‹ Annales agricoles de RovilleChapitre 36 sur 67 · ET LA FERME DE FIOTBEC · texte numérisé non relu

ET LA FERME DE FIOTBEC

VOUS dirait, un champ de 720 degrés de fécondité: en divisant ces 720 degrés par 28,56,vous auriez les 25,21 hectolitres par. hectare, qu^il vous aurait fallu trouver par un calcul pénible du rapport du Buschel à Thectolitre , de Vacre à Fhcctare. Je pense que par^là, la lecture d'un livre d'agriculture anglais serait devenu bien plus facile ^t plus utile au fermier français. Mais c'est là le moindre avantage à tirer de cette méthode numérique* En divisant par 25,2 1 les 720 degrés de fécondité, Vunité dejécondité nécessaire pour la production d'un hectolitre de froment par hectare est 28,56 degrés. Voilà la valeur du degré Jixé^ et dès lors il peut servir à mesurer comparativement la valeur d'un champ avec un autre, d'après sarécoltej ou \di fécondité du champ connu , le degré de fécondité nécessaire pour la production d'un hectolitre de seigle, d'orge, d'avoine , de pommes de terre , de , vesces , etc, , sur le même champ. Il peut servir à mesurer la valeur qu'a un tombereau de fumier par hectare, la valeur d'un labour extraordinaire, le degré d'épuisement causé par une récolte , le degré d'amélioration d'un champ par Tenfouissagc des fourrages verts. Cette mesure facilite singulièrement le calcul si nécessaire qui compare les frais qu^exige une culture plus soignée avec l'augmentation du rapport gagiixé par elle; c'est par

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celle mesure que fai appris quel champ peut supporter ou payer Tengrais^et c^est là ce qui m^a porté à y suppléer par Tenfouissage des récoltes en vert avant la floraison ^ c'est par elle . que j'ai appris quel était le degré de fécondité qu'exigeait tel ou tel produit sur un champ de telle ou telle nature } c'est par elle enfin que j'ai appris ce qu'il fallait en engrais ou en labour pour la lui donner. Depuis ce temps-là je sais que le colza exige lia 1:200 degrés de fécondité, que 7 à 800 suffisent pour la pomme de terre , que cette même fécondité ferait verser le seigle et l'avoine qui ne doivent avoir que 5 à 600 degrés. La marche de ma culture est ferme et assurée depuis que le tableau statique de chacun de mes champs, depuis 14 années est devant mes yeux« Je sais comment une terre plus ou moins forte, situation plus sèche ou plus humide^ etc., doit modifier l'application de la mesure ; c'est par elle que moi et mes voisins avons appris à taxer la fécondité de l'année, en comparant ce que les champs, dont la fécondité était connue, devaient produire année commune, avec lé produit de Tannée en question. Cette fécondité à^année connue m'a servi de correctif à la fixation individuelle d'un champ, d'après la récolte dans l'année. >

Dans un opuscule publié en juin 1829, ^^ destiné à servir de guide aux agriculteurs qili

ET LA FERME DE FLOTBEG. ^St

Tiennent visiter les cultures de Flotbec, M. de Foght présa^ite des détails assez étendus sur les procédés qu^il a adoptés pour la culture des diverses récoltes que les visiteurs avaient sous leurs yeux^ j^eh extrairai les passages suivans.

, € Lorsque j^ai entrepris Texploitatioa

du Petit-Flotbec^ la tefre cultivée n'allait pas à 4 pouces de profondeur. Il y avait peu de terres qui eussent la pente sufBsante pour procurer Fécoulement des eaux. Il se rencontrait des bas-fonds de 3 à 4 pieds ^ et à côté il y avait des exhaussemens aussi considérables. Les récoltes d'biver étaient couvertes de pavots , bleuets^ etc. Le raifort et la moutarde infestaient les récoltes de printemps^ ainsi que Ton pourra le voir le long du chemin d'Altona^, et près de mes clos, sur les terres deslabourems mes voisins; le trèfle était étouffé par la camomille et la grande oseille, etc. Toutes les terres étaient infestées de chiendent. On avait négligé totalement rassainissement des terres basses; les eaux de Thiver y séjournaient très-long-temps. Le fumier nVait pas d'action dans les terres froides : jamais on ne pouvait donner les labours à temps. Cet ioconvénient était d'autant plus grand, que la couche inférieure d'argile se rapprochait plus de la surface du sol , et formait des fondrières ^ desquelles les chevaux avaient peine k se tirer encore dans le mois de juin.

