LI\R. IX
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la production dans l^ancieDRe province de Lorraine : j'y trouverai naturellement Tapplicatioa de plusieurs idées que j'ai émises dans le cours de ce mémoire^ Les chevaux de l'espèce qui existait presque exclusivement en Lorraine , il y a environ cinquante ans, sont petits, conformés pour la selle beaucoup plus que pour le trait ^ mais nerveux, sobres, excessivement durs à la fatigue , et supportant facilement les courses longues et rapides , pourvu qu ils ne soient pas surchargés de trop lourds fardeaux ^ mais cette espèce était abrutie dès long-temps et rapetissée par la misère de l'assolement triennal. L introduction du trèfle dans cette partie du royaume ne parait pas remonter au-delà de soixante ou de quatre-vingts ans ^ dans les commencemens , cette culture ne fît que des progrès extrêmement lents , et ce n'est guère que depuis une vingtaine d'années qu'elle a commencé à s'étendre. L'amé— lioration de l'espèce des chevaux a fait précisément les mêmes progrès que la culture du trèfle , et il est fort intéressant de remarquer, par l'observation des faits , dans toute l'étendue de cette province , avec quelle promptitude les races se modifient avec les changemens de régime : .c'est dans la Lorraine allemande et la vallée de la Seille^ , au nord-est de la province , que s'est introduite Td'abprd , et que s'est répandue avec le plus de
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rapidité la culture du trèfle et ensuite de la luzerne^ là, Tancienne race des chevaux lorrains ^st à peine reconnaissable -, elle a pris plus de taille ^ des formes plus distinguées et plus d'étoffe, sans avoir rien perdu des excellentes qualités qui la distinguent^ Sur tous les autres points de la province , des changemens analogues ont eu lieu, à mesure que dans une commune, dans un canton, ou même* chez un seul cul— . tivateur , le trèfle ou la luzerne sont venus modifier Tétat de choses qui avait amené la dégradation de Tespèce. Et il est remarquable qu^à mesure que cette amélioration fait des progrès, les . cultivateurs perdent graduellement ces habitudes d^incurie et d'insouciance sur le choix des étalons, qu^on leur reproche si souvent et si amèrement : aussi long-temps qu'ils ont été condamnés par les circonstances de leur culture, a ne produire que des chevaux dépourvus de toute valeur vénale, et qui ne pouvaient servir qu^à fournir misérablement à leurs propres besoins , ils ont mis très*-peu d'importance au choix des formes , et le hasard réglait à peu près seul les accouplemens -, mais ceux dVntre eux à qui il est devenu possible de produire des chevaux destinés à la vente , n'ont pas tardé de s'apercevoir que, par le choix de l'étalon, ils pouvaient leur donner une plus grande valeur, et la plupart
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d'entre eux mettent aujourd'hui un grand soin à ce choix , soit qu'ils prennent les étalons parmi les plus beaux chevaux de la race du pays^ soit qu'ils fassent saillir leurs jumcns par des étalons du haras de Rosières , soit qu'ils prennent dans les races comtoises ou ardennaises, les mâles destinés à la propagation. Ces différences apportent d'importantes modifications dans les résultats^ ;et Ton remarque d'une 'manière frappante le mélange du sang comtois .dans les parties méridionales deja province, de même que le mélange de la race ardennaise dans la partie septentrionale» Dans ces deux cas, la race du pays est devenue beaucoup plus propre au ser-> vice du trait y mais conserve assez de légèreté pour Je service ordinaire de la selle , et pourprésenter encore d'excellens chevaux à la remonte de la cavalerie légère, quoiqu'il s'en trouve déjà beau* coup qui seraient plus propres au service de Par-tillerie. Lorsque les cultivateurs ont procédé à l'amélioration sans croîseqient étranger, mais en choisissant leurs étalons dans la race du pays, mo^ difiée parle seul changement du régime, ils ont produit ce que l'on peut appeler la race lorraine* améliorée , race généralement un peu moins étof-* fée que celles qui proviennent des croisemens dont je viens de parler, mais cependant assez pour rendre de bons services dans l'agriculture,
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tl qui par sa taille, par ses formes, et par sa vigueur, est parfaitement appropriée aux remontea de la cavalerie légère. Cette classe de chevaux est déjà très-nombreuse en Lorraine, et le nombre s^en ^accroît tous les jours.
