‹ Annales agricoles de RovilleChapitre 41 sur 67 · LIVR · texte numérisé non relu

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354 BE l'irrigation

» jVL Stepheps , d'établir un barrage , il faut le » constrrfire avec les matériaux les plus solides » fournis par la localité^ car une construction » de ce genre faite avec de mauvais matériaux, !^ exige tant de réparations qu'elle finit par » devenir trois fois plus coûteuse que celle que » Ton construirait avec soin et solidité. »

Peu' de prairies sont situées de manière à ne pas permettre de réunir les eaux qui les ont arrosées , pour servir à l'irrigation d'autres pr&. Cela se fait lorsque l'eau est rare. M* Stephens^ dans une prairie de 3o acres, appartenant au duc d* A thaï qu il a disposée pour l'irrigation en 1827, a réuni ainsi les eaux trois fois successivement. Les choses y sont arrangées de manière que l'eau qui sort d'une prairie peut être réunie et dirigée sur un autre champ. Mais lorsque les eaux sont abondantes , ces dispositions sont inutiles. Dans d'autres cas^ il est nécessaire de diriger l'eau sur deux points culminans séparés par un bas-fonds j cela se pratique au moyen d'un aqueduc (carrj'bridge) dont les extrémités aboutissent sur les deux points élevés. Ces aque-» ducs sont en bois , en fer ou en pierre , et on leur donne la hauteur convenable pour atteindre le but proposé.

Telles sont les matières contenues dans le deuxième chapitre de l'ouvrage de M. Stephens.

m. De V irrigation par reprise d'eau {catch-vork irrigation.)

Si Ton en croit M. Stephens^.ce mode d'irrîgation , le plus généralement suivi du reste sur le continent, ne dgît jamais être adopté que là où ^ surface du sol ne permet pas Papplication de, rirrîgation en planches : sur les terrains très en pente , par exemple. En pareil cas, il faut sillonner le sol de distance en distance par des raies d'irrigation tracées obliquement à la pente de manière ^ue Teau soit déversée en se répandant de rigole en rigole, depuis la supérieure jusqu'à celle qui occupe le plan le plus inférieur.

« Il est évident, dit M* StephenSy que cette » disposition des raies d'irrigation nest point 9 convenable , puisque les parties supérieures y> seules de la prairie seront fertilisées par les dé- :^ pots des eaux. La meilleure manière de remé-- » dier à cette distribution inégale du sédiment » aqueux, est de prolonger le canal de conduite » jusqu'au centre de la prairie, ou jusqu'au point » le plus élevé de la pente dii plan inférieur 5 par » ce moyen chaque rigole d'irrigation est ali- » mentée directement par le canal de conduite, » et reçoit une eau riche et qui n'a pas encore > servi. Dans quelques prairies arrosées par re- !» prise d'eau, la seule saignée destinée à faire

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» écouler les eaux se trouve creusée daos la partie

^ inférieure, au bas de la prairie^ dans d^autres, la

» surface du sol est disposée dç manière que le

» système d'irrigation en planches s'allie à celui

» par reprise d'eau. Dans ce cas quelques-unes

y> des raies d'irrigation deviennent des saignées

» dans leur partie inférieure , tandis que d'a0res

> le sont dans leur partie supérieure. Cette dis- » position est nécessaire dans beaucoup de cir-

> -constances , non-seulement pour , éviter des

> frais considérables de nivellement , mais encore » pour tirer tout le parti possible des eaux dont » on peut disposer. Dans l'irrigation par reprise » d'eau , la distîance entre les raies d'arrosage » dépend de la pente du sol et de la nature du

> sous-sol. Si le sous-sol est poreux et la pente » d'un pied sur 20 à 3o , Fintervalle entre les » raies d'irrigation peut être de 4^ à 60 pieds^ » mais lorsque la pente est moins forte et le » sous-sol humide, l'intervalle ne doit jamais

> excéder 3o pieds. (Voyez planche V.) » Notre auteur recommande ensuite d'organiser

les écluses de manière à être tout-à-fait maître des eaux et à pouvoir les détourner complète^ment de la prairie dans les intervalles des arrosages; car il est extrêmement important que la prairie soit alors parfaitement sèche. Si elle reçoit les eaux pendant toute l'année , elle prendra bientôt

