‹ Annales agronomiques (volume 2)Chapitre 149 sur 253 · IX. — Conclusions · texte numérisé non relu

IX. — Conclusions

Depuis le début de nos recherches, début qui remonte à plus de six mois, nous avons exécuté plusieurs centaines de mesures de temps de coagulation au moyen de la présure.

Cette épreuve nous a paru de nature à renseigner utilement dans la pratique Tindustriel laitier sur Tétat et la qualité du lait qu'il va mettre en œuvre ; elle ne dispense pas de l'analyse, mais elle la complète.

Dans la pratique de la laiterie, l'analyse détaillée, le dosage de tous les éléments sont inutiles la plupart du temps; ce que Ton recherche surtout, c'est de savoir rapidement, avant de mettre en travail, si le lait dont on dispose est sain et pur. Nous pensons que l'on aura d'utiles renseignements sur la qualité d'un lait :

1*" £n dosant la matière grasse, ce qui est aujourd'hui l'affaire de quelques minutes avec les méthodes à l'acide ;

2"* En déterminant le temps de coagulation par la présure à la température de 35 degrés, ce qui, comme nous l'avons montré, ne demande pas beaucoup de temps.

Par l'essai de la présure on voit qu'un lait frais, sain et pur, donne un caillé d'un beau blanc de porcelaine et qui apparaît à l'œil net et homogène; le temps de coagulation est d'environ quatre minutes pour un lait de richesse moyenne; il est un peu plus court pour un lait riche en matières grasses et un peu plus long pour un lait pauvre.

Si le caillé est grumeleux, et si le temps de coagulation s'élève

ESSAI DBS LAITS PAR LA PRËSURB 381

OU s'abaisse sensiblement, le lait est suspect, on doit Texaminer avec attention.

Si le temps de coagulation est très grand, c'est que Ton a affaire à du lait bouilli, à du lait très mouillé ou additionné d'un sel alcalin préservateur.

Si, au contraire, outre l'aspect grumeleux du caillé, on constate un temps très court de coagulation, c'est que le lait est déjà en voie de désorganisation, il est malade, peut-être se coagulera-t-il de lui-même sous l'action de la chaleur ! Alors il est à refuser, il n'est plus utilisable pour les applications industrielles, il est mauvais ou dangereux pour Talimentation et doit être rejeté.

Il n'y aurait plus lieu de se préoccuper des lois édictées contre les fraudeurs, si les essais dont nous venons de parler, étaient faits par les intéressés.

Depuis nombre d'années, on en est resté en laiterie aux épreuves par le densimètre et le créroomètre, alors que tous les professeurs répètent, et que tout le monde est à même de savoir que les indications de ces instruments sont entachées d'une foule de causes d'erreurs. On gardait ces vieux procédés faute de mieux, tout en reconnaissant les irrégularités et les bizarreries des résultats fournis; on se résignait, sans aucune utilité, à attendre vingtquatre heures les chiffres fantaisistes du crémomètre, et, lorsqu'on les avait obtenus, le lait essayé était depuis bien longtemps disparu dans le travail de l'usine.

Nous serons heureux si nous avons pu montrer, par cette étude, que l'on possède aujourd'hui des méthodes permettant d'obtenir d'une façon sûre et en quelques minutes les renseignements désirés, que l'on peut très légitimement songer à acheter les laits à Panalyse.

Dans les transactions commerciales, chacun trouverait son compte à l'établissement de cette vente à la valeur réelle, le producteur d'une part, de l'autre l'industriel ou les consommateurs des produits fabriqués.

Nous résumerons cette étude dans les conclusions suivantes :

1"* L'épreuve à la présure doit se faire dans un lait datant de quelques heures pour éviter les causes d'erreurs dues à l'acide carbonique qui se trouve dans le lait venant d'être trait.

2'' L'acide carbonique active la coagulation, l'eau la retarde; le chauffage préalable des laits au dessus de 60 degrés retarde d'au-

tant plus la coagulation que la température de chauffage a été plus élevée; les laits bouillis se coagulent mal et très lentement.

3"* Les matières étrangères inertes, en particulier les globules de matières grasses abrègent d'autant plus le temps de coagula* tion que leur proportion est plus forte.

4"* Lorsque le lait est en voie d'altération^ il se charge de plus en pliîs d'acide lactique, et c'est cet acide qui est la cause première et principale de la tourne; les temps de coagulation vont en diminuant alors que l^acidité augmente.

