‹ Annales agronomiques (volume 2)Chapitre 150 sur 253 · Gela se passe en Uvonie · texte numérisé non relu

Gela se passe en Uvonie

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D'après le même observateur, la dessiccation fait périr les plantes à la limite septentrionale de Taire géographique qu'elles occupent; ce fait s'accorderait à merveille avec cet autre que les plantes des marais septentrionaux sont dotées, comme celles des déserts, de diverses dispositions qui doivent les protéger contre la trop forte transpiration. Plusieurs céréales comme l'avoine du Canada, qui résiste aux hivers, se défendent contre la transpiration en roulant leurs feuilles entières en forme de soie.

Souvent il arrive que le seigle gèle après avoir très vigoureusement poussé en automne ; dans ce cas l'accident est dû à la pourriture, le sol ne gelant pas assez rapidement sous la couverture végétale, ou bien le froid n'étant pas assez vif pour arrêter la végétation.

Cela n'empêche pas, bien entendu, qu'on ne doive désirer une très belle venue du semis, car en dehors de l'inconvénient dont il vient d'être question, les plantes robustes supportent certainement bien mieux les intempéries de l'hiver.

Le trèfle meurt souvent en hiver, parce qu'il a été coupé ou brouté trop tard en automne. Cet effet apparaît surtout avec une grande netteté, lorsqu'on fauche tous les jours une petite parceUe, ainsi qu'on le fait si souvent pour obtenir des rations de fourrage vert. Ces parcelles traversent d'autant mieux Thiver qu'elles ont été fauchées plus tôt;

Les engrais exercent une grande influence sur la résistance que les plantes opposent à l'action des froids. L'auteur a partagé un champ en bandes parallèles, les unes sans engrais, les autres enrichies d'engrais variés ; on a semé uniformément du seigle sur le tout. Toutes les bandes sans engrais ont eu beaucoup à souffrir en hiver, les autres moins, la bande qui avait reçu de la poudre d'os a surtout parfaitement résisté. Après cet engrais phosphaté, il faut citer les engrais azotés dont l'heureuse influence a été également très remarquable. L'auteur, qui avait employé un engrais de tourbe et de poudrette, pense néanmoins que cette action de l'azote est générale; il rappelle à ce sujet que les variétés de céréales les plus azotées sont ordinairement celles qui résistent le mieux au froid. Cependant l'excès d'engrais, en créant des plantes trop grandes, trop succulentes, les exposerait à la pourriture. C'est ce qui est arrivé notamment à du seigle auquel on avait donné une dose exceptionnelle de cendres de bois.

Un sol trop meuble est défavorable. L'expérience directe a de nouveau démontré ce fait connu depuis longtemps.

Reste enûn l'influence de la race. Celle-là est tout à fait dominante. Les plantes s'adaptent lentement aux conditions qui causent la perte de la culture en hiver. Les races cultivées depuis longtemps dans le pays supportent mieux que celles nouvellement introduites les accidents hivernaux. On peut réussir à conférer à ces dernières cette sorte d'immunité en les cultivant en petit plusieurs années de suite.

On connaît d'ailleurs peu de chose à ce sujet sur les variétés de seigle; on est mieux renseigné sur celles du blé. Il est surprenant que souvent les variétés septentrionales du blé ne sont pas celles qui supportent le mieux l'hiver. Les riches en protéine sont souvent privilégiées, quoique les plus riches, provenant des climats chauds et secs, et parmi celles-ci les variétés

d*été qui sont encore plus riches en protéine, aient le plus à souffrir des intempéries de l'hiver. Les sortes plus pauvres en protéine telles que les races anglaises les plus productives, résistent le moins bien. Il est vrai que dans ce cas les bonnes façons données au sol corrigent le défaut dans une large mesure. Le square-headed, par exemple, a très bien réussi après les betteraves dans un champ labouré à une grande profondeur et très riche, alors qu*il a si mal supporté Thiver dans une terre légère et maigre qu*il a fallu renoncer à sa culture.

