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gardeS'étalohs qui étaient en usage dans le siècle dernier. Il ne nie paraît pas douteux que ce moyen ne soit préférable au système actuel , parce que cela exigerait du gouvernement une dépense beaucoup moins considérable 5 mais j'y vois toujours Tinconvénient le plus grave de ce système^ qui est de tirailler Tindustrie dans une direction que Ton voudrait lui faire regarder comme plus favorable à ses intérêts, que celle qu'elle est naturellement disposée à prendre : tant que le gouvernement voudra se cbarger lui-même du choix des étalons, pour imposer ceux de telle espèce à telle localité, il méconnaîtra cette vérité qui commence à être si bien reconnue aujourd'hui , savoir , que l'industrie privée est bien plus éclairée qu'il ne peut l'être lui-même sur la direction qu'elle doit praidre^et quecen^'est jamais en prétendant lui dicter des lois sur le but qu'elle doit se proposer, que l'on a réussi à faciliter ces développemens et ces progrès.
Si le gouvernement voulait contribuer à l'amélioration de la race du cheval^ en falicitant aux propîétaires les moyens de se procurer de bons étalons, je pense que le meilleur moyen qu'il pût adopter serait d'imiter, à cet égard, ce qui est pratiqué par le conseil général du département des Vosges, qui fait acheter annuellement un certain nombre d'étalons, ordi-
nairement de race ardennalse , et qui les vend ensuite à l'enchère aux cultivateurs du département Les races étrangères , et principalement les races orientales ou la race anglaise de pur sang, seraient certainement au nombre de celles pour lesquelles cette munificence du gouvernement présenterait le plus d^ulilité, parce que ces étalons sont d'un prix très - élevé , qui les met à la portée de très-peu de personnes , et qu'ils peuvent être réellement très -utiles pour les croisemens dans la production des chevaux de luxoe^ mais il conviendrait d'y joindre des étalons pris dans les races étrangères destinées au trait ou au service des postes, que l'on croirait les plus propres à améliorer les races analogues du pays. Il faudrait que les ventes qu'en ferait le gouvernement fussent annoncées long^temps à l'avance , et que les ficheteurs de toutes les par-* ties du royaume fussent librement admis à les acheter, sans aucune restriction de localité^ car c'est le seul moyen d'être assuré que chaque espèce ira se caser dans le lieu où elle peut présenter le plus d'utilité , parce qu'elle y est le plus désirée. Il faudrait bien se garder aussi d'assujétir à une taxe quelconque pour les saillies, les acheteurs de ces animaux ^ ceux-ci devraient au contraire rester parfaitement libres de fixer le taux de ces saillies , comme ils le jugeraient
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convenable. II est probable que, de cette ma* nière , il serait entièrement inutile de soumettre les acheteurs à aucune surveillance pour s^assurer que les animaux serviront à la production ] car ils y seront suffisamment stimulés par leur propre intérêt, si les animaux sont vraiment des étalons distingués dans leur espèce^ et d^un autre côté, ces étalons ne présenteront pas , de cette manière , une concurrence redoutable aux autres, comme le font aujourd'hui les étalons du gouvernement. Il serait seulement nécessaire de prendre quelques précautions bien faciles pour assurer Texécutic^ de rengagement que prendraient les acheteurs de ne pas soumettre ces animaux à la castration , et de ne pas les faire sortir du royaume. Je suis convaincu qu^au moyen > dVne somme de loo à 200,000 fr. employés chaque année à des achats de ce genre, et dont plus de la moitié rentrerait probablement par le produit des ventes publiques de ces mêmes animaux, on produirait infiniment plus de bien qu'on ne pourrait jamais le faire en consacrant plusieurs millions à Tentretien d'étalons pour le compte du gouvernement^ et l'on .obtiendrait l'immense avantage de laisser à l'industrie privée toute la liberté d'action dont elle a besoin pour prospérer, au lieu de la garotter, sous le prétexte de lui imprimer une bonne direction.
