‹ Annales agronomiques (volume 2)Chapitre 48 sur 253 · LA VESCE VELUE · texte numérisé non relu

LA VESCE VELUE

M. E. 8CHRIBAUX

Directeur de U Station d'essait dt semeoces de l'Institut tgronomique.

En 1891, me basant sur des expériences personnelles poursuivies à la ferme de Tlnstitut agronomique, je recommandais la culture de la vesce velue, une plante alors complètement inconnue de nos agriculteurs. Deux années ont suffi pour mettre en lumière ses remarquables aptitudes et lui assurer désormais une place d'honneur parmi nos meilleures espèces fourragères. La quantité de semences livrées à l'automne de 1893 sur le marché de Paris peut être évaluée à plusieurs centaines de mille de kilos. Si Ton ajoute à ce chiffre celui des semences récoltées en France ou achetées ailleurs qu*à Paris, on voit que la nouvelle plante occupe déjà d'importantes surfaces. Quand les semences^ cotées Tannée dernière jusqu'à 300 francs les 100 kilos, seront offertes à un prix raisonnable, disons 30 à 40 francs les 100 kilos, la vesce velue deviendra bien vite une concurrente formidable de nos principales légumineuses annuelles, trèfle incarnat, vesce commune, jarosse, etc.

Quelle est l'origine de la vesce velue; quelles sont les qualités qui]la désignent à l'attention des agriculteurs? Telles sont les questions auxquelles je voudrais répondre dans celte note.

De CandoUe prétend que la vesce velue est originaire de TAUe'' magne et de la Hongrie; elle est très rare en France, sauf dans l'Est, où on la rencontre dans les moissons, associée aux nombreuses vesces sauvages que les agriculteurs désignent sous le nom de « vescerons » ; en Allemagne, elle foisonne parfois dans les seigles d'hiver établis en terre riche, au point d^en compromettre la réussite.

 quelle époque a-t-on commencé à cultiver la vesce velue ? Werner, un auteur qui fait justement autorité en matière de plantes fourragères, déclare* qu'elle est utilisée comme vesce

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