Les trois modifications que je viens d'indiquer dans la race des chevaux lorrains , peuvent être rapportées à cette espèce de chevaux que j'ai désignée dans le couirs de ce mémoire, sous le nom de che^^aux intermédiaires j qui, moins fins que les chevaux de selle proprement dits , sont cependant encore très-propres à ce service, et qui peuvent aussi être employés avec quelque avantage au service du trait. Je suis convaincu que c'est uniquement dans cette classe que le gouvernement peut trouver en grand nombre et à des prix modérés , à remonter sa cavalerie 5 car ce serait une étrange illusion que de croire que l'agriculture consente jamais à produire des chevaux de selle proprement dits, et qu'elle ne pourrait pas employer à ses propres travaux, ea nombre suffisant pour que le gouvernement pût y trouver une ressource de quelque importance. La première condition d'une production abondante , c'est qu'elle se fasse avec profit pour les producteurs^ et le seul moyen que les cultivateurs puissent trouver pour produire les cKevaux à bas prix , c'est de chercher dans les circons-
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tances mêmes de la production , c^est-à-dîre, dans remploi des animaux à leurs propres usages, tous les avantages qu'ils peuvent y rencontrer. Cette espèce de chevaux intermédiaires offre d^ailleurs à la cayalerie des animaux d^un excellent service, et auxquels , sous le rapport delà légèreté et de la vitesse, il ne manque rien de ce que peuvent exiger les manœuvres militaires et la marche la plus rapide d^une armée en campagne^ et je^ suis assuré qu'un régiment de chasseurs monté de chevaux de cette espèce, se ferait distinguer en- campagne, de manière à assurer aux chevaux lorrains une supériorité non équivoque. Par la suite, le gouvernement trouvera certainement dans cette race une ressource fort importante pour la remonte de sa cavalerie : en effet, d'après les ydocumens recueillis par l'administration , il existe dans le seul département de la Meurthe , à peu près égal en étendue à celui de la Moselle, 12600 jumens, dont a6oo seulement atteignent à la taille de 4 pieds 6 pouces 5 mais que manqué- 1- il aux loooo jumens chétives de cette espèce, pour produire de bons chevaux de remonte ? Est-ce du sang étranger?... Nullement, c'est seulement du trèfle. Et de plus, à mesure que la culture des prairies artificielles gagne du terrain, non-seulement les chevaux deviennent successivement propres'! ce service , mais le nombre relatif des jumens s'aug^
meate^) parce que les cultivateurs, en voyant s^accroître leurs moyens de nourriture, trouvent dans Péducation des chevaux un profit nouveau pour eux^ et lorsque le système de culture alterne sVtablira complètement, Taccroissement sera encore bien plus considérable. Nous pouvons donc supposer, sans crainte de .dépasser des limites raisonnables, que si les méthodes de culture alterne étaient établies dans les départemens de la Meurthe et de la Moselle, \jui composent l^ncienne Lorraine, le nombre des jumens propres à fournir des chevaux adaptés au service de la cavalerie légère ou de rartiilerie , y serait audessus de 3oooo, ce qui pourrait facilement fournir à une remonte annuelle de 6 à 8000 chevaux, si les besoins du gouvernement Texigeaient. On voit par- là que le principal moyen par lequel cette province et plusieurs autres du royaume ,^ pourraient être amenées à offrir au gouvernement des ressources fort supérieures à tous ses besoins ordinaires pour les remontes, consiste dans la continuation annuelle des achats de chevaux , achats qui peuvent seuls encourager la production; et, du côté des cultivateurs, l'extension de la culture des prairies artificelles, et Tamélioration générale du système agricole , forment la route par laquelle ils parviendront à se mettre m état de suffire à ses demandes. Quant à
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des croisemens avec d^autres races^ je ne prétenâs point quUls soient in|itiles , mais ils sont certainement d'une importance très-subordonnée ^ et sans l'emploi d'aucun moyen de ce genre, on poui;rait ^ sans aucun doute, arriver à des ré^ sultats très-satisfaisans , et assurer à la France un approvisionnement en chevaux propres au service de la cavalerie , fort supérieur à tous les besoins que Ton peut supposer.
