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ramélioration des chevaux de ces diverses espèces j une bien autre importance qu^à celle des chevaux de selle, parce que la consommation en est infiniment plus considérable, et exerce sur la richesse publique une influence bien plus étendue que celle des chevaux de chasse, qui est restreinte d^ns des limites bien étroites, en la comparant à cette multitude de chevaux qui sont employée à d^autres services ^ mais les courses de New Market attirent Tattention de tous les étrangers, la dénomination de cheval anglais a été spécialement attachée chea^ nous au cheval de course^ et Ton a cru qu'en instituant des courses semblables , on faciliterait l'introduction en France, des immenses améliorations que nos voisins ont apportées aux races de leurs chevaux. Dans mon opinion , il était impossible de se tromper plus complètement; et les courses de chevaux en France me paraissent une institution entièrement excea*trique à Tamélioration de nos races, dans ses rapports avec les besoins ou les goûts d^ la population. Plus loin j'aurai l'occasion de donner plus de développement à cette opinion.
£n parcourant les divers emplois des chevaux , je n'ai pas parlé de l'agriculture, et ce n'est certes pas par oubli, car elle en consomme à elle seule un beaucoup plus grand nombre que tous les autres genres de services réunis ^
mais Tagriculture doit se plier elle-même à Yemr^ ploî dés races de Chevaux qu'exigent les autres^ besoins de la société; car c^est elle qui doit les produire, et il faut bien, pour qu'elle, le fassQ avec économie , qu'elle tire parti des services dea animaux destinés à la propagation^ ainsi que des élèves destinés à la vente.
C'est ici le lieu de faire remarquer combien est
favorable à l'agriculture l'espèce de révolution:
qui s'est opérée progressivement dans les temps^
modernes en France , dans les besoins de la con-^
sommation , par l'énorme diminution de Temploi/
des cbevaux de selle : en effet , l'agriculture se
trouve aujourd'hui appelée à produire, presque^
exclusivement, les diverses races de chevaux?
âont elle peut elle-même tirer le parti le plus
latile dans ses travaux , c'est-à-dire , des chevaux«
propres aux services du trait, du carrosse ouc
des postes et messageries : les chevaux de ces»
divers genres sont parfaitement appropriés aux
travaux de l'agriculture , tandis que tes chevaux
fiers et légers y présentent beaucoup moins d'ap-
tîtude.
Je sais bien que dans quelques cantons fort arriérés en agriculture, on conserve encore Topiaion qui considère les chevaux de petite taille et d'une construction légère, comme préférables pour les travaux de culture^ mais ce pré^
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jugé a complètement disparu devant rexpérieriee^ partout où Fart de cultiver la terre a fait quelques progrès^ et si Fon parcourt l'Angleterre^ TEcosse, la Belgique, la Flandre, et les dépar— temens de la France où Findustrie agricole est le plus avancée, on reconnaîtra que tous les cul--^ tivateurs n^hésitent pas dans la préférence quMls donnent aux chevaux étoffés et de grande taille , pour tous les travaux de la culture. La où les fermiers n'ont que de petits chevaux , ils disent que de gros animaux tasseraient et piétineraient trop la terre \ mais ils ne voient pas qu'avec une paire de chevaux forts , ils remplaceraient quatre animaux de petite taille, et souvent davantage , et que ces derniers y s'ils ont moins de poids, ayant aussi les pieds moins larges , enfoncent dans la terre humide tout autant que les gros, en sorte que Favantage, sous ce rapport, reste du cô(é de la diminution du nombre.
Il est même une considération qui met dans la balance un poids énorme en faveur des gros et grands chevaux dans Fagriculture : c'est qu'en diminuant le nombre des attelages, on diminue, dans la même proportion, le nombre des hommes que Fon y emploie, et par conséquent les dépenses d'exploitation. Une charrue perfectionnée qui diminue d'un tiers ou d'un quart la force néeessaire au tirage , ne développe que la moitié
des avantages qu^elIe peut présenter , si Ton est encore forcé d^y atteler quatre chevaux, parce qu alors il faut encore employer deux hommes à la manœuvrer^ et ce n'est qu'au moyen des améliorations qui se sont introduites en Angle^ terre et en Ecosse, dans les races de chevaux de traits que Ton a pu y apprécier tout lavan-^ tage ^es charrues sans avant-train , qui peuvent labourer toute espèce de sols^'même les plus tenaces, avec une seule paire de ces puissans animaux que fournissent aujourd'hui les races de chevaux de trait qui ont été créées dans ces pays. Au reste, je reviendrai plus tard sur les causes qui ont contribué à conserver jusqu'ici les attelages de petits chevaux, dans la culture du plus grand nombre des départemens de la France.
Si la production des chevaux fins et légers , propres à la selle , est moins favorable à Tagriculture que celle des chevaux plus étoffés , c'est surtout lorsqu'il est question des chevaux de sang ou chevaux de races , que le désavantage de la production est le plus marqué ^ et pour sentir toute la portée de cette considération , il suffit de cal^ culer le prix de production d'un cheval de race , comparé à ce que coûte celle d^un cheval de trait Dans la plupart des localités , on peut évaluer à environ 4oo fr. la dépense annuelle d'entretien -d'un cheval de trait, en y comprenant la nourriture^
a 10 ,DB LA PRODUCTION
Tintérét du prix d^achat, le décroissement annuel de valeur , et les autres dépenses accessoires^ nous devons donc considérer la valeur du travail que l'on obtient annuellement de ce cheval , comme égale à la même somme, en supposant même ique Tentretien du cheval ne produit pas.de bénéfice^ et cette somme, répartie sur ioo jours de faravail , donne celle de i fr. 33 cent, pour va* leur approximative d'une jouriïée de travail d'un cheval. Si un cultivateur, au lieu d'entretenir un cheval hongre , préfère une jument poulinière , la dépense d'entretien sera la même , et le tra-* Vail aussi , à la réserve d'une quinzaine de jours au plus , pendant lesquels on sera privé des services de la mère, au moment du part Cette perte peut donc être évaluée à 20 fr. environ, et en y ajoutant une dixaine de francs pour le prix du saut ; le poulain , en venant au monde -, coûte au cultivateur environ 3o fr. Mais s'ii faut qu'il entretienne la jument sans en tirer de service , comme c'est certainement le cas pour une bête de sang , le poulain coûte le prix d'entretien de la jument pendant toute Tannée , et cet entretien doit être évalué beaucoup plus haut que celui du cheval commun , parce que le prix d^achat sera infiniment plus élevé ; et en portant, dans ce eas-ci , le prix du poulain venant au inonde à Soofr. , il est bien certain qu il n'est au-
DES CHEVAUX EN FRANCE. m
cua éleveur qui ne crût avoir encore beaucoup plus de profit à obtenir un poulain de race commune qu^il n^estimerait qu^à 3o fr. Si nous considérons maintenant que la même diâférence aura lieu pour Tentretien des deux poulains ^ depuis rage de deux ans et demi ou trois ans , jusqu^à ce* lui de quatre ou cinq, parce que le cultivateur ne pourra tirer aucun service de celui de race pure, et si nous faisons entrer dans la balance les soins .particuliers, la nourriture plus coûteuse qu^exige le poulain de race, nous sentirons facilement qu^il faudrait que le cultivateur , pour y trouver un égal bénéfice, pût vendre le dernier au moins quinze cents francs de plus que Tautre, à Tâge de 5 ans^ et il faudrait encore supposer pour cela que Véleveur ne courût pas plus de chances défavorables avec une race qu^avçc Tautre, tandis qu^on sait très-bien que dans une vingtaine de poulains de pur sang , un .petit nombre seule-? ment pourront atteindre à une haute valeur, tandis que ceux qui seront affectés d^une tarç perdront presque tout leur prix , parce qu'ils ne seront propres à aucun service. Mais dans les chevaux de trait, on court infiniment moins de risques d'une grande diminution dans la valeur de ranimai ^ et pour les chevaux destinés au carrosse ou au service des postes, Tanimal taré «era encore propre au trait* £n Angleterre,
112 DE lA PRODUCTION
beaucoup de propriétaires qui n^oût pas une grandie fortune^ entretiennent pour le service de la chasse , des jumens de race, pour en obtenir des poulains destinés à la vente; de cette manière, ils se placent, sous le rapport de Temploi àes animaux destinés à la propagation et des élèves , dans la même position que les cultivateurs qui élèvent des chevaux de trait : seulement c'est en services 'd^agrément que les jumens et les élèves paient leur entretien. Il en est de même en France, pour quelques propriétaires amateurs qui se livrent à Téducation des chevaux de race; mais pour Tagriculture, il ne faut pas lui en demander, car elle ne pourra jamais en produire avec profit, parce qu^elle ne peut pas employer les services des animaux de cette race.
