‹ Annales agronomiques (volume 2)Chapitre 55 sur 253 · RECHERCHES SUR L*AL1MENTATI0N PAR LE FADX ACACIA ET LE CYTISE · texte numérisé non relu

RECHERCHES SUR L*AL1MENTATI0N PAR LE FADX ACACIA ET LE CYTISE

les faits observés chez les cultivateurs dont nous avons parlé précédemment par des essais d'alimentation sur des espèces animales plus variées. On a pensé, dans la presse agricole, que ces accidents devaient avoir été causés par le cytise ou faux ébénier, arbre vénéneux dont le feuillage ressemble à celui du robinier, aussi avons-nous cru nécessaire de faire porter nos recherches sur l'emploi de ces deux légumineuses.

Le cytise aubour, le plus dangereux de tous, se rencontre sur nos sols calcaires à Tétat de cépées isolées. Son feuillage est cueilli à Tautomne, en même temps que celui des arbres voisins, et donné ainsi en mélange, après séchage, sans qu'il en soit jamais résulté d'inconvénient grave pour la santé du bétail.

Nos premiers essais ont été faits au commencement de novembre, alors que les feuilles, encore complètement vertes, mais mûres, allaient bientôt commencer de tomber ; ils ont porté sur deux lapins, deux moutons, deux ânesses, et une génisse. Quelques semaines plus tard, on a donné à ces mêmes animaux et à un cheval, des brindilles, des écorces ou des fruits d'acacia et de cytise.

Voici le détail sommaire de la façon dont chacune de ces opérations a été conduite :

Lapins, — La feuille d'acacia constitua seule pendant trois jours la ration des deux sujets en expérience ; elle fut acceptée sans difficulté, et l'on peut évaluer à 3 kilos la quantité réellement consommée.

Après vingt-quatre heures de régime au grain, on donna, le cinquième jour, des feuilles de cytise, qui furent mangées avec le même appétit que les précédentes et parurent n'avoir aucune influence sur Texcellent état de santé dans lequel se trouvaient les animaux. Ce fait, ainsi que nous le verrons plus loin, n'est pas en désaccord avec les belles études de M. Gornevin, desquelles il résulte qu'une faible quantité de jeunes feuilles de cytise suffit pour empoisonner les animaux.

Un mois plus tard^ on donna des écorces de faux acacia d'abord, puis de cytise ; mais, dans Tun comme dans l'autre cas, l'amertume de ces aliments fit que les lapins n'y touchèrent presque pas, même quand on les mélangea avec du son.

Moutons, — Deux moutons en bon état de santé ont de même

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été nourris pendant trois jours à la ramée d'acacia, et en ont consommé de 15 à 18 kilos. Après un intervalle d'un jour passé au p&turage, on donna une ration de brindilles feuillues de cytise, qui fut acceptée en totalité comme les précédentes.

Au mois de décembre, deux moutons pris encore au hasard dans le troupeau, reçurent d'abord des écorces entières et pures, puis découpées et mélangées à du son frisé. Le son fut bientôt mangé, mais les écorces restèrent en grande partie dans Fauge, même alors que les animaux commençaient à être travaillés par la faim.

Des écorces de cytises aubour, préparées de la même façon, n'ont pas paru être plus appétissantes.

Quoi qu'il en soit, il a été consommé, dans chaque cas, des quantités notables d'écorces fraîches, et Ton n'a remarqué aucun symptôme de dérangement dans la santé des animaux. On aurait pu, en les pulvérisant, en faire ingérer des proportions plus fortes, mais cette recherche n'était pas pour nous d'un grand intérêt pratique, puisqu'il s'agissait surtout de savoir si quelques lambeaux d'écorces, rongés accidentellement, avaient pu occasionner des accidents.

Anesses. — Deux ânesses nourries le jour au pâturage, ont reçu le soir, trois fois de suite, une brassée de 5 kilos de feuilles d'acacia et, le quatrième soir, du cytise. Ce régime n'a paru avoir aucune influence sur l'état physiologique des animaux.

Génisse. — Une génisse de dix-huit mois n'eut pour toute nourriture pendant deux jours que des feuilles d'acacia ; elle mit peu d'empressement à manger cette ramée^ trop mûre peut-être ou trop amère, et la consommation totale ne dépassa pas 15 kilos.

Après deux jours de pâturage, on donna des feuilles de cytise, qui n'ont de même été acceptées qu'avec répugnance.

Les écorces enlevées à des branches d'acacia de tout âge ont été découpées en morceaux de 2 à 3 centimètres carrés, et présentées ainsi à l'animal, qui n'y voulut pas toucher ; en les mélangeant intimement à du son frisé, on a pu les faire consommer dans la proportion de 3 kilos en trois nuits.

Les écorces de cytise, expérimentées de la même manière, sont restées en grande partie dans la crèche.

Ces recherches sur la consommation des feuilles n'ont pas été poussées plus loin ; elles sont suffisamment concluantes, croyons-

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