Bolan, ZeiL, 1894, !'• fasc
sur les Mucor Mucedo et stolonifer^ le Phycomyces nitenSf le Pénicillium glaucum, VAspergillus niger et le Sapro legnia ferax. Il a fait germer les spores de ces champignons en chambre humide, sur des membranes ou lames Unes percées de petits trous que Ton disposait ensuite sur la solution de la substance à essayer ou sur une plaque de gélatine à laquelle cette même substance était incorporée.
On peut se servir à cet effet de membranes de coUodion, de pelures d*oignon ou de fines lames de mica. Si les hyphes obéissent à Texcitation chimique, elles doivent pénétrer par les trous et se répandre dans le milieu excitant, sinon, elles doivent passer indifférentes à côté des perforations. On a obtenu de très bons résultats en faisant germer les spores sur des feuilles des Tradescantia discolor ou procumbens dans lesquelles on avait injecté la solution, Taction chémotropique se traduisait alors par la pénétration des hyphes à travers les stomates de la plante. L'auteur a eu recours également à la méthode des tubes capillaires employés jusqu'alors seulement pour les bactéries et les anthérozoïdes ; ils étaient d*un bon emploi pour le Saprolegnia qui est un champignon aquatique.
Toutes les précautions ont été naturellement prises pour se mettre en garde contre les excitations de contact, le géotropisme et Théliolropisme, on s'est également mis à l'abri des différences d'humidité et d'éclairage, la température enfin était maintenue entre 18 et 21 degrés.
Il est intéressant de noter tout d'abord la distance à laquelle l'action attractive peut encore se faire sentir. On y parvient en perçant la membrane de collodion d'un petit nombre seulement de trous. Les hyphes qui en sont séparées par une distance égale à douze, quinze fois la longueur des spores recourbent encore leur sommet vers la solution excitante, mais c'est là le maximum.
On a essayé ainsi les phosphates, les nitrates, les sulfates, les chlorures, les carbonates, des acides inorganiques et organiques, des alcalis, des hydrates de carbone et enfin des mélanges, tels que l'extrait de viande, le jus de pruneaux, etc.
Quelques-unes de ces matières exercent une attraction chémotropique forte ou médiocre, d'autres sont au contraire défavorables ou tout au moins n'attirent pas. A ces différences qui résident dans la nature des substances, viennent s'en ajouter d'autres, prenant leur source dans les propriétés spécifiques des différents champignons, telles que les diverses espèces ne se comportent pas de la même manière vis-à-vis de la même substance. Néanmoins les cinq moisissures sont assez semblables sous ce rapport, mais le Saprolegnia est assez différent.
Les champignons sont positivement excités, c'est-à-dire attirés par les sels ammoniacaux (nitrate, chlorhydrate, malate, tartrate), par les phosphates (de potasse, de soude, d'ammoniaque), par l'extrait de viande, la peptone, les sucres de canne et de raisins (qui sont moins bons pour le Saprolegnia) f l'asparagine, etc. L'extrait de viande agit probablement parles phosphates qu'il renferme. D'autres substances phosphorées, comme la lécithine, la solution nourricière de Knop (à cause de son acide phosphorique) attirent le Saprolegnia.
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La glycérine et la gomme arabique à 2 p. 100 sont indifférentes, mais deviennent un peu atlractives à une concentration plus forte. Les substances répulsives sont: tous les acides libres inorganiques ou organiques, les alcalis, Talcool et quelques sels, par exemple le tartrate double de potasse et de soude, le nitrate de potasse, le chlorate de potasse, le sulfate de magnésie, etc.; toutes ont été employées à un degré de dilution tel qu'elles n'ont pas pu agir à la manière des poisons, nous sommes donc bien en présence d'un phénomène physiologique normal. Ajoutons, et il fallait s'attendre à cela, que des matières attractives à faible concentration peuvent devenir répulsives lorsqu'elles sont offertes en solutions plus fortes.
