MACHINE A BATTRE
qui s^accorâent à regarder Piiiyention de la ma-* chine à battre comme une des découvertes les plus importantes des temps modernes. En France^ nous nous acheminons à grands pas vers Tadoption générale de cette machine, et tout fait espérer que dans une vingtaine d^années, nous serons peu éloigés du but : sur quelques points^ dans le département de la Haute-Saône , par exemple, les machines à battre sont déjà ti'èsmultipliéesj plusieurs constructeurs distingua s^oc« cupent de cet objet, et M. Hoffmann^ trèshabile mécanicien de Nancy , auquel j^avais confié Texécution de la machine de Roville , en a déjà établi plus de 5p pour &a part, depuis cette époque, sur divers points du royaume. Ces machines y serviront de modèles^, et il n^est pas douteux quUl ne se forme bientôt dans tous les départemens un nombre suffisant dWtistesqui, étudiant avec attention la marche de cette ma-* chine et les fonctions de ses diverses parties , se mettront en état de satisfaire à tous les besoins des propriétaires et des cultivateurs. G^est bien certainement là ce qui manque aujourd'hui; et, s'il existait partout des constructeurs assez expérimentés , pour inspirer de la confiance aux propriétaires, il ne serait plus douteux que Temploi de la machine à battre ne s^étendît avec une trèspande rapidité.
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Et la ferme de FtotbeCy par M. de Dombasle.
II. y a maintenant un demt-sîècle que Ton vit se répandre , chez les nations les plus civilisées du globe ^ les germes d'une immense réforme agricole que rendaient nécessaire d'autres changemens survenus dans Tétat social des peuples. Par Teffet de circonstances particulières à la population des fies britanniques , ce fut là que ces germes prirent le plus rapide développement ; de là , l'amélioration se communiqua à d'autres peuples avec plus ou moins d'énergie, et la nation allemande fut une des premières qui , profitant à la fois ^ et des recherches auxquelles se livraient dans son sein plusieurs hommes distingués, et des fruits de l'expérience acquise par les agriculteurs an-« glais , s'avança rapidement dans la route des per-« fectionnemens de l'art
Comment la France resta pendant assez longtemps en quelque sorte étrangère à ce mou-« vement, c'est ce qu'il est bien fecile d^explîquer par l'isolement auquel la cotidaumèrent, pendant
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près de trente ans , d'abord ses dissentions civiles qui la forçaient à se tenir reployée sur elle-même , ensuite les guerres continuelles qui dirigeaient toute son énergie verg un autre genre de supériorité ^ et enfin, il faut bien le dire aussi, une espèce d'amour-propre national , qui a fait quelquefois considérer comme patriotisme le refus de reconnaître une supériorité, dans quelque genre que ce fût , chez des nations rivales ou vaincues. Il ne serait pas difficile de montrer comment les efforts de quelques agriculteurs habiles et expérimentés ont été paralysés chez nous pendant long- temps par les doctrines de Técole agronomique à laquelle ils étaient attachés , et qui , pour se dire française , avait cru nécessaire de s'isoler de tous les perfectionnemens que Part recevait hors du territoire national. Cétait là la faute des temps et non celle des hommes ^ au lieu de s'appesantir sur ces considérations, il est bien plus instructif et plus intéressant de rechercher les traces des progrès de Part chez les nations qui , dans cette carrière , se sont placées en tête de la marche de la civilisation. Cest à signaler une des épisodes les plus remarquables des progrès de Fart en Europe, que j'ai cru devoir consacrer cet article.