Cest cependant par des crolseoiens de ce genre, et en offrant aux cultivateurs des étalons tirés du dehors , que Ton s'est uniquement efforcé jusqu'ici d'exercer une action sur la production des chevaux dans le pays. C'est ici que je dois placer ce que j'ai à dire de Tinfluence exercée jusqu'ici par le haras de Rosières , dont j'ai parlé plus haut : ce haras n'est pas seulement un des plus beaux établissemens du royaume: c'est encore un de ceux qui sont dirigés avec le plus de zèle et d'intelligence ^ et si l'homme estimable , aux soins duquel il est confié, n'a pu atteindre à un plus haut degré d'utilité pour le pays, ce n'est certes pas faute d'avoir appliqué à soa administration des connaissances positives très^ étendues sur la matière , et cette assiduité perse* vérante dans les soins de détail qui peuvent assurer le succès d'un établissement. Aussi je pense que Ton peut bien regarder les résultats
DES CHEVAUX EN rilANCE. 169
obtenus par ie baras de Rosières comme le
maximum de ce qu^il était possible d'espérer^
dans la direction imprimée par Padministration
supérieure aux etabjissemens de ce genre. Ces
résultats sont très--réels et très-sensibles : àur
tous 'les points du département où les étalons
du haras ont été employés , mais surtout dans les
environs de Rosières^ où les cultivateurs font plus
fréquemment usage de ces étalons ^ on distingue
parfaitement, dans un grand nombre de pro-^
ductions , chez les simples fermiers , ces caractères
particuliers de noblesse d^origine qui distinguent
les étalons de rétablissement , plus ou moins
rapprochés presque tous, par leurs^ formes , du
type oriental qui forme toujours le point de
mire dans Tesprit qui dirige les haras royaux.
Cest doDC arec raison que Tadministratioa
s'est plue quelquefois à s^applaudir des succès
qu'elle avait obtenus par Tinfluence du haras de
Rosières.
Mais voyons maintenant quelle a été Tinfluence réelle de ces succès sur la production du pays , c'est-à-dire , sur l'intérêt matériel des producteurs. A régime égal dans Téducàtiotif des animaux, le prix de ces produits ennoblis par le sang arabe 9 est-il plus élevé que celui des chevaux inoios fins, plus étoffés, et par conséquent plus propres au wrvîce du trait f Les eullivâteuiB se
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plaignent, au contraire, qu'ils trouvent très-difficilement à se dé&ire d^un cheval fin , à un prix moindre que celui qu'ils obtiendraient facilement de tous les élèves qu'ils pourraient produire en chevaux plus propres au service du trait/ Eu effet , à moins qu'on ne s'élève à cette classe de chevaux d'une haute distinction dont un très-petit nombre obtient des prix très-^élevés de quelques amateurs des grandes villes, le cheval de selle commun est certainement celui que l'on paie le moins , parce que c'est la classe pour laquelle il existe le moins de demandes. D'un autre côté, les cultivateurs n'ont certes rien gagné à cet ennoblissement deà animaux , dans l'emploi qu'ils en font à leurs travaux^ il arrive mêm^ très-souvent, et l'admistration du haras s'en plaint amèrement, que des animaux distingués naissent chez des fermiers qui ne peuvent leur donner les soins qu'exigeraient ces races délicates. Le gouvernement n'a pas gagné davantage à ce changement dans la race, pour les remontes qu'il pourrait faire dans le pays ; car ces chevaux fins , en supposant même qu'ils soient élevés avec les plus grands soins, ne vaudront pas mieux pour le service de la cavalerie que ceux qui seraient provenus des mêmes jumens saillies par des étalons de la race ordinaire du pays* Si ces derniers ont moins de noblesse^ dans les formes , ils o'au-
DES CHEVAUX EN FRANCE, lyi
ront certamemeat aucune iDfériorité, ni dans la taille^ ni dans les qualités essentielles aux services^ et je suis convaincu qu'ils conserveront une grande supériorité dans Taptitudei supporter les fatigues et les privations.
