ONZIÈME LEÇON
Première Question. M. Biisco^ On regarde , dans la vallée âî^Yorck^ les caractères suivam comme les meilleurs signes auxquels on recon* naît une bonne vache laitière : la cuisse longue et mince, la croupe rabattue et maigre j les pis longs et donnant le lait facilement , sans . le perdre ; les veines du flanc grosses , et les cornes jaunes. On ne voit jamais de vache qui ait la cuisse épaisse et charnue, donner beaucoup de lait. Ceci serait-il applicable chez nousf
Réponse. En observant les faits sans préventions, on remarque quMl y a très-peu de certitude dans les signes que Ton considère communément comme indiquant une bonne vache laitière. Je n^ai guère vu que Tindice que Ton tire de la grosseur des veines de lait ou vaisseaux lactifères , que Ton puisse considérer comme à peu près infaillible. Cest à celui-là que je conseillerais de s^arrêter| à toutes personnes qui achètent une vache laitière.
2* Q. M. Paléolo^ue. Quelle est la quantité de semence de dactyle pelotoné qu^on doit mettre sur un hectare de terre P Quelle est aussi cette quantité pour le fromentalP
Q1t7£6TIQrfS AOBIGOLKS. 46S
R. Le from^Qtal exige enviroa aSo Hvrès de graine par hectare. Quant au dactyle pelotoné, quoique cette plante soit une des meilleures graminées pour former des pâturages de mou* tons , on a encore peu d^expérience sur sa culture en France. M. F^ilmorin indique 70 livres de semence par hectare, en supposant quon la sème seule ^ mais pour les pâturages, il est ordinairement préférable de former un mélangé de plusieurs espèces de plantes.
3® Q. M. Éusco. Dans le Norfolk et le Yorkshirey on emploie la méthode suivante pour détruire les fourmilières. On partage la monticule en quatre, en enfonçant verticalement une bêche \ on détache ensuite les quatre trian*gles de gazon de la terre qu'ils recouvrent, en leur laissant un pouce ou deux d'épaisseur, et sans toucher à leur base^ on les renverse sui^ le pré , auquel ils tiennent par cette base , comme par une charnière. On enlève la terre du milieu, qu'on brise et répand autour de soi , en laissant dans le centre de l'espace qu'occupait la fourmilière, un creux où l'eau séjourne, pour que la cure soit radicale : enfin , on referme les quatre gazons qui se rejoignent presque sans qu'il j paraisse. Cest d'octobre en décembre que cette opération se fait Croyez -vous que les four- , milières fassent assez de mal pour -nécessiter une
Digitizèd by
semblable opération, et n^y aurait -il pas de moyens plus expéditifs ? L^étaupinoir , par exemple, ne remplirait-il pas ce but f
R. Cette méthode est connue et praticpiée par des personnes très-soigneuses^ mais elle est appliquable à la petite culture plus qu^à la grande, à cause de la main-dWvre qu^elle exige. L'étaupinoir atteint le même but, dVne manière moins parfaite sans doute, mais avec infiniment moins de dépense. D'ailleurs , ce procédé ne peut être applicable qu'aux fourmilières déjà vieilles, et formant des monticules recouvertes de gazon, ce qui ne se rencontre jamais dans les prairies bien soignées , et où l'on étend au moins une fois chaque année les taupinières et les fourmilières.
4*^ Q. M. Truffet. Le sainfoin est-il une meilleure nourriture pour les chevaux que le foin des prairies naturelles ?
R. On peut considérer le sainfoin , soit en vert soit en sec, comme la plus saine et la plus nutritive de toutes les plantes de prairies artificielles que nous cultivons. Le foin de cette plante , lorsqu'il a été récollé à temps, c'est-à-<lire, au moment de la floraison , et lorsque la récolte est épaisse, de manière que les tiges ne soient pas trop dures, égale certainement en qualité , et surpasse même peut-être le meilleur foin des prairies naturelles.
5* Q. M- Truffet. La semence du trèfle de deux ans lève-t-elle?
a. Ouï, à peu près aussh^biein que celle d'un au, lorsqu'elle a été bien conservée.