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» La beauté du lieu me décida à faire des sacrifices considérables pour améliorer cet état de choses. Toutes les terres ont maintenant sans exception un pied au moins de profondeur. Leur surface est unie, et les eaux trouvent partout une pente douce. Les visiteurs pourront juger par eux-mêmes de la propreté des terres. J'ai eu de la satisfaction dans tout ce que j'ai entrepris pour Tamélioration de mes terres ; mais lorsque , par suite des gelées , il se forme des clairières dans mes trèfles , et que le chiendent s'est emparé du sol , je ne parviens à m'en dé* barrasser qu'au moyen de la culture des pommes de terre ; cette année même on ea verra des traces.

» Toutes mes terres ont maintenant atteint un état convenable de dessèchement au moyen des saignées que j'ai établies, et les eaux souterraines ont leur écoulement par 27 saignées couvertes. Les mêmes terres qui né donnaient en seigle que sept fois la semence , la donnent aujourd'hui douze fois en froment. »

<s^ Le sol cultivé doit avoir un pied

de profondeur pour que sa surface qui est dépourvue d'humidité, se trouve enterrée profondément. On y parvient en donnant avant le rajrolage un labour de cinq à six pouces. On ameublit bien ce labour par un coup de herse, puis on

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rayole en faisant marcher deux charrues Tune après Pautre. La seconde est tirée par un attelage double^ il est bien entendu que ce sont des charrues à versoir fixe. On prend ordinairement des bœufs pour faire ce travail. >

« Pour qu^une récolte de colza rapporte :2 764 kilt de graine par morgen (21 hect. par hectare), il faut qu^elle ait 1000 degrés de fécondité 3 elle peut rapporter enclore davantage : dans une bonne année j^ai obtenu le tiers en su5 ayec 1 200 degrés. Les pommes de terre de Hollande elle blé blanc d^Angleterre exigent de 720 à 750 degrés, le seigle 6 à 700, Forge autant, TaVoine 600, les fourrages mélangés 6 à 700, le trèfle 600 et les vesces 6 à 700,

^ Comme on peut le voir d'après ma rotation 9 on ne fume chez moi que pour le colza et les pommes de terre. Si la terre est à 700 degrés lorsque Ton veut y mettre du colza, il faudra y ajouter 3oo degrés; et comme la valeur d^une voiture de fumier par morgen, d'après son effet en moyenne sur les terres du Petite Flotbec et d'après ^observation d'un grand nombre d'années , a été fixée à 24 degrés, on donnerait enviroti 12 à 1 3 voitures de fumier par morgen ou 57 à 62 par hectare. Comme cette quantité serait trop forte pour être appliquée en une seule fois, on en emploierait un tiers pour le fourrage mélangé qui précéderait

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le colza ) et le reste ayant la semaille du colza* Si une terre destinée à porter des pommes de terre, était à 600 degrés, et qu'on voulût Tamener à 72^0 degrés^ on lui administrerait ' 5 voitures par morgen ou 24 voitures par hectare. It est ab* solument nécessaire de décrire tant la qualité que la quantité de ce fumier. Tai Phabitude de faire vider mes étables tous les huit jours au moins. Ce fumier est produit par des bœq;^ e} des chevaux bien nourris , auxquels on a donné pour litière de la paille de colza et des fanes de pommes de terre. Pour empêcher qu'il se réduise par une fermentation anticipée, je le fais stratifier avec de la boue des cours et des chemins , de la terre des fossés , avec des sarclures et avec des boues ' ou balayures des rues , composées en partie de cendres et de débris animaux.