Après avoir jeté un coup d^oeil sûr les divers genres de chevaux qui peuvent faire Tobjet de la production, je vais présenter quelques considérations sur les conditions de cette production , dans divers états de Part agricole : chez les peuples pasteurs, et aussi dans les contrées très-pea peuplées où Tagriculture n'occupe qu'une petite partie de Tétendue du sol , la nourriture des animaux ne coûte presque rien, parce que Ton compte pour rien ou du moins pour très-peu de chose j la dépaissance d'immenses steppes où les animaux sont habituellement nourris, et jOÙibnVnt rien à
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démêler avec ce que nous appelons la rente de la terre , ni avec les frais de culture , et presque rien avec les dépenses que nécessite chez nous la construction des étables. Les soins que Thomme donne aux chevaux qu'il élève ^, forment la seule dépense de production de ces animaux ; et il est évident que s'il existait dans notre voisinage des contrées placées dans cette position^ comme celles qui constituent la plus grande partie de Téten* due de Feoipire russe et presque toute la surface du continent américain ^ il serait impossible à notre agriculture de soutenir la concurrence avec ces nations pour la production des chevaux.
Dans le système d'assolement triennal qui s'est étendu sur presque toute FEi^ope, dès l'époque où la presque totalité des terres y a été soumise à la. culture ^ la production des animaux est au contraire très-difficile et extrêmement limitée, parce que ce système ne comporte en général que 1 étendue de prairies nécessaires à l'entretien des bestiaux qu'exige la^ culture des terres arables* A une époque déjà reculée, et jusque dans les seizième et dix-septième siècles , l'étendue des prairies surpassait néanmoins en France cette proportion , dans presque toutes les fermes , ce qui permettait, d'une part, de produire un certain nombre d'animaux pour les autres besoins industriels, et de l'autre, d'améliorer la culture 6^ LIVR. 8
Il4 DE I-A PRODUCTION
des terres 9 en leur consacrant plus d'engrais; mais depuis un siècle environ ^ on a vu rétendue des prés se restreindre successivement dans toutes les fermes, et c'était là un effet tout naturel de Faccroissement progressif de population qui, exigeant une production toujours croissante en céréales, excitait à consacrer successivement à cette culture de nouvelles portions des prairies. Dans cet état de choses , la production des animaux , et en particatier des chevaux , eat excessivement limitée, etsMl existe dans la société des besoins de eette classe d'animaux , la rareté en élève nécessairement beaucoup le prix, sans que cette élévation soit favorable aux cultivateurs, parce qu'ils ne peuvent presque pas produire d'animaux, dans ce système de culture*
La France était sur le point d'arriver à ce degré extrême du système de culture triennal , où il ne lui eût plus été possible de suffire qu'à une très-petite partie de ses besoins en bestiaux , lorsqu'une troisième période de l'art agricole a commencé pour elle^ c'est le système de culture alterne. Déjà, chez quelques autres nations de l'Europe , l'adoption de ce système avait permis de donner une prodigieuse extension à la production des animaux, et spécialement à celle des chevaux. En France, le système complet dé culture alterne n'est encore adopté que sur une
DES CHEVAUX EN FRANCE. Ii5
portion extrêmement peu étendue de son terri-* toire ;. mais les choses se préparent sur un grand nombre de points , pour Fintroduction graduelle de ce système^ les prairies artificielles , qui forment une des bases essentielles des assoleméns alternes ^ ont pénétré dans une multitude de localités. On ne peut voir encore là que quelques pièces éparses d\in ensemble qu'il faut compléter^ et beaucoup de cultivateurs^ qui se cramponnent en-* core à Tassolement triennal, ou qui ne connaissent pas même le nom de la culture alterne, cultivent des prairies artificielles en cherchant à les coordonner avec Fancien système de culture, et c'est peut*être là un mode de transition nécessaire pour passer d'un système de culture à Tautre ^ car ce passage n'est possible que lorsque les cultivateurs seront convaincus de Timmence avantage que leur présente la culture des prairies artificielles. Partout où Ton a senti cet avantage, on reconnaîtra certainement qu'il n'y a pas de place pour le trèfle dans l'assolement triennal , et qu'on ne peut espérer de tirer de cette plante précieuse tout le profit qu'on peut raisonnablement en attendre , qu'en le faisant entrer dans le cadre qui a été fait pour lui, c'est-à-dire , dans les assoleméns alternes. Hors de ces assoleméns , les prairies artificielles sont une pièce importante d'une machine qui n'a pas été mise à la place où elle peut produire tout
Il6 DE lA PUODUCTION
son effet, et qui ne se trouve pas en harmonie avec le mécanisme où on Ta placée ^ mais enfin ^ dans cette conil)iHaison vicieuse , les prairies artificielles ont déjà produit cet effet important ^ d'^accroître la production des bestiaux et en particulier des chevaux , partout où on les a introduites ^ et ce résultat se fait remarquer de la manière la plus frappante , dans tous les cantons où les cultivateurs ont adopté la culture du trèfle ou de U luzerne. Nous sommes cepeiidant encore bien loin d'avoir atteint, sous ce rapport, le point où sont parvenues les nations qui ont adopté déjà depuis long ^ temps le système complet de culture alterne ^ et c'est pour cela que, malgré un droit d'entrée assez élevé, nous importons encore chaque année quinze à vingt mille têtes de chevaux*
Il est bon de rechercher aussi les modifications que peuvent apporter aux races de chevaux destinés à divers services, les trois situations agricoles différentes dont je viens d'indiquer les effets sur la multiplication de ces animaux : dans la première période, c'est-à-dire lorsqu'une partie seulement de l'étendue du sol est soumise à une culture régulière, les habitudes demi-sauvages que contractent nécessairement les chevaux , leur donnent en général une.stature peu élevée , mais beaucoup de nerf et d'agilité, avec les formes qui
constituent la disposition des animaux à ces deux qualités j ces chevaux sont très-propres à la selle , mais en général très-peu au trait. Da reste, le climat et les propriétés diverses des pâturages naturels peuvent apporter dans cet état de choses des différences plus ou moins sensibles entre les races des différens pays , ou même de difFérens cantons ^ ici , Tart ne sait exercer aucune influence sur les formes ou les qualités des chevaux , par le moyen du régime ] car la nourriture est presque exclusivement celle que leur présente la nature. Mais lorsqu'il s^est trouvé, dans une position semblable , un peuple indus-' trieux , porté par ses mœurs à faire un usage fréquent du cheval de selle, et à rechercher en lui la vigueur et la vitesse comme les qualités les plus précieuses pour le genre de service qu^il en tirait , il a su se prévaloir des différences individuelles qui se rencontrent toujours entre les animaux d^une même race, pour propager, accroître peut-être , et fixer en quelque sorte , les qualités qu'il recherchait le plus, en employant à la propagation , et en accouplant avec jugegement, les individus qui se distinguaient le plus émÎDemment'par ces qualités. Il paraît que c'est chez les Arabes et chez quelques autres nations orientales , que se sont rencontrées au plus haut degré, ces deux conditions essentielles à la for-
Il8 DE LA. PRODUCTION
mation d^une excellente race de cette variété du cheval de selle , que Ton peut désigner sous le nom de cheval coureur : savoir, des pâturages naturels éminemment propres à produire des chevaux de cette espèce, et les soins les plus assidus que Thomme puisse apporter à propager ces qualités par le choix des types reproducteurs. Et il faut remarquer que cette industrie ne pouvait prendre un tel développement que sous un climat chaud ^ car à cette période de l'art agricole, Thomme ne possède pas les moyens de récolter et d'emmagasiner des approvîsionnemens en fourrage pour la saison rigoureuse.
