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I. Tome IV, page

« Un autre procédé, appliqué à Ciply, permet d'arriver aux mêmes résultats. On calcine légèrement la craie brune, et on lave la matière délitée dans les appareils de préparation mécanique des minerais, tels que les cribles à secousses du Hartz. La chaux pulvérulente est entraînée par le courant d'eau^ et laisse les grains bruns de phosphates.

« Ces procédés pourront être appliqués à la craie grise de Beauval, quand les gisements riches auront été épuisés. »

On voit que ces divers travaux avaient en vue l'application des phosphates pauvres à la préparation des superphosphates : nos expériences montrent qu'il serait très désirable devoir, dès maintenant, Tun des moyens précédentsentrer en pratique d'une façon régulière, et être appliqués aussi aux phosphates destinés directement à la culture. Leur valeur fertilisante serait, par ce fait, considérablement augmentée.

RÉSUMÉ ET œNCLUSIONS

1* Les phosphates naturels provenant des divers pays d'extraction, se vendent, surtout en Bretagne, à des cours très différents, et, d'autre part, les expériences culturales directes ne justifient pas toujours les différences de prix qui existent dans le commerce de ces engrais. Le présent travail a été entrepris dans l'espoir de découvrir la cause de la préférence que l'on accorde aux phosphates des grès verts, dits du Boulonnais, comparativement aux phosphates de la Somme.

2'' Les procédés chimiques, emploi du citrate et de Toxalate d'ammoniaque, proposés jusqu'ici pour la détermination de l'acide phosphorique assimilable, ne donnent, appliqués aux phosphates naturels, que des résultats imparfaits, et en outre, ne représentent nullement ce qui se passe en réalité dans le sol.

3* Les acides faibles, acide acétique proposé par M. Dehérain, acide citrique proposé par sir Bernard Dyer, pour la détermination de l'acide phosphorique assimilable du sol, nous paraissent devoir donner des résultats plus probants avec les phosphates naturels : ces acides exerceront, en effet, une action comparable à ^elle des acides de la terre, et des sucs acides des racines.

4"^ La réaction acide est très répandue dans les produits végétaux et en particulier dans les racines. L'étude de ce^ acides est

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entravée par la difficulté que Tod éprouve à séparer du sol un poids de racines suffisant pour en extraire les matières qu'elles contiennent, mais en opérant sur des tubercules de pommes de terre dont la réaction est acide, nous avons pu en extraire de Tacide citrique.

S"" Les acides des racines sont très énergiques. Leur action corrosive sur les corps durs comme le marbre est bien connue* En répétant les expériences de Sachs, nous avons vu des racines de pois, creuser leur sillon à la surface du marbre en lui arrachant 0 gr. 4 de carbonate de chaux. Les mêmes expériences, effectuées avec des plaques d'apatite polie, ont également tracé des sillons nombreux à la surface de ce minéral, et le sarrasin qu'on y a cultivé lui a enlevé un poids de 45 milligrammes d'acide phosphorique.

6^ Deux échantillons de phosphate du Boulonnais et de la Somme, ont été mis en contact, dans des conditions semblables, avec plusieurs solutions d'acide citrique. Les quantités d'acide phosphorique dissous ont élé très inégales, le phosphate du Boulonnais se montrant beaucoup plus attaquable que celui de la Somme. Ce résultat est conforme à la préférence que la pratique agricole accorde aux produits des grès verts.

7*^ Mais l'inégalité de dissolution ne tient pas à une différence de dureté des deux produits; elle est due à leur teneur inégale en <3arbonate de chaux. Dans nos essais, le phosphate du Boulonnais contenant 7 p. 100, et celui de la Somme, 33 p. 100 de calcaire, le premier a laissé dissoudre une plus forte proportion de son acide phosphorique que le second.

8® Les différences constatées ne peuvent s'expliquer par une simple saturation de l'acide citrique par le calcaire associé au phosphate. Le calcaire exerce un obstacle à la dissolution, d'une nature spéciale; une faible quantité de ce corps suffit à empêcher l'action dissolvante d'une grande quantité d'acide. Ce fait a été vérifié constamment dans une série de vingt-quatre expériences effectuées dans des conditions diverses, et avec des phosphates différents d'origine et de teneur en acide phosphorique et en calcaire.

