DE M. VINCENT
compenser le défaut dé récolte pendant Tannée où Ton établit la luzerne ^ à quoi j'inlagine qu'il faut ajouter 4"* le meilleur état de fertilité de la terre après cinq ou six ans de repos, où elle a recueilli tous les débris de la luzerne , des insectes , etc. , en même temps qu'elle s'est complètement débarrassée de toutes les herbes qui la souillaient. Après la luz:erDe la terre est très-nette. Il faut compter aussi un peu de lus&erne, qu'on recueille dans Tannée où on Pé— tablit, et surtout celle que Ton recueille après avoir levé les deux premiers blés que Ton sème^ après elle.
Quant au rapport de ^ assolement avec l'amélioration d'un domaine, et l'éducation des bestiaux , il est facile à saisir. La luzerne fournit autant de nourriture utile qu'aucune récolte sarclée, même la plus avantageuse. Le sainfoin ea fonrnit aussi beaucoup, et donne de bons pacages d'hiver pour les brebis. Or, dans un domaine soumis à cet assolement, les terres ea luzerne ou sainfoin font plus du tiers de la totalité, presque la moitié. Jugez quelle quantité de fourrage ou de pacage il en résulte , et d'une excellente qualité. Rien n'engraisse les moutons comme la luzerne. Il y a donc dans un domaine ainsi mené , pour le moins autant de nourriture pour les bestiaux , que dans aucun autre à ré- 5^ LIVR. 28
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coUes Sarclées ; seulement ralternàt entre les ré* coites destinées aux bestiaux , et les récoltes en grains^ au lieu d'être annuel est trisannuel ou quatriennaU Mais au fond, la terre n'est pas plus chargée, et a plus de temps pour se réparer. Si Ton faisait consommer tous ces four-* rages par des bêtes à laine , que d'engrais ne ferait-on pas! Mais ici, nous ne le faisons pas, parce que notre industrie ne s'est pas encore portée de ce côté, surtout parce que le fourrage en général se vend à un bon prix , et que le fumier n'est pas rare* La ville en fournit beaucoup, assez pour tous les besoins. L'avilissement du prix des vins M^ fait tomber à un prix tel que je commence à croire qu'il est avantageux à un propriétaire de vendre sa paille pour acheter du fumier tout fait. La paille se vend encore 1 fr. 5o cent, le quintal métrique; et l'on obtient le fumier des boueurs ou de cheval, à lo fr. la charretée de trois* à quatre colliers , par uii boa chemin de plaine.
Dans les endroits où l'on n'a pas cette ressource, rien ne serait plus facile que d'établir cet assolement, en faisant consommer tous les fourrages par des bêtes à laine, pour augmenter les engrais. Il faudrait commencer par les sain-* foins, qui viennent assez sans fumier, et employer tous les ans son fumier à faire des lu-
%)e1hiies; mais cela demande des avàùcés eï dei» Sacrifices, et quelque bien qu'ils doivent être payëà dans là suite ^ les paysans ne les font pas ; et s'ils Ont cinquante quintaux de fourrage , ils se ha-" tent de les ven'dre. Dès lors ils sont réduits à la jachère liisannuelle et leurs biens sont toû-« jours épuisés* Gela a lieu à deux lieues d'ici , dans des terres meilleures que les nôtres»