» Par ce moyen mon fumier ne diminue ni en poids ni en volume (on perd ordinairement 3o pour 0/0 de fumier, et sa force diminue par suite d'une fermentation trop hâtée.) Cette terre , imprégnée de fumier, se mêle facilement et intimement avec le sol et empêche l'accumulation des parties non décomposées , ce qui amène ordinairement après soi la carie et la rouille et dispose les blés à verser.

» Lorsque la surface du tas de fumier s'en-^ herbe, on la fait retourner à la bêche; elle ab«

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sorbe alors les parties fertilisantes contenues dans l'atmosphère , et les herbes enterrées ne peuvent pas porter graine : on Tarrose ensuite fréquemment avec du purin. On charge 80 pieds cubes de ce fumier sur une voiture.. Une pareille voiture de fumier par morgeo vaut 24 àtgrés de fécondité sur une terre sablo-argileuse , en prenant la moyenne des variations de Fat-* mosphère et 4e la température. Toutes les voitures sont à peu près de même qualité^ car la masse de mes fumiers est régulièrement for* mée de moitié fumier d^étables , du tiers en fumier de rues (quelquefois moins , et si Ton a de bon ten*eau^ on y en met un sixième.) Je crois pouvoir recommander tout Tensemble de cette pratique à toiis les cultivateurs qui me feront Fhoaneur de venir visiter Flolbec, et ce proc^^ est fort utile lorsque Ton est obligé de remplacer une partie du fumier de rues par du fumier dM«tables. »

« . . .^. • • • La propreté de mes terres est duc \ des labours bien exécutés, des assolemens bien entendus et. des sarclages soignés. On ne doit pas s'efiirayer des dépenses qu'occasionent les sarclages^ ces dépenses diminuent d'année en amée : ce qui m'a coûté il y a 10 ans «200 fr.^ Be me revient plus maintenant qu'à i5o fr.; et pow*ks r&ttltids^ on peut comparer mon blé

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de la pièce Neunstûcken avec les blés des paysans dont il est entouré. »

« Je vais mettre soas les yeux des

lecteurs , les procédés , fruits de^ 1 5 années d'expériences , par lesquels j'ai- c^iltivé chaque récolte en particulier. Je commence par les récoltes d'hiver. »

Colza.

« Le coka suit toujours l«s fourrages mélangés ) que Ton vend en vert ou par bottes à de bons prix ; cette récolte préparatoire est préférable aux pommes de terre précoces et à la jachère. En automne, le champ est rayolé et hersé; s'il y a des mottes^ on y passe le rouleau à pointes , puis on herse en long et en travers , on y repasse avec le rouleau , et l'on herse de nouveau jusqu'à ce que la surface soit bien pulvérisée.

> Sur cette surface découverte par le rayolage, on amène autant de fumier qu'il en faut pour atteindre les looo degrés exigés; si la récolte préparatoire avait laissé la terre à 700 degrés, il faudrait 4 8 voitures de fumier par hectare pour l'amener aux 1000 degrés. Puis, ce fumier bien consommé doit être étendu sur le sol d'une manière égale , par des hersages eh long et en travers; après çek on l'enterre superficiellement

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avec la charrue ou Textirpateur selon la nature du sol ) et Ton y passe la herse ou seulement la herse à branches*

9 On sème ^ avec le drill de Cook , 6 à 8 kil. de graine par hectare sur la terre ainsi préparée, aprèsr avoir fait détremper la semence pendant ^4 heures : les lignes sont à 24 pouces de distance. Par un temps sec on passe le rouleau après la semaille^ si le temps est humide on se sert, pour enterrer, de la petite herse jardinière* La meilleure époque pour semer le colza est le commencement d^août*

!» Aussitôt que la hauteur des plantes le permet, on passe dans les raies avec le scarificateur, puis avec la houe^ et en dernier lieu on butte les plantes avec la charrue à deux versoîrs, pour \ts garantir, autant que possible pendant l^hiver, de Fhumidité et du froid ^ au printemps on doit donner autant de culture que la hauteur de la plante le permet, afin que la terre atteigne cette propreté que les visiteurs remarqueront sur mes terres à colza* i^

Blé.

