‹ Annales agronomiques (volume 2)Chapitre 126 sur 253 · CD · texte numérisé non relu

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à celles qui découlent de remploi de Tacide citrique. Il nous suffirait donc de répéter ici ce que nous avons dit à la suite de nos premières recherches. Très brièvement, nous énoncerons les points suivants :

2"* Il existe une régularité parfaite dans les résultats se rapportant aux concentrations successives ; les liqueurs acétiques dissolvent d'autant moins d'acide phosphorique qu'elles sont plus étendues.

3^ On observe une identité absolue des nombres des colonnes n"" 1 et 2, obtenus avec deux phosphates du Boulonnais de richesse en acide phosphorique et en calcaire à peu près identique.

4* Les nombres de la colonne n"" 3 sont inférieurs à ceux des colonnes n"" 1 et 2; cela est dû à la teneur plus forte en calcaire du phosphate n^ 3.

5^ Les phosphates de la Somme n^' 4 et S, de richesse en acide phosphorique et en calcaire inégale et inverse, donnent des nombres encore analogues aux précédents; à la plus grande dose de calcaire correspond la plus faible proportion d'acide phosphorique dissous.

&* Les chiffres des colonnes n"" 1 et S s'appliquent à deux phosphates d'origine différente, de richesse en acide phosphorique différente aussi, mais de teneur en carbonate de chaux égale. Avec l'acide citrique nous avions trouvé, dans ce cas, une supériorité en faveur du phosphate du Boulonnais ; nous ne l'observons pas ici pour l'acide acétique, car les proportions successives dissoutes par cet acide sont seusiblement identiques pour les deux phosphates. Il semble que l'on trouve là l'explication de ce fait connu de la pratique, que les phosphates des grès verts réussissent mieux que ceux de la Somme dans les terres déjà cultivées et amendées, c'est-à-dire, où l'acidité du sol n'existant plus, les acides des racines exercent seuls leur action dissolvante; au contraire, dans les sols de défrichement, on emploie à peu près indifféremment les deux sortes d'engrais; en effet, la dissolution par les acides du sol se faisant dans des proportions semblables, l'assimilation et les résultats sur les cultures sont aussi identiques.

De l'ensemble des expériences précédentes, il résulte que le calcaire associé au phosphate empêche, dans une grande mesure, la dissolution de l'acide acétique. Ce point n'est pas seulement établi par nos propres essais : il découle aussi d'expériences anté-

rieurement faites par d'autres chimistes, et qui sont relatées dans Texcellent traité sur Les Engrais^ de MM. Mûntz et Girard * :

Dans une série dVssais de détermination de Fassimilabilité relative de différents phosphates, MM. Vivien et Durin, en traitant ces produits par Tacide acétique, ont obtenu les proportions suivantes d'acide phosphorique dissous pour 100 de Tacidc phosphorique total de Téchantillon :

Tableau N» 5. ,

ProTenance du phosphate. Miaimum. Maximum. Moyenne.

Ardennes « *> 49.0

Meuse »» • 16.8

Quiévy 6.4 ' 38.2 22.3

Somme 5.15 15.95 11.5

Ciply 1.7 7.9 5.8

Pernes » » 3.9

Il est regrettable que les auteurs n'aient pas joint à ces résultats les teneurs en carbonate de chaux; néanmoins on peut penser que les trois premiers phosphates, provenant de Tétage des grès verts, contenaient moins de calcaire que le phosphate de la Somme, moins riche lui-même en cette matière que les craies phosphatées de Ciply et de Pernes; les proportions d'acide phosphorique dissous suivent aussi le même ordre décroissant.

L'obstacle produit par la présence du calcaire à la dissolution de Facide phosphorique par l'acide acétique, a été vérifié encore par Texpérience suivante :

2 grammes de phosphate du Boulonnais n^ 1 (18.81 d'acide phosphorique, 7.2 de calcaire) ont été mélangés intimement avec 0 gr. 8 de sable calcaire finement pulvérisé, et contenant 0 gr. 534 de carbonate de chaux. Le mélange contient donc au total 0 gr. 145 + 0 gr. 534, soit 0 gr. 679 de calcaire, chiffre sensiblement identique à celui de 0 gr. 669, représentant la dose contenue dans 2 grammes«de phosphate de la Somme n^ 4. On a fait agir sur ce mélange, pendant 24 heures, 100 centimètres cubes d'acide acétique à 50, 20 et 10 p. 100. Les résultats obtenus sont inscrits ci-dessous; en regard se trouvent les résultais fournis dans des conditions identiques par le phosphate de la Somme, sans aucune addition.