Il est résulté de là qu^un grand nombre de cultivateurs, malgré la modicité du prix auquel on leur offre les saillies des étalons du haras, préfèrent constamment se procurer, pour leur propre usage , des étalons , soit de la race lorraine, soit des races ardennaises ou comtoises ^ et plusieurs de ceux que Ton a déterminés à employer les étalons de Rosières, reconnaissent tous les jours leur erreur, et donnant la préférence à d'autres races. Je sais bien qu'il est un petit nombre d'éleveurs qui s'empressent de déclarer qu'ils ont lieu de s'applaudir des résultats qu'ils ont obtenps en' ennoblissant la race de leurs chevaux , et que l'on se complaît à citer tel cultivateur qui , entretenant à grands frais , en dehors de son train de culture, quelques animaux très-distingués, et y apportant des soins incompatibles avec les occu^ pations des dix-neuf vingtièmes des fermiers , a veadu , à des prix très-élevés , deux ou trois chevaux remarquables par leur beauté , et pour lesquels il serait impossible de trouver un débouché, si le département en produisait seulement une centaine chaque année , parce que le nombre
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des acheteurs , pour les animaux de cette classe ^ est excessivement borné*
Mais c'est ici que je 4oi5 dire que le haras de Rosières ^ loin d'exercer aucune influence favorable sur la production des chevaux dans le pays ^ lui a nui au contraire d'une manière essentielle , ea imprimant à la production une direction entièrement opposée à l'intérêt des producteurs. En cfFet^ îl existe parmi les fermiers , dans chaque déparlement , dans chaque canton , un certain nombre de ces hommes disposés à sortir des sentiers battus , et à se livrer à des améliorations : relativement à Télève des chevaux , c'est des hommes de ce genre que la masse des cultivateurs |)eut recevoir ^ par l'exemple ^ une impulsion vers l'amélioration de la race. Si par des faveurs personnelles ^ par des moyens efficaces d'encouragement ad homi-^ nem^ vous vous emparez de ces hommes ; si par des achats particuliers de poulains, ou par d'au-^ très moyens dont l'administration peut toujours disposer, vous faites une opération profitable pour eux , de ce qui ne peut l'être pour la généralité, parce que la masse des faveurs est bornée ^ si vous en faites ainsi des appeaux destinés a engager leurs confrères dans une route où ils ne peuvent trouver de profit y vous imprimez à la production une direction qui ne peut que lui être nuisible.
Je ne veux pas blâmer ici ces fàvears personnelles qu^un directeur de haras se plaît à répandre autour de lui, sur quelques éleveurs qui secondent les vues de Tadministration , en s'engageant avec dévouement dans la route qu^elle leur trace ^ il est clair, au contraire, qu^ils ne pourraient pas , avec convenance , refuser un appui efficace à ces éleveurs^ mais je pense que ces faveurs , qui ne sont qu^une conséquence forcée de la marche que suit Tadministration, ne forment, pour la production en général, qu^un fanal trompeur, par lequel on la dirige dans une route entièrement opposée à ses vrais intérêts.
Les éleveurs dont je viens de parler sont presque toujours les mêmes hommes qui, s'il n'existait pas de haras ou dépôts détalons royaux, dirigeant sur un autre plan Tamélioration de la race du cheval à laquelle ils sont ordinairement portés par goût , se placeraient à la tête de l'amélioration de la race du pays , en lai donnant une direction vraiment lucrative, c'est-à-dire, en produisant l'espèce d'animaux dont le débouché est le plus avantageux et le plus assuré. Ce serait presque toujours chez eux que l'on trouverait de beaux étalons propres à ce genre d'améliorations, et la réputation qu'acquerraient ces étalons , ferait certainement porter à un prix élevé les saillies que viendraient leur
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demander les autres cultivateurs. Mais aujour-d^hui, comment serait*il possible que personne pût songer à ^cette spéculation^ en s'exposant à la concurrence des étalons royaux ? Il en ré-suite que si un assez grand nombre de cuUivatieurs entretiennent des étalons pour le service de leurs propres jumens, comme ils ne peuvent espérer de tirer des saillies une rétribution de cpielque importance, ils attachent peu de prix à, se procurer des étalons très- distingués dans leur espèce ^ et Pamélioration réelle de la race du pays souffre essentiellement , sous ce rapport, 4e là concurrence mal calculée que le gouvernement établit.