Dans le système d'assolement triennal , qui répond à une époque plus avancée de la civilisation et de la culture des terres, que celle dont je viens de parler, les races de chevaux conservent encore cette propriété qui fait dépendre en grande partie leurs qualités, du climat et de la nature des pâturages^ car dans ce système agricole, la vaine pâture forme la base de la nourriture des chevaux, soit dans les prairies naturelles , soit par la dépaissance des herbes que la nature fait croître dans les chaumes des céréales. Pour l'hiver, le foin des prairies naturelles forme encore la base du régime alimentaire ^ mais à mesure que l'étendue des prés a diminué, une portion plus ou moins considérable du foin a
DES CHEVAUX 'en FRANCE. lig
été remplacée par la paille des céréales , seule substance appropriée à la nourriture des chevaux , que possède le cultivateur dans le système triennaL Une ration toujours très-faible d'avoine , et seulemei^t à Fépoque des plus forts travaux ^ vient modifier ce régime. L\]sage habituel de la vaine pâture , et toute Thabitude de ce régime , ne tendent pas en général à donner aux races de chevaux une taille plus élevée ni des formes plus étoffées que dans la première période : si Ton en excepte quelques cantons, où les pâturages sont particulièrement substantiels , c'est toujours le cheval constitué pour le service de la selle , mais que Ton emploie aux attelages pour les travaux des champs , parce qu'on n'en a pas d'autres, et qu'on ne peut en produire d'autres. Cest ici le lieu de fa\re remarquer qu'à mesure que l'accroissement de population faisait restreindre l'étendue des prairies dans l'assolement triennal , l'espèce des chevaux se détériorait inévitablement, et devenait de plus en plus chélive^ parce que la masse de la nourriture qui leur était destinée, décroissait de jour en jour- Les cultivateurs, forcés d'entretenir pour leurs travaux un grand nombre de chevaux faibles et mal nourris, se trouvaient presque toujours dans la nécessité de les atteler beaucoup trop jeunes^ €t en les surchargeant de travail , ils hâtaient
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encore la détérioration de la race. Et cependant^ à cette même époque, dont la situation se prolonge encore de notre temps pour plusieurs cantons , raccroîssement de population , le développement de rindustrie, la multiplication des routes, commençaient à exiger un plus grand nombre de chevaux pour les services étrangers a Tagriculture , et surtout il fallait des chevaux fort difFérens de ceux que pouvaient fournir les cultivateurs : c'est alors que s'élevèrent de toutes parts les plaintes les plus amères contre les fermiers qui ne pouvaient fournir aux diverses industries les chevaux dont elles avaient besoin : on accusait la routine, on critiquait jsouvent avec injustice des pratiques qui n'étaient que le résultat de la nécessité. On disait, et l'on répète souvent encore, que le mal vient du peu de soia que mettent les cultivateurs à choisir les étalons 5 mais on ne voit pas que tant que les choses agricoles sont dans cette situation, le cultivateur ne pouvant à peu près produire des chevaux que pour son usage, il ne doit pas mettre un grand intérêt au choix des formes , et que l'état de dégradation des races est, dans ce système d'agriculture , un résultat contre lequel les producteurs n'ont aucun moyen de se défendre. Si l'on veut s'assurer que l'incurie des cullivateui's &ur le choix des étalons et sur les autres soins
DES CHEVAUX EN Fn ANGE. 1 2 1
nécessaires à Tamélioration , n^est due qu^à la cause que jMndîque ici , il] suffit d'observer Tattention beaucoup plus éclairée qu'on ne le croît généralement, que les cultivateurs apportent à ces divers objets , dans les cantons où Pamélioratioa dans la race , qui a été le résultat de la seule introduction des prairies artificielles, leur a laissé entrevoir Fespérance de faire de Téducatioa des chevaux une spéculation lucrative. Cest à la même époque aussi que des importations annuelles et nombreuses de chevaux , devinrent nécessaires pour suffire à des besoins que l'agriculture ne pouvait satisfaire.
A cette période de l'art agricole , nous arrivons à cette révolution industrielle qui a déplacé jusque dans ses bases , les besoins de la société relaiî* venient aux espèces de chevaux : jusque-là le cheval de selle avait été, presque exclusivement demandé aux producteurs ; mais bientôt l'indus— trie et le commerce prenant une rapide extension, le cheval devint un de leurs instrumens les plus acti& et les plus usuels , et comme c'était toujours dans 'e travail du trait qu'4l était employé à ce service , op commença à désirer des formes qui rendissent le cheval plus propre à cet emploi^ dun autre côté, de belles routes remplaçant de toutes parts des chemins peu praticables /Jles homoies des classes élevées commencèrent à pré«
laa DE lA PRODUCTION
férer Fusage du carrosse ou de la voiture de poste à celui de la sellé ^ et des voitures de tout genre ayant été successsivement appropriées aux fortunes les plus modiques ^ toutes les classes de la société adoptèrent un usage oii elles trouvaient à la fois commodité, économie et célérité 9 les chevaux de carrosse , de poste et de messageries remplacèrent donc partout le cheval de selle» Cest à cette période de l'industrie et de la civilisation que les prairies artificielles commencèrent à s^introduire dans Fagriculture française, avec assez d^étendue pour exercer une influence sensible sur les races de chevaux; et partout où elles se sont introduites, on a, vu s^améliorer avec rapidité les races de ces animaux , c'est-à-dire qu'on les a vues s'approprier davantage , par la stature et les formes , aux divers| besoins qui se faisaient sentir dans la société 5 et si Ton a refusé souvent de regarder comme améliorations des modifications qui éloignaient les formes du cheval de celles qui constituent le caractère de la beauté dans le cheval arabe ou chenal coureur , c'est ^u'on a méconnu ce principe immuable , d'après lequel l'industrie doit constamment produire ce qui est le plus demandé, parce que c'est toujours là ce qui satisfait le mieux aux besoins de la société- Dominé par d'anciens souvenirs , on n'a TOulu voir dans le cheval qu'un genre de beauté ,
DES CHEVAUX EN FRANCE. ' laS
tandis que cette expression^ bien entendu, doit s'appliquer aux formes qui sont Tindice des qualités les plus désirables dans le cheval , pour chaque genre de service particulier auquel on peut rappliquer -, ainsi la beauté dans un cheval de brasseur est fort différente de celle d'un cheval arabe, mais elle mérite tout aussi justement le titre de beauté 5 car en définitif, on n'a appliqué ce nom à telle ou telle forme , dans le cheval de sang, que parce que l'expérience a fait reconnaître que ces formes étaient constamment accompagnées des qualités que Ton recherchait le plus , pour le genre de service auquel celte race de chevaux était appropriée. ,
Les prairies artificielles, en fournissant aux chevaux une nourriture plus abondante , ont permis aux cultivateurs, non-seulement d'en accroître le nombre , mais aussi de leur donner à i'étable, des alimens bien plus substantiels que ceux qu'ils trouvaient presque partout au pâtuturage ^ il est résulté de là , même sans supposer de croisemens , et en conservant les anciennes races de chevaux, une élévation très-remarquable de la taille des animaux , et la production de formes moins sveltes et moins légères , qui rendaient le cheval bien moins approprié au service delà selle, et surtout à celui de la course, mais qui le rendait beaucoup plus propre aux divers
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5crTÎces des attelages; et les éleveurs ont été fortement encouragés à favoriser ce changement par tous les moyens qui dépendaient d^eux ^ et en particulier par le choix des étalons et par wne nourriture abondante et substantielle , distribuée aux animaux dans leur jeunesse, parce que les chevaux quMls produisaient ainsi, étaient ceux dont ils trouvaient le débouché le plus assuré^ et les prix les plus élevés.
Nous devons assimiler ici, jusqu'à un certain point, aux prairies artificielles , les riches herbages permanens créés par Tart à Fimitation des pâturages naturels , comme ceux que Ton rencontre dans la^ Normandie , l'Artois et quelques autres parties du royaume. Cependant dans les cantons où Ton élève des chevaux dans ces her* bages, Tinfluence de la localité se fait encore sentir d'une manière très-remarquable dans les formes que prennent les élèves , et les qualité qui les distinguent ; et cela est facile à concevoir, puisque dans la formation de ces herbages , on ne fait pas un choix particulier des plantes qui doiverft composer la prairie, mais on se contente d^enrîchir le sol par des engrais abondans , et on le laisse se garnir des plantes qui composent les prairies naturelles du pays. Il résulte de là que les chevaux trouvent , dans ces herbages , un pâturage analogue à celui des plus riches
DES CHEVAUX EN FRANCE, I aS
pâturages naturels : ils y prennent une taille plus élevée , et plus de volume dans les parties osseuses et charnues ^ que dans le système de pâturage d« Tassolexnent triennal^ ou dans la plupart des pâtu* rages naturels; mais les circonstances locales continuent à exercer, dans ce système^ une infiuen<ie considérable sur les qualités et les formes du cheval ^ comme le prouvent les différences que foa remarque entre les chevaux que Ton élève dans divers cantons oh s^est établi Tusage des herbage^ artificiels; et tous les éleveurs savent bien que ces différences ne sont pas seulement celles de$ races ^ mais qu'un individu amené très-jeune dans les 'herbages d^un canton, y prend des formes et un caractère qui en font un animal tout différent de ce qu'il aurait été, s^il eût été élevé dans un autre canton.
Quant aux chevaux élevés au moyen dès fourrages produits par les prairies artificielles^ la nature des plantes qui entrent dans la composition de ces prairies et le mode de culture par lequel elles ont été créées, exercent probablemerit au moins autant d'influence sur les formés et les qua-^ lités des produits, que la nature du sol et les circonstances locales; mais nos connaissances sont encore très-bornées relativement à cette influence* Là où Ton cultiva les prairies artificielles, on nourrit les chevaux avec du trèfle^ de la luzerne^
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du sainfoin ou des vesces , parce que Ton a ces^ fourrages, et chaque cultivateur sème telle ou telle plante, parce qu'il juge qu^elIe conyieat mieux à la nature de son sol ou à d^autres circonstances de son exploitation, ou peut-être seulement parce que le hasard à voulu qu'elle s'introduisit dans le canton plutôt que d'autres; mais nulle part, du moins je le présume, un cultivateur n'a adopté de préférence telle espèce de prairie artificielle ^ parce qu'il a reconnu qu^elle était la plus favorable au développement des chevaux dont il voulait approprier la race à tel genre de service. Si quelque cultivateur a acquis par l'observation, quelques idées sur ce sujet, elles sont du moins restées entièrement isolées , et n'ayant pu être contrôlées par des expériences analogues faites dans d'autres circonstances, elles ne sont pas encore entrées dans le domaine général de nos connaissances, et ne peuvent être considérées que comme des observations isolées dont la réunion avec beaucoup d'autres ^ pourra concourir un jour à jeter les bases de cette branche de l'art agricole. Ce que l'expérience a fait connaître jusqu'ici, c'est que les fourrages des prairies artificielles , prises presque toutes dans la famille des légumineuses , fournissant aux jeunes chevaux un aliment beaucoup plus substantiel que celui qu'ils trouvent
dans les pâturages naturels, tendent à donner aux races qui sont soumises à ce régime , une grande augmentation dans la stature et dans le volume de toutes les parties du corps. Le régime de la nourriture au râtelier^ qui est en général celui des cantons où la culture des prairies artificielles a pris une grande extension , contribue probablement beaucoup aussi à donner aux cbevaux des fornues et des qualités qui les rendent plus propres , au trait qu^à la selle ^ car dans les cantons ou ^introduction des prairies artificielles n'est encore ' que partielle, et où Ton a conservé le système de la vaine pâture , en donnant aux animaux un supplément de nourriture en fourrages verts ou secs provenant des prairies artificielles , on remarque que les races , en prenant plus de taille . et plus de volume dans toutes les parties du corps, ODf néanmoins conservé dans les formes, cette légè- ^ reté et cette élégance qui les rend propres au service de la selle ou du carrosse. On pourrait former, pour les cbevaux de quelques cantons qui sont dans ce ca^, une classe- que Ton désignerait sous le nom de chevaux intermédiaires , et qui , sans être parfaitement appropriés à aucun genre de service en particulier, peuvent cependant , à la rigueur, être employés à presque tous les usages, da moins en faisant un cboix dans les individus de ces races.
