‹ Annales agricoles de RovilleChapitre 29 sur 67 · DÉPENSE TOTALE J · texte numérisé non relu

DÉPENSE TOTALE J

DU DATTA

ÛE PAR •s 8

fr. c.

fr. c.

fr. c.

tr. c.

aSo

5oO T)

3ia 5o

aao »

5oo

390 fi

lOOQ

SOOO T)

ia5o «

aSoo D

i3oo D

720 iï

*Ce tableau me parait propre à pr&enter une idée nette de la part relative 'q^e chaque exploî*^ tation peut prendre,, diaprés son étendue,^ aux avantages qu offre Temploi des machines à battre de diverses dimensions. Mais Tavantage que trouvent les cultivateurs dans Pemploi de ces machines est bien plus important encore que celui que présente cette différence dans les chiffres; et elles offrent d^autres genres de bénéfice qui sont communs à toutes les exploitations grandes ou petites, et dans une proportion tout aussi favorable aux petites qu'aux grandes : en effet, lors-* que Ton emploie des batteurs aux fléaux , le jprix du battage se paie toujours, soit en argent, soit en denrées , qui ont , pour le cultivateur , une valeur en argent facile à réaliser; mais avec la machine, la plus grande partie des dépenses du l^attage consiste en travail exécuté jpar les atte-^ lages et les valets de ferme, pendant un petit nombre* de jours que Ton ne manque pas de choisir parmi ceux où les mauvais temps empê* cheraient d'occuper les attelages k^ d'autres emplois utiles ; en sorte qu'en comptant , pour cette opération, rheure de travaildes chevaux ^t des valets, aux mêmes prix que pendant le reste de Tannée, cette valeur est un bénéfice réel pour le cultiva* leur. Si un fermier exécute des battages au moyen de la machine ; pour une somme de 600 fr. , on

A BAtTRE* !ï^i

peut calculer que^ dans la plupart des circons-^ tances ^ il y a aa moins 4oo fn qu^il gagne réellement^ puisqu^il trouve le moyen de les faire gagner à ses chevaux par un travail utile ^ dans des momens où ils seraient restés oisi&, sUl n^eût pas employé la machine à battre*

Enfin ^ le cultivateur trouve dans Temploi de la machine à battre^ un autre avantage encore^ et plus important que Téconomie dans les fra^s de battage : c^est Pezcédant du produit en grain que j^ocure la machine» Il est impossible d^évaluçr cet excédant à moins du npingtième du produit en grain obtenu en moyenne par le fléau ^ et la proportion présenterait bien plus dVantage, si Ton comparait Femploi de la machine au dépiquage; ce qui, en évaluant Thectolitre seulement au prix moyen de i5 fn, porte ce bénéfice à 75 cent, par hectolitre. En réunissant les divers avantages qu^ofire la machine à battre, relativement aux autres procédés , je pense qu^en moyenne ^ ixQ& des exploitations de diverses étendues, on aiy*a une évaluation faible en la portant à 1 fr. 5o cent, par hectolitre de froment, ou de tout autre espèce de grain , proportibnnellement au froment^ ainsi, en considérant i5 fr. comme le prix moyen du frQment , Femploi de la machine à battre ajoutera un dixième au produit brut de tous les grains produits dans une exploitation. 6* tiYR. 16

a\1 DE LA MACHII«£

Dans la plus grande des fermes dont j'ai parlé ^ celle qui produit annuellement 40000 gerbes ou 2000 hectolitres de grain , le profit annuel produit par la machine , serait de 3ooo fr.^ en le calculant sur le taux moyen de la dépense du battage; mais il dépasse certainement cette somme ^ et doit se rapprocher beaucoup de 4ooo fr., parce que les grandes exploitations sont, comme nous Tarons vu , celles où la machine à battre offre les plus grands avantages. Une ferme de cette étendue dans la Brie ou dans laBeauce, présenterait, dans la plupart des circonstances, un loyer de 10 à, 13 mille francs. On peut juger par-là de rétendue des avantages qu'offre la machine a battre dans la grande culture.

Dans tout ce qui précède, je n'ai pas &it entrer dans les calculs, quelques avantages particuliers dont j'ai fait mention dans Tarticle inséré dans la 2^ livraison de ces Annales , et qui cependant suffiraient seuls pour déterminer un grand nombre de propriétaires À l'adoption de la machine à battre, et je n'en fais mention ^ci qu'afin que l'on ne puisse pas croire que l'ex-. périence m'a fait changer d'opinion à cet égard : je veux parler spécialement, 1^ de l'immense avantage de supprimer le battage de nuit dans les granges , et de prévenir l'infidélité des batteurs ; 2^ de celui d'obtenir du ^ain de très-belle qualité des récoltes attaquées par la carie ^ parce

quejes grains battus par la machine ne sont jamais boutés , ce qui prévient une très^grande cause de dépréciation dans le prix de la denrée. Si nous voulons calculer IXTantdge quWrirait^ relativement à Tiotérêt public, Fadoptioii générale de cette machine , nous trouverons qu^en France on peut évaluer à cent milUons d^heC" toUtres les grains nécessaires à la consommation de trente - deux millions d'habitans ^ les grains que consomment les animaux, les bras-séries, amidonneries et fabriques d^huile, doivent se porter probablement au moins à la même quantité , ce qui porterait à deux cent millions d'hectolitres la consommation annuelle, et par conséquent la production moyenne des récoltes du royaume. Mais on ne peut espérer que la totalité des récoltes soit janaais battue par la machine, car il faut en distraire la partie qui est produite par la petite culture. En supposant que la moitié seulement des récoltes , c'est-à-dire , cent millions d'hectolitres soient battus par la machine, il en résulterait pn bénéfice annuel de cent cinquante millions de francs pour la production agricole du royaume. Un résultat analogue est déjà obtenu dans une partie considérable du territoire de la Grande-Bretagne ^ et c'est en considérant les choses ainsi, que Ton sera disposé à comprendre ïopinion des agriculteurs anglais les plus éclairés,

Page 1