5*" L'épreuve à la présure renseigne sur le développement de Tacide et l'état de santé du lait : un lait de richesse moyenne qui se coagule en moins de deux minutes est malade et doit être rejeté de l'alimentation aussi bien que des applications industrielles.

Sémlolo^e» dla^aosCte et traltemeat éem maladies éen aatmaox domestiques, par G. Gadi^ag, tome H avec 64 Ûgures. Un volume de YEncyclopédie vétérinaire de M. Gadéag. — J.-B. Baillière et Ûls, Paris. — Ge volume, le troisième de V Encyclopédie vétérinaire de M. Gadéac, fait suite à celui que nous avons présenté aux lecteurs des Annales dans le numéro du 25 mai dernier.

La première moitié est consacrée à la fin de la Sémiologie. Les chapitres qu'elle renferme traitent de Texploration des appareils urinaire et génital — des mamelles et de la lactation, — de la peau, — de Fappareil de Tinnervation, — des organes des sens, de Tappareil locomoteur et de la calori- Ûcation.

La dernière moitié est occupée par les deuxième, troisième et quatrième parties de l'ouvragre qui ont pour objet V Évolution des maladies , le Diagnostic et le Pronostic et le Traitement des maladies,

La quatrième partie, Traitement des maladies^ est celle qui est plus particulièrement de nature à intéresser tous les lecteurs. L'agriculteur tout aussi bien que le vétérinaire y puisera des indications générales qui lui seront d'un précieux secours pour veiller à la conservation de la santé de ses animaux.

Dans le chapitre I, Vrophylaxie^ il trouvera les règles à suivre pour soustraire le bétail à Finlluence des causes morbides.

Dans le chapitre II, Vaccination^ dû à la plume de M. Morey, il verra les immenses services que la thérapeutique préventive peut rendre et a déjà rendus à Tagriculture depuis que les belles découvertes de Pasteur et de Toussaint ont élargi le cadre de la vaccination en donnant les moyens d'atténuer les virus pour en faire des vaccins.

BI6LI0GRAPUIK 389

Bien an courant de la science, le tome n de la Sémiologie se recommande, de môme que le tome I, par sa clarté et sa concision.

J. Malrt.

AMe-mémoIre eu Télériiialre, par Julbs Signol, 2« édition avec 414 figures. — J.-B. Baillière et fils, Paris. — L'auteur s'est proposé de réunir sous une forme concise et aussi pratique que possible, les faits les plus importants de la médecine des animaux domestiques, dans le but de fournir aux vétérinaires praticiens, qui n*ont pas toujours le temps de se livrer aux travaux de cabinet, les documents nécessaires pour se tenir au courant de la science.

n nous suffit de constater que V Aide-mémoire des vétérinaires a les honneurs d*une deuxième édition pour avoir la preuve qu'il répond & un besoin et qu'il a conquis les faveurs du public auquel il est destiné. Les améliorations notables qu'il a subies ne peuvent qu'augmenter son succès.

Le livre de M. Signol traite de le^ Médecine , delhChirurgie et de VObsiétrique vétérinaires. Il est divisé en Maladies générales, Maladies des régions et des organes et Obstétrique, Ce groupement a permis à l'auteur de rapprocher, pour chaque affection, la médecine, la chirurgie, la police sanitaire et la jurisprudence. Le lecteur a ainsi sous les yeux les jalons qui le guident dans les divers cas qui peuvent se présenter à son observation.

Ce sont surtout les articles consacrés aux maladies contagieuses qui ont été modifiés. M. Signol y expose avec soin les résultats des beaux travaux de MM. Pasteur, Ghauveau, Ârloing, Nocard, etc., etc. Il signale les grands services que rendent la tuberculine et la malléine dans le diagnostic de la tuberculose et de la morve, et il insiste sur l'importance du traitement préventif de certaines affections telles que le charbon, le rouget du porc, etc., par les virus atténués.

V Aide mémoire contient en outre un formulaire vétérinaire précédé de quelques notions de thérapeutique générale ; un exposé des principes généraux de la police sanitaire suivi des lois, décrets et règlements qui régissent la matière ; un chapitre consacré à l'inspection et à la conservation des viandes de boucherie, et un autre traitant de la jurisprudence commerciale relative aux animaux domestiques.