9"* Les terres de bruyères, de landes, ont une réaction nettement acide. M. Dehérain a caractérisé dans ces sols l'acide acétique libre. Nous avons fait la même constatation sur une terre

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de landes ; et bien que nous n'ayons pu évaluer la proportion de cet acide, nous avons trouvé que Tacidité totale du sol, rapportée au type dtî Tacide acétique, correspondait à 7 grammes environ d'acide par kilo de terre.

lO"" En faisant agir Pacide acétique sur les phosphates des précédentes expériences, on voit que cet acide agit comme dissol* Tant bien moins énergique que l'acide citrique. En outre, le calcaire exerce encore un obstacle considérable à la dissolution de l'acide phosphorique.

11^ L'action de l'acide carbonique sur les phosphates est d'une nature spéciale. Il ne dissout pas par lui-même des quantités notables d*acide phosphorique ; mais il solubilise aisément le carbo*. nate de chaux, et par cela même, il facilite la dissolution du phosphate de chaux par les autres acides du sol.

Comme conclusion, on peut dire que le prix qu'il convient d^attribuer sur le marché aux différents phosphates naturels, ne devrait pas être, comme cela se pratique aujourd'hui, uniquement basé sur la proportion d'acide phosphorique total qu'ils contiennent. C'est un fait reconnu aujourd'hui que la terre arable renferme des stocks importants d'acide phosphorique qui ne sont pas immédiatement utilisables par les végétaux, et nous avons mentionné plusieurs procédés de détermination de l'acide phosphorique assimilable du sol. Pour les phosphates naturels également, l'assimilabilité est très différente d'un produit à un autre; d'après nos expériences le principal obstacle à cette assimilation est la présence d'une quantité notable de calcaire associé au phosphate. Peut-être, le jour n'esl-il pas éloigné où, dans l'analyse des phosphates naturels, on déterminera non seulement l'acide phosphorique total, mais, en outre, la proportion de calcaire et la fraction du phosphate soluble dans un acide faible, acétique ou citrique, de concentration déterminée; puis, dans l'établissement du prix de vente, on baissera la valeur du kilogramme d'acide phosphorique en raison de la quantité de calcaire qui l'accompagne.

Quant aux phosphates tels que ceux de la Somme qui contiennent, lorsque leur richesse n'est pas très grande, une proportion notable de carbonate de chaux, le seul procédé vraiment efficace pour accroître leur valeur consiste à les débarrasser de leur gangue calcaire. Si l'on parvient à rendre pratique et économique

Tun des procédés indiqués à cet effet, son fonctionnement donnera une plus-value marquée aux phosphates extraits des terrains calcaires. Le cultivateur aurait, à notre avis, grand avantage à se procurer des phosphates ainsi enrichis par la disparition de leur carbonate de chaux, même s'il devait le^ acheter a un prix un peu supérieur aux prix habituels. La question, au point de vue agri? cole, n'a pas encore été abordée dans ce sens; il est désirable de voir entreprendre, sur ce sujet, des expériences cullurales, qui permettront de vérifier si, suivant un mot célèbre, « l'opinion des plantes » sera conforme à celle que nous avons émise.

REYBE DES TRAVAtIX PUBLIÉS EN FRANCE ET A L'ÉTR AN6ER

Physiologie végétale.

De rinflaenee du développement des graines sur l'abondanee dé la ehalr des fruits, par M. Mullbr (Thurgovie) *. — Tout le monde connaît les raisins de Gorintbe, si fréquemment employés en pâtisserie. Les grains en sont très petits, mais ils ne renferment pas de pépins; il est du reste plusieurs autres espèces, des pommes, des prunes (stoneless), qui présentent ce même phénomène assez curieux. A quoi donc peut-être dû ce développement particulier de la paroi oyarienne dans un ovaire dont les ovules ne se sont pas transformés en graines ? Lorsque l'œuf fécondé d'un mammifère s'est fixé dans Tutérus, nous voyons celui-ci grandir, se fortifier, se vasculariser, nous voyons un placenta se former, nous voyons les mamelles se développer et sécréter du lait; nous sommes habitués à celte idée d'une corrélation entre la fécondation et le développement d'organes parfois fort lointains.

