‹ Annales agronomiques (volume 2)Chapitre 182 sur 253 · DANS LES FEUILLES · texte numérisé non relu

DANS LES FEUILLES

Séchées Maintenues immédiate- 24 h.

ment. à Tobscurité.

Amidon .

Maltose .

Saccharose

Total des sucres 12.15

Amidon et sucres 17.57

La perte totale est de 6.94 p. 100.

492 PUBLIGÂTIOnS FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES

Ce sont surtout ramidon et la saccharose qu; disparaissent dans ces conditions. En admettant, ce qui est extrêmement vraisemblable, que la saccharose est intervertie avant de disparaître et que Famidon est transformé en maitose, on peut calculer les poids des divers sucres qui ont été brûlés par la respiration.

Dextrose. ... 0.65 p. 100 de feuilles sèches. Lévulose. . . . 0.34 — —

Maitose .... 5.94 — —

Le maitose et la dextrose sont donc brûlés de préférence.

De CCS diverses analyses on peut déduire que la lévulose n*est pas un produit direct de l'assimilation, mais provient de l'intervention de la saccharose, il en est de même pour la glucose; d'où cette conclusion assez inattendue que le sucre de canne est le premier sucie formé avec les produits de l'assimilation ^ du moins pour les feuilles de capucine.

L'amidon n'est pas une substance autochtone, mais doit provenir de la saccharose; c'est une réserve passagère dont la forme de voyage est le maitose ; quant à la saccharose, elle n'émigre qu'après interversion.

E. Demousst.

Les pleurs chez les plantes, par H. A. Wibler'. — 1. — L écoulement de la sève par les plaies. — Ayant dressé une liste des plantes qui pleurent à la suite de blessures, l'auteur a trouvé 126 espèces appartenant à 95 genres et 47 familles. A ces nombres qu'il a établis d'après des documents étrangers, il ajoute, d'après ses recherches personnelles, 62 espèces qui ne figurent pas dans la première liste; cela fera en tout 188 espèces appartenante 135 genres et à 65 familles. Il est curieux et nouveau, que les mousses, ainsi qu'un grand nombre de plantes aquatiques [Nymphxa^ Myriophyllum^ Ceratophyllum^ Eippuris) peuvent pleurer.

Il est clair que les pleurs sont, du moins chez les phanérogames, un phénomène très répandu, quoiqu'on ne puisse en constater l'existence en tout temps et dans tous Ips cas.

Ici, les qualités individuelles ont surtout une grande importance, en ce qui concerne le fait même des pleurs aussi bien que la quantité du liquide écoulé. Cela ressort nettement de l'observation directe et des nombreuses contradictions que l'on rencontre en faisant l'étude bibliographique du sujet.

1. Au cours d*une discussion sur ce travail, à la Société Chimique de Londres, M. Green a fait remarquer qu'en m^me temps qu'il. y a formation d'hydrates de carbone il doit y avoir oxydation de l'aldéhyde formique, premier produit de l'assimilation donnant naissance à de l'acide formique et par suite à d'autres acides plus complexes, qui prendraient une certaine part à l'accroissement de poids des feuilles.

2. Beitrâge zur Biologie der Pfianzen, de J. Cohn, t. VI, 1892. l" fasc. ; — Bol, CentralbL, LV, 178.

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2. — Vémission des gouttes de sève par les plantes intactes. — La liste des plantes chez lesquelles on a constaté rémission de gouttelettes de liquide, soit par Textrémité ou les dents des feuilles, où elle est liée à la présence de stomates aquifères, soit par des points quelconques de la surface du corps, comprend 289 espèces, appartenant à 194 genres et à 63 familles, depuis les champignons jusqu*aux phanérogames. Cette sorte d'écoulement est également très répandue, surtout chez les phanérogames.