« Je sème ordinairement du blé après les pommes de terre , et particulièrement après léà précoces , que Ton arrache en août, et au plus tard au commencement de septembre*

^ Aussitôt que le champ est débarrassé des fanes , on donne un labour superficiel , on

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herse ^ on rayole, on herse de nouveau, on donne un labour en travers^ on herse encore; enfin on donne un labour superficiel à bandes étroites pour la semaille. Entre le rayolage, le labour en travers et le labour, on donne chaque fois, deux fois en long pt deux fois en travers, un hersage avec la herse du Brabant , et à chaque hersage on passe avec la herse du Mecklembourg retournée. Après le dernier labour on herse et Ton traîne la herse du Mecklembourg retournée, afin de bien pulvériser le sol ; puis on passe avec la herse jardinière du Brabant, attelée au coin , en sorte que les petites raies que trace cet kis- Irmnent soient à un pouce et demi de tlistance : ceci s^appelle chez; moi herser, selon les principes. Je recommanderais cette pratique, même sur les grandes exploitations où Ton ne pourrait pas donner les quatre façons i la charrue*

> Les cultures données superficiellement sont si importantes qu'^elles ne manqueront pas de payer les frais qu^oceasioneraient q^lques attelages de plus.

» La fumure n'est pas nécessaire ici: après les pommes de terre le sol a encore près de 800 degrés de fertilité. La profondeur de la terre cultivée, la semaille épaisse qu'elle permet, et la manière égale dont le fumier se trouve ré-* parti dans le sol , sont autant de causes qui font

£T LA FERIvIE BE FLOffiEG. ^8^

^^une récolte doniiaût lo fois la semence, n^est pas exposée à verser , et est à Tabri du charboa et de la rouille.

T On met plus ou moins de semence , suivant que les grains sont plus ou moins gros^ On pfend plus de semence lorsque le grain est gros^ et moins loi*squ^il est petit. Si 36a grains de iAé blanc anglais pèsent i5 grammes , j^emploie 376 litres pour ensemencer un hectare^ après Favoîr fait chauler 24 heures avant. Cette scmaille 6e, fait à la volée, sur le hersage qui a laissé des traces distantes d'un pouce et demi , et Ton recouvre la semence par un hersage, trèsléger donné en travers, afin que cette semence, à peine couverte, continue à êtï*e soumise axix influences de l'atmosphère et puisse jeter ses racines dans une terre amfeublie. En mai on sème dn trèfle sur le blé; pour cela on dontie un bersàge énergique , afin de procurer de là terre menble au trèfle. On ne doit pas craindre de dt)nner un fort hersage à un blé semé cotbme nous avons dit ; car la vigueur de ses noml)reuses racines, résisterait même lorsque Ton voudrait les arracher à la main. Plus tard on arrache en sarclant, le seigle et ks mauvaises herbes. »

Seigle.

€ On sème ici le seigle après des vesces ou 6* LIVR. 19

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après (ies pommes de terre, si celles-ci sont récoltées d^assez bonne heure. >

Dans le Petit-Flotbec.

€ Après les vesces on laboure, puis on rayole ^ on donne quatre hersages , on laboure avec un attelage simple , on herse quatre fois, on donne un labour à Fextirpateur , deux hersages énergiques j puis on régale le sol avec la herse jardinière du Brabant.

» La fumure n'est pas nécessaire ici. Après des vesces et des pommes de terre, la terre est plus près de 700 degrés que de 65o dont le seigle a besoin.