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JNous avons suivi les diverses périodes de Pindustrie agricole et de la production des chevaux, qui se lie intimement à cette dernière^ jusqu^à cette époque qui précède immédiatement Tintroduction du système complet d^ culture alterne, et où les avant-coureurs de ce sytème^ les prairies artificielles, ont seules commencé à s'introduire^ c^est là le point où nous en sommes aujourd'hui en France, du moins dansla presque totalité des parties de notre territoire qui ne sont pas demeurées entièrement étrangères à la marche progressive de Fart agricole. Si nous voulons porter plus loin nos investigations , et rechercher Tinfluence que doit exercer sur la. production des chevaux , l'introduction du système complet des assolemens alternes, c'est hors des limites de nos frontières qu'il faut .aller chercher les résultats de l'expérience^ et c'est surtout en Angleterre que nous pouvons les trouver , parce que c'est là que le mode de culture alterne s'est établi depuis un plus long espace de temps, du moins dans la grande culture ^ car c'est seulement dans les grandes fermes que la production des chevaux peut recevoir tous les développemens et les amé-^ liorations dont elle est susceptible»
L'amélioration des races de chevaux date, en Angleterre, de la même époque où Ton a vu des améliorations analogues se porter, dans le même
pays ) sur toutes les espèces d'animaux domestiques^ et en effet, il est facile de concevoir que e'est seulement au moyen des ressources que présente le mode de culture alterne, que Thomme peut exercer dans toute sa plénitude les influences dont il a besoin pour modifier les races d^animaux, en les appropriant plus spécialement aux divers genres de services qu'il réclame d'eux : ici Tari présente des Combinaisons si diverses dans le régime alimentaire des animaux , qu'il peut faire disparaître presque entièrement les influences de localités ; et si jusque-là le choix des animaux reproducteurs avait été à peu près le seul moyen par lequel Téleveur pût modifier les formes et les qualités des produits, ce choix ne devient presque qu'un moyen auxiliaire, lorsque l'éleveur peut faire varier le régime alimentaire , de manière à apporter aux formes et aux qualités des animaux , les modifications qui les amé« liorent à ses yeux, c'est-à-dire qui les rendent plus 'aptes aux emplois qu'il leur destine. Je ne veux certes pas dire que dans l'application de ce système agricole à la production des animaux, l'influence des races se perde, et que la nature ne tende plus à reproduire dans les descendans, les formes et les qualités particulières à la famille^ mais c'est seulement alors que l'on reconnaît l'immense in«fluence' qu'exerce le régime alimetitaire sur le 6^ MVR. 9
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âévcloppement et la propagation de ces formes^ et si TAngleterre a eu seule ua Bakewell qui a exercé un si étonnant empire sur les formes des animaux , dans les races sur lesquelles il a exercé son industrie^ cVst que dans aucun autre pays, un homme n'eût pu trouver Pinstrument qu'il avait à sa disposition pour modifier en quelque sorte à son gré les propriétés et les formes des animaux dont il a formé les types de races si éminemment distinguées par les qualités quil recherchait en elles.
Je m'altends bien que beaucoup de personnes* regarderont , au premier aperçu ^ comme un paradoxe^ Topinion que j'énonce ici, et il n'y a pas lieu d'en êlre surpris , car dans l'état où notre agriculture s'est trouvée jusqu'ici, et surtout avant ^ue l'introduction des prairies artificielles permît déjà d'apporter quelque variation dans le régime des animaux , l'uniformité constante de ce régime dans chaque canton ayant donné naissance à des influences invariables qui avaient déterminé les caractères de la race dans chaque localité, on ne connaissait qu'un seul moyen de modifier ces caractères, et ce moyen consistait dans l'introduction d'une race étrangère, ou le croisement de la race indigène avec dautres races ^ mais si Ton observe avec quelque attention les faits qui démontrent les modifications profondes qui peuvent résulter du changement
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de régime dans un seul individu pris dès laprc^ mière jeunesse, soit que cet individu soit transporté dans un canton éloigné de celui où W est né, soit qu'il reçoive, dans la localité même, une nourriture très-différente de celle à laquelle sa race était accoutumée , on sera disposé à apprécier toute retendue des modifications que peut apporter à une race , un changement de régime continué dans plusieurs générations. On sentira facilement aussi que lorsque Ton modifie une race par Tintroduction ou le concours d'une race étrangère, les influences du régime, si celui-ci reste le même, tendront sans cesse à reproduire ce qui existait avant le croisement, puisque ce croisement n'est qu'un effort pour s'écarter de la route que la nature elle-même avait tracée, ou pour faire sortir d'un régime donné autre chose que ce qu'il peut produire; aussi une multitude de faits attestent l'impuissance des croisemens pour modifier une race , toutes les fois que le régime n'est pas approprié aux changemens que l'on veut produire. Si au contraire on procède par le changement de régime , sans introduction de race étrangère , et en se prévalant néanmoins des différences individuelles que ce régime produira certainement , pour propager les formes et les qualités que l'on croira devoir le plus rechercher , on créera ainsi une
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nouvelle race qui sera constante^ et qui se maintiendra sans efforls , tant que Tua continuera de soumeUre les animaux au régime qui lui a donné naissance. Et si, en changeant le régime^ oa croit devoir sVider du concours d'une race étrangère pour arriver plus proraptement aux formes et aux caractères que Ton désire obtenir, on ne pourra les conserver dans la race d^une manière constante, que dans le cas où le ré^ gime sera approprié à ces nouveaux caractères. Cest pour cela que j'ai dit qu^un changeii>ent dans le régime doit être la base de toute amélioration dans les races , et que les croisemens ne doivent être que des moyens auxiliaires. Dans un cas semblable, on pourrait dire que la race introduite est le patron au moyen duquel on abrège et facilite le travail ^ mais V étoffe dans laquelle il faut tailler la race que Ton veut former , c^est le régime.
On peut, sans sortir du territoire français , apprécier toute Tinfluence que peut exercer le régime sur les formes des animaux, en modifiant les caractères particuliers des races. Sans parler des changemens si remarquables qui se sont opérés dans les races de chevaux , là où Ton a fait entrer les fourrages des prairies artificielles dans leur nourriture, soit partiellement, soit en totalité, on peut observer quels immenses changemens s^opèi-cnt dans les formes des. chevaux,
lorsque transporta, dans leur premier âge, des pi» turages de la Franche-Comté dans les fermes de la Brie, ils y sont soumis à un régime entièrement différent de celui de leur pays natal, et nourris avec des fourrages abondans et suc— culens , fournis par les prairies artificielles ; et lorsque de deux poulains nés de la même race, Tun est transporté dans la Flandre, et Tautre acheté par un éleveur normand, qui le place dans ses herbages , on peut voir si , à Tâge de cinq ans , ces deux, animaux ne diffèrent pas à peu près autant entre eux, que deux chevaux nés de races entièrement différentes; Tun devient un cheval de carrosse élégant et léger, Pautre un animal énorme, très->peu propre à Fallure du trot, mais constitué pour traîner lentement les plus lourdes charges.