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Mais de tous les moyens que le gouTernément pourrait employer pour accroître et améliorer la production des chevaux en France, les plus efficaces, sans aucun doute, seraient teixx qui attaqueraient dans leur base les obstacles qui s^opposent à cette amélioration^ et. s^il est vrai, comme il ne me paraît pas possible d en douter, que le principal obstacle, je dirais presque Tobs* tacle unique, se rencontre dans l'impossibilité d^obtenir aucun succès dans ce genre , sans Famélioration préalable du régime des animaux , ou , en d^autres termes , du système agricole qui forme toujours la base de ce régime , il demeure évident que c'est vers Tamélioration de Tagricul^ ture, c'est-à-dire, vers l'extension graduelle du mode de culture alterne , que Pon devrait diriger, en première ligne, les mesures qui ont pour but raccroissement et l'amélioration dans la production des chevaux»
Dans quelque genre que ce soit, l'industrie a toujours devant elle une route qui n'est nullement arbitraire, et que nul ne peut diriger à son gré, mais qui lui est tracée par les circonstances de la produe* tion et par les besoins de la consommation^ jamais les efforts du gouvernement n'ont obtenu de succès, pour l'encouragement d'une branche particulière d'industrie , si ce n'est lorsque, découvrant la direction de cette route, et se plaçant
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lui-même en avant dans la marche industrielle^ il s'est occupé seulement de dégager la route des obstacles qui Tembarrassaient. Si \ au contraire il veut , d'après des idées systématiques y contraindre Tindustrie à prendre la direction qu'il prétend lui tracer 5 si , soit par des règlemens prohibitifs ou restrictifs , comme on en a tant vu , soit comme cela a lieu dans le cas des haras et dépôts d'étalons , par une concurrence destructive de la liberté industrielle ,. et par des excitations impérieuses , il élève la prétention de donner à la production telle direction qu'il lui plaît de croire plus conforme ou à l'intérêt général ou à son intérêt particulier ; alors , non-seulement tous les efforts qu'il fait dans cette direction sont perdus , mais il apporte à la production un dommage incalculable, en entravant sa marche , dans la route ^ue la nature des choses lui traçait.
Comme exemple du bien que le gouvernement peut faire, lorsque apercevant une route où les circonstances appellent l'industrie, il prend le soin de la lui applanir et de lui faciliter les moyens de la suivre sans gêner en rien son développement dans les autres directions qu'elle pourrait préférer, je citerai ici l'établissement royal de Rembouiilet : si Ion pouvait calculer le nombre de millions que la fondation de cet établissement a ajouté à la richesse nationale par Tacqu^itioa
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de la race imérioeà Tagriculture française, on trouverait sans doute que chaque écu dépensé pour le former a produit quelque milliers de francs. Dans ODe tentative ainsi conduite, ii arrivera sans doute quelquefois que Tadministration se sera trompée; mais alors ia dépense seule quelle aura faite sera perdue ; et si , dans dix essais de cette ' nature tentés d^une manière tant soit peu judicieuse, un ou deux seulement viennent à obtenir quelques succès, les avantages qui en résulteront dépasseront de' beaucoup les dépenses occasionées par les tentatives infructueuses. Sans sortir du cercle des encouragemens donnés en France à la production des animaux domestiques, je puis citer encore les écoles vétérinaires qui , répondant à un besoin réel de Tinduslrie , ont peut-être produit, pour Tamélioration de la vace des chevaut^ autant de bien que Tadministration des haras lui a, dans mon opinion ^^ fait de mal.