» Lorsque Ton a 700 grains pour Sa grammes ^ il faut 4^9 lit^^s ^^ semence par hectare, ek 5oi litres, si 600 grains font le même poids, (i).

(i) Tous les praticiens seroût certainement frappés de l'énorme quantité de semence qu'emploie M. de Voght^ tant pour le froment que pour le seigle \ et ^'ai yu dans d'autres pai:tiesde ses écrits, qu'il étend cette pratique à un grand nombre de récoltes. Pour les céréales les quantités de semence qu'il emploie sont à peu près doubles de celles que l'on répand dans l'usage ordinaire. Cette pratique est en rapport avec celle d'agriculteurs anglais trèsdisliugués , et quoique je sois loin de vouloir la conseiller généralement , je suis persuadé qu^elle est profitable dans sa réunion avec l'ensemble des procédés de M. de

£t LA FERME DE FIOTBEC. 'îgl

Une seibaîlle aussi drue , siir une terre rayolée et bien pulvérisée^ est sans conséquence fâcheuse* On peut se permettre ici une semaille épaisse, car le volume de terre que peuvent occuper les racines est plus considérable , et en s^allongeant elles peuvent aller chercher Thumidité et la nourriture à une plus g^randè profondeur. On verra que la semaille épaisse n'a pas empêché le tallement* Les avantages qu'elle procure sont remarquables 5 car^ 1® elle tient la terre propre 5 :î® elle améliore le sol par Fombre qu elle procure et par Fhumidité qu^attîrent les plantes^ 3^ elle donne une récolte de paille plus abondante et àe meilleure qualité (1). On sème le seigle sur les petites raîest

Voght. On remarquera sans donte combien cette circonstance doit modifier Pidée que Ton peut prendre du produit des récoltes , en Pexprîmant par la multiplication de la semence : une récolte de dis fois la semence , produit , chez M. de Voght , 4^ à 5o hectolitres par hectare , tandis que pour ceux qui ne sèment que 2 hectolitres , elle est seulement de lo hectolitres. On voit par-là combien est vicieuse cette manière d'*apprécier le produit des récoltes. (Not^deM. de Ùomhasle,)

(i) Il faudrait un traité pour indiquer là quantité de semence que l'on doit employer dans une terre plus ou moins riche. On arriverait sans doute à fecônnaître jusqu'à quel point est vrai le principe trop généralement adopté que plus la terre est riche moins [il faut de semence. Cela e^t juste pour toute terre profonde et humide, naturellement

iga M. DE VOGHT

que trace la herse jardinière, puis on Tentcrrc par un léger hersage en travers , avec la herse flamande. L'époque des semailles est du commencernent de septembre jusqu'au lo octobre. Le champ n'a ordinairement pas besoin de sarclage, à moins que la nielle ne se montre assez tôt pour qu'on puisse l'arracher sans faire du tort du seigle. »

Seigle sur les terres sablonneuses au Grand- Flotbec.

^ Ces terres, sont spécialement consacrées à la culture du seigle , et on le met presque toujours après deux récoltes enterrées en vert.

» La récolte verte est enterrée profondément à la charrue. On herse quatre fois , puis on roule, on donne un labour à l'extirpateur, puis on herse encore quatre fois , et ensuite on roule , ou l'on traîne une herse retournée. Cette dernière

meuble et enrichie d'^engraîs intimement mélanges avec elle. Telles sont les anciennes terres; de marais ^ de la mer du nord et de Pest , tels sont encore certains sols d^alluvion, formés de parties fines , calcaires et granitiques ; mai^ le principe est faux pour tout sol formé d^une argile froide et d^un sable grossier dénué de parties calcaires qui auraient été amenées à un haut degré de fertilité à force de soins, de travaux et de fumier. Schwertz et Burger citent beaucoup d^exemples contradictoires à leur propre théorie.

{IVoU de M. de Voght.)

ET LA FERME DE FLOTBEC. agS

opération a lieu sur les parties argileuses , puis on donne un nouveau hersage avec la petite iièrse du Brabant.