J. Malet.

Hyglèae éem aalaiMix domestiques» par M. H. Boucher, avec 71 figures. — Un volume de V Encyclopédie vétérinaire de M. Gadéac. — J.-B. Baillière et fils, Paris. —Des auteurs fort estimés ont réuni dans un même traité l'agriculture et l'hygiène vétérinaire. Malgré les rapports intimes qui unissent ces deux sciences, nous voyons de très réels avantages à les rendre autonomes. C'est dire que nous approuvons M. Boucher d'avoir consacré son livre exclusivement à l'hygiène des animaux domestiques.

L'hygiène vétérinaire doit s'efforcer de déterminer « les influences que le milieu extérieur, essentiellement mobile et divers, exerce sur les organismes », afin d'en déduire les règles à suivre pour conserver leur santé.

(c Ce milieu est formé, d'un c6té, par des éléments vis-à-vis desquels la

puissance humaine ne peut rien ou du moins fort peu de choses ; de Tautre, par des facteurs sur lesquels elle agit vigoureusement. » Pour cette raison, M. Boucher substitue à Tancienne division des agents de Thygiène en ingestay excréta, circumfusa, etc., le groupement de ces modificateurs en deux classes : 1^ les modificateurs macrocosmiqueSy 2<> les modificateurs microcos^ miques. Son livre se trouve ainsi naturellement divisé en deux parties : la première affectée à l'étude des modificateurs macroscopiques (sol, eau, atmosphère et climats), la deuxième à celle des modificateurs microcosmiques (habitations, harnais, soins corporels, aliments).

La première partie forme quatre chapitres. Le premier, le plus étendu, montre Tinfluence que le sol exerce sur les animaux par ses propriété physico-chimiques, sa constitution minéralogique et son revêtement. Il se termine par rindication des moyens propres à assainir et à améliorer le sol. Le deuxième contient une excellente étude des eaux potables. L'auteur y examine successivement les caractères des eaux potables, leur classification, leurs propriétés, les matières organiques et les organismes qu'elles renferment... et leur expertise. Le troisième et le quatrième traitent de Faction produite sur les animaux par l'atmosphère et les climats.

La deuxième partie comprend également quatre chapitres. Le premier est une étude des habitations. On y trouve des indications générales sur la construction des étables et des indications appropriées aux logements de chaque espèce domestique (écurie, étable, bergerie, porcherie, chenil, clapier, etc.). De nombreuses figures permettent au lecteur de se faire une idée nette des modèles d'habitations les plus recommandés.|Quelques pages sont ensuite consacrées aux litières et fumiers, au nettoiement et à la désinfection des étables.

Les harnais (vêtements, moyens de construction, harnachement de travail) et les soins de toilette (pansage, tondage, bains, frictions, massage et onctions} font l'objet des deuxième et troisième chapitres.

L'alimentation, la plus importante de toutes les questions de l'hygiène vétérinaire, fournit la matière du quatrième et dernier chapitre. Elle occupe le tiers de l'ouvrage total.

Après avoir donné quelques notions générales sur l'aliment et la nutrition, l'auteur étudie les substances alimentaires, leur préparation, leurs altérations et leurs sophistications, leur conservation ; puis il expose les principes généraux du rationnement et il termine par un court paragraphe réservé à l'étude du régime.

Enfin, un index bibliographique fait connaître les travaux consultés par l'auteur.

Le livre de M. Boucher est surtout un livre d'enseignement. Composé avec beaucoup de méthode, ses différentes parties forment un tout dont l'agencement, simple et naturel, reste bien dans l'esprit. Un bon choix de caractères typographiques fait clairement ressortir les divisions et permet d'embrasser aisément et rapidement la matière des divers chapitres. Ajoutons qu'un style élégant et facile en rend la lecture agréable.

Nous sommes convaincus qu'il sera très bien accueilli par les élèves vétérinaires à qui il s'adresse particulièrement. Il ne sera pas moin<i apprécié

PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE 39i

par les agriculteurs et les vétérinaires qui y trouveront promptement sous une forme concise et dégagés de tout ce qui est inutile ou insignifiant les renseignements qu'ils voudront y puiser. Peut-être quelques-uns d'entre eux trouveront-ils trop énigmatique la notation chimique qui, çà'et là, remplace le nom banal de certains agents. Mais c'est là un détail sans importance. Peut-être regretteront-ils aussi que certains points de l'étude de Talimcntation n'aient pas reçu un plus long développement.