Aujourd'hui , il me paraît bien démontré que les moyens qui , de la part du gouvernement, pourraient favoriser avec le plus d'efficacité la production des chevaux et Tamélioration des races ^ seront ceux qui tendront à hâter les développeraetis de l'art agricole , parce- que c^est bien dans cette direction que se trouve la route qui est tracée à cette industrie par Tétat présent des choses* Je ne veux pas m^étendre ici sur les divers
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moyens par 'lesquels le gouvernement pourrait favoriser les progrès de lagriculture en général 5 mais si l'administration voulait fonder quelques établîssemens destinés à hâter les progrès de ramélîoration des races de chevaux et à favoriser Faccroissement de la production, il me semble qu'elle devrait leur donner pour but spécial la recherche des moyens , si peu connus encore en France, d'appliquer à l'éducation des chevaui et à l'amélioration des races , les ressources que présente le mode de culture alterne. Les éta-* blissemens institués pour atteindre ce but , em* brasseraient dans leur plan, et l'amélioration de la culture elle-même , et l'application de cette amélioration à celle de Tespèce du cheval. Il y a peu d'années encore, qu'un homme raisonnable et versé dans Iqs matières agricoles, n'eut pu conseiller au gouvernement de former à ses frais des établîssemens du genre de ceux dont je veux parler icr^ car il n'existait, pour l'administration, aucun moyen de s'assurer que les fonds quelle destinait à un usage semblable, seraient employés avec fidélité et avec économie, ni de constater, dans le cours de la marche des opérations, les résultats financiers qu'elles offraient; en sorte que pour forcer Thomme auquel on confiait la direction d'un établissement nécessairement éloigné de la surveillance immédiate de l'^dmiaistr^tion ,
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on ne connaissait d^autre moyen que des formes gênantes qui entravaient ses opérations jusque dans les moindres détails , et qui n^eussent laissé à l'homme le plus habile et le plus expérimenté^ aucune chance de succès. Si Ton cousidère,, en effet, les bases de tous les projet^ qui ont été forma jusquà ces derniers temps, pour la fon-» dation d'établissemaas destinés à Tavancement de la science agricole ^ par la pratique même de l'art, diaprés des méthodes perfectionnées, soit pour le compte du gouvernement, soit sur des fonds fournis par des associations dé divers gendres, on reconnaîtra sans peine, non-seulement que ces bases étaient très^^peu économiques sous le rapport de la dépense, mais quHl était im-^ possible d^attendre aucun succès d^entreprises for-mées et entretenues à grands frais. La dificuité résidait toujours là : Timpossibilité d^accorder à riiomme auquel on confiait la direction immé* diate des opérations, la liberté d action qui lui est indispensable dans une entreprise de ce genre, en garantissant d ailleurs Fcmploi exact et fidèle des fonds qu'il faut nécessairement lui confier* Dansious les modes de surveillance auxqels oa avait imaginé de Fassujétir, ni Tun ni l'autre de ces buts ne pouvaient être atteints ^ et les deniers publics prodigués sans aueuoe garantie réelle, ne laissaient pas même concevoir F^^^poir
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d'un résultat utile. Si ron peut apporter quelques exceptions à cette condamnation générale des établissemens agricoles fondés ou projetés sur des bases semblables , ces exceptions résultent uniquement du caractère personnel de quelques hommes qui méritaient une confiance à peu près illimitée , et auxquels^ par ce motif -, il était possible d^accorder sans inconvénient une latitude dont on avait la certitude morale qu'ils n'abuseraient pas. Mais ce n'est point ainsi que doivent en général s'employer les deniers de l'état; et, sauf quelques exceptions dont il est toujours bien difficile de tracer la limite, et dans lesquelles on aurait trop souvent à craindre les obsessions de la faveur , de l'incapacité ou de la cupidité , il demeure vrai que le gouvernement ne pouvait raisonnableblement fonder à ses frais des établissemens de ce genre, sur des bases qui ne lui offraient aucune garantie , ni de fidélité dans l'emploi des fonds , ni de la capacité de l'homme auquel il les confiait; et aussi qu'il jie pouvait trouver aucune garantie suffisante de ce genre , même dans une surveillance des plus minutieuse, qui eût été de nature à entraver la marche du directeur , et à rendre impossible le succès de ses opérations.