ANNALES A6R0N0MIQUB8. XX. — 22

3a8 G. PATUREL

Tableau N® 6. — Influencé de VaddUUm du calcaire sur la dissolution par t acide acétique.

BOULONNAIS SOMIIB

Additionné Sans addition de table de table

calcaire. calcaire.

/ Acide pbosphorique total 18.81 17.87

§ :«> \ Acide phosphorique dissous par j 00** acide acétique è :

« 2 I Acide phosphorique dissous par 100«e acide acétique è:

Sjl ) 20 p. 100 3.2 2 3

Ces résultats donnent lieu aux observations suivantes :

1^ Les nombres qui se rapportent au phosphate du Boulonnais mékiogé au sable calcaire, sont de beaucoup inférieurs à ceux ebtenus précédemment sans cette addition. Nouvelle preuve de L'action spéciale du carbonate de chaux. (Voir tableau n"" 5.)

2* Les deux colonnes donnent des chiffres sensiblement égaux : dfoù il résulte que les deux phosphates du Boulonnais et de la Somme, avec une teneur égale de calcaire, se comportent vis-àvis de l'acide acétique à peu près de la même façon. C'est ce que nûiis avons déjà observé précédemment.

En résumé, si l'on passe en revue tous les chiffres obtenus dans les expériences sur l'attaque des phosphates par Pacide acétique, QQi est frappé des faibles proportions d*acide phosphorique dissous, et on est tenté d'en conclure que les acides du sol n'exercent sur W phosphates qu'une action peu énergique. Cependant, si Ton aa reporte au chiffre donné plus haut de 7 grammes d'acide acétique ou d'analogues par kilogramme de terre, ce qui correspondiÂit, pour une épaisseur de 0"',20, à 14,000 kilos d'acides libres environ par hectare, si Ton réfléchit au temps pendant lequel s'accomplissent les réactions, à la dissémination des acides et du phosphate, on est conduit à penser que l'assimilation de l'acide phosphorique par la plante est facilitée et activée, grâce à une dissolution préalable de cette matière par les acides du sol.

§ 3. — AoUon dlssolyante de l'aoide carbonique sur les phosphates.

La terre arable conlient d'une façon permanente une certaine proportion d'acide carbonique gazeux, qui y prend naissance d'abord par suite du phénomène de respiration des racines, et aussi par la combustion lenle des résidus organiques de la végétation. La proportion de ce gaz est éminemment variable, suivant l'abondance des débris humifères, la composition physique du sol, sa perméabilité, etc.. Dans une série de recherches sur ce sujet, Boussingault et Lewy ont indiqué les proportions suivantes d'acide carbonique existant dans l'atmosphère de différents sols * :

0 gr. 8 d'acide carbonique pour 100 volumes d'air; dans les sols récemment fumés, cette quantité s'élève à i gr. S4 et 2 gr. 24.

Au champ d'expériences de Grignon, M. Dehérain a trouvé les quantités suivantes :

1 gr. 16 et 1 gr. 38 d'acide carbonique pour 100 litres d'air, dans un sol fumé.

1 gr. 13, 1 gr. 16, 0 gr. 98 d'acide carbonique pour 100 litres d'air, dans un sol pauvre.

Bien que l'acide carbonique soit un des acides les moins énergiques que Ton connaisse, il joue dans le sol une action dissolvante du plus haut intérêt : il solubilise le calcaire, et c'est grâce à lui que les eaux qui s'écoulent des terrains riches en cet élément, contiennent toujours du carbonate de chaux dissous à l'état de bicarbonate. En outre, il agit aussi sur les phosphates du sol, et à ce titre, il nous a paru important, comme complément aux recherches précédentes, de rechercher dans quelle mesure l'acide carbonique concourait , soit seul , soit avec l'aide des autres acides du sol, à la solubilisa tion de l'acide phosphorique des engrais.

Une première expérience a été faite sur ce sujet, en se maintenant autant que possible dans des conditions identiques à celles des actions que nous venons de rapporter.

2 grammes de phosphate du Boulonnais (n^ 1) et de la Somme

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