Ann, agron.f t. XIX» p
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préparées par les procédés usuels, et qui contiennent rarement plus de 4 à 5 p. 100 d'alcool.
Une partie des piquettes que j'avais ainsi préparées a été consommée par le personnel de l'exploitation; l'autre a été distillée et a fourni un alcool égal, comme qualité, à l'alcool du vin. Dans cette opération, j'avais retrouvé plus de 80 p. 100 de l'alcool qui était resté dans le marc. Quant au marc ainsi épuisé, il a fourni encore un excellent aliment qui, ensilé, a servi, pendant tout le courant de l'hiver, à nourrir un troupeau de brebis de 200 tètes.
Les résultats obtenus en 1892 étaient donc très encourageants. Je lésai contrôlés aux vendanges de 1893, en perfectionnant lo mode de préparation et en suivant de plus près la marche des opérations, afin de pouvoir mettre à la disposition des viticulteurs des indications précises, leur permettant de tirer un parti avantageux des marcs de vendange qu!ils laissent perdre ou qu'ils n'utilisent que d'une manière imparfaite.
En 1893, j'ai opéré dans deux régions différentes, le Roussillon et le Médoc.
Dans le Roussillon, les domaines du Mas-Déous et de Sainte- Eugénie ont donné une récolle de 6,000 hectolitres de vin et 72,000 kilos de marc pressé.
Je me suis siervi, pour Tépuisement, de 5 cuves cylindriques d'une contenance de 80 hectolitres chacune, placées côte à côte sous un hangar. Les marcs, exprimés à fond au pressoir américain, ont été rebêchés et introduits aussitôt dans la première cuve, où trois hommes les ont tassés parle piétinement. Mais ce travail de tassement, qui doit être fait avec soin, ne devient parfait que si Ton arrose le marc d'une petite quantité d'eau, afin de l'humecter. La quantité d'eau que j'ai trouvée suffisante, pour obtenir un tassement convenable, est de 4 à 5 litres par 100 kilos de marc. Celle qu*on mettrait en trop diluerait la piquette.
Les pressées se succédant sans interruption, la cuve a élé pleine en près de 24 heures et contenait 4,600 kilos de marc. A ce moment, on a commencé les arrosages, à l'aide d'un arrosoir muni de sa pomme, en répartissant l'eau uniformément à la surface et en renouvelant cet arrosage tous les quarts d'heure, avec 10 à 12 litres d'eau. Au bout de deux heures, la piquette a commencé à s'écouler au bas de la cuve, d'une limpidité parfaite dès le début, et a continué alors à venir régulièrement, en filet mince,