Tels sont, dans leur état actuel, les haras royaux , que je n^ai considérés que comme dépôts d'étalons, parce qu'on ne peut réellement discuter leur utilité que sous ce point de vue. En effet , si Ton voulait considérer ces établissemens comme haras , c'est-à-dire , comme des* tinés à produire annuellement , comme ils le font aujourd'hui , une cinquantaine de poulains , dont un quart peut-être formeront des chevaux de quelque distinction, et qui tous reviendront à coup sûr à un prix double de celui auquel on aurait pu acheter de très-beaux chevaux , je ne pense pas qu'il se trouve aujourd'hui personne qui soit disposé à défendre l'utilité de ces éta-
blissemeos. Je crois qu il en est de même des achats de poulains^ faits par Tadministration chez les cultivateurs , sous le prétexte d^encourager la production de ces animaux , ^achats însigniBans , toujours dirigés par la faveur ^ emportant presque \ toujours Taccusation de partialité dans les choix, et décourageant en conséquence les cultivateurs beaucoup plus qu^ils ne les encouragent Je ne présume pas qu^il se rencontre , de nosjours , beaucoup de personnes disposées à engager le gouvernement à adopter ce moyen de se procurer des chevaux, en les élevant avec des dépenses infiniment supérieures au prix auquel il pourrait les acheter tout formés.
Il me semble donc que dans tout cet ensemble d^établissemehs formés par le gouvernement pour produire , élever ou entretenir des chevaux à son compte , il n^y a absolument rieh que Ton puisse raisonnablement approuver. Mais^ dira-t-on, on va donc abandonner la production à Vin^ curie des cultii^ateurs L . ... Ne voit-on pas qu'ils ne peuvent se procurer eux-mêmes les étalons nécessaires à Vamélioration de leurs
races? etc., etc. ^ etc Mais pourquoi
donc en serait -il autrement ici que dans toutes les autres branches d^industrie, où Tin* térét personnel forme, pour tous les individus, un stimulant suffisant pour les déterminer &
l'jQ DE LA PRODUCTION
s^efibrcer de produire Tobjet qui est le plus demandé, c^est-à-dire , celui qu^il est le plus coniorme à Tintérêt général qu'ils produisent f ... . Ces reproches d'incurie, d'ignorance, que Tadministration prodigue si-souvent aux cultivateurs^ n^auraient-ils pas leur principale source dans la répugnance quMls témoignent à se laisser diriger dans une route qui n'est ni celle de leur intérêt particulier , ni celle de l'utilité générale ?.. ; ; Lorsque l'on a la prétention d'aministrer les biens d^un autre mieux qu'il ne pourrait le faire lui-même , il faut bien déclarer qu'il est incapable de gérer ses propres affaires; mais aucun genre d'industrie n'a jamais rien gagné à se laisser arinsi assujetir aux lisières que l'administration croyait devoir tui imposer. Quant à moi , j'affirme , avec une conviction qui résulte d'une longue observa** tion des faits, qUe ces cultivateurs ne sont ni aussi sots , ni aussi aveugles sur leurs vrais intérêts^ que l'on voudrait le faire croire, et que toutes les fois; que le régime auquel sont soumis leurs animaux leur permet de faire de Vélève du cheval une spéculation lucrative , ils savent porterf^au choix de l'étalon, et aux autres précautions nécessaires pour obtenir de bons élèves, toute l'attention qu'ils réclament. On s'appuie quelquefois, pour prouver la nécessité des étalons entretenus par le gouvernement, de
la difficulté que rencontre Tadministration ^ à trouver chez des particuliers^ des étalons qui méritent les primes d'approbation qu'ofiFre le gouvernement; mais comment ne voit-on pas que Finstitution de ces primes elle-même n'a été rendue en quelque sorte nécessaire que par la concurrence qu^établit le gouvernement dans h spéculation des étalons ^ par ceux qu'il entretient pour son propre compte f Et , si dans Tétat actuel des choses , les primes ne sont pas même suffisantes pour déterminer les propriétaires à former une spéculation qui ne peut offrir ni intérêt ni profit, il faut bien se garder d'en conclure que cette spéculation serait négligée, si elle était abandonnée à la libre concurrence de Tindustrie; il ti'est pas douteux , au contraire que , sans qu'il , fôt besoin d^aucune prime d'approbation , on ne vît bientôt les bons étalons des races les plus recherchées par le commerce se multiplier chez les cultivateurs, parce que les propriétaires de jumens trouveraient un avantage réel à payer à \kn prix raisonnable les saillies des animaux qui leur promettraient des élèves d'une vente assurée.
Quelques personnes qui ont bien reconnu tous lés inconvénîens que présente le mode actuel d'entretien des étalon du gouvernement, proposent aujourd'hui de revenir au système des