Quoi qu'il en soit, ÏHygiène des animaux domestiques n'en reste pas moins un excellent petit livre.

J. Malet.

KEYTIE DES TRAYAOX PUBLIÉS EN FRANCE ET A LtTRÂNGER

Physiologie végétale.

Le citrate de ehanx ehes les plantes, par M. G. Wehmer ^ — Lorsqu'on précipite le citrate de chaux à chaud, la précipitation se fait de suite, elle a lieu lentement à froid, mais une fois formé, le précipité est au plus haut degré insoluble dans l'eau, difficilement soluble dans l'acide acétique, très soluble, au contraire dans l'acide chlorhydrique.

L'auteur suppose que plusieurs des dépôts cristallins que l'on trouve dans les plantes et que l'on a considérés juqu'à présent comme de l'oxalate de chaux, pourraient bien être du citrate, entre autres les raphides et certains sphérocristaux. Cependant la question reste ouverte. L'acide citrique jouerait un rôle dans la respiration ; il n'est point démontré que l'acide carbonique dégagé pendant An respiration provient toujours de l'albumine ; il parait, au contraire, probable, que les acides intermédiaires très oxydés peuvent également subir une combustion totale.

Recherehes sur les limites de la divisibilité ehes les plaates« par

M. G. Rechinger*. — Tout le monde sait qu'un fragment de plante peut servir à la multiplication, à la condition de pouvoir vivre pendant quelque temps d'une manière indépendante et de jouir de la propriété de se compléter en développant soit des racines adventives, soit les bourgeons qu'il possède déjà ou des bourgeons adventifs.

Mais quel est le minimum de masse qui peut ainsi servir de bouture?

L'auteur a remarqué tout d'abord que les bourgeons détachés de plusieurs arbres feuillus parviennent au moins à former le callus, ce tissu cicatriciel qui se développe sur la section des boutures.

1. Zur Charakteristik des citronensauren Kalkes und einige Bemerkungen Ober die Stellung der Citronens&ure im Stoffwechsel, Berichie d. DeuUch, bot Gesellsch,, 1893, 333.

2. Verhandl. d. kais. kônigl.-zoolog.-botan. Gesellsch. zu Wien, XLIII, 1893, p. 310.

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Le tubercule de la pomme de terre est doué d'une vitalité extraordinaire : un cube de 5 cm. c, découpé dans le tissu intérieur, peut développer des pousses adveutives ; le point végétatif prend son origine dans le cambium des faisceaux libéro-ligneux.

On peut débiter une racine d'Armoraeia rusticana en tranches épaisses de 1,5 millim. qui ne comptent pas plus d^ane vingtaine d'assises de cellules. C'est là la limite. Les organes nouveaux prennent naissance par voie exogène dans le callus.

Lés segments d'une racine de pissenlit, cultivés dans une enceinte humide forment un cal riche en chlorophylle, même sur l'extrémité inférieurs, mais il ne se produit cependant de pousses adventives qu*à la partie supérieure.

Quant au callus il peut servir à quatre fonctions différentes : il est d'abord un tissu cicatriciel, il nourrit les organes qui prennent naissance dans sa masse, il peut être un tissu assimilateur, il est enfin le tissu de passage nécessaire entre la bouture et les organes qui doivent se développer sur elle.

Etudes sur l'aeerolssemeat des piaules» par M. Godlbwski'. — L'auteur a eu pour but de voir quelle est l'influence des divers facteurs extérieurs sur l'accroissement, tous les autres facteurs restant constants, et par quel mécanisme cette influence s'exerce. C'est le haricot, et dans celui-ci seulement le premier entre-nœud au-dessus des cotylédons qui a servi de sujet.

bans la première partie de son travail, l'auteur décrit trente-quatre expériences, qu*il a faites à l'aide de l'auxanomètre de Baranetzki; chacune d'elles a porté simultanément sur deux plantes et a duré plusieurs jours. L'instrument marquait ordinairement l'accroissement d'heure en heure, dans quelques cas toutes les demi-heures ou tous les quarts d'heure.