Il semble donc que cet accroissement extraordinaire de l'ovaire des plantes soit un phénomène semblable, un phénomène « induit » par la fécondation de l'oosphère dans le sac embryonnaire.

M. Mûller-Thurgovie s'est d'abord occupé delà vigne; il a vu que l'absence des pépins dans des fruits qui ont pris néanmoins un certain développement n'est pas due au défaut de la pollinisation, car si on empêche l'accès du pollen, l'ovaire ne prend aucun accroissement, les fleurs tombent invariablement. On obtient des grains de raisins sans pépins, lorsque le pollen ayant germé sur le stigmate, a poussé son tube poUinique, dans le tissu conducteur du style, sans qu'il y ait eu véritablement fécondation.

Dans bien des cas la fécondation proprement dite est même complètement impossible, par exemple chez la variété « aspirant », dont les ovules sont tout à fait monstrueux et ne renferment ni sac embryonnaire, ni, à plus

1. Berichte der Schtoeiserischen botanischen Gesellschaft, Berne, 1593, 15; — Bol. CentralbL Beihefte, IV, l*' fasc, 23.

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forte raison, d^oosphère. Chez celte variété, comme ailleurs, Tovaire ne subit aucun accroissement si on empoche la pollinisation; on obtient des fruits sans pépins si dn la laisse s'opérer.

Le nombre des graines a une influence sur le développement de la pulpe des fruits; plus il est élevé, plus la pulpe est abondante, mais en môme temps la maturation est plus lente.

Chez un pommier qui produisait des pommes sans pépins, Tauteur n'a pas trouvé la moindre indication d'ovules dans Tovaire ; ici l'accroissement de l'ovaire dépend donc uniquement de la pénétration du tube pollinique dans le style et Tovaire Vesque.

Le chémotroplHme chez les champignons, par M. Manabu Miyoshi^ — C'est à M. PfefTer que nous devons les premières connaissances qui ont dévoilé toute une classe de phénomènes d'excitation chimique. L'excitant est ici une substance chimique appropriée, variant d'un objet à l'autre, qu'il faut par conséquent rechercher par de patients tâtonnements pour chaque cas particulier. Un cristal d'acide malique déposé dans une goutte d*eau crée autour de lui une solution dont la concentration diminue à mesure qu'on s'en éloigne. Si la même goutte d'eau tient en suspension des anthérozoïdes de fougères, ces petits organismes motiles sont excités chimiquement et répondent à cette excitation en se dirigeant tout d'abord vers le cristal jusqu'à une distance où la concentration est telle que l'anthérozoïde reste indifférent. S'il était placé plus près du cristal, c'est-à-dire dans une solution plus concentrée, il prendrait la fuite.

D'après la terminologie actuelle, «^etle sorte de phénomènes caractérisés par le déplacement de l'organisme tout entier, porte le nom de « chémotaxie ». Il est facile d'éviter les concentrations très fortes, répulsives, en se servant, non d'un cristal d'acide malique, mais d'une dissolution de ce corps, assez faible pour exercer une attraction et que l'on enferme dans de très fins tubes capillaires ; en ce cas, les anthérozoïdes iront se prendre dans les tubes. Celte méthode est surtout propre à l'éfude des effets des solutions différemment concentrées, à la recherche des minima, optima et maxima de concentration.

Que l'on s'adresse maintenant à des tubes poUiniques, par exemple, on les voit se diriger vers le micropyle pour y pénétrer et aller se loger tout contre le sac embryonnaire qui est même plus ou moins fortement refoulé; nous pouvons soupçonner un effet analogue qui suivrait l'excitation produite par une substance, nous ne savons laquelle, émanée >ans doute du sac embryonuaire et peut-être plu? spécialement des synergides, comme le croit M. Strasburger. Ce ne sera plus là de la « chémotaxie », mais du « chémotropisme », l'organisme tout entier ne se déplace pas, mais la partie du tube qui est encore en voie d'accroissement se courbe de manière à se diriger vers la source du produit excitant.

L'auteur, en présence de ce fait entre autres, que les champignons parasites pénètrent dans la plante nourricière, a pensé que ces végétations sont sans doute chémotropiquement excitables. lia donc entrepris des expériences

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