Mais depuis que l'on sait que les procédés de la comptabilité la phis rigoureuse peuvent s'appliquer aux opérations de l'agriculture aussi-bien
qu^à tout autre genre d^administration , depuis qu'un grand nombre de propriétaires, sur plu«sieurs points de la France , ont montré par leur expérience que le nfode de comptabilité le plus exact et le plus satisfaisant , la comptabilité en parties doubles | s'applique sans difficulté aux détails les plus minutieux d'une exploitation rurale, on a vu disparaître le principal obstacle qui s'opposait à la formation d'établisseniens de ce genre avec des capitaux fournis par le gouvernement^ car celui-ci, avec des précautions convenables , peut être assuré de trouver cons— -tamment dans des livres bien tenus , le miroir^ le plus fidèle de l'emploi des fonds jusqu'au der*nier centime , de la position financière de Téta-bli^ement, à chaque instant, et du degré de succès obtenu de l'ensemble des opérations^ et de chacune d'elles en particulier. Je ne veux certes pas dire qu'au moyen de cette comptabilité, le premier homme venu sera propre à être placé à la tète d'un établissement , ni qu'il soit impossible qu'une exploitation dirigée ainsi soit assujétie à des pertes , ou même à des malversations , en supposant la mauvaise foi de l'homme auquel on en aurait confié la direction ; mais ces malversations seraient toujours très-faciles à reconnaître au moyen de la vive lumière que répand sur tous les détails des opérations , le mode de
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comptabllitë auquel le* directeur devrait être sé^ Terement assujéti; et par ccja &eul qu^il serait impossible de les dissimuler par Tobscurité des comptes , c^est un cas qui sB présenterait trèsrarement , pourvu que Ton apportât quelque peu d^exigence dans les garanties morales offertes par les sujets. Quant à la capacité qui peut seule assurer le succès , la comptabilité offrirait encore le moyen le plus certain de rectifier par les faiits et les résultats obtenus ^ le jugement qui aurait motivé le choix.
Je pense que pour qu^un établissement semblable présentât de Futilité, il faudrait non-sea«* lement qu^il fût administré avec autant d^écono* noînie qu^un particulier devrait le faire pour son propre compte , mais aussi qu'il offrit un profit raisonnable; car ce n^est qu^ainsi que Ton peut le présenter pour exemple aux propriétaires ou cultivateurs. Par ce motif, je pense que Ton devrait forcer le directeur à conduire ses opérations d^une manière profitable, en ne lui accordant d^autre traitement qu'une portion du produit net annuel établi par des inventaires vérifiés et contrôlés rigoureusement. Par le même motif, je crais que Ton ne pourrait songer à former de ces établis-semens , des haras , dans le sens que Ton donn« ordinairement à ce mot : je veux dire que la production des chevaux devrait y être subordonnée
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à Texploitation agricole qui emploierait à ses traTaux, et les jumeas poulinières^ et les élèves^ jusqu^au moment de la vente. Je crois , en effet ^ qu'il y a très-peu de localités en France, où Foa puisse élever avec profit des chevaux , sans faire payer par le travail des animaux, une grande partie des dépenses d'entretien; et si Ton veut donner un exemple qui puisse être suivi, il faut bien se placer dans les mêmes conditions que ceux qui doivent Timiter. Dans une exploitation de3oo hectares, par exemple, on pourrait entre* tenir 10 à iSjumens qui, avec les élèves jusqu^à 4 ans, formeraient un existant habituel de 4o à 60 têtes. Ce nombre ne serait pas suffisant pour former la totalité du bétail qu'il serait convenable d'entretenir dans une exploitation de cette étendue; maîsîe ne pense pas que l'on doive astreindre le directeur à pousser au-delà de ces limites Téducatian des chevaux, car alors elle pourrai^ fort bien n^être pas profitable : il suppléerait, par d'autres genres de bestiaux, au çurplus de ses besoins en fumier. On pourrait cependant, dans les cantons qui manquent de bons étalons , exiger du directeur qu'il en eptretînt un nombre dé-* terminé, par exemple 3 ou 4 7 po^r îe service des }umens du pays^ comme on le laisserait libre de choisir la race qui serait la plus recherchée des cultivateurs , et que le prix du saut se fixerait
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de gré à gré catre lui et ces derniers , les étalons lui seraient probablement profitables , et ce.serail un moyen d^apprendre aux cultivateurs le parti qu ils pourraient tirer d'une spéculation très-utîle pour Famélioration des races, et qui ^ été jusqu'ici étouffé, par les mesures irréfléchies de Tadministration.