C'est en 1 794 j à une époque où la France avait bien autre chose à penser qu'à s'occuper de sa
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prospérité iatérieure, que Thaër publia son In^ traduction à ragriculture anglaise , qui a exercé une si puissante influence sur les progrès de Fart en Allemagne* Mais à cette époque , il existait déjà dans le Holstein , près de Tembouchdre de FElbe^ un établissement agricole, où Toa mettait en pratique tous les perfectionnemens que Fart avait reçus, tant sur le continent qu^en Angleterre. Cet établissement est celui de Flotbec , dont M. le baron de f^oght avait jeté les fondemens dès 1785, et qui , au moment où Thaër écrivait , s'était déjà enrichi d'une grande partie des améliorations qui s'étaient introduites dans Fagriculture anglaise. On doit donc considérer Flotbec comme le berceau des perfectionnemens de Fagriculture moderne sur le continent européen. Mais ce n'est pas à ce seul titre que cet établissement se recommande à Fattention des agriculteurs éclairés : l'amélioration ne fut pas là une de ces velléités abandonnées aussitôt que conçues^ le fondateur de cet établissement, doué de persévérance autant que d'activité et de lumières, et pouvant consacrer une fortune considérable au développement d'une entreprise conçue dans les vues les plus philanthropiques, n'a cessé, depuis cette époque, de consacrer son existence entière à réunir sur ce point les perfectionnemens que Fart recevait chez toutes
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les nations de FEurope ; et il a puiss^ment contribué lui-même à Tavancement de Fart , par les observations et les expériences les plus nom-* breuses, où se font remarquer d^une manière spéciale, la patience et la profondeur des re^ cherôfaes qui font le caractère particulier du génie de la nation allemande. Dans des voyages longs et répétés chez toutes les nations où M. de f^oght espérait puiser de nouvelles connaissances, dans des relations suivies avec les hommes qui consacraient leur temps et leurs lumières à Ta- ▼ancement de la science ou à la pratiqué de Tart, il s'efforça de recueillir tout ce qui pouvait contribuer au développement de ses vues. Aussi 9 depuis quarante ans , Flotbec a toujours pu offrir aux agriculteurs de toutes les nations , un établissement modèle marchant à la tête des progrès de Tart^; et aujourd'hui encore , que Ml, de Voght , dans un âge avancé, se dispose à remettre son domaine entre les mains d'un homme qu'il juge capable de continuer sa tâche honorable, la culture de Flotbec n'a riçn perdu de la supériorité qu'elle a constamment conservée , et elle nous offre encore un des domaines les mieux cultivés de l'Europe,
Il m'a paru utile de mettre les agriculteurs fran-* çais à portée d'apprécier les travaui^ par lesquels Mt de Foght a contribué, depuis la fondation de
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non ëtablissement, aux progrès de Tart agricole, sur le continent ^ et il me semble que j^atteindrai ce but en mettant sous leurs yeux les fragmens de quelques lettres adressées par M« de Foght\ dans le courant de Thiver dernier , tant à M. Bella y directeur de ^institution royale de Grîgnon^ qu*à moi-même* J^ai reçu, diaprés ma prière , Tautorisation de publier cette correspondance. J^y joindrai de courts extraits de quelques opuscules publiés récemment en allemand par M, de Voghti et j'espère que ces fragmens suffiront du moins pour inspirer aux agriculteurs firançais, le désir de connaître plus particulière^ ment les travaux 'd'un des hommes qui ont apporté la plus forte contribution aux progrès de Fart agricole sur le continent. Dans les li-* vraisons suivantes de cet ouvrage, j'espère pouvoir présenter des détails plus étendus sur la culture de Flotbec.