3. — Lm pleurs dans les différentes parties des plantes. — D'une manière générale, c'est le système radiculaire qui est le véritable siège des pleurs. 11 reste à voir si d'autres parties de la plante jouissent également de celte faculté d'exprimer unilatéralement le liquide conteuu dans leurs cellules. 11 ne sert de rien de laisser des tronçons de tige plus ou moins longs en continuité avec la racine ainsi que l'ont fait Baranetzky et Detmer et de recueillir les pleurs qui s'échappent de la section de la tige, car il n'est pas dit le moins du monde que la tige pleure elle-même : elle pourrait bien servir simplement de tube par lequel s'échappent les pleurs provenant de la racine.

Nous avons cependant des observations de Sachs, Pi Ira, G. Kraus qui démontrent que les parties les plus diverses de la plante « peuvent » pleurer; Fauteur a confirmé ce fait; autre chose est de savoir si et quand elles le font.

La faculté de pleurer ne revient pas à une partie déterminée de la racine; ainsi que Ta montré Kraus, le sommet de la racine n'est pas seul intéressé.

Si nous faisons abstraction des champignons et des mousses, ainsi que des glandes digestives, seul le bois avec ses dérivés et les tissus qui le remplacent ont été reconnus positivement comme pouvant émettre de l'eau liquide. Les glandes digestives prouvent cependant que les cellules autres que celles du parenchyme ligneux peuvent présenter le même phénomène; nous sommes d'ailleurs très imparfaitement renseignés à ce sujet; la démonstration exacte pour chaque cas particulier est d'autant plus nécessaire que Texpulsion unilatérale d'eau exige des conditions intrinsèques très particulières dans le protoplaste, conditions qu'on ne peut pas attribuer à la légère à toutes les cellules.

4. — L'influence des conditions extérieures sur les pleurs. — On sait depuis longtemps que les pleurs dépendent inlimemeut de la quantité d'eau qui, dans le sol, entoure le système radiculaire de la plante, en d'autres termes, que l'abondance des pleurs croit avec la quantité d'eau disponible. L'auteur a constaté qu'on peut provoquer les pleurs chez les individus d'érable plane et de groseillier à grappe qui n'avaient présenté jusqu'alors aucune trace d'écoulement ; il suffit pour cela de les placer dans l'eau ou de boucher le trou qui est pratiqué au fond du pot dans lequel la plante est cultivée.

L'auteur pense que ce fait n'est pas facile à expliquer convenablemenL U faut s'attendre évidemment à ce que des sels, dissous dans l'eau du sol, agissent de la même manière que la sécheresse de celui-ci. Detmer et Brosig avaient déjà pensé à cela et avaient simplement arrosé la terre avec des solutions salines. L'auteur a préféré opérer avec des plantes cultivées dans des solutions nourricières et qu'il suffisait de transporter dans les solutions

salines choisies pour Texpérience. L^effet était facile à prévoir; il est proportionnel à la concentration de la liqueur et au pouvoir osmotique de la substance employée. Les pleurs cessent aussitôt dans des solutions relativement faibles ; souvent le sens de la sève se renverse ; il est donc évident qu*il ne s'agit pas de très fortes osmoses dans le phénomène des pleurs. Lorsqu'on laisse pendant plus longtemps la plante dans une solution qui avait arrêté les pleurs, l'écoulement peut très bien reprendre ; cela s'accorde avec ridée de la disparition de la plasmolyse; il parait même que de petites quantités de salpêtre peuvent « provoquer » les pleurs.

La température influe puissamment sur les pleurs. Cependant, et peutêtre à cause de cela, il n'a pas été possible de déterminer le maximum et le minimum de température, au-dessus et au-dessous desquels les pleurs cessent, mais Tintensité de l'écoulement s'accrott très nettement avec la température. A 38-40 degrés, un pied de vigne, cultivé dans Teau, perdait dans l'unité de temps huit fois plus d'eau qu'à 8 degrés.

Les pleurs cessent en l'absence de l'oxygène pour reprendre aussitôt qu'on rend ce gaz à la plante. L'auteur avait déplacé l'air par de l'hydrogène.

L'eau chloroformée convenablement diluée, a pu arrêter les pleurs au moins chez certaines plantes.