: Une des conditions les plus indispensables pour que Ton pût attendre un haut degré d utilité d'établissemens formés ainsi , consisterait dans la publication annuelle de rapports très-détaillés sur les résultats économiques des diverses opérations de culture, et spécialement de Télèvè des chevaux: c'est par-là surtout , que des établissemens formés aux frais du gouvernement se distingueraient des entreprises privées, où Texeipple ne profite souvent qu'après un trèslong espace de temps , parce que ce n'est que par une longue expérience que le public peut se former des idées justes sur les profits ou les pertes qui résultent , pour un éleveur , de l'ensemble de ses opérations. Comment en serait-il autrement , lorsque les éleveurs eux-mêmes , à défaut d'une comptabilité exacte, ne connaissent que très-vaguement ce que leur coûte leurs produits, et s'il y a pour eux du profit ou de la perte, à vendre, à tel âge, à un prix déterminé, un animal élevé dans des circonstances données?
La publication des détails de la comptabilité présenterait à tous les Cultivateurs un flambeau (fâi leur inspirerait bien plus de confiance pour s'engager dans une route où la lumière viendrait remplacer Tobscurilé qui y a régné jusqu'à ce jour. Il serait nécessaire aussi que le directeur fit connaître annuellement les résultats des observations qu'il aurait recueillies, relativement à Tinfluence des diverses modifications du régime, sur la croissance des animaux, sur les formes , les qualités ou les défauts que chaque modification tend à faire naître, ou à propager dans la race* Je ne yeux pas m'étendre davantage ici sur les détails relatifs à la fondation de ces établissemens : j^en ai dit asseii pour faire comprendre dans quel esprit je conçois qu'ils devraient être fermés. II ne serait pas difficile de trouver les dispositions réglementaires et le mode de centralisation et de surveillauce qui devraient donner la garantie d'une direction conforme au plan que Ton se serait tracé, en laissant aux directeais des établissemens toute la liberté dont ils auraient besoin dans leurs opérations. On pen* sera peut - être que Ton trouverait difficilement des sujets propres à diriger des établissemens organisés de cette manière ^ il serait possible que cela fut ainsi dans les commencemens, parce que itit une carrière qui n'existe pas , et à laquelle
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par conséquent aucun sujet n'a pu se destiner jusqulci^ mais cette difficulté ne se rencontrerait que dans le début, et les établissemens eux* mêmes formeraient une pépinière de sujets qui, après y avoir été employés dans des fonctions subalternes, deviendraient capables d'en dirige d'autres. Et, au fond, s'il est vrai que l'on trouverait plus facilement aujourd'hui des individus disposés à solliciter des places administratives avec des traitemens fixes, qu'à accepter des emplois où il faudrait travailler avec activité et persévérance , pour se créer son sort à soi-même 5 il est certain aussi qu'avec une capacité suffisante , le directeur d^un établissement de ce genre, auquel on accorderait unis part raisonnable , par exemple la moitié, dans le produit annuel net de frais , se trouverait placé dans une position fort lucrative, et très -propre à satisfaire un homme d'un mérite distingué. Je pense que si l'on faisait un appel aux hommes qui, par leurs Connaissances agricoles et leurs occupations antérieures , peuvent être propres à la direction d'établissemens semblables, on aurait à choisir entre un grand nombre de sujets *, et pourvu que le choix ne fût pas dicté par d'autres considérations que la capacité réelle et les garanties de moralité , on trouverait facilement à remplir les premières places d'une manière très-satisfaisante.
