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LES EAUX DE DRAINAGE DES TERRES GULTlVf^ËS 25
nitrique que I qui n'a pas élé fumé. On sait que si l'ammoniaque du fumier se nitrifie aisément, Tabondance de la matière organique est souvent un obstacle à la nîlrification; en général cependant nous avons reconnu dans un mémoire précédent *, que les terres fumées au fumier abandonnent plus d'azote nitrique que les terres sans engrais et pour une raison que nous ne connaissons pas, la terre de la case I a nitrifié pendant l'hiver avec, une énergie moindre que celle qu'elle avait montré pendant Tété, mais encore excessive.
Si nous restreignons la comparaison aux trois cases 12, 13 et 14 fumées toutes trois, nous voyons que 12 qui a reçu du fumier seulement, laisse couler des eaux plus pauvres, et perd moins d'azote que 13 qui a reçu outre le fumier, du nitrate de soude, et que 14, dont la fumure comportait 250 grammes de nitrate de soude; la quantité maxima d'azote nitrique et les eaux les plus chargées sont fournies par cette dernière. Nous n'en sommes nullement étonnés, puisque nous savons que les nitrates ne sont pas retenus parla terre arable; il est bien à remarquer cependant que la différence entre l'azote entraîné par II et 12, qui ont reçu les mêmes quantités de fumier, ne représente pas les 16 grammes d'azote qu'a apporté à 12 les 100 grammes de nitrate de soude qu'elle a reçus.
Cases 2, 3, 4, 5. — La case 2, ensemencée en ray-grass, reste couverte pendant Thiver. Cependant les feuilles, peu vigoureuses à cette époque, n'évaporant que de faibles quantités d'eau, et les 293 litres recueillis au-dessous de cette case ne sont que peu inférieurs aux 301 litres de la case I restée en jachère.
Les jeunes blés de 3, 4, 5, n'évaporent également que de faibles quantités d'eau, et les eaux de drainage ne sont guère moins abondantes que sur les autres parcelles. En revanche, ces eaux sont très pauvres, la case 2 laisse couler des eaux ne renfermant que 0 gr. 015 d'azote nitrique par litre, les deux cases 3 et 4, des eaux à 0 gr. 020 par litre, et la teneur ne se relève que pour la case 5, qui a été fumée au nitrate de soude.
Si on parcourt l'ensemble des chiffres inscrits au tableau I, soit dans la colonne : azote par litre, soit dans celle : azote entraîné par les eaux de drainage, on reconnaît immédiatement que les eaux
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de ces quatre parcelles sont beaucoup plus pauvres que les autres; à quelles causes attribuer ce résultat?
On peut croire d'abord que les betteraves ont utilisé, très complètement, les nitrates formés pendant Tété, et que ces betteraves restant sur le sol jusqu'au milieu d'octobre ont assimilé les nitrates, tant qu*elles sont restées en place, et que c'est à leur influence qu'est due la pauvreté des eaux, et en eiTet les premières eaux recueillies en décembre sont bien plus pauvres que celles des parcelles en jachère. Il semble toutefois qu'une autre cause intervienne; en effet, partout nous trouvons que les eaux de janvier sont très pauvres, ce qui indique clairement qu'à ce moment les terres ne renferment plus de nitrates d'ancienne formation et que ceux qui apparaîtront au printemps seront récemment formés. Or, tandis que les eaux écoulées le 2 mars de 12, renferment 6 gr. 384 d'azote nitrique, celles de 13, 7,730, celles de 14: li gr. 532, la case 2 en piairie ne laisse couler que 2 gr. 040, 3, 4 et 5 en blé respectivement 2 gr. 156, 2 gr. 208 et 2 gr. 479. Il est vraisemblable que la nitrification a été aussi active dans ces sols que dans les autres et que si les eaux n'entraînent que de faibles quantités de nitrates, c'est que ceux-ci sont retenus.
Il convenait donc de procéder à leur recherche. Rien n'est plus facile que de constater la présence des nitrates dans les plantes pendant l'hiver.
Si on arrache avec précaution quelques-unes des plantes qui végètent à cette époque de l'année, notamment des graminées de prairie ou du blé, qu'on lave les racines pour les débarrasser de la terre qui y reste adhérente, puis qu'on sèche à Tétuve on constate soit à l'aide du sulfate de diphénalamine, soit à l'aide du chlorhydrate de cinchonamine que les nitrates sont très abondants.
Mouillées avec quelques gouttes de sulfate de diphénalamine, les racines sèches prennent immédiatement | la coloration bleu foncé caractéristique des nitrates; si on mouille une racine avec le chlorhydrate de cinchonamine, et qu'on examine au microscope, on voit bientôt la jeune racine tout hérissée de cristaux de nitrate de cinchonamine qui ne tardent pas à se répandre dans le liquide.
Ces premiers essais qualitatifs montraient une si grande abondance de nitrates, qu'on n'hésita pas à tenter le dosage; on épuise les organes desséchés par l'eau bouillante, on rapproche les eaux
de lavage, puis on les introduit dans Tappareil à acide chlorliydriquc et à chlorure de fer ; on a trouvé au mois de décembre 1893.
Graminées (Muséum) } ^.
Graminées (Grignon) J -..
Blé {champ d'exercice de Grignon). Racines. Blé (berge du champ d'expériences ( Racines.
de Grignon) ( Tiges
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POUR 100 DB MATIÈRR
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Azote
Azotate
nitrique.
de potasse.
gr. c.
gr. c.
Si grandes que soient ces quantités, elles sont encore très inférieures à celles qu*ont cité MM. Berthelot et André dans les nombreux mémoires qu'ils ont consacrés à la recherche des nitrates dans les végétaux*.
Ainsi d'une part, nous trouvons que les eaux de drainage d'hiver écoulées des terres qui portent des végétaux, sont beaucoup moins chargées que celles des terres nues, nous trouvons de plus que les racines sont capables de retenir les nitrates et de les conserver même après une immersion de vingt-quatre heures dans Teau froide, et il devient probable que ces deux faits sont liés l'un à l'autre et que c'est à la propriété que possèdent les racines de retenir les nitrates qu'est due la pauvreté des eaux d'hiver.
Il sera intéressant de poursuivre ces études à diverses époques de l'année, et de voir si les nitrates ainsi emmagasinés pendant riiiver, forment une réserve que la plante utilise à mesure de ses besoins.
Cases 6, 7 et 8. — Les cases 6, 7 et 8 ont porté du blé en 1892; aussitôt après la moisson, on a semé de la vesce sur 7 et 8, tandis que 6 n'a pas été ensemencé. Nous avons vu que celte culture dérobée avait amoindri les pertes d'azote nitrique de l'automne, elles ont été de 6 gr. 8 sur 7, de 7 gr. 1 sur 8, tandis qu'elles s'élevaient à 21 gr. 852 sur 6 ; cette diminution est due à deux causes différentes ; d'une part, l'appauvrissement des eaux de drainage, de l'autre, leur moindre volume. La vesce agit, non