Il est probable que la pesanteur même agit sur le phénomène puisque hk quantité d'eau écoulée n'est pas la même suivant que la plante décapitée était dans la situation normale ou renversée. C'est là, me semble- t-il, un intéressant complément de mes propres expériences relatives à l'influence de la pression extérieure de l'eau du sol sur la vitesse de l'absorption de l'eau par les racines.

5. — La période annuelle des pleurs. — L'abondance de l'eau dans le sol ainsi que la température varient considérablement dans le courant de l'année; or, comme ces facteurs influencent au plus haut degré les pleurs, il faut s'attendre à ce qu'il existe par contre-coup des fluctuations plus ou moins fortes dans les pleurs selon la période de l'année que l'on considère.

Il n'y a aucun doute à ce sujet ; mais il n'en est plus de même si on se pose la question suivante : y a-t-il une période annuelle indépendante des facteurs extérieurs prenant, par conséquent, sa source dans l'organisation même de la plante ?

Les nombreuses expériences que l'auteur a faites à ce sujet, l'ont amené à admettre qu'un grand nombre de plantes « bonnes pleureuses r offrent une périodicilé annuelle fort accusée et indépendante des facteurs extérieurs, qui avaient été maintenus constants : tels sont la vigne vierge, le groseillier, le saule, le peuplier, le frêne, tandis que d'autres, aussi bonnes pleureuses, n'en montrent pas, par exemple, la vigne, l'érable, le bouleau, l'aune. Là où elle existe, elle est indépendante de l'âge de la plante. Il est bien entendu qu'une foliaison précoce peut déplacer les maxima.

Pendant la période de repos, une température élevée, appliquée pendaut un laps de temps suffisant, peut provoquer les pleurs, et on anive au même résultat en exerçant une succion sur le tronçon de tige, ou en faisant agir certaines matières à un faible degré de concentration : nitrate de potasse à

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i et 2 p. 100, nitrate d'ammoniaque à 0.8 p. 100, sulfale de magnésie à 0.5 p. 100, phosphate de soude à 0.5 p. 100, glycérine à 1 et 2 p. 100, caféine 0.5 p. 100 et enûn chlorhydrate de quinine à 0.5 p. 100.

Si les solutions sont osmotiquement plus puissantes, les pleurs n'apparaissent que lorsqu'on retiansporte les plantes dans Teau.

Il s'agissait maintenant d'expliquer cette période annuelle indépendante des conditions physiques; peut-être est-elle liée à la métamorphose des principes immédiats. Connaissant la périodicité qui règue dans la formation des radicelles, Tauteur a essayé de dévoiler une connexion entre les deux phénomènes, mais le résultat a été négatif, ainsi que Ress l'avait déjà vu; il est indifférent pour les pleurs qu'il y ait ou qu'il n'y ait pas déjeunes radicelles.

Malgré la sûreté de tous ces résultats, il demeure impossible de construire la courbe de la périodicité annuelle , on se heurte là aux différences individuelles ; ce qui est certain, c'est que le maximum correspond au printemps. Reste à distinguer entre la « quantité des pleurs » et la « pression qu'ils peuvent équilibrer », c'est-à-dire la hauteur à laquelle le liquide expulsé peut monter dans un tube de verre vertical mastiqué sur l'extrémité de la tige décapitée.

Hofmeister avait soutenu que cette pression était constante pour chaque plante. M. Wieler, au contraire, la trouve franchement variable chez le bouleau, cependant, il convient qu'elle l'est moins nettement chez la vigne et l'érable. En dedans de certaines limites, il existe un parallélisme entre la quantité des pleurs et la hauteur de la colonne liquide qu'ils peuvent soulever.

6. — La période diurne, — D'après l'auteur, le bouleau ne possède pas de période diurne et il en est probablement de même pour le Richardia^ cette belle aroîdée à la spathe blanche que nous cultivons dans les appartements sous le nom de Calla. Les autres plantes qu'on a examinées à ce sujet, la présentent très nettement (soleil, ricin et vigne). Malheureusement les maxima et les minima ne se présentent pas nécessairement à la même heure chez des individus différents de la même espèce. C'est à tel point parfois, que maximum et minimum semblent avoir échangé leur place. Celte périodicité diurne se rattache-t-elle aux variations de l'éclairage? C'est une question que l'auteur laisse indécise.