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Tâspect des terrains marécageux ^ or il est aussi indispensable de saigner complètement une prairie dans certaines époques, qu'il est utile de Farroser dans d'autres. Il est deux règles fort importantes a bien observer dans la formation d'un système d'irrigation : 1^ aucune partie de la prairie ne doit se trouver dans un niveau parfait, un nweau mort y suivant l'expression de M. Stephens ; a^ l'eau doit être sans cesse en mouvement. Mais il est impossible de donner pour chaque cas des règles précises de détail, attendu que l'on ne trouverait peut-être pas deux prairies disposées exactement de la même manière. C'est au tact de l'irrigateur à déterminer ce qu'il convient de faire dans chaque circonstance de détail. Un point fondamental, c'est que l'irrigation exige absolument de la pente dans le terrain ^ les avantages qui peuvent ensuite résulter de l'arrosage dépendent essentiellement du savoir-faire et de la persévérance de l'irrigateur.

Quelque simple que puisse paraître en apparence Inapplication d'un système d'irrigation, elle ne laissera cependant pas de présenter des difficultés réelles à celui qui voudra le réaliser. Ce n'est point une chose aisée que de disposer une surface irrégulière de manière à lui donner la pente voulue pour y distribuer les eaux sur tous les points. L'irrigateur doit avoir pour cela une

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connaissance parfaite des nîvellemens, et peu de personnes se font une idée exacte des dépenses qu^un terrain exige pour être convenablement disposé pour l'irrigation.

Lorsque le terrain est très-inégal il est quelquefois avantageux de le labourer et d'en tirer une récolte d'avoine avant de façonner sa surface pour l'arrosage. Ces opérations préalables nettoient et pulvérisent le sol , et rendent son nivellement plus facile et moins coûteux que si l'on employait de suite la pelle et la brouette. Cependant alors il faut attendre deux à trois ans avant de pouvoir avantageusement conduire les eaux sur la prairie^ tandis qu^en nivelant immédiatement avec la pelle et la brouette, on peut, surtout lorsqu'un gazon épais couvrait le sol, arriver bien plus tôt à l'irrigation complète. Ce dernier moyen est moins long, mais il est plus coûteux. M. Stephens nomme ici les graminées qu^il est convenable de semer sur des prairies arrosées: la flouve odorante (vernal grass) , le cynosure à crête (crested dogstail) , le vulpin {foûctail)\^ le pâturin (rough meadow grass) et ce fameux florin (agrostis stolonifera)^ que l'on a tant vanté dans un temps pour n'en plus parler ensuite. Quant à ce dernier, il conseille de le couper en morceaux ( c^cst une plante qui se multiplie par ses drageons ) avec un hache-paille , et de les

semer avec les autres semences. Celte graminée se trouve, dit-il, dans les meilleures prairies.... Les plantes que nous venons de nommer ne donnent pas toujours une bonne récolte la première année 5 pour remédier à cet inconvénient , M. Stephens recommande de semer en outre un peu de ray-grass (lolium perenne) , afin d^obtenir une récolte de«foin, avant que le sol soit assez raffermi pour recevoir les eaux.

Mit Smith ^ dans son Essai sur Tirrigation, avance que c'est chose indifférente de semer telle ou telle graminée sur un sol préparé pour Tirrigation, attendu que bientôt les herbes qui conviennent le mieux à une prairie arrosée , y croîtront spontanément et en chasseront les autres. «Cela est vrai, dit M. Stephens ^ maiis il » est également évident que si, dès le principe, » on garnit la prairie deâ plantes qui lui convien- » dront le mieux par la suite ^ on en tirera plus » de profit que si Ton se confiait à la marche lente » de la nature, pour se contenter pendant deux » à trois ans d'un produit en foin de médiocrei » qualité. »

M. Stephens évalue les frais d'entretien d'une prairie arrosée , à 5 ou 6 schellings par acre (de i5 à 18 €r. par hectare ) et par an , et dans la seconde année de rétablissement de la prairie, les Irais sont encore plus considérables, attendu

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qu'il faut exhausser certaiûes parties affaissées par la première action des eaux sur un sol non en-> CQre raffermi.

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