i. fùiiode diurne de V accroissement des plantes vertes dans les conditions normales d'éclairage. — D'après Sachs, le minimum diurne de l'accroissement a lieu vers le soir, et le maximum au matin. En réalité, la période diurne n'est pas du tout constante. Voici qui donnera une idée de l'irrégularité du phénomène : dans les expériences qui avaient été faites en juin 1888, le maximum s'est présenté dans les heures de l'après-midi, le minimum après minuit, tandis qu'en juin 4889, le maximum a eu lieu le soir, le minimum le matin (le contre-pied des résultats de Sachs). En automne, hiver et printemps 1889-1890, on a travaillé avec des plantes issues de graines de provenance différente. Celles-ci ont fourni deux maxima et deux minima par jour, les minima le matin et le soir, les maxima au milieu du jour et de la nuit; l'heure exacte n'est pas fixe; de plus aucun des deux minima ou maxima ne l'emporte constamment sur lautre, tantôt l'un, tantôt l'autre s'accentuant le plus nettement, et même parfois alternativement, chez la même plante.

Ces différences dans la période diurne dépendent en première ligne des qualités individuelles des plantes, mais la saison parait ne pas être sans influence. Ainsi des plantes ayant fourni en hiver et au printemps une

1. Mémoires de VAcad. des sciences de Cracoote,XXXlI,l-151(en polonais) d'après le résumé de M. Rothert dans le Bot, Centralbl, LV, 34.

PUTSI0L061K YÉGfiTALB 393

périodicité double, les individus de même graine n*ont plus laissé voir qu*nne périodicité simple au mois de juin.

Les changements brusques, par saccades, dans la vitesse de Taccroissement et qui avaient déjà été signalés par plusieurs auteurs, se sont également très nettement manifestés ici, surtout vers la fin de la grande période de Taccroissement de Tentre-nœud épicotylé.

M. Godlewski fait remarquer que ses observations ne sont pas les seules qui soient en désaccord avec la règle de Sachs. Pareils faits ont été décrits par d'autres auteurs et par M. Sachs lui-même.

2. La période diurne chez les plantes étiolées. — Les plantes étiolées se comportent d'une manière extrêmement variable. Parfois aucune espèce de périodicité n'a été visible ; d'autres fois il y en a une, mais très inégale. Durant les premières journées de l'expérience, la période est tantôt d'un jour, tantôt elle est plus courte et peut s'abaisser jusqu'à un demi-jour, tantôt elle s'allonge au contraire jusqu'à la valeur de deux jours; la période se raccourcit plus tard et devient en même temps plus irrégulière.

3. Influence de Vhumidité de Tatr. — Si on abaisse subitement l'état hygrométrique de l'air, par exemple de 64 à 38 p. 100, on constate une très forte diminution dans l'accroissement, qui se maintient pendant une demi-heure ; ensuite, sans que l'air soit de nouveau rendu plus humide, l'accroissement reprend sa grandeur primitive. L'augmentation subite de l'humidité de l'air produit un effet contraire tout à fait conforme.

L'observation plus attentive a permis de constater que Faction de la brusque diminution de l'humidité de l'air dure en réalité beaucoup moins longtemps. D'abord l'aiguille de l'auxanomètre s'arrête net, on peut même rétrograder, ce qui veut dire que la plante est capable de se raccourcir. A ce raccourcissement qui dure de cinq à huit minutes, succèdent quelques minutes d'un arrêt absolu, puis l'accroissement reprend. 11 s'ensuit qu'il s'agit ici, non d'un changement de l'intensité (proprement dite) de l'accroissement, mais en réalité d'un changement de la turgescence et par conséquent de la tension de turgescence. U existe cependant une influence de l'humidité de l'air sur l'intensité de l'accroissement, mais elle est trop faible pour être nettement saisissable dans de courts intervalles. Pour la mettre en évidence il faut faire végéter pendant longtemps les plantes, d'une part dans l'air humide, d'autre part dans lair sec.

4. Influence de la lumière. — Il n'est pas facile, lorsqu'on veut éclairer brusquement une plante qui avait été jusqu'alors maintenue à l'obscurité, d'exclure les changements de l'état hygrométrique; cependant l'auteur a fini par y parvenir ^ L'action d'une illumination subite de la plante ne se fait sentir que peu à peu et d'une manière passagère. Tout de suite ou seulement au bout de quelque temps, l'intensité de l'accroissement commence à diminuer et continue à s'abaisser lentement durant une heure et demie à quatre heures et demie, pour se relever ensuite malgré l'éclairage et pour atteindre de nouveau en quelques heures sa grandeur primitive.