Ces faits nous ont été présentés en quelque sorte par le hasard , ou plutôt ont été Feffet de circonstances entièrement indépendantes de toutes vues d^amélioration ^slus l'espèce du cheval , et qui , ayant introduit dans tel canton un procédé agricole ou la culture d'une plante qui pouvaient modifier de telle manière la croissance des jeunes chevaux , ont casé dans ce canton la production des formes qui sont Teffet de cette modification ^ mais c'est seulement au moyen de la multitude de' combinaisons que peut offrir, dans chaque lo« caUté; la nourriture produite par les assolemens
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alteiTnes , que Ton peut espérer de créer Tart dé former partout les espèces de chevaux qui sont réclamés par les divers services. Aussi , ce même Bakewell, si connu parmi nous par Tart admirable avec lequel il a formé des races parfaites de bœufs et de moutons, employait le même instrument quMl trouvait sous sa main , à créer une race de chevaux de trait encore aujourd'hui fort estimée en Angleterre^ et d'autres éleveurs ayant aussi , vers le même temps , employé It s mêmes moyens dans d'autres combinaisons , la Grande-Bretagne s'est trouvée riche de plusieurs races très-distinctes^ mais parfaitement appropriées, chacune dans son espèce, aux divers besoins de la société , et dont les services ont fourni un des plus puissans moyens de développement aux diverses branches de l'industrie et du commerce dans l'empire britannique. Et c'est seulement lorsque l'art est parvenu à ce point, que l'agriculture peut partout produii'e les chevaux avec le plus d'avantage , parce que seulement alors il est possible de proportionner le nombre d'animaux produits dans chaque race, à la quantité que demande le commerce , c'est-à-dire que réclament les besoins de la consommation ^ et si Ton voit encore dans cet état de choses , un canton se livrer plus spécialement à la production d'une espèce de chevaux, cette délimitation n'est pas tellement restreinte que l'on ne puisse , à volonté,
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rëleftdre ou la resserrer selon que Texige la facilité des débouchés, parce que les éleveurs possèden t les moyens de modifier, presque à leur gré, les produits de leur industrie.
On conçoit que c'est seulement à cette période de Findustrie productrice que le niveau peut s^établir entre la production et les besoins, pour les diverses espèces de chevaux ^ tandis qu'aussi long-temps que des circonstances spéciales à chaque canton ne permettent d'y produire qu une espèce de cheval , il faut , d'une part, que la con<sommation se plie à cette loi, c'est-à-dire que Ton emploie souvent à certains services des chevaux qui y sont peu^yropres^ et de l'autre^ que la production agricoW'^upporte tout Tinconvénient de ne pouvoir offrir au commerce les espèces de chevaux qu'il demande , et qu^il est trop souvent forcé d'aller se procurer à l'étranger. C'est cette partie de l'art , ^ui nous est encore entiièrement étrangère en France, dans la production des chevaux ^ et c'est elle qui forme le point fondamental sur lequel repose l'avenir de ses améliorations dans cette branche si précieuse de la production nationale. La culture du trèfle s'est introduite dans un canton , et Ton a vu venir à sa suite , dans la race des chevaux indigènes , des modifications qui , après un très-petit nombre de générations , ont rendu cette race à peu près
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méconnaissable ^etç^est bien le trèfle qui a opéré ces changemens , car la race est restée la même chez tous les cultivateurs qui ont repoussé la culture de cette plante, tandis que la progression est manifeste chez ceu^ qui Font adoptée^ sans qu^ils aieçt employé d^étalons tirés d^une autre race. Mais ces modifications n^auraient probablement pas été les mêmes , si la luzerne eût été substituée au trèfle; et le sainfoin, les vesces , les graminées à faucher , etc. , amèneraient en^ core des modifications spéciales dans la race. L'usage de chacune de ces plantes donnée en vert pendant six mois de Tannée, doit encore amener d'autres résultats que Temploi des mêmes fourrages donnés secs m sous forme de foin. Dans la culture alterne, Tavoine n'est plus le seul grain que Ton cultive pour la nourriture des chevaux; les féveroles, les pois, les vesces^, le maïs , Fépeautre , forment une variété d'alimens, dont chacun exerce certainement une in<* fluence spéciale sur le développement des formes dans les jeunes animaux, et tend ainsi à donner à la race des caractères différens. L'emploi des racines, par exemple des carottes^ pour une portion de la nourriture des animaux , développe certainement aussi des influences particulières, et l'addition de la paille en plus ou moins grande proportion dans la nourriture journalière des
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aniinaux , permet toujours de modifier d^une ma^nière très-variée , les effets des alimens plus subistantiels ^ et qui le seraient souvent trop pour la production ou la propagation de certaines qua-* lités ou de certaines formes dans les chevaux. Enfin , le régime de nourriture au râtelier ou du pâturage pendant une partie plus ou moins considérable de Tannée^ est aussi une circonstance qui doit incontestablement apporter de grands changamens dans les formes des chevaux et dans leurs dispositions aux allures lentes ou accélérées ^ et le régime du pâturage s^allie tout aussi-bien au système de culture alterne, que celui de la nourriture au râtelier , comme nous le montre Fexemple du Holstein et du Meck^ lembourg , où les assolemens alternes avec pâ^ turages sont adoptés depuis très^long*temps dans les vastes exploitations de ces pays, et où Ton produit des chevaux dont les qualités sont bien connues. Les pâturages de cette espèce , qui tiennent à un système agricole entièrement différent de celui des herbages permanens, peuvent se composer de plantes très-variées et dans des proportions très-diverses, que le cultivateur est toujours le maître de régler.
Cest dans Vemploi judicieux de ces divers moy^ifis d^action , et dans la multitude de combinaisQos qu'ils offrent à Téleveur, que Ton trau-
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vera bien certainement la possibilité de créer en France , en nombre égal à tous les besoins ^ les cbevaux de toute^ espèce , appropriés aux divers services de Tindustrie et du luxe ; chevaux de selle, de carrosse ou de trait , tout se produira , parce qu il se rencontrera des combinaisons pour toutes les variétés possibles. Jusqu^à ce qu^on sache employer ces moyens , on ne fera que de vains efforts pour modifier les races dans telle ou telle intention , ou du moins on n'obtiendira à cet égard que des résultats insignifians et précaires. En effet^ qu'est-ce qu'une race indigène à un canton ? He n'est que le résultat des influences de régime auxquelles les animaux ont été exposés pendant un très-long espace de temps ^ conformément aux circonstances agricoles de la localité. Comment pourirait-on espérer de modifier cette race d'une manière durable, si ces circonstances restent les mêmes? Aussi on a toujours échoué et l'on échouera tou-» jours, toutes les fois que Ton voudra amener dens un canton , par l'introduction d'autres types reproducteurs , une race plus grande ou plus étoffée que celle qui y existait , sans apporter en même temps, dans le régime des animaux, des modifications correspondantes à ce changement ; et si l'on a voulu atteindre ce but par l'introduction seule d'étalons de grande taille, on n'a jamais obtenu que des produits d'une conformation vi-
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deuse, comme on Pobservepour toutes les races d'animaux , toutes les foîs que l'on accouple une petite femelle avec un mâle de grande taille. Mais si Ton sVtait contenté d'améliorer le régime alimentaire de la race indigène^ on eût réussi avec facilité et sans aucun inconvénient, à agrandir cette race 5 et c'est seulement alors qu'il eût été utile d'admettre pour le croisement, des étalons au moyen desquels on eût pu apporter plus promptement , dans les formes et les qualités , des modifications que la continuation d'un régime approjprié eût pu soutenir et améliorer encore. Plus on observera les faits relatifs à l'amélioration des races de chevaux , et aux tentatives plus ou moins infructueuses que l'on a faites jusqu'ici pour y parveniryplus on se convaincra que l'on ne peut se promettre %ucun succès, tant qu'on ne reconnaîtra pas que le régime est la base de toute amélioration^ et que les croisemensne sont jamais qu'un moyen auxiliaire qui ne peut avoir d'utilité qu'en supposant les améliorations dans le régime. Mais un changement dans le régime des animaux suppose nécessairement des modifications dans le système agricole •, et le mode de culture alterne est certainement le seul qui puisse présenter, à la volonté de l'éleveur, des combinaisons assez variées dans le régime, pour lui permettre de fournir abondamment à tous les besoins de la consomma-
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tioD) en produisant les espèces de chevaux qui sont réclamés par les différens services d^industrie et de luxe auxquels on emploie ces animaux.
Après avoir résumé ainsi les vérités que j^ai cherché à établir dans ce mémoire^ il Êiutbien reconnaître que nous en sommes encore , en France, à ce point où nous avons à créer de toute pièce Fart d^appliquer les procédés de la culture alterne, et les changemens de régime alimentaire qui en dérivent , à la production des chevaux de telle ou telle classe.
Il existe cependant quelques faits isolés qui peuvent servir de guide dans la création de cet art déjà si avancé chez nos voisins. C'est à réunir ces faits , que doivent tendre les efforts des hommes qui voudront se livrer à la tâche de hâter la marche de Tamélioration : la f écente introduction dans divers cantons du royaume, do telle ou telle espèce de prairie artificielle , a apporté des modifications dans les formes des races indigènes ; il faut constater avec soin la nature de ces modifications , pour une espèce de plante donnée, et en prenant en considération la nature du régime antérieur. Il en sera de même de tous les résultats obtenus , soit dans un canton ^ soit dans une exploitation particulière , par Teffet de tout changement dans le régime des animaux^ survenu à la suite de rintroduetioo de quelque culture, nouvelle, ou de quelque
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nouveau procédé agricole. On devra s*efforcer| et ceci sera peut-êire le plus diflicile dans beaucoup â« cas^ d'isoler les modifications apportées aiosi aux races de chevaux par les changemens de régime ^ de celles qui peuvent être le résultat de croisemeas avec d'^autres races ^ car la coa-> naissance des effets des appareillemeus^ est beaucoup plus avancée en France que celle des résultats des changemens dans le régime^ et Ton ne peut parvenir à obtenir quelques données positives dans celle-ci, qu'en étudiant ces faits, dans les circonstances où les effets ne sont pas '^ compliqués par d^autres influences.
