L'UTILISATION DES MARCS DE VENDANGE
M. A. MIJNTZ
Profestear à l'Institut natioDal agronomique.
J'ai montré, dans une élude antérieure \ que les marcs de vendange, sortant des pressoirs, contiennent encore 60 p. 100 de leur poids de liquide vineux, analogue au vin de presse Iui-m6me. Les plus fortes pressions qu'on peut obtenir, avec les pressoirs employés dans les exploitations viticoles, ne peuvent faire sortir ce liquide qui représente une fraction importante de la vendange (15 p. 100 en moyenne). Souvent, pour ne pas perdre le vin resté dans le marc, on soumet celui-ci à des lavages a l'eau, et on obtient ainsi des piquettes, généralement d'un faible degré alcoolique, qu'on conserve pour la consommation des ouvriers de l'exploitation, ou qui va à la distillation.
Frappé de l'imperfection des méthodes actuelles, qui ne permettent qu'une extraction très incomplète du vin qui imprègne les marcs, et de la dilution des produits ainsi recueillis, j'ai étudié un procédé de déplacement méthodique, permettant de retirer la totalité du liquide vineux, en ne faisant intervenir que de petites quantités d'eau et d'obtenir ainsi des piquettes fortes, ayant plus de valeur pour Talimentalion des ouvriers, et se prêtant mieux à la distillation.
Déjà, après les vendanges de 1892, opérant dans le Roussillon, sur près de 50,000 kilos de marc exprimé, j'ai extrait, par ce procédé, 312 hectolitres d'une piquette ayant une richesse alcoolique moyenne de 8 p. 100 et une proportion d'extrait sec de 18 grammes par litre. Los vins avaient donné en moyenne 10.5 p. 100 d'alcool et 21 grammes d'extrait sec par litre.
De pareilles piquettes ne sont pas inférieures à la plus grande partie des vins de plaine du vignoble du Midi et fournissent une boisson d'une qualité bien supérieure à celle des piquettes