1. Il n'est pas dit par quel artifice. Peut-être a-t-on opéré dans Tair saturé de vapeur d'eau.

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n est probable que la périodicité diurne prend sa source dans Tinfluence de la lumière.

5. Influence de la température de l'air. — La chute très rapide de la température, par exemple de 19 degrés à 9 ou 6 degrés, se fait immédiatement valoir. L'accroissement se ralentit dès la première heure, davantage encore pendant la seconde. Mais voici ce qui est curieux : si, après deux heures on laisse remonter lentement la température, Faccroissement continue à diminuer; on a même vu le cas d'un accroissement complètement arrêté ou même remplacé par un raccourcissement de la plante, alors que la température s*élevait assez rapidement. Il est possible que nous n* ayons affaire ici qu'à une action indirecte de Félévation de la température, en ce sens qu'elle abaisse l'humidité relative de Tair. Cependant cela n'est guère démontrable. L'auteur ajoute à ceci quelques données physiologiques intéressantes. L'épicotyle du haricot continue à s'accroître nettement à 6 degrés, alors que Sachs a ûxé à 9*,4 le minimum de la température pour la germination de la même plante ; si on élève ensuite la température successivement jusqu'à 30 degrés environ, on voit l'accroissement s'accélérer considérablement; celle de 35 degrés est déjà un peu déprimante, mais à 40 degrés il y a encore un accroissement appréciable.

6. Influence de la température du sol. — Cette influence qui ne saurait être qu'indirecte, est remarquablement faible. Un abaissement de la température du sol de 20*,7 à 5<*,5, ne provoque qu'un très faible ralentissement dans l'accroissement de l'entre-nœud épicotylé (de 1,80 à 1,46 millimètres). Le sol étant à 3 degrés, l'épicotyle continue toujours à s'accroître, d'où l'auteur conclut que les racines sont capables de remplir leurs fonctions à une température trop basse pour qu'elles puissent s'accroître elles-mêmes. Il est d'ailleurs possible que la température du sol soit d'une importance plus grande pour les plantes pourvues d'une grande masse de feuillage et dotées d'un coefficient de transpiration plus élevé.

Nous avons épuisé ainsi la première partie du remarquable travail de M. Godlewski. La seconde partie traite du mécanisme par lequel les agents extérieurs peuvent influer sur l'accroissement. D'après Wortmann, l'accroissement de la cellule est proportionnel à deux facteurs : la turgescence et l'extensibilité de la membrane el cette dernière ne dépend elle-même que de l'épaisseur de la membrane, en d'autres termes de la création de la cellulose. Ceci parait insuffisant à M. Godlewski : la membrane est non seulement extensible, mais encore élastique et, en vertu de son élasticité ne peut être tendue que jusqu'à un certain point par une turgescence donnée; cette limite étant atteinte, l'accroissement devrait s'arrêter, mais comme l'accroissement continue, il faut qu'il intervienne encore un autre facteur, c'est-à-dire une influence du protoplasme sur la membrane, telle que la tension de celle-ci se trouve diminuée et qu'une nouvelle extension devienne possible'.

1. 11 aurait peut-être été utile de démontrer Jusqu'à quel point, car ce sera toujours une affaire de plus ou de moins, la membrane cellulosienne, dans les parties en voie d'accroissement, est élastique. Il me paraît très possible que ce point, où

PHYSIOLOGIB VÉGlTALB 395

£n conséqaence, Fauteur distingue dans 1 accroissement deux moments, qui sont :

a) La tension de la membrane par la turgescence ;

6) La fixation de cette tension et la diminution de la « tension élastique » de la membrane, en d'autres termes, le rétablissement de l'extensibilité.

Si on se met au point de vue de Taccroissement par intussusception, le second moment repose sur le dépôt de nouvelles micelles entre les anciennes; s'il s'agit d'apposition de nouveaux strates sur les anciens, certains changements micellaires qui prennent leur origine dans l'action vitale du protoplasma, deviennent nécessaires au sein môme de la membrane déjà tendue. Les partisans de la théorie de l'apposition ont négligé ces changements ^ U est clair que l'accroissement peut être influencé indirectement, non seulement par une influence s'exerçant sur la tension de turgescence, mais encore par une autre influence qui dominerait la vitesse avec laquelle les membranes tendues récupèrent leur extensibilité. Il n*est donc point nécessaire que la vitesse d'accroissement soit proportionnelle à la tension de turgescence ; on peut s'attendre au contraire à ce qu'à turgescence égale, les vitesses d'accroissement soient très différentes.

