PAR M. DE D0MBA5LE
Yélé avait été foil humide. Il en aurait été de même de Tannée 1829 , dont j'aurai à vous présenter les comptes Tannée prochaine , si les pluies n'étaient devenues tellement excessives sur la fin de Tété et dans tout le cours de Tau— tomne, que plusieurs de nos récoltes ont été gravement compromises, de même que cela a €u lieu sur une grande partie de la surface du royaume. Cependant , le froment , le seigle , Tescourgeon et le colza, qui formaient nos princi«pales récoltes , ont été rentrés sans accidens graves, mais non sans beaucoup de peine. J'ai rentré 246 milliers de fourrage sec , en bon état , et j'ai heureusement pris le parti de faire consommer en vert les dernières coupes de luzerne , par des bœu& à l'engrais ; car, sans celsf, il eût été impossible de les récolter. Des pertes majeures ont frappé le mais , les lentilles, les haricots , féverolles, etc. : aucun cultivateur ne se rappelle d'avoir observé des circonstances où des pluies aussi longues et sans aucune interruption aient mis plus complètement en défaut que dans cette saison , tous les soins et toute l'activité que l'on a pu apporter à la rentrée. des récoltes, pendant les mois de septembre et d'octobre. Les gelées, dont l'invasion a été si subite, immédiatement après les pluies , ont surpris encore dans les champs presque toutes nos récoltes de betteraves
et de carottes ; elles étaient arrachées et en tas , et Ton pouvait raisonnablement les croire à Tabri de tout danger ; mais Tintensitédu froid a été telle, dès la fin de novembre , que toutes les racines placées ainsi ont été complètement gelées. Cepea* dant , en les faisant consommer de suite par les bestiaux, on a évité presque toute la perte que cette circonstance devait naturellement faire crain-* dre. La récolte de pommes de terre a été bonne , et rentrée dans un état fort satisfaisant, au mi-* lieu de contrariétés inouïes ; mais dans la rigueur excessive et prolongée d^un hiver heureusement bien rare dans nos climats , le dixième de la récolte environ a été atteint de la gelée.
Les semailles de froment , seigle et colza , se sont faites Tautomne dernier, dans les circonstances les plus défavorables, et une partie des fromens n^était même pas encore levée au moment de Tinvasion des gelées. Cependant , malgré un hiver extrêmement rigoureux , il ne paraît pas qu'ils aient beaucoup souffert, autant du moins qu'on peut en juger aujourd'hui. Il n'en est pas de même des colzas et. navettes, et je m'estirmerai heureux si je ne suis pas forcé de renr semencer au moins la moitié des terres qui avaient reçu ces semences.
Tels sont, messieurs, les renseignemens relatifs à l'exploitation agricole. Quant a la fabrique
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â'îostruxnens , elle soutient et augmente chaque jour ses succès : dans le cours du dernier exer* cice , il a été confectionné et vendu 783 instru-* mens ', et pendant les six premiers mois de Texercice courant^ c'^est-à-^dire du 1^ juillet au 1^ janvier dernier^ il en a été expédié 386; ce qui fait un excédent de 20 sur les ventes des six mois correspondans de Texercice précédent. Le nombre total des gros înstrumens fournis jusqu^ici par ia fabrique à Fagriculture française , et dis-* séminés sur divers points du royaume ^ se monte à plus de 3200. On fabrique aujourd'hui les mêmes instrumens dans un grand nombre de départemens.
Le nombre des élèves qui ont suivi les cours de VmstUut agricole a été pendant Thiver dernier de 27 , et j'ai lieu d'être entièrement satis^ fait du zèle et de Tassiduité qu'apportent à Tétude de Fart presque tous lés jeunes gens qui ont pris part à Tinstruction de l'école.
Un premier tirage au sort a été opéré l'année dernière par la commission permanente^ pour désigner, aux termes des statuts, les actions qui devaient être remboursées; et le remboursement a été fait pour ceux de messieurs les actionnaires qui n'ont pas témoigné individuellement le désir de rester intéressés, à l'établissement. Il en sera de même chaque année , et si les résultats con-
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tinuent k être aussi heureux que dans le dernier exercice , le remboursement pourrait se faire suc^ cessivement dans Tordre prévu par les règlemens. Dans le cas où quelque chance défavorable exigerait quelque délai, je connais trop le sentiment qui a animé messieurs les action^ naires qui ont pris part à cette souscription , pour ne pas être assuré que ceux d^entre eux qui ne seraient pas contraints par des circonstances patticulières à désirer de rentrer promptement dans leurs avances, consentiront voloi^itiers à ajourner le remboursement de leurs actions.
Telle est, messieurs, la situation actuelle de rétablissement que vous avez confié à mes soins. Tose espérer que vous jugerez qu'il continue de répondre aux vues que vous vous êtes proposées en le fondant.
^OMOMIE AGRICOLE. 3l