Flora, 1892 ; Bot. centralbL, LI
phylle ; or, 1 acide oxalique jouit de la propriété bien caractéristique de former avec la chaux une combinaison insoluble. II y a peut-être lieu d'établir un rapprochement entre ces deux propriétés et d'admettre que Toxalate neutre de potasse sépare le calcium de sa combinaison protoplasmique, que la gonflabilité du grain de chlorophylle ainsi modifié augmente, qu'il en résulte un changement profond dans la structure de l'organite et que l'albumine passe de l'état actif àTétat passif.
Le noyau lui-même est altéré par l'oxalate neutre de potasse. Il se contracte et se ride dans la solution à 2 p. 100, se gonfle, au contraire, dans celle à 0.5 p. 100. Tout d'abord le cytoplasme environnant ne subit aucune modification.
L'acide oxalique libre, lui-même, est extrêmement vénéneux pour le noyau, beaucoup plus que tous les autres acides organiques. Le noyau se gonfle, quelquefois, jusqu'au sextuple de son volume primitif et devient opaque dans une solution , très étendue de 0,004 p. 400. Quoique le cytoplasma puisse rester en vie encore pendant quelque temps, les cellules ne se rétablissent plus dans l'eau fraîche. En général, les solutions plus concentrées de l'acide oxalique tuent rapidement les cellules sans qu'on puisse observer alors les effets caractéristiques que l'on vient de lire.
Il devient probable, d'après tout ceci, que les combinaisons du calcium jouent également un rôle important dans le noyau, que, par exemple, une combinaison de calcium avec la nucléine active constitue la charpente fondamentale du noyau. Si cela était vrai, les noyaux des champignons inférieurs devraient avoir une conslitution différente, puisque les oxalates ne sont pas un poison pour eux.
Admettons donc, avec l'auteur, qu'une combinaison de calcium avec une matière proléique entre dans la constitution du noyau et du chloroplastide nous commençons alors à comprendre comment les sels de chaux, ainsi cju'il a été démontré par Bœhm, sont d'une si grande importance pour le transport de l'amidon. Deux causes agissant isolément ou concurremment peuvent, en effet entrer en ligne de compte : premièrement, les tissus peuvent manquer de la diastase nécessaire pour la saccharifi cation de l'amidon, ensuite ils peuvent ne pas renfermer le nombre de leucoplastides ou de cbloroplastides pour retransformer le sucre en amidon dans les lieux où ce dernier devrait se déposer.
B. Hofer a démontré pour les amibes que le noyau est très important dans la formation des enzymes ; il est donc probable qu'il en est de même chez les plantes et que le noyau étant insuffisamment pourvu de sels de chaux, la production de la diastase s'arrête. Lorsque la chaux manque, les plastide^ se développeraient mal et cesseraient de se multiplier; certains organes qui reçoivent encore du sucre ne pourraient plus alors transformer celui-ci en amidon. C'est un fait qui a été observé par v. Raumer et Kellermann sur des plants de haricot d'Espagne cultivés à l'obscurité. Les tiges étaient chargées de sucre et de corps gras, et cependant les sommités étaient privées d'amidon, que l'on n'a trouvé que dans la base.
Passons maintenant à l'histoire des sels de magnésie; tout de suite nous nous trouvons en présence de cette question : pourquoi la chaux ne peut-
iiû pubugàtiuns françaises et éteangëres
elle pas remplacer la]magnésie? Il est clair qu'il faut chercher la solution de ce problème dans les qualités chimiques différentes des deux séries de sels.
L'auteur a porté surtout son attention sur la facilité plus grande avec laquelle les sels de magnésie se dissocient. Gomme base plus faible, la magnésie se sépare en effet beaucoup plus facilement des acides que la chaux. Celte propriété de la magnésie se fait déjà voir dans la préparation du carbonate de magnésie à Taide du carbonate de soude et du sulfate de magnésie ; il se précipite un carbonate basique de magnésie, tandis qu'une partie de Tacide carbonique se dégage; cette réaction ne se produit pas avec le sel de chaux. Le chlorure de magnésium cristallisé, MgCl*4-H*0, perd une partie de son chlore à l'état d'acide chlorhydrique par simple évaporation de la solution ; il se forme un sous-chlorure basique ; le chlorure de calcium ne présente rien de semblable. Chauffé en présence de la vapeur d'eau le chlorure de magnésium dégage beaucoup plus éuergiquement de l'acide chlorhydrique que le chlorure de calcium. Le carbonate de magnésie se décompose plus facilement par la chaleur que le carbonate de chaux.