Les changements diurnes de la quantité des pleurs se rattachent à des changements correspondants de leur pression, fait que Hofmeister avait déjà énoncé.

On sait que lorsqu'on décapite une plante, les pleurs diminuent petit à petit, jusqu'à ce qu'ils cessent complètement. C'est bien pour cette raison qu'on ne peut pas étudier la périodicité annuelle, par exemple, sur un seul et même individu. La cause en est à l'encombrement des vaisseaux ligneux par des thylles et leur oblitération par de la gomme cicatricielle; sans doute aussi la diminution réelle de la poussée des racines.

7. — Le mécanisme des pleurs. — Après un aperçu critique des opinions jusqu'à présent admises, l'auteur adopte la théorie de Pfeffer : ces pleurs sont le résultat d'une inégalité durable des fonctions osmotiques du proto-»

plasma de la cellule, suivant que Ton considère l'une ou l'autre face de celle-ci. Le sac proloplasmique, grâce à Tosniose, absorbe de Teau d'un côté, mais étant plus perméable de Tautre, la cbasse par là. C'est là l'apanage profondément biologique (et nécessitant sans doute une dépense spéciale d'énergie) de certaines cellules. Peut-être, dans certains cas, Texosmose, sur un côté de la cellule, de substances osmotiques et l'imbition consécutive de la paroi cellulosienne avec ces mêmes substances et en ce même endroit concourent-elles à la production du phénomène des pleurs.

8. —Relations entre les pleurs et d'autres processus biologiques. — La poussée des racines ne peut être invoquée sérieusement comme Tune des causes de l'ascension de la sève, mais il est possible que chez certaines plantes, comme le bouleau par exemple, elle remplit les réservoirs d'eau du tronc, qui se videront plus tard quand la transpiration sera devenue plus forte. J'ajouterai que cette première eau pénétrant dans le bois peut être utile pour la réactivation des matières de réserve accumulées dans les cellules du bois et éventuellement de la moelle.

Vesque.

De la nnCrltloii des piaules vertes par la glycérine, par M. E. Assfahl ^. — Les expériences ont été faites avec différentes espèces, appartenant aux algues et aux phanérogames. Lorsqu'elles doivent durer longtemps, la meilleure concentration pour les algues est celle de 0,2 de glycérine pour 100 d'eau. Si on veut faire une expérience de courte durée, on aura avantage à monter jusqu'à 0.5 p. 100; mais on ne doit jamais dépasser 1 p. 100, parce que les solutions plus fortes sont nuisibles. Au dessous de O.OOi p. 100, la glycérine cesse de produire un effet alimentaire appréciable.

Des filaments de spirogyres, préalablement privés de leur amidon par un séjour suffisamment prolongé à l'obscurité, et plongés ensuite dans une solution de glycérine à 0,2 p. 100, ont produit de l'amidon nouvellement formé en deux heures et demie.

On s'est également préoccupé de savoir si la présence du potassium exerce une influence sur la transformation de la glycérine en amidon. Celte in-> ûuence existe d'après quelques séries d'expériences.

Il est à remarquer que les spirogyres n'effectuent la transformation en question qu'à la lumière. On avait naturellement empêché l'assimilation chlorophyllienne en supprimant l'acide carbonique dans le milieu ambiant et en se mettant soigneusement à l'abri de la cause d'erreur pouvant pro-* venir de l'émission d'acide carbonique de la part de bactéries.

1 . Ueber die Ern&hruDg grûner Pflanzenzellen mit Glycerin ; Dissertation inaa-^ gurale, Erlangen, 1892. Bot, Centralbl,, LY, 148.

Le Gérant : G. Masson*

Paris. — Imprimerie L. Maautheux, 1, rue Caiseite.

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