On sait que Krabbe et Askenasy se sont élevés contre la théorie de turgescence de l'accroissement. Nous voyons bien aujourd'hui que la turgescence seule ne sufût pas à Texplication des phénomènes, mais cela ne veut pas dire qu'elle n'y soit pas impliquée. Nous allons passer à des expériences qui valent mieux que des critiques et des raisonnements et qui ont pour but de montrer auquel des deux facteurs de l'accroissement il faut attribuer l'influence observée & l'aide de l'auxanomètre.

1. La grande période de V accroissement, — Le membre de la' plante s'accroît jusqu'à une certaine grandeur-limite, d'ailleurs variable ; à la un de cette « grande période » de l'accroissement, celui-ci se ralentit de plus en plus et unit par devenir nul. Il est probable que le ralentissement et l'arrêt ûnal sont donnés par la diminution de l'extensibilité de la membrane. Ici se présente une question intéressante : qu'est-ce qui cesse d'abord, l'accroissement ou la tension de turgescence? L'auteur, pour arriver à une conclusion certaine, a maintenu les épicotyies de haricot d'Espagne à l'auxanomètre jusqu'à ce qu'il fût sûr que tout accroissement avait cessé depuis plusieurs heures ; puis il a coupé cet entre-nœud et l'a pourvu d'une graduation dont les degrés comprenaient 15 millimètres de longueur; il a ensuite plasmolysé i'épicotyle et a trouvé dans trois essais parfaitement

la réBistance d^élasticité fait équilibre à la tension de turgescence, ne se présente point dans la réalité. Cela n'infirmerait d'ailleurs en aucune façon l'emploi que M. Godlewski a fait de son idée de la suppression de la tension élastique et de la reconstitution de l'extensibilité. La môme pensée & peu près serait exprimée en d'autres termes, voilà tout.

1. Qui sait? ils ont eu raison peut-être. Si par exemple l'équilibre osmose-extensibilité élastique ne se produisait pas, les strates antérieurs seraient quittes & rester tendus et à subir de nouvelles extensions. Il y a beau temps que Pfeffer, pour oe citer que cet excellent physiologiste, parie de tension de stratificatioo.

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concordants que les deux ou trois zones supérieures, avaient subi un raccourcissement qui pouvait aller, dans la première zone, jusqu'à 3.5 p. iOO de la longueur initiale; la tension de turgescence avait donc subsisté encore. On peut conclure de ces expériences que Taccroissemeut a sûrement cessé lorsque la tension de turgescence s*éteint.

2. Période diurne de l* accroissement. — Il s'agissait de déterminer la tension de turgescence prise aux moments du maximum et du minimum de Taccroissement; on a donc choisi deux plantes qui s'étaient accrues de la même façon et qui avaient été cultivées dans les mêmes conditions, on les a coupées. Tune au moment du maximum, l'autre au moment du minimum, et, après y avoir marqué des zones de 15 millimètres de longueur, on les a soumises à la plasmolyse. On a exécuté une dizaine d'essais de cette nature afin d'effacer ce que les résultats pouvaient avoir d'individuel.

On a trouvé d'une manière générale que la région extensible de l'épicotyleest plus longue pendant le maximum que pendant le minimum. L'extensibilité ne parait subir aucune modification dans le voisinage du sommet, mais dans les parties de plus en plus éloignées, elle diminue plus vite pendant le minimum que pendant le maximum.

Il est vrai que ce résultat ne ressort pas avec une égale netteté de toutes les expériences, cependant on n'a relevé aucun fait qui pût être considéré comme contradictoire. On pourrait objecter que ce n'est pas l'extensibilité, mais la turgescence qui change. L'expérience a démontré que non; on a plasmolyse les pousses et on les a tendues à l'aide de poids ; presque toujours le poids de 100 grammes a rendu à toutes les zones la longueur qu'elles avaient avant la plasmolyse. On peut dire par conséquent, que Tune des causes tout au moins de la diminution de l'accroissement pendant la nuit est la diminution de l'extensibilité dans les régions éloignées du sommet.