Cette faible propriété basique de la meignésie explique d'abord pourquoi les sels de magnésie sont si nuisibles lorsqu'on les donne à la plante à l'exclusion de tout autre aUment minéral. Les spirogyres périssent en quatre à cinq jours dans une solution à 1 p. 1000. Les racines des plantes supérieures n'y produisent plus de radicelles, les jeunes plants de haricot meurent, etc.
Admettons maintenant encore une fois que le plastide chlorophyllien comprend un squelette d'une combinaison de calcium et de plasline, corps que l'auteur considère comme une modiQcation polymère de la nucléine, que le noyau en renferme im autre d'une combinaison de calcium et de nucléine, il est clair qu'en présence de sels de magnésie à acides forts, le magnésium doit remplacer le calcium. La constitution physique du squelette change, sa capacité pour l'eau d'imbibition se trouve modifiée, la fermeté en souffre probablement. Sans doute encore la modiQcation de la structure est telle que de la protéine active devient passive. En réalité les symptômes de l'empoisonnement par le sulfate de magnésie sont les mêmes que ceux de l'oxalate de potasse en solution étendue, mais la marche en est moins rapide.
Les sels de chaux empêchent l'action nuisible des sels de magnésie, ou suppriment l'effet déjà produit. En revanche, dans ces circonstances, les sels de potasse ou de soude ainsi que les matières organiques restent sans effet. Seuls les sels de chaux agissent comme contre-poisons. Le magnésium qui a remplacé le calcium dans la substance du noyau et des plastides est de nouveau remplacé par le calcium.
Lorsque la plante, dispose d'une quantité suffisante de sels de chaux, les sels de magnésie ne peuvent manifester que leur propriété nourrissante qui prend sa source dans la facile dissociation de ces sels, surtout du phosphate de magnésie. On comprend que ce dernier corps se forme toujours dans les mélanges compliqués que l'on donne à la plante. Le phosphate secondaire étant formé, l'assimilation de l'acide phosphorique est aussi facile que pos-
PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE ili
sible, car ce sel se dédouble facilement en acide phosphorique et phosphate tertiaire ; il suffit, par exemple de le faire bouillir dans un grand excès d'eau» Le développement de la plastine, de la nucléine et se la lécithine y trouve son compte.
Quant au phosphate tertiaire qui est peu soluble, il s'accumulera là où la nucléine et la lécithine prennent naissance ; voilà pourquoi la magnésie, comme Tacide phosphorique, suivent les matières albuminoïdes et s'accumulent dans les graines. Il importe de faire remarquer que ce phosphate de magnésie tertiaire peut, en présence des acides, repasser à l'état de phosphate secondaire et que celui-ci peut être de nouveau utilisé.
Dans tous les cas, ce qui vient d'être dit n'est vrai que pour les plantes vertes. Les champignons inférieurs se comportent tout autrement; pour eux les oxalates ne sont pas vénéneux, pas plus que les sels de magnésie en l'absence des sels de chaux. Cultivés dans une solution fortement acide, les moisissures se passent facilement de sels de magnésie. Cela tient probablement à ce que, dans ces conditions, ces plantes peuvent également assimiler lacide phosphorique du phosphate de chaux. Ybsqub.