Si les propriétaires qui se livrent à Téducation des chevaux , et les vétérinaires instruits , qui sont déjà très-nombreux sur tous les points du royaume, s^attachaient à recueillir les faits de ce genre qu^ils ont été à portée d'observer, et s'ils les rendaient publics par la voie des ouvrages périodiques , qui sont consacrés aux matières de ce genre , il en résulterait certainement déjà une foule de connaissances très-précieuses; et en continuant ces sortes de publications , à mesure que le développement du système de culture alterne qui commence à s^établir sur plusieurs points de la France, fournira des matières à de nouvelles observations , onformerapromptement, d'une multitude défaits isolés , contrôlés les uns par les autres , les élé-
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mens d'un art qui mettrait la nation française en état, non-seulement de se suffire à elle-même pour la production des chevaux dont elle à besoiil, mais d'obtenir au plus bas prix possible, pour chaque service , la taille , les formes et les qualités qui lui conviennent le mieux. Aussi loag-* temps que Ton se contentera à,e poursuivre ce but par TefFet des seuls croisemens , les résultats ne répondront jamais complètement aux efforts des éleveurs ; mais lorsqu'on placera en première ligne , parmi les moyens d'améliorations , le régime des animaux , et par conséquent le système agricole qui seul détermine le régime, on obtiendra incontestablement des succès que Ton n'a pas même osé espérer jusqu'à ce jour.
Le travail que j'ai entrepris se terminerait ici , s'il ne me semblait indispensable d'examiner rapidement les moyens par lesquels l'administration publique s'est efforcée jusqu'ici de provoquer et de hâter l'amélioration des races de chevaux. Celte partie de ma tâche sera la plus pénible 5 car je serai trop souvent entraîné à énoncer des opinions diamétralement opposées à celles qui semblent avoir dirigé les mesures de Tadminis— tralion^ cependant J'exprimerai mes idées avec «ne entière franchise et sans aucune réserve, parce ^ue, dans la situation actuelle de l'art agri^ cole en France , au moment où une tendance
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manifeste porte cet art vers Padoption graduelle de méthodes plus variées et mieux adaptées à tous les besoins de la société ^ il me semble quUl est d^une très-haute importance que Ton se forme des idées nettes sur ce sujet , et que Ton apprécie avec exactitude la part d^influence que le gouvernement pourrait exercer, soit pour accélérer , soit pouf retarder la marche de Tindus— trie qui a pour objet Tapplication des nouveaux procédés agricoles à Tamélioration des races de chevaux. Je passerai donc successivement en re* vue les diverses institutions formées jusqu^ici pour Tencouragemént de cet art.
. On connaît déjà mon opinion sur les courses ■publiques de chevaux ^ je les considère comme un spectacle donné aux habitans des villes , spec-iacle un peu moins sanguinaire que les combats de coqs ou de taureaux , mais ne présentant guère plus d utilité* Je sais bien quMci je diffère essentiellement d'opinion avec des hommes très-recommandables et très-instruits , et je n^'gnore pas les motifs sur lesquels ils fondent la leur^ mais il m'est impossible de m'en rapprocher : je demeure copvaincu qu'en observant la marche de Famélioration de la race du cheval en Angleterre , on s'est mépris en prenant pour cause de cette amélioration une institution qu'elle a amenée comme circonstance accessoire , dans une branche
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particulière ,de celte amélioration^^ et qui â trotiYé des racines, d^abord dans le besoin particulier à la nation anglaise de chevaux destinés à la chasse, besoin qui a donné un haut prix à la vitesse des animaux ; et ensuite dans le goût particulier des Anglais pour le jeu des paris , qu^il n^est pas très-important de naturaliser chez nous. Pour que Ton pût considérer les courses comme un bon moyen d^améliorer la race du cheval en général , il faudrait qu^il fût établi que le cheval qui demeure vainqueur dans les courses, ^era toujours aussi celui qui réunira au plus haut degré les qualités que Ton recherche pour les autres genres de service que la course, ce que je ne crois nullement fondé. On dit que le meil-^ leur coureur sera nécessairement un animal trèsvigoureux, bien constitué, ne portant dans la poitrine ni dans les autres viscères , aucun germe de lésion ; cela est vrai , si Ton eotend par bien constitué^' celui qui présente les formes les plus favorables pour un développement trèsrapide et très-étcndu de Tappareit locomoteur, dans Tallurc du galop 5 mais ces formes sont-elles bien les mêmes qui feront le plus beau et le meilleur trotteur au carrosse, ou le cheval qui réunira pour la selle, soit au pas , soit au galop, les allures les plus douces , les plus agréables et les plus élégantes f Le cheval qui montre le plus
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àejonds dans une course d'un quart d'heure ou d'une demi-heure, sera-t-il toujours celui qui résistera le mieux et le plus long-temps à des marches journalières forcées , sous le poids du cavalier armé , et aux privations auxquelles il pourra être exposé dans les opérations militaires f Sera-t-il celui qui conviendra le mieux au service du roulage, des postes, etc. f Si l'on répond affirmativement }k toutes ces questions , je conçois que Ton puisse considérer les courses comme un critérium propre à faire reconnaître l'étalon le plus propre à l'amélioration de la race ; mais s'il faut chercher les qualités les plus précieuses pour les autres genres de service, ailleurs que dans les formes et l'organisation qui assure à l'animal une extrême Vitesse, il demeurera certain que les courses ne sont utiles qu'à l'amélioration de la race des chevaux destinés aux courses elles-mêmes, ou à créer dans l'amélioration de la race du cheval une industrie à part , qui n'a que des rapports très-indirects avec les autres genres de service.
Au reste, si dans mon opinion les courses de chevaux présentent peu d'utilité pour l'amélioration générale des races , du moins c'est un genre d'encouragement qui ne tend pas à entraver la marche de l'amélioration , comme le font, je le crob, quelques-unes des institutions dont il Hie resté à parier j et puisque le gouvernement
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consacre des fonds à soutenir FÂcadéiàiè'Toyale de musique, je ne veux pas critiquer Remploi de ceux qui sont destinés à Tinstitution des courses de chevaux , considérées comme spectacle public ; mais croire que Ton fait ce sacrifice dans Pia— térêt de Fagriculture, est à mes yeux une inconcevable déception.
On invoque en faveur des courses, Tutilitë de remploi des chevaux de race pure dans les croisemens, pour produire d^autres espèces de chevaux , et en particulier les chevaux de carrosse , comme on le fait en Angleterre, en donnant des étalons de cette race à des jumens flamandes. Il est certain qu^une alliance de ce genre pourra souvent produire d'excellens résultats^ mais ici encore, l'extrême vitesse de Pétalon n'est certainement pas la circonstance la plus importante du choix que Ton doit en faire ^ et il n'y a pas eu besoin de courses publiques pour former notre belle et excellente race de chevaux normands, ni la race limousine , ni les races de diverses provinces espagnoles , qui se distinguent par leur supériorité pour le service de la selle. Je regarde comme probable que l'établissement de courses publiques dans les pays où ces races ont été produites, n'eût pu servir qu'à les gâter, parce qu'elles auraient eu pour résultat de faire placer en première ligne une qualité qui ne doit
être que secondaire , et que Ton eût été disposé à lui sacrifier celles qui font le mérite spécial de ces diverses races.
