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LE BLÉ ET L'AVOINE AU CHAMP D'EXPÉRIEXCES DE GRIGNON EN

qui n'a qu'une très faible épaisseur est trop sèche pour que la pulvérisation puisse y exercer une influence notable ; c'est probablement cette dessiccation de la couche remuée à la fourche qui Tempêche de nitrifier énergiquement ; il en est sans doute do même des binages qui sont très superficiels. La terre remuée ne nitrifie guère parce qu elle est sèche ; ces travaux de binage, de pulvérisation des couches superficielles présentent souvent ce grand avantage de s'opposer à la dessiccation de la terre sousjacente, et il y a peut-être là une indication dont les cultivateurs pourraient tirer parti; imaginons qu'une terre soit très bien remuée jusqu'à 10 ou 15 centimètres par exemple, à Faide d'un scarificateur agissant dans diverses directions et à plusieurs reprises, puis que ce travail terminé, on donne un coup de rouleau de façon à bien tasser la terre, à la bien raffermir, la terre se trouvera au printemps, si elle est humide, dans de bonnes conditions, pour que les nitrates s'y produisent, mais il reste une condition essentielle pour que cette production soit abondante, c'est que l'humidité persiste; peut-être pourrait-on réussir à la maintenir, si à la suite de ces travaux^ on faisait passer des houes pour émietter la surface du sol, le pulvériser de façon que cette couche pulvérisée préserve les couches sous-jacentes de la dessiccation. Visiblement, les nitrates devront apparaître en quantités d'autant plus fortes que la masse remuée sera plus considérable, de là le grand avantage des labours profonds.

Les recherches seront poursuivies dans ce sens en i895 et nous montreront si les idées que je viens d'émettre sont vérifiées par l'expérience.

Prix du blé en 1894. — L'abondance de la récolle de 1894, qui atteint ou surpasse même notre consommation, a naturellement écrasé les cours; depuis plusieurs mois, le quintal se vend de 16 à 18 francs et nous avons pris 17 francs pour exécuter nos calculs, c'est là un prix très bas, bien supérieur cependant à celui de Londres ou le quintal est à 13 francs, de Bruxelles où le blé se vend H fr. 50, de New-York où il oscille autour de 10 francs.

A ces bas prix, le produit brut à l'hectare est faible, malgré l'abondance des rendements, et c'est seulement quand on atteint 40 ou 50 hectolitres qu'on arrive à des chiffres passables ; visiblement les cultivateurs ne tireront qu'un maigre bénéfice de l'abondance de la récolte. Le prix de 12 fr. 50 l'hectolitre, est celui

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auquel le blé s'est maintenu longtemps au xviu® siècle ; mais ce n'est que par places qu'il est tombé aussi bas dans notre siècle.

Une marchandise baisse quand sa demande est plus faible que sa production et c'est seulement quand la consommation s'accroît que les prix se relèvent ; il semble qu'actuellement dans le monde, la quantité de froment produite excède les besoins de la consommation humaine, et si nous nous bornons à l'employer à la fabrication du pain, il est à craindre que les prix ne soient avantageux que momentanément pendant les mauvaises années; trouver de nouveaux débouchés est la condition même du relèvement constant des prix.

CULTURE DE l' AVOINE

L'avoine a été placée à Grignon sur les parcelles de I à 12 qui pendant longtemps ont été maintenues en prairies ; M. Paturel a insisté ici même sur les difficultés qu'il a rencontrées à obtenir de ces parcelles infestées d'insectes et notamment de taupins, des récoltes passables ; aujourd'hui elles sont rentrées dans l'assolement régulier et fournissent de bonnes récoltes. L'avoine succédait à des betteraves fortement fumées; on a semé trois variétés différentes; l'une venant de Russie, l'avoine Ligowo; une seconde que nous cultivons à Grignon depuis plusieurs années, l'avoine des Salines, et une troisième très répandue aux environs de Paris, l'avoine de Houdan.

Toutes ces variétés ont largement profité de la saison exceptionnelle dont nous avons joui ; bien que le premier printemps ait été un peu sec, nous avons bien réussi les semailles et comme Tété n'a amené ni chaleur lorride, ni orages violents, l'avoine s'est régulièrement développée.

On ne lui a donné aucune autre fumure que les feuilles de betteraves et ainsi que le montre le tableau n** II, cette fumure verte était absolument suffisante, car en général, la récolle a été forte; l'influence des fumures antérieures sur le poids du grain obtenu a été peu sensible, elle est plus marquée sur la paille. Il est bien curieux de constater, une fois de plus, combien l'avoine est peu exigeante; semée sur la parcelle 5 sans engrais depuis 1875, elle fournit encore 35 quintaux métriques de grain; c'est la plus faible récolte de toute la série des Salines, mais elle n'est que très légèrement inférieure à la récolte de 7, 8 et 9, qui toutes se sont

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