En y réfléchissant un peu on trouve qu'il doit être très difficile de qualifier un corps de répulsif: en effet, l'hyphe ne se dirigera pas vers ce corps ; elle ne peut pas le fuir puisqu'elle ne s'en est pas approchée, et il devient ainsi impossible de distinguer entre l'indifférence et la répulsion. L'auteur s'est tiré de ce pas difficile avec une ingéniosité qui lui fait le plus grand honneur : connaissant une substance franchement attractive, il y mélange la matière qu'il veut soumettre à l'épreuve ; si cette dernière est indifférente, elle n'abaissera pas le pouvoir attractif de la première ; si elle est répulsive, elle le diminuera ou le supprimera.
En lisant les lignes qui précèdent, le lecteur compétent a été frappé de l'effet répulsif qu'exercent des sels éminemment nourriciers : les tartrate et nitrate de potasse, le sulfate de magnésie, la glycérine ; cette dernière, nous l'avons vu, est indifférente. Il y a donc là deux choses tout à fait distinctes, et le chémotropisme apparaît comme n'étant pas une affaire de pure téléologie, ni surtout de nutrition.
La concentration-seuil, c'est-à-dire celle au-dessous de laquelle il n'y a plus d*effet (pourquoi ne pas l'appeler la concentration minima?) est souvent très faible pour les substances les plus efficacement attractives. « Cinq millièmes pour cent » d'extrait de viande réagissent manifestement sur les hyphes de Saprolegniay un dix millième de glycose attire celles des Mucor Mucedo et slolonifer.
Les Bolrylis Bassiana et tenellay le premier, parasite des vers à soie, le second, du ver blanc ou larve du hanneton, sont attirés par des solutions à 2 p. iOO d'extrait de viande ou de peptone; l'urée agit moins, les sucres sont indifférents.
Une décoction de feuilles de blé attire VUredo linearii.
Les hyphes de plusieurs moisissures, après avoir pénétré dans les feuilles de Tradescanliaf percent et traversent les membranes cellulaires, cultivées sur des pellicules d'oignons, elles les traversent également sous Tinfluence de rattractionchemotropique.il est probable que les parasites s'introduisent ainsi dans le corps de leurs hôtes.
L'auteur termine son intéressant travail par quelques expériences sur les tubes poUiniques de la Digitale, du Mimulus, du Toreniaf de quelques Epilobes et Enothères et de la Primevère de Chine.
Le sucre de canne, la glycose et la dextrine à 2 p. 100 sont éminemment attractifs, la lévulose, la lactose et la maltose beaucoup moins ; l'extrait de viande, la peptone, l'asparagine, la glycérine, la gomme arabique sont indif-
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férents, enfin Talcool, le phosphate d'ammoniaque, le nitrate de potasse, le malate de soude, sont plus ou moins répulsifs.
L'optimum pour le sucre de canne correspond à la solution k 4-10 p. 100. A 15 p. 100, il n'y a plus de pénétration, à 0.25 p. 100 on constate encore un effet appréciable, mais à 1 p. 1000 il n'y a plus rien. Vesque.
Ohimie agrioole
De la valeur comme eoi^rals des boues obtenues dans les élabllssements de llllratlon des eaux d*égoats, par M. Kôning ^ — La ville de Dortmund a fondé un élablissement de puriûcation et de clarification des eaux d'égouts, dans lequel on obtient une quantité considérable de vase. Les eaux traversent d'abord plusieurs fossés dans lesquels se déposent les impuretés les plus grossières pour arriver ensuite dans l'usine de purification proprement dite, où elles sont additionnées de chaux et de sulfate d'alumine. Il se forme un volumineux précipité qui entraine les matières organiques et inorganiques insolubles les plus unes. Le tout est reçu dans un système de puisards où les précipités se déposent et d'où on les retire à l'état d'un limon très clair. Celui-ci est répandu sur un terrain très perméable qui lui enlève la plus grande partie de Feau en excès, puis il est exposé à l'air, où il se dessèche davantage encore.
Le cultivateur pourra disposer ainsi de deux espèces de boues, celle des premiers fossés et celle des puisards.
Il résulte des analyses qu'un mètre cube de ces boues et qui se vend environ 0 fr. 60 centimes, renferme :