EXTRAIT
Je sais qu'il y a bien à âîrè contre quelques parties de l'assolement dont je vous ai parlé dans une de mes précédentes lettres : il souille la terre vers la troisième o\^ quatrième récolte de grain. La folle avoine et le coquelicot surtout, nous font une guerre cruelle } quand la folle avoine' prend le dessus^ nous semons de Tavoine pour couper en vert Pour peu que le printemps soit pluvieux, nous recueillons 2061, ù,So et jusqu'à 3oo quintaux métriques de fourrage par hectare j ce fourrage se vend suivant les années, 1 fr. 5o cent, à a fr. le quintal. Je crois que cela paie la rente encore mieux que les pommes de terre; et la culture en est très-facile. Après, on met encore un blé et puis une avoine. En général, notre affaire est sûre, dès que nous avons bien fumé notre terre, et que notre luzerne a bien réussi. Dès lors , elle dônnç quatre ou cinq pleines récoltes à cinq coupes par an \ elle nettoie bien
la terre ) peut supporter ensuite trois h\és et tine avoine ^ qui seront très^vigoureux et pas trop gâtés de mauvaises herbes ; un sainfoin viendra ensuite très-fort et très-haut , qui ^ après une année perdue pour ie semer au printemps ^ donnera trois récoltes pleines^ aved regain et pacage d'hi-* ver de première qualité^ et préparera encore deux ou trois bons blés et une avoine^ Pensez— vous que des récoltes sarclées puissent nous donner d^aussi heureux résultats f Songez que notre terre est assez forte ^ que l'argile n'est pas loin de la couche végétale^ et que^ dans notre climat, souvent les printemps sont très-secs et les étés brûlans* Rien n est plus incertain pour nous que tout ce qui se sème au printemps* Je sais que M* de Gasparin y à Orange ^ a essayé la culture de la betterave , et en recueille beaucoup* Cependant ^ je me souviens que dans une conversation aved lui^ nous comparâmes le produit dés betteraves avec celui de la luzerne, et nous trouvâmes 1® que la récolte en betterave coûte plus à établir en engrais et en travail , que celle de la luzerne ^ a® qu'avec ces frais, la betterave ne dure qu'un an , et la luzerne quatre ou cinq ^ 3^ qu'une année de luzerne produit plus de nourriture qu'une année de betterave, même en défalquant de la luzerne , par chaque année productive , le quart de la rente et de Tintérèt des avances , pour