6® Q. M. Truffet. Le sarrazin est - il une bonne nourriture en vert pour les chevaux ?
R. Tous les bestiaux mangent volontiers le sarrazin^ mais je ne le considère pas comme aussi nutritif que le trèfie et les autres plantes de prairies artificielles de ce genre.
7® Q. M. David. Dans là culture du colza repiqué, est-ce en novembre ou au printemps Qu'il faut remplacée Les pieds qui a'ont pas rcr* pris ?
R. Si Tott veut opérer ce rerapraeement , ce qui est rarement nécessaire dans une plantation bien soignée ,^ en doit le faire aussitôt que Toa s'aperçoit que quelques plans ont péri. Ceux que Ton replanterait au: printemps ne donneraient que des tiges grêles et très^peu de- grains.
8® Q.'M Busca^ Les- cultivateurs à'Yorck prétendent que si Ton v^ut avoir du lin de première qualité , il faut prendre, pour Tarracher, le moment où la graine est formée sans être mûre. Ik disent que si on la laisse mûrir, la qualité du lin est moindre, lies filamens sont moins souples, et la toile qu^on eu fait ne se: blanchit pas biGn^
i?. Il est certain que pour obtenir de la belle filasse, le lin doit être arraché long^témps avant la parfaite maturité de la graine , et lorsque celle-ci est formée dans les capsules, maïs encore tendre et verte. Je crois que c^est là la cause de Ja dégénération du lin toutes les fois que Ton emploie cette semence à la reproduction j et c'est pour cela que dans les cantons où cette culture est le mieux entendue, on est forcé de renouveler Pespèce de temps à autre, en faisant venir des graines de la Russie où il est probable qu'on laisse les plantes arriver à une parfaite maturité, parce que la graine y est le produit principal*
9® Q. M. Foerster* Faut-il mettre autant de semence dans une terre riche que dans une terre pauvre?
jR. Dans quelques cantons, on est dans Tusage de mettre plus de semence dans les sols riches que dans les sols pauvres , parce que Ton dit que les premiers peuvent supporter un plus grand nombre de plantes^ ailleurs ,^on est dans un usage contraire, d'après le motif que les céréales tallent moins dans un sol paiivre. Il m^a toujours paru que ces deux motifs se compensent mutuellement, et que Ton doit mettre la même quantité de semence dans les uns et dans les autres, toutes les circonstances de culture et de saison étant supposées d'ailleurs égales.
QUESTIONS AG&ICOI£S. 480
10* Q. M. Busco. Diaprés des observations faites dans le Yorkshire^ on assure que le sainfoin ne saurait prospâ*er dans les sols non calcraires. Cette assertion est-elle juste f
Un auteur dit aussi quUl ne faut pas faire pâturer le sainfoin par les moutons, parce que leur dent tue la plante si on la laisse brouter.
jR. ^expérience de tous les pays prouve que le sainfoin réussit exclusivement dans les terrains calcaires 9 et que le pâturage des moutons le détruit complètement, surtout lorsquUl a lieu au printemps.
11*^ Q. M. Foerster. Uavoine sur un trèfle rompu est-elle plus profitable que lé froment? .
JR. Cela dépend entièrement des prix relatif de ces deux espèces de grains* Uavoine donne toujours une récolte très^abondante sur un trèfle rompu ^ on peut même dire que cette récolte est plus assurée à cette place que celle de froment^ cepeadant, lorsque le prix de Tavoine est bas, cette récolte est loin d^avoir la valeur de celle de froment.
12® Q. M. Cratéro. Le ma& doit:- il être amendé après une récolte de pommes de terre?
R. Le maïs placé après des pommes de terre fumées, exigerait encore, dans la plupart des circonstances^ une demi-fumure, pour qu^on en obtienne une récolte complète, sans que le sol reste trop épuisé pour les récoltes suivantes.
45)0 QUKSTIOIfS AGRICOLES.
«www 0ws^*w^0W0m0w^0>mm00w^0^mmmm0>0m»0sy0^0^h0\00>0^0m^>m0^m0\m0 0ws>0