3. Influence de la lumière, — On a coupé dans la même phase d'accroissement un épicotyle vert et un autre étiolé et on les a traités comme ci-dessus. Une série d'expériences semblables ayant été faites, on a constaté que dans les deux cas, l'extension de turgescence reste à peu près la même dans les deux zones supérieures, mais qu'elle est remarquablement plus forte à une distance plus grande du sommet chez les plantes étiolées ; et ce qui vient d'être énoncé pour l'extension de turgescence, est également vrai pour l'extensibilité des membranes; en réalité, la turgescence elle-même n'est pas plus forte chez les plantes étiolées; elle serait, au contraire, plutôt un peu moindre. On voit que l'extensibilité de la membrane diminue plus vite à la lumière qu'à l'obscurité. Il est donc strictement vrai que si les entre-nœuds éclairés croissent moins vite que ceux qui végètent à l'obscurité, cela tient à la diminution, sous l'influence de la lumière, de l'extensibilité des membranes.

Cependant cette différence ne peut pas être la seule, puisque l'extensibilité des membranes n'est pas modifiée par la lumière dans les zones supérieures et que c'est précisément dans ces zones supérieures (6 expériences spéciales l'ont démontré) que règne la plus grande différence dans l'accroissement des plantes étiolées et non étiolées. 11 faut donc croire qu'à l'obscurité le

protoplasme diminue la tension élastique des membranes plus rapidement qu'à la lamière. Cette dernière cause est beaucoup plus active dans rallongement exagéré des entre-nœuds étiolés que la première.

4. Influence de la température. — On a fait pousser les plantes, les unes à 20 degrés environ, les autres à 9 degrés. La différence de l'intensité de l'accroissement a été très grande, mais on n*a pas trouvé de différence correspondante dans la tension de turgescence. Les résultats sont donc conformes & ceux qu'Askenasy avait obtenus avec des racines. U ne s'ensuit pas, bien entendu, que Taccroissement soit indépendant de la tension de turgescence ; tout ce qu'on peut dire, c'est que la température n'influe pas sur les facteurs de la tension de turgescence, mais sur la vitesse avec laquelle le protoplasma diminue la tension des membranes et rend possible une nouvelle extensibilité.

Vbsquk.

Les eiteîm éem hï\erm rl|^o»e«x sar les eéréales, par M. Fb. Bbrg ^ — Les céréales sont exposées, pendant les bivers rigoureux, à des périls divers. La gelée qui les surprend sans couverture de neige peut tuer le seigle et le blé. Moins la coucbe de neige est épaisse et plus les jeunes plantes souffrent Un froid persistant de 25 à 30 degrés au-dessous de zéro * n'a respecté le seigle que dans les endroits où le vent avait accumulé la neige. Mais en somme, ces températures excessives et prolongées produisent rarement des désastres. Le temps changeant du printemps est beaucoup plus à redouter.

L'effet nuisible que produit une très épaisse couche de neige, semble s'expliquer par l'asphyxie. Ce qui est certain, c'est que le seigle périt souvent sous les grandes masses de neige, même lorsqu'il avait subi la gelée automnale dans de bonnes conditions. On se débarrasse au printemps des grands amas de neige en semant du sable sur leur surface. Le sable absorbe beaucoup mieux les rayons solaires que la neige, s'échauffe et hàle par conséquent le dégel.

Au printemps la glace est encore plus à craindre que la neige, surtout lorsque le soleil échauffe momentanément le sol et l'air au-dessous de la couche de glace, comme dans une serre.

L'une des causes de la mort des plantes soumises aux basses températures, est, d'après M. Kihlmann (de Helsingfors), la dessiccation. La transpiration, en effet, continuerait malgré la gelée, et surtout lorsque le soleil est assez vif, landis que les racines n'absorbent pas l'eau glacée, même lorsque celle-ci est abondante. On peut faire à ce sujet l'expérience suivante : une jeune plante de serre, transpirant fortement et dont on avait entouré le pot de glace, ne tarde pas à se faner surtout si on l'expose au soleil et au vent. Mais si on l'arrose ensuite avec de Teau tiède de manière à faire passer la température du sol de -|- 1 à 25 ou 28 degrés ou la voit se relever en quarante minutes et reprendre en quatre heures son port naturel.

1. Magdeburger ZeiL, 1892, 103, d'après Baltieche Wochenschrifl f, Landwirlksch,, 1891, n« 34; BUd$rmann's Centralbl,, XXII, 324.

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