Les primes d^ encouragement accordées publiquement et avec appareil aux éleveurs qui ont obtenu des succès dans ramélioration, paraissent , au premier aperçu , un moyen mieux calculé d'encourager les progrès de cet art. Le gouvernement ^ beaucoup de conseils généraux et des Sociétés agricoles consacrent des fonds à cet objet. Presque toujours on propose des prix ou des primes aux personnes qui présenteront les plus beaux élèves , les plus beaux étalons , ou les plus belles jumens; mais on peut demander quelle idée présente cette expression : le plus beau poulain , la plus belle pouliche ^ etc. Y Si Ton prend pour juge du concours un jury composé de maîtres de poste , le plus bel animal à ses yeux sera celui qui annoncera, par ses formes, qu^il fera un mallier de première force et un beau trotteur 5 si Ton consulte des rouliers , le jugement sera déjà différent ; enfin si le prix est adjugé par des amateurs de chevaux , comme c'est ordinairement le cas, Fanimal le plus élégant et le plus fin obtiendra certainement la couronne ; et presque toujours on ne dissimule pas même que c'est ce seul genre de beauté q^e Ton désire encourager. Cependant quelques conseils
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généraux et quelques Sociétés agricoles ont divisé la masse des primes en plusieurs classes^ pour en appliquer une partie aux chevaux de selle ^ une autre aux chevaux de trait ^ etc.; c^est là certainement un retour vers une marche plus raisonnable, non-seulement parce qu'elle tend à accorder du moins une part des encouragemens aux races qui sont réellement les plus utiles , mais aussi parce qu'elle finira par faire disparaître la confusion que Ton semble se plaire à introduire dans les idées de beauté relativement au cheval. Si nous appliquons le mot de beauté aux formes d'un animal , il est certainement raisonnable de désigner par cette expression les formes qui^ en garantissant la vigueur de sa constitution , le rendent le plus éminemment propre au service auquel il est destiné. Que les peintres se créent y sMls le veulent, une beauté idéale, qui ne résulte que des formes qui présenteront le plus d'élé* gance dans un tableau ; quant à nous dont le but est de produire des animaux consacrés à une utilité réelle, nous ne devons considérer comme beauté que les formes qui concourent le plus directement à cette utilité ; la beauté d'un che-^ val de course diffère de celle d'un cheval de roulage , comme la beauté d'un Iwrier diffère de celle d'un braque^ celle d'un chien courant de celle d'un chien de berger* C'est seulement
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dans Tenfance de la production , ou lorsque tous les aûimaux d^une espèce sont employés au même service , que Ton a pu se faire des idées absolues de la beauté dans cette espèce; mais à mesure que par les progrès de Tindustrie on a tiré des services dififërens de la même espèce d^animaux , on a senti la nécessité de créer des races particulières appropriées à ces difFérens services; et dès ce moment^ les idées de beauté doivent ^^ appliquer^ pour chaque race, aux formes le mieux appropriées à ce service. Ainsi, en Angleterre , dans les races de bètes à cornes destinées spécialement à la boucherie, on désigne par beauté^ des formes entièrement différentes de celles qui portent ce nom , dans les races destinées à la production du lait. Il doit en être entièrement de même pour les chevaux , et dans Tétat aqtuel de notre industrie pour la production de ces animaux y il n^est plus possible de parler de beauté d'une manière absolue, et sans spécifier le genre de cheval auquel on prétend appliquer cette expression.
Au reste , indépendamment de la confusion qui lésulte de Texpression de beauté appliquée vaguement au cheval , sans désignation d'espèce , ce DBOt donne lieu encore à des erreurs très-graves et à peu près inévitables, dans la distribution des primes, parce 'que, dans une espèce déterminée, le poulain qui frappe le plus par sa beauté dans.
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uae exposition , n^est pas du tout celui qui doit former un jour le meilleur cheval , mais presque toujours celui qui se présente avec le plus de grâce, qui o£Fre le poil le plus luisant, et ces formes arrondies qui plaisent toujours à Tœil ; en sorte que les distributions de primes tendent à créer un art de préparer les poulains pour l'exposition , de même que l'on prépare les chevaux pour la course ^ et c^est à Fhabileté dans cet art que les primes seront presque toujours accordées , beaucoup plus qu^aux qualités réelles des animaux.
D'ailleurs où trouvera-t-on à former un jurycomposé d'hon^nes placés dans la société , de manière à ne pas laisser le moindre prétexte aux soupçons d'influence exercée par les noms des concurrens, et cependant assez connaisseurs pour savoir démêler , classer et apprécier les qualités réelles des animaux présentés , sans se laisser imposer par les apparences que sait créer Part du maquignonage ? La difficulté de former des jurys à l'abri de tous soupçons d'erreurs ou de partialité , soit dans la préférence à donner à une espèce sur une autre , soit par rapport aux considérations individuelles relativement aux concurrens, suffirait seule pour faire rejeter le système des primes *, car elles produisent beaucoup plus de mal que de bien , toutes les fois que '^l'opinion de la masse des concurrens ne confirme pas la dé<:i- ^
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sîon des juges ^ et si Ton observe les faits, on reconnaîtra certainement que c^est le cas le plus ordinaire , et même qu'il ne peut guère en être autrement , en supposant le jury le plus conscien- , cieux. M. Huzarâ fils , dans un excellent tra\^il ayant pour titre, Z?e^ Haras domestiques^ etc. , me semble avoir parfaitement bien reconnu et exposé les inconvénîens des primes d'encouragé- > ment ^ et je pense comme lui , que c'est un moyen sur lequel Téxpérience a^uffisamment prononcé aujourd'hui, et auquel il serait fort utile que Ton renonçât. Le véritable encouragement à produire un bon cheval , c est , comme pour tous les autres genres d'industrie , l'espoir fondé de le bien vendre ; et si ce stimulant n'a pas paru suffisant dans beaucoup de- cas , c'est que , par l'effet d'une autre erreur puisée dans des idées systé ma tiques ^ on s'est trop souvent eflbrcé de donner à findusfrie une direction peu lucrative pour elle.
Les étalons approuvés , pour lesquels on accorde «ux propriétaires une prime annuelle , se^ raient encore un genre d'encouragement dont on pourrait obtenir des résultats utiles , dans le cas où cette faveur serait toujours accordée sans partialité , et oii l'espèce des étalons serait bien choisie pour la localité, quoique le plus difficile ne soit pas, pour les éleveurs , .d'avoir un étalon qui leur convienne , mais bien de soumettre la race
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au régime qui lui convient, soit parce que la matière manque pour ce régime, soit parce que Ton ne connaît pas la combinaison dans laquelle on doit remployer. Cependant il arrive assez, souvent que TétofFe existe, et qu^il ne manque que le patron ; dans ce cas il pourrait être utile d'acrcorder des encouragemens à celui qui vient Taprporter. Je pense, au reste, que Ton devrait laisser les éleveurs entièrement libres de choisir la race de l'étalon qu'ils présentent à Papprobation; je sais bien que des conseils éclairés leur seraient souvent fort utiles^ mais il faudrait que les motifs de ces conseils ne fussent jamais puisés que dans l'intérêt même des producteurs, et que Ton en écartât toute idée systématique qui les éloignerait de la route que doit invariablement suivre l'industrie , et qui a pour but de produire de préférence ce qui est le plus demandé. Ici , l'intérêt du producteur et celui du consommateur sont entièrement d'accord, et tout ce qui tend à écarter l'industrie de cette route , se place en opposition avec l'intérêt générral du pays.
C'est seulement, au reste , dans le commence-ment de l'amélioration, que l'on pourrait trouver des avantages réels à conserver l'institution des étalons approuvés; car toutes les fois que la marche naturelle de l'amélioration ne sera {ua;
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arrêtée ou entravée par d*autres mesures, mal combiniées , cette industrie deviendra bientôt lucrative ^ et le saut des meilleurs étaians , si on ne leur oppose pas maladroitement une concurrence redoutable, se paiera bientôt sans difficulté à un prix assez élevé pour que la prime devienne eur tièrement superflue, et pour que le gouvernement puisse abandonner à la libre industrie, le soia de choisir les étalons et* de les offrir aux éleveurs. Je ferai remarquer ici que c^est bien à tort que quelques personnes ont cru voir dans le prix le plus élevé du saut , un obstacle à Tamélioration^ c^est au contraire là Tindice le plus certain de la tendance des éleveurs vers' les perfectionnemens : aussi rien n^est plus mal conçu que ce qui tend à empècber que le propriétaire d'un très - bel étalon en tire une rétribution proportionnée à son mérite. Je ne sais pas si nous arHverons jamais a ces prix qui nous semblent exagérés, et gui sont si communs en Angleterre , pour le saut d'un étalon distingué- dans son espèce ; mais il faut certainement favoriser par tous les moyens possibles, Pémulation qui devrait s'établir de cette manière entre les propriétaires d'étalons et de jumens.
