RECHERCHES SUR L*ALIMENTATION PAR LE FAUX ACACIA ET LE CYTISE
point nouTeau dans notre pays ; les lecteurs des Annales savent qu'Olivier de Serres et plusieurs auteurs du siècle dernier lui ont consacré, aux moments de grandes disettes, des études renfermant beaucoup d'observations intéressantes ^ Plus tard, Boussingault et Isidore Pierre ont cherché à Tétablir sur des bases scientifiques en étudiant dans le laboratoire la composition chimique des feuilles. Mais, malgré les efforts faits en vue de la vulgarisation d*une pratique si utile, ce mode d'alimentation, très apprécié par la petite culture de certains pays pauvres, ne s*est pas propagé et n'a jamais, sauf exception, joué un rôle important dans les spéculations animales des grandes fermes.
L'attention du monde agricole a de nouveau été appelée tout récemment sur cette question par les belles recherches de MM. Muntz, Girard* et Cormouls-Houlès en France, Ramann, Jena et Prœssler en Allemagne ; par diverses circulaires de M. le Ministre de l'Agriculture, et par les publications de M. Grandeau. L'auterité qui s'attache à ces noms a été pour beaucoup dans le mouvement qui a poussé nombre d*éleveurs à demander aux forêts un supplément de fourrage sans lequel la vente du bétail à vil prix s'imposait.
Les travaux des savants expérimentateurs dont nous venons de citer les noms ont mis hors de doute ce fait remarquable, que les feuilles constituent un aliment riche et nutritif à l'égal du foin, et qu'il n'y a plus lieu, par suite, de les considérer comme un pisaller, comme la dernière ressource à laquelle on doive recourir quand on n'a pas autre chose pour empêcher le bétail de périr de faim ; aussi y a-t-il maintenant beaucoup de chances pour que l'emploi de la ramille alimentaire, qui a rendu cet hiver de grands services un peu dans toutes les régions de la France, se généralise et devienne la règle au lieu de l'exception. Pourquoi, en effet, continuerions-nous de laisser perdre en automne ces masses considérables de feuilles, que nous pouvons récolter alors économie quement et sans aucun préjudice pour les arbres? pourquoi ne ferions-nous pas entrer dans nos calculs de prévision cette res* source fourragère, moins aléatoire que beaucoup d*autres, puisque la théorie et la pratique sont également d'accord pour lui recon^* naître une grande valeur?