» Cette terre qui, deux années avant, avait reçu du fumier pour la récolte des pommes de terre, est encore à 600 degrés après deux récoltes d'engrais verts 5 elle n'a donc pas besoin de fumier.

» La plus mauvaise terre, qui a reçu, en deux ans, cinq engrais verts sans addition de fumier animal , est encore environ à 4«^û ou 5oo degrés de fécondité.

» Les terres sèches ne permettent pas de semailles de seigle plus précoces que du i5 au 3o septembre. Une terre peu profonde ne supporte pas au-delà de 376 à 4^9 litres de semence par hectare. Cette semence, répandue dans les lignes étroites que trace la petite herse, est enterrée par un hersage en travers avec la herse flamande.

» De fréquentes fumures vertes entretiennent la terre tellement nette , que l'on n'a besoin de sarcler que les plantes provenant des graines de mauvaises herbes amenées par les vents , des champs voisins. »

r yesces.

« Ordinairement après pommes de terre, labours, hersages , rayolage^ on met en petits billons, que l'on refend au printemps. On herse ) on donne une façon à Textirpaleur, puis

ntl

294 ^* ^^ TOGHT

on herse encore quatre iois^ on passe la herse renversée et Ton donne encore un hersage énergique avec la herse jardinière du Brabant.

!» Si la terre n'atteignait pas la fécondité de 700 degrés , il faudrait lui donner un supplément de fumier; mais cela n^est presque jamais le cas, car le trèfle enterré par un rayolage, deux ans avant, pour les pommes de terre, revient à la surface par le nouveau rayolage,

» La meilleure époque de semaille est du 10 au 20 avril; on emploie de 319 à ibi litres de semence par hectare. Jusqu'à présent on les a toujours semés sur le hersage fait avec une herse à dents serrées que Ton emploie pour les^ autres semailles , puis on les enterre superficielle-ment avec Textirpateur , et l'on régale le sol par un hersage énergique donné avec la herse du Brabant. On fera cette année l'essai d'enterrer les vesces aussi superficiellement que les autres récoltes. . r

» Aussi long-temps que les vesces sont peu éle-^ vées au-dessus de terre, on les débarrasse par des sarclages, de la moutarde des champs et du raifort sauvage. »

Spergule. ^

1 « On ne sème de spergule pour semence qu au Grand-Flotbeç y dans la culture alterne, à prû-

ET lA FERME DE* FÎOTBEC. 3g5

prement parler, on n'en sème presque jamais. Là , on ne la cultive que pour pâturage et pour être enterrée en vert. Dans Tassolement triennal on la met après les pommes de terre.

» Aucune semaille ne demande autant de soin quel celle-ci pour Tameublissement de la terre. On herse le labour d'hiver, puis on laboure une fois ^ on donne deux hersages avec la herse du Brabant, puis on roule, ou bien on traîne une herse retournée, puis on donne deux hersages avec la herse jardinière du Brabant, et si la terre ne le supporte pas on se i^ert de la même herse à dents de bois*

9^ La fumure n'est pas nécessaire; après les pommes de terre fumées , la terre est ordinairement à 5oô degrés.

y> il faut mettre beaucoup d^attention à Tégalité de la semaille. On emploie de 4^ ^ ^9 ^^^* de semence par hectare ; 66 kil. est la quantité que j'ai trouvée préférable. On doit semer la spergule en long et en travers dans les lignes étroites de la herse pour qu'elle se trouve plus également répandue ; puis on y passe le rouleau pour ne. pas déranger h semence. La meilleure époque est du ^5 mars au 5 avril.

!► Il n'est pas nécessaire de sarcler la spergule , car la moutarde des champs ne mûrit pas aussi promptement que cett€ plante, s^

On peut déjà juger par ces extraits , du haut

2^6 « Vr. DE VOGHT

degré de perfection auquel soat portés les procédés de culture dans TexploUation de M. de Voght. Je vais terminer cet article par quelques fragmens de traduction d^un petit ouvrage du même agronome, sur rptilité des récoltes vertes enterrées comme engrais. Cet ouvrage a été pût^liéen 1829, sous la forme d'une lettre à M« le professeur Karsten.