Les haras et dépôts d'étalons appartenant au gouvernement, forment le pivot autour duquel roulent toutes les espèces d'encouragemcns qu il
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croit devoir accorder pour Famélioraiion des races de chevaux; c^est donc ici qu'il cfonvîent d'examiner Kesprit qui a présidé à la fondation de tout Tédifice : il est certain , et Ton ne cherche même guère à le dissimuler , qu'en organisant cet ensemble d'encouragemens, le but principal que Ton a eu en vue et que Ton poursuit avec persévérance, est de favoriser et d'encourager spécialement la production des chevaux de selle. L'espèce des chevaux de carrosse a quelquefois trouvé grâce devant l'administration des haras; mais lorsqu'il est arrivé qu'elle s'est abaissée "jusqu'aux chevaux de trait, c'était par une concession dont on a tellement restreint les limites, que l'on ne peut y voir qu'une exception au principe dont on a voulu faire la base de l'institu* tion des biaras.... Est-il utile à la production des chevaux en général , à l'intérêt public ou à celui du gouvernement , qu'il s'efforce ainsi , par tous les moyens qu'il a à sa disposition , d'imprimer à l'amélioration des races une tendance spéciale vers la production des chevaux de selle ?.... Cette question semble avoir été résolue affirmativement sans aucune hésitation ; mais cette solution at-elle été le résultat d'un examen approfondi ?.... Le principal argument sur lequel on s'appuie est celui-ci : la production des chevaux de trait est suffisamment encouragée par les demandes et
DES CHEVAUX EN lOElANGE. , i55 la facilité des débouchés^ tandis que les producteurs de chevaux de selle trouvent difficiiement des acheteurs pour leurs produits; c^est donc Ters ces derniers qu'il convient de diriger les encour^gemens ^ car sans cela^ La race des chevaux de selle serait bientôt. perdue en France. Ce raisonnement ^ traduit en d'autres termes , équivaut à ceci : les chevaux de selle sont les moins utiles de tous^ et ceux dont la France à le moins de besoin ; ainsi c'est la production de cette espèce de chevaux quil importe le plus d'encourager... En effet ^ si cette espèce de chevaux est moins demanaée que les autres , n'est-ce pas uniquement parce que la société en éprouve moins le besoin f .... Le iait sur lequel on s'appuie dans ce raisonnement, est très-fondé et trèsdigne de remarque. Partout où il se trouve à vendre un bon cheval de trait , de poste ou de diligence, les acheteurs ne manquent pas, et rien n'est plus facile que ^e trouver un prompt débouché pour tous Tes chevaux de cette espèce qu'un éleveur peut produire ; les prix varient généralement de 4 à 800 fr., et mcme davantage selon la taille et les forces. Mais pour les chevaux de selle, rien n'est plus difficile que de trouver un amateur : si nous laissons en dehors les races trèsdistinguées, qui, comme je l'ai dit, ne peuvent êlre l'objet de la production agricole , il n'est pas
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d^éleveur qui ne sache qu'il vendrait plus promptement vingt chevaux de trait qu^un seul cheval de selle ordinaire , et quMl les vendrait même à des prix relativement plus élevés j quoique la production des «chevaux de selle ne lui présente pas ^ dans leur application à ses travaux , ies mêmes avantages que celle des chevaux de trait. Ce rapport si contraire à Tordre naturel dans les prix des chevaux de diverses espèces, et cette énorme différence dans la facilité des débouchés^ prouvent incontestablement qu il y a chez nous interversion dans la production des espèces^ relativement au besoin de la consommation, et que, soit parce que Ton ne sait pas, soit parce que Ton ne peut pas faire autrement^ on produit en France une multitude de chevaux conformés pour la selle, au lieu des chevaux de trait ou de poste que réclameraient les besoins de la consomma-* tion»
Il parait que cette vérité n^a pas échappé aux observations de Tadministration des haras; car elle se plaint souvent que le goût de Texercice du cheval disparaît de jour en jour en France ; et c'est pour arrêter les progrès de ce -mal, qu'elle a créé des écoles royales d^équitation. Ainsi c'est pour des cavaliers qui n'existent pas que Ton veut multiplier la race des chevaux de s^tle; et c'est pour consommer les chevaux de
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cette espèce qui existent déjà en trop grand nom-' brc , que Ton veut former des hommes de chcvaL... et cela pendant que le service du trait ^ des postes et des messageries réclame des chevaux vivement recherchés par le commerce, parce que nous ne les produisons pas , en nombre suffisant , et que ^élévation des prix des meilleurs animaux de cette' classe , oblige souvent d'y employer des chevaux qui y sont peu propres par leur conformation , pendant que Tagriculture emploie à sts travaux, sur plusieurs points du royaume, des chevaux propres à la selle, dont elle ne peut trouver de débouché.
Il m'est vraiment impossible d'assigner aucun motif raisonnable à ces efforts dirigés contre ïordre naturel des choses. Cette direction imprimée à la production des chevaux, nuit à Tindusfrie productrice, qu'elle écarte de la route tracée par ses véritables intérêts 5 elle nuit également à la mas9e des consommateurs , en les privant des espèces de chevaux qui leur présenteraient plus d'utilité , ou en les obligeant à les payer à des prix trop élevés; elle nuit même essentiellement à la production des chevaux fins ou chevaux de race, qui, comme je l'ai dît, restera toujours en dehors de l'agriculture, en faisant naître à leur préjudice une concurrence disproportionnée svec les besoins , tandis que les animaux de
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cette espèce ne pouvant se produire qu^avec beau*» coup de dépense, devraient naturellement at— teindre à des prix très-éleve's. Qu'un prince ou un particulier opulent se livre à Péducaton des chevaux de race pure , c^est certainement là un goût très^noble, et plus utile que le luxe des ameublemens ou de la table ; mais qu'il conseille à ses fermiers de Timiter , c'est à peu près comme s'il les engageait à remplacer leurs blés et leurs trèfles par la culture de$ dahlias et des camélias qui font les délices de ses jardins et de ses serres^ et qui se vendent aussi quelquefois dans le commerce , à des prix que pourrait envier un planteur de pommes de terre. Quant au gouvernement , si l'on venait me dire que dans les encouragemens qu'il distribue , il doit avoir pour but tout autre chose que les besoins réels de la population, si l'on voulait changer en une question de faste et d'ostentation , une que$tion d'utilité publique , de richesse et de prospérité nationale , alors je ne la discuterais plus , parce que je ne la comprends pas.
On a souvent aussi appuyé la convenance des encouragemens spéciaux donnés à la production des chevaux de selle , sur les besoins du gouvernement en chevaux de cette espace, pour la remonte de la cavalerie ^ mab si le gouvernement a des besoins , il se présente sur les marchés comme
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acheteur , et par le fait seul de ses demandes , il exerce sur la production , et concurremment avec les autres besoins de la société, une influence proportionnée à la masse de ses propres besoins. £st-il convenable ou utile qu'à côté de cette influence naturelle et raisonnable, il développe encore un autre mode d'action , afin d'intervertir les proportions naturelles delà production? rien ne me semble plus contraire aux saines idées d'économie publique. Le gouvernement a intérêt d'obtenir au plus bas prix possible les chevaux nécessaires à la remonte de la cavalerie ; mais si l'on veut exprimer cet intérêt par des chiffres^ à quelle somme pense-t-on que se porterait annuellement l'économie qu'obtiendrait l'admimstration sur le prix de ses remontes , en sup-* posant qu'il abaisserait artificiellement de loofr. le prix de chaque tête de cheval, ce qui est certainement exagéré? cette économie se porterait* elle à un million f Cela supposerait l'achat annuel de 10000 chevaux en terme moyen, et ce chiffre n'est pas , je croîs , très-éloigné de la vérité. Mais que serait donc cette économie annuelle d'un million , mise en balance avec les pertes iocalcuiables auxquelles on assujétit l'agriculture et tous les genres d'industrie qui emploient des chevaux , en* intervertissant l'ordre naturel de la production ) afin d'obtenir la création des espèces
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qui présentent le moins d^avantage et d^utUifé aux producteurs et aux consommateurs ! Et pour ne considérer que Pintérêt matériel du g^ouvernement, est-il un seul homme d^état qui puisse douter qu en altérant ainsi une des principales Sources de la richesse publique, il ne perde sur toutes les branches de ses revenus, infiniment au-delà de ce que Ton voudrait lui faire gagner par une action dirigée ainsi à rebours des intérêts de la prospérité publique?.... Mais pourquoi toute cette argumentation, et n'aurais-je pu me contenter de demander sUl est raisonnable d^acheter cette économie d^un million par une dépense annuelle de près de deux millions que Ton consacre à Tencouragement de la production des chevaux de selle?
> ]N^est-il pas bizarre, au reste, de voir que, pendant que le gouvernement se complaît à prodiguer des encouragemens très-coûteux à la production des chevaux de selle , dans l'intérêt de ses remontes , il a négligé jusqu^à cette année de faire usage du moyen d'action si puissant et si naturel que lui pocureraient ses remontes elles-mêmes , pour agir sur la production intérieure, en faisant ses adiats dans le pays, au lieu d'acheter annuellement à Tétranger tous les chevaux qu'exige le service de la cavalerie ? En effet , il semble qu il existait dans raâotini&tration supérieure
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une telté répugnance à opérer en France les achats pour les remontes, qir^elle a fait pendant long-temps tout ce qui dépendait d^elle pour pou voir s^aùtoriser, à cet égard , d'une prétendue impossibilité ; Tan^ née dernière encore, Tadministration , pressée par des réclamations devenues trop nombreuses pour que Ton pût se dispenser d'y apporter quel^ que attention ; se détermina à essayer d'acheter à rintérieur des chevaux de remonte. On publia cette annonce en Lorraine ^ mais par une bizarrerie idexplicable^ on restreignit la demande à des chevaux destinés à Tarme des carabiniers , c'est-à-dire^ à l'espèce qu'il eût été impossible de trouvée dans le pays. Celte année , on a pro^ cédé plus raisonnablement : on a demandé aux cultivateurs des départemens de la M eurthe et de la Moselle, des chevaux propres à la remonte de la cavalerie légère , et l'on a obtenu un succès qui a fait disparaître bien des illusions , et qui peut faire pressentir à quel point il sera possible d'arriver, lorsque les cultivateurs de ce pays , avertis de ce nouveau débouché par la continuation des demandes pendant quelques années, auront eu le temps de se mettre en mesure d^ satisfaire.
Il ne sera pas déplacé que je présente ici , à l'occasion de ce fait, quelques considérations sur Tcispèce des chevaux et les circonstances de