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Taii parlé d'usé expioitatioa d'une étendue de 3oo hectares^ et jene|)enserais pas^ en eSet, qu il fàt convenable de former des établissameos d une beaucoup moindre étendue;; d'abord ^ parce que c'est surtout dans la grande culture que l'élève des chev^aux peut être profitable ; et ensuite parce que si l'on veut qu'il se présente pour la direction^ des sujets taoi soit peu distingués ^ il faut leur offrir une perspective assez vaste pour déterminer un homme qui sent ses forces ^ à &e livrer tout eotier à une entreprise capable de satisfaire son amour-propre, et de Tindemniser de ses soins. Je pense que dans les circonstances les plus communes en France , on pourrait évaluer de 4 ^ 600,000 fr. la dépense nécessaire pour la formation d'un établissement de cette étendue, en y comprenant la valeur foncière du domaine , les d^enses de constructions et le ca^pital d'exploitation ^ mais il est bien entendu que cette dépense ^sacait la seule, et que rétablissement, bien loin de recevoir un subside annuel, produirait au coqtraire nn revenu net quelconque , condition qukme semble de rigueur, et qu'il ,ne me palattrait pas difliciie d'atteindre.
Les .personnes qui, sans ce^se , déclament coE^fie r^gaorance et la mauvaise volonté des cultivateurs , qui nous les montrent comme disr l^és à sWorcer par entêtement de faire échoua:
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les plans conçus par ladministration pour Tamé* lioration des races de chevaux, ces personnes jugeront sans doute que Texempl^ donné par la marche que je viens d^indlquer, serait un moyen hien faible et bien insufBsant pour agir sur cette espèce d^hommes si obstinés , sur lesquels ^n parait commencer à croire que Ton ne pourra exercer une influence salutaire , tant que les moyens d^action que Ton emploiera ùe seront pas décidément coercitifs, et se borneront à cette demi-contrainte que Fadministration s^efforce d'employer aujourd'hui pour plier à son gré la production. Mais je répéterai encore icî que les cultivateurs, en général, ne sont ni aussi mal avisés, ni aussi aveugles, ni aussi rebelles à toute amélioration réelle, que le disent les personnes qui n^ont pas eu avec eux des rapports fréquens et prolongés. Cest une classe d'hommes qui comprend mieux ses intérêts quW ne le croit dans beaucoup de salons et de bureaux^ et lorsque Ton a pu apprendre par une observation approfondie à connaître la nature des obstacles qui s^opposent trop souvent, chez eux, à Tadoption des améliorations les plus importantes, lorsque Ton sait faire la part des impossibilités, parmi lesquelles il faut ranger aussi celles qui résultent de Tignorance, dont ils ne sont pas cause, on devient bien plus juste à leur égard , et Ton
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reconnaît, en particulier, qu'on a voulu si souvent engager ces hommes dans de prétendus perfectionnemens qui auraient probablement causé leur ruine , qu'on ne doit pas être surpris s'ils accueillent avec une défiance marquée, des changemens de direction dans lesquels ils aperçoivent très-bien des inconvéniens ou des obstacles qui n'avaient été nullement prévus par ceux qui voudraient les diriger. Mais rien ne peut, plus que l'exemple, agir sur les hommes de cette espèce, et précisément parce que le conseil est donné, dans ce cas, par un homme qui est placé dans la même position , et qui a les mêmes intérêts que ceux qui doivent le recevoir. Il n'est ^as à craindre que l'instruction donnée sous celte forme soit long-temps inefficace, lorsque Viastruction a pour but des améliorations véri^ tables , c'est-à-dire , des améliorations conformes i J'intérêt bien calculé des cultivateurs.