L'auteur ayant cultivé le seigle de Sagnitz qu*il a obtenu lui-même dans différentes stations, a trouvé qu'il résiste très bien, au couvent de Ssolowetzk sur la mer Blanche ainsi qu'au sud du Caucase, mais qu'il périt fréquemment en hiver dans le midi de la Russie. Ce seigle, comme la plupart des races septentrionales, croit en effet très vite, les seigles méridionaux poussent au contraire beaucoup plus lentement. De plus, il s*éveille beaucoup plus difficilement sous l'influence d'une journée chaude, et peut-être s'est adapté à des périodes alternatives de repos et de croissance.

La plnle et la forme des fe«illei«, par M. E. Stable — Lors de son séjour à Tjibodas et Buitenzorg, dans l'île de Java, l'auteur a remarqué que les feuilles des plantes forestières de la région occidentale de l'Ile se débarrassent singulièrement vite de l'eau qui les recouvre après les pluies les plus abondantes, même quand l'atmosphère est très humide ; à c6té d'elles on voit les végétaux introduits de l'Europe ou de l'Australie garnis pendant longtemps de grosses gouttes d'eau. Il élendit ses observalious sur la végétation des forêts entières de mangliers et sur celle des sommets des volcans, et, de retour en Europe, parvint à tracer ainsi un intéressant petit chapitre de l'histoire générale des adaptations.

L'adaptation des plantes à la pluie comprend deux ordres de faits différents : il s'agit d'abord pour la plante de se débarrasser de l'eau qui la mouille, qui charge démesurément le feuillage et pourrait abaisser la transpiration*, en second lieu d'empêcher la pluie de baisser la feuille par le choc des gouttes.

Pour éviter le premier inconvénient il suffit que la feuille soit difficile à mouiller, de telle sorte que les gouttes au lieu de s'y attacher, roulent sur sa surface et tombent sur le sol. Il est curieux que les plantes des régions tropicales humides ne possèdent le plus souvent pas cette qualité, ce qui ne les empêche pas de s'essorer avec une rapidité extraordinaire. Cela tient à la forme de leurs feuilles qui sont terminées par une longue pointe souvent recourbée en lame de sabre et passant brusquement à la partie dilatée du limbe. Ce rostre conduit l'eau si rapidement qu'elle coule en un ûlet continu.

1. Extrait des Annales du ''ardm botanique de Buitenzorg, XI, 1893, p. 98; Bot. Centralbl., LV, p. 209.

2. Sur le moment saus doute ; en général une feuille préalablement mouillée transpire plus qu'une autre qui est restée sèche, n n'est pas impossible de faire se faner un pied de Sélaginelle en arrosant ses feuilles.

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Uue disposition semblable se retrouve également chez des plantes européennes, les saules, la viorne, le sureau, VAtragène, le Galeobdoîony etc. L'auteur appelle ce roslre, la « pointe-gargouille » ^ La pointe-gargouille peut fort bien exister ou manquer dans des espèces très voisines ; elle permet de juger du climat et de la patrie de la plante, et chez les fossiles du climat des périodes géologiques passées.

Très souvent les cassures que les pluies battantes pourraient causer, sont évitées par la position pendante des jeunes feuilles et même des jeunes rameaux qui ne se relèvent qne lorsqu'ils ont pris quelque consistance. Il en est ainsi pour les folioles du marronnier dinde, de la vigne vierge, pour les pousses du tilleul et du coudrier. De cette façon la pluie violente ne frappe les surfaces des parties touchées que sous un angle très aigu. Notons que les très fortes averses se présentent ordinairement par un temps calme, et même quand il n'en serait pas ainsi, le même vent qui obligerait la pluie à fouetter, donnerait une position inclinée d'une manière correspondante aux jeunes feuilles et pousses.

Chez d'autres plantes, le bananier par exemple, le vent déchire les feuilles en lanières parallèles, sans que l'asssimilation chlorophyllienne soit entravée ; le résultat en est simplement que les ruptures transversales sont évitées. Le même but est atteint chez les palmiers par des déchirures normales que causent les formes particulières de l'accroisement dans les feuilles. Enfin chez les dicotylédones et les fougères il y a véritable ramification du limbe de la feuille, toutes les fois que le besoin d'une adaptation analogue se fait sentir.

C'est ainsi que les feuilles inférieures, appliquées sur le substratum, de Platycerium et des Po/^os sont entières, tandis que les vraies feuilles aériennes sont découpées. Les dicotylédones présentent de même une différence entre les feuilles radicales et les caulinaires.

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