Sur les places branes el amères dans les pommes, par M. J. Wort- XANN^ — On trouve souvent dans les pommes, de petites masses de tissus d'un brun clair ou foncé, plus ou moins nombreuses, arrondies, mesurant de 1 à 5 millimètres de diamètre, quelquefois davantage, et qui sont ordinairement logées immédiatement sous l'épiderme. Ces nids de tissus altérés renferment des substances extraordinairement amères, gâtent par conséquent la saveur du fruit et nuisent à son aspect. D'ordinaire ces taches brunes n'apparaissent que pendant ou après la maturation complète, exceptionnellement sur des fruits très volumineux encore attachés à l'arbre ; il faut ajouter que certaines races de pommes sont plus exposées que d'autres et que quelques-unes restent constamment indemnes.
Sorauer, quoique ni lui-même, ni aucun observateur n'y eût jamais rencontré aucun mycélium, n'en croit pas moins que l'altération doit être attribuée à un champignon, le Spilocœa Porni. Or, d'après Frank, ce Spilocœa Fomi ne serait autre chose qu'une forme particulière, croûteuse, de la rouille bien connue du pommier, le Pusicladium dendriticum.
L'auteur a minutieusement examiné les taches amères sans jamais trouver ni mycélium ni bactéries ; il croit donc pouvoir admettre qu'elles sont le résultat d'un phénomène physiologique. En effet, lorsqu'on coupe les pommes malades, on trouve très souvent des taches logées à une profondeur de plus d'un centimètre, tout à fait isolées ; de là elles s'étendent vers la surface et peuvent devenir conflueutes pour lormer des parties malades plus étendues. Il a été constaté en outre que le bruissement prend naissance dans le voisinage immédiat des dernières ramiûcations du système libéro-ligneux, sous l'apparence d'îlots cellulaires faiblement colorés en brun, couches tout contre des vaisseaux ligneux également brunis. U parait
1. Ueber die sogenannten « Stippen » der Aepfel, ThieVs landwiréhsch. Jahrb,^ XXI, 1892, 663-615 ; Bot. CentralbL, XIII, 200.
probable que nous avons affaire à une conséquence pathologique de la diminution et de la suppression finale de la circulation de Teau.
Tant que le fruit est attaché à Farbre, Teau perdue par la transpiration est aussitôt remplacée, taudis qu*après la récolte, la transpiration continuant, quoique affaiblie, l'arrivée de Feau est supprimée, les vaisseaux sont bientôt vidés, les cellules avoisinantes, manquant d*eau, concentrent leur suc cellulaire; dans de telles conditions, l'apparition d'accidents pathologiques n*a rien que de très naturel.
Si ce qui précède est vrai, le fruit doit être d'autant plus exposé à la maladie que sa transpiration est plus forte ; sa prédisposition dépendra donc de la structure de Fépiderme.
Le contrôle était facile à faire : Fauteur a examiné un grand nombre de races diverses; il est vrai qu'il a trouvé partout Fépiderme privé de stomates et de structure ordinaire, mais cet épiderme est plus ou moins déchiré après la maturité chez certaines d'entre elles, surtout celles à gros fruits succulents. Les solutions de continuité sont bien faites pour livrer libre passage à la vapeur d'eau. Jusque-là la théorie est d accord avec les faits. Les fruits volumineux et remplis de jus sont en réalité beaucoup plus prédisposés que les petits.
Il ne semble pas cependant que la transpiration soit seule en jeu. Une part de l'influence doit être attribuée à la qualité et aux quantités relatives des substances dissoutes dans le suc cellulaire, ainsi qu'à la résistance que ie protoplasme oppose à l'action nocive du suc concentré. 11 n'en est pas moins vrai que la maladie prend son origine dans cette concentration du suc cellulaire. On peut le démontrer par l'expérience très simple que voici : des pommes ayant été placées dans une solution concentrée de sel marin ou de sucre de canne, on observe toujours la formation des places amères, après un temps variable qui dépend précisément de la concentration des solutions employées.
II est peu probable qu'on puisse jamais complètement prévenir la maladie, puisque le protoplasme y a sa part, mais on pourra en amoindrir les effets par des soins rationnels donnés aux arbres et par le traitement intelligent des fruits après la récolte.
Le Gérant : G. Masson.
Parti. — Imprimerie L. Marbthbux^ 1, rue Cassette.