COMPOSITION DE QUELQUES ESPÈCES D'ALGUES ET AUTRES PLANTES MARINES
(F) Laurencia obtiisa^ 41 p. 100, (J) Sargassum vulgarcy 52 p. 100
(G) Liagora viscida, 55 p. 100; ces algues sont du reste pauvres en principes fertilisants.
Le dernier tableau nous montre aussi que la proportion de chlore contenue dans les cendres des plantes analysées est en généra] très faible, excepté pour les zostéracées. De plus, la quantité de potassium de ces plantes est souvent très voisine de la quantité de sodium total, ainsi qu'on peut le voir sur le tableau suivant :
Potutium
SodiamtoUl. . . .
Dans les cendres des végétaux terrestres, au contraire, la quantité de potassium surpasse toujours de beaucoup, comme on le sait, celle du sodium. En outre, dans les cendres des végétaux terrestres, les proportions d'alcalis caustiques et carbonates sont relativement considérables et leur titre alcalimétrique est élevé : ce qui n'a pas lieu pour les cendres d'algues et des plantes marines analysées.
Si Ton compare maintenant la composition des algues précédentes à celle donnée pour les « algues de la Méditerranée » et rapportée dans l'un des tableaux extraits de l'ouvrage de MM. Mûntz et Girard, l'on trouve qu'aucune des algues que j'ai analysées n'est aussi pauvre en principes fertilisants. En effet, Liagora viscida^ dont la composition se rapproche le plus de celle donnée sur le premier de ces tableaux, comme devant représenter la moyenne de la composition des algues de la Méditerranée, renferme encore quatre fois plus d'acide phosphorique et trois fois plus de potasse que ne l'indique la composition rapportée.
Comparativement aux cendres d'algues que j'ai analysées, les cendres de varechs analysées par M. Marchand sont en général aussi riches en potasse que les meilleures cendres de plantes marines de la Méditerranée, et leur teneur en acide phosphorique est en moyenne supérieure à celle de ces dernières.
Il me reste maintenant à indiquer la méthode analytique que j'ai suivie pour obtenir les résultats précédents.
88 jr.-A. HULLER
1. — L'azole a élé dosé par la chaux sodée sur la malière réduite en poudre 1res fine.
2. — Pour doser les cendres, on incinérait les algues, par Irfes petites portions à la fois, au rouge sombre dans une grande capsule en platine. Les algues brûlent avec une flamme plus ou moins fuligineu.^^e ; le coke qui reste après la combustion des gaz dégage, en brûlant, une odeur d'acide cyanhydrique souvent accompagnée d'une odeur ammoniacale ; avec ulva lacttica, j*ai aussi observé, à un certain moment, un dégagement d*anliydride sulfureux.
3. — Le poids du mètre cube de cendres, ou densité apparente, a été déterminé en mettant une quantité connue de cendres dans un tube gradué et lisant le volume occupé par ces cendres après avoir eu soin de les tasser légèrement en frappant avec le tube quelques coups secs sur une table de bois ; puis divisant le poids des cendres par le volume occupé dans ces conditions.
4. — Pour analyser les cendres, j'ai suivi une marche qui a l'inconvénient d'être un peu longue, mais qui permet d'obtenir des résultats précis.
2 à 3 grammes de cendres sont additionnés d'un peu d'eau puis d'acide chlorhydrique en évitant les pertes par projection; le mélange est évaporé à sec, au bain-marie, pour insolubiliser la silice ; le résidu est repris par l'acide chlorhydrique étendu et l'on chauffe au bain-marie jusqu'à ce que la totalité du sulfate de chaux soit entrée en solution. La masse est alors filtrée sur un filtre en cellulose pure dans un fiacon jaugé de 200 centimètres cubes et l'on complète ce volume après lavage du précipité. Ce précipité est séché à HO-H 5 degrés, puis détaché du filtre; ce dernier est incinéré et le résidu ajouté au précipité principal que Ton pèse après nouvelle dessiccation. On obtient ainsi la somme du sable, du charbon non brûlé et de la silice soluble. Pour déterminer cette dernière, le précipité est mis en digestion pendant une nuit, à une douce chaleur, dans une solution assez concentrée de carbonate de soude renfermant un peu de soude caustique dans laquelle la silice se dissout : la perte de poids subie par le précipité dans ce traitement représente la quantité de silice qu'il contenait. Finalement il suffit de calciner au rouge, après dessiccation et pesée, le nouveau résidu ainsi obtenu pour avoir la proportion de