Que l'on remarque, en effet, toute la différence qui se trouve entre le moyen que je propose et ceux qu'emploie aujourd'hui l'administration , pour accroître et améliorer la production des chevaux : de ce dernier côté, un ensemble de moyens de divers genres , des courses , des primes d'encouragement, des iépôls d'étalons , des primes ^approbation , etc. , qui , partant de divers points, eoncoureot toug à un but unique , celui de cir-
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convenir les cultivateurs, pour les contraindre^ autant qu^il est au pouvoir de ^autorité de le faire, à diriger leurs opérations vers la production d'une seule espèce de chevaux, et de Tespèce qui, comme le savent bien les cultivateurs, est précisémeYit celle dont la production offre le moins d'avantages à Pindustrie ^ à côté de cela^ une concurrence créée par Padministration , en faveur des étalons de cette même espèce, et qui, sans' jamais pouvoir donner un grand dévelop* pement à cette production^ parce qu'elle est en opposition avec les intérêts des producteurs, ^'oppose néanmoins puissamment à Tamélioration des autres espèces , en formant un obstacle à Tentretien des étalons qui y seraient propres; ensuite Toubli complet de la nature des obstacles qui s'opposent à Tamélioratibn des races chez Timmense majorité des cultivateurs , et de la marche naturelle du perfectionnement de la race, par l'amélioration du régime; enfin la création d'une administration dans laquelle, par une incroyable subversion des idées 4es plus simples, on a prétendu subordonner l'agriculture aux haras , au lieu de reconnaître dans l'art agricole, le père d'une nombreuse famille, dont la production chevaline n'est qu'uh enfant.... Doit - on s'étonner que, par une marche dirigée ainsi, on »'ait pu obtenir aucun réiSultat utile T....
Mais de l'autre côté, un genre d'encouragement dans lequel celui qui cherche à imprimer la direction , identifie ses intérêts avec ceux deâ producteuis sur lesquels il cherche à agir ^ ou Faction se borne à rechercher de bonne foi , à côté d^eux et sous leurs yeux , les moyens les plus propres à atteindre le but qu'ils poursuivent tous, celui de pouvoir dréer, à volonté, l'espèce de chevaux qui doit offrir le plus de profit aux prodoctears, parce qu'ils sont ceux dont les con-* sommateurs ont le plus de besoin ^ où Famélioratioii des diverses espèces de chevaux se lie intimement au perfectionnement de Part agricole , qui éh est la seule base solide ^ où le but qu'on se {propose est de mdtre le plus promptement possible Fagriculture à portée de fournir à Fin» dustrie , aux besoins du luxe et à ceux du gouvera^oent, le nombre des chevaux les plus parfaits dans leurs espèces , dont chacun d'eux a besoîn, et précisément dans le rapport des besoins de chacun , parce que rien ne viendrait entraver ou contraindre la liberté de Findustrie et de la concurrence^
Aujourd'hui que les vrais principes qui doivent régir la production industrielle, commencent à se faire jour à travers les directions erronées qui ont si Souvent égaré Fadmînistration publique^ je ne crains pas qu'aueua homme éclairé puisse
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balancer un instant sur les avantages que Ton peut se promettre de Tun ou de Fautre de ces deux systèmes , pour Tencouragement de la production des chevaux en particulier, et pour celui de l'art agricole.
Sous le-^rapport de réconomie et des intérêts pécuniaires du gouvernement, il est facile aussi d'apprécier chacun de ces deux systèmes : si, depuis lo ans, au lieu de consacrer annuellement une somme de quinze cents mille francs à àeujc millionSy à soutenir un ensemble d'institutions qui n'ont produit aucun bien réel , on se fût contenté de créer^ chaque année une ferme d'expérience pour l'élève des chevaux, dont la dépense peut s'évaluer approximativement à cinq cents mille francs , non-seulement on eût économisé diac à douze millions^ mais le gouvernement serait aujourd'hui propriétaire de dix fermes administrées par la seule combinaison qui me paraisse applicable à l'exploitation des domaines appartenant à l'état. Ces domaines, en supposant, comme on doit le faire, quelques pertes occasionées dans les premiers momens par l'incapacité de quelques directeurs , et qui ne pourraient jamais compromettre qu'une portion du capital d'exploitation, représenteraient certainement une valeur égale aux sommes qui auraient été dépensées pour leur création , à
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cause des améliorations' foncières qui seraient sans doute apportées par le plus grand nombre des directeurs, sous un mode d^administration Dien combiné^ et ces domaines produiraient annuellement à Fétat, un revenu que Ton peut évaluer de cent à cent cinquante mille francs net de tout frais d^administratiox^.