4; Si Ton sème de la spergule à la fin

de mars pour Tenterrer à la fin de juin , que Ton en sème de nouveau pour Tenterrer au cornjnencement d'août^ et si Ton sème en<:ore de la spergule ou de la navette et que Ton enterre la spergule en novembre ou la n<8^vette au mois d'avril suivant, on peut compter en moyenne, dans le premier cas, sur reffet de ^29 voitures de fumier par hectare, et dans le deuxième cas çur Teffet de 33 voitures de fumier aussi par hectare, comme Tont prouvé depuis 181g, trois cents essais différens. Je prouverai plus bas p%r des f%its, que trois récoltes bien réussies, enterrées en vert, enrichissent plus le sol qu'une récolte de seigle ne Fépuise. »

« •••••• Les engrais verts sur un sol trèssablonneux sans fumier suffisent ooa-seulamient pour réparer Tépuisement occasioné par une récolte de seigle tous les deux ans, mais augmenteront la richesse du sol^ cela est prouvé par Texpérience suivante.

ET LA F£AME DE FLOTBEC. 2QJ

» En iSso, détermiaé par Fexempîe de M. Drewsen et par les eonseils de Thaërj je résolus d^tôsayer ^i\ était possible , sans épuiser le sol, de continuer d^obteilir du seigle tous les deux ans , par un simple alternat d'engrais vert sûr un sable pur, qui, à in<^i et a mes voisins , n^a jamais donné après une fumure, au-rdelà de cinq fois la semence en seigle.

» Je choisis pour cela un champ, dont j^ai fait analyser le soi en 1816 par M. Schmeisserf le "fiol renfermait :

86 parties de gros sable,

6 id. de sable fin ,

6 id. d'argile,

a id. d'humus* !» La pièce avait une étendue de 49 ^i^; ^H^ avait été fumée en 1817 pour des pommes de terre, et porta en 1818 avoine et trèfle pour expérience : ell« d(mna 16,29 hectoL d'avoine par hectare; en 1819, un mauvais trèfle, comme cela était à prévoir dans ce sol.

En 1820, la pièce se trouva à 44^ degrés de

fécondité, et donna i3hectoL y^de seigle

{)ar hectare.

En 1821 , de la spergule récolta en graine, puis

du seigle enterré en vert* £q 1822, de la spergule pour graine.

agS M, DE VOGHT

En 1833, 11 hectol. */4 de seigle par hectare^

puis spergule enterrée en vert.

En 1824 ) de la spergule pour graine, puis de

la spergule enterrée en vert.

En 18:25, des vesces manquées, qui ne peuvent

pas compter pour un engrais vert.

En i8a6,on récolta i3 hectol. '/, de seigle par

hectare , ensuite spergule enterrée en vert. En 1837 , ^^^^ engrais verts.

En i8a8, on recueillit 17 hectoL de seigle par

hectare , et le sol se trouva à 548 degrés

de fécondité* » Ainsi, depuis 1820, sans recevoir de fumier, ce sol a gagné 108 degrés de fécondité, équivalant à Teffet de 24 voitures de fumier par hectare. » Le résultat devient encore plus remarquable par la comparaison avec Pautre {)artie du champ, qui , dans sa rotation ordinaire , avait reçu pouf les pommes dé terre qui ont précédé la dernière récolte de seigle , 24 voitures de fumier par hectare. Elle donna 16,42 hectol. de seigle par hectare, ainsi quelque chose de moins que la partie non fumée. »

« Le champ que je choisis pour une

autre expérience, se trouvait en 1820 à 286 degrés

de fécondité ^ et porta :

En 1821, seulement 5oi litres de seigle par

hectare, et j^y semai ensuite de la sp^-^

gule qui fut enterrée en vert.

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