Un des traits les plus remarquables que présentent les travaux agronomiques de M. de J^oght^ est l'emploi d'une méthode particulière pour exprimer, par des chiures, les variations de fécondité qu'éprouvfe un terrain donné, par l'effet des opérations de la culture, ou les différences de fécon* dite entre divers terrains. On sait bien qu'en donnant du fumier à^ un champ, on augmenté sa fécondité, et qu'oa Tépuise en lui faisant
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produire une récolte de froment ou de coka^ mais dans quelle proportion augmente-t-on la fécondité d'un hectare de terre, lorsque Ton y répand 20, 3o ou 4o voitures de fumier f Dans quelle proportion cette fécondité décroît-elle , par la production de 1 5, 20 ou 25 hectol. de colza? Ou en d'autres termes, quel rapport doit-oi^ établir , dans des circonstances données , entre la fécondité produite par une voiture de fumier, et la fécondité détruite par la production d'un hectolitre ou de tout autre quantité déterminée de froment , de pommes de terre , etc. f Cest là une question qui présente bien certainement le plus haut degré d'importance pour la pratique de l'agriculture; car ce n'est pas seulement au fiimier qu'elle peut s'appliquer, mais aux «ngrais ou amendemens de toute espèce, entre lesquels il s'agirait d'établir un rapport d'efficacité, et encore aux labours qui rendent la terre plus productive, aux récoltes enterrées en vert, etc.; mais les cultivateurs mêmes les plus éclairés ne pourraient résoudre dfô questions de ce genre, que d'après les aperçus les plus vagues, et auxquels ils attacheraient souvent eux-mêmes trèspeu de confiance. Exprimer ces rapports par des chiffres, d'après les données tirées d'une longue expérience et contrôlées constamment par les f^itS) est certainement une idée g;rande et qui
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peut devenir féconde en immenses résultats. Plusieurs savans agronomes de PAIlemagne se sont efiforcés de soumettre ces rapports à des calculs précis : Thaër avait d'abord indiqué une méthode numérique de statique agricole ^ qui n^était que le premier jet d'une idée lumineuse 5 M. dé Wulfen , Tun de ^^ disciples , apporta à celte méthode des perf([îctionnemens qui reçurent là complète approbation de Thàër lui -même 5 d'autres agronomes s'occupèrent encore en Alle-^ magne de cette idée : mais c'est certainement à M. de J^oght que l'oii doit la plus précieuse série de travaux sur cet intéressant sujet. Depuis 1817, c'est en appliquant constamment sa mesure agronométrique à chacune des soles qui composent son exploitation^ en rectifiant chaque jour ^es premières données par les résultats de l'expérience ^ qu'il est parvenu à donner à cette méthode un degré de' précision qui sera probablement encore surpassé, comme il le prévoit bien lui-*même , mais déjà suffisant pour rendre très— précieuse la connaissance des résultats obtetenus par ce savant agronome. De même que tous les observateurs judicieux , M. de Voght n'a fait , comme il le dit lui-même , qu'interroger la nature et enregistrer ses réponses ; mais il Ta forcée à lui répondre en chiffres , parce qu'il l'interrogeait dans cette langue.
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Je ne puis songer à donner ici un exposée complet de la méthode agronomique de M. de Voght ^ dont je ne connais pas moi-même parfaitement tous les détails \ et je pense même qnUl ne sera possible de la }uger dans tout son ensemble, que lorsquMl aura publié le grand ouvrage dont il sWcupe, et qui contiendra Texposé complet des applications qu^il a faites 'de cette méthode, à ses opérations agricoles pendant une longue série d^années , ainsi que des expé— riences dans lesquelles il a puisé les diverses valeurs de son échelle. Il est néanmoins nécessaire , pour Pintelligence de ee qui va suivre , que î^offre au lecteur une esquisse des principales bases de la méthode^ j'avertis que cet aperça sera beaucoup trop incomplet pour que Ton puisse fonder sur ce que je vais dire, aucune objection raisonnable contre des doctrines dont les développemens présenteraient souvent eux-mêmes la réponse à ces objections.
On considère dans cette méthode, la /econdite de la terre , comme résultant de deux élémens ; la puissance du sol et sa richesse. Je suis forcé d^employer ici ces trois expressions^ dans une acception particulière au sujet qui m^occupe ^ mais il ne peut y avoir de méprise en expliquant que Ton entend par puissance du sol , la £aiculté qui le rend plus ou mois favo-