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M. D. ZOLLA
Lauréat de l'IosUtut, professeur k l'École d'agriculture de Orignon.
Il y a dix ans, ce tilre eût élé insuffisant, parce qu'il n'eût pas été assez clair. Aujourd'hui, tous les lecteurs sauront ce que nous avons voulu dire. Il ne s agit point de la culture du blé, de son rendement à Thectare, de l'action des engrais sur son développement, ou du choix des semences. A celte heure, ce ne sont pas les questions techniques, les questions scientifiques, qui intéressent le plus nos agriculteurs; ce sont, presque exclusivement, les questions d'ordre économique.
Les cours du blé se sont abaissés. Quelle est la raison, ou quelles sont les causes de cette dépression? Comment peut-il se faire que le prix du froment ait diminué malgré le relèvement des droits de douane qui, avaient pour but d'arrêter la baisse ou de la limiter? Voilà ce dont il s'agit aujourd'hui. C'est là ce que l'on appelle la question du blé.
Chose curieuse, en effet, pour qui veut réfléchir, la crise agricole ne se traduit pas par un déficit de la production rurale. Nos champs ne sont pas moins féconds, notre terre de France n'est pas moins admirable qu'hier par la variété et l'inépuisable richesse de ses productions. Voici, notamment, le tableau de nos récoltes de blé. L'amélioration est sensible ; l'accroissement de notre production depuis soixante ans dépasse ce que pouvaient espérer nos grands-pères. Les chiffres suivants et le graphique que le lecteur a sous les yeux nous le prouvent surabondamment.
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Millions d'hectolitres.
D. ZOLLA
Depuis 1831, la récolle de la France en froment a passé de 67 millions à 1 04 millions d'heclolilres ! L'augmenlalion accusée par ces chiffres alleint donc 55 p. 100 en soixante ans. Dans le même espace de temps, les surfaces cultivées en blé s'accroissaient aussi. Elles étaient de 5,300,000 hectares vers 1831, et dans ces dernières années, le domaine du froment s'étendait sur 7 millions d'hectares. C'est un accroissement de près d'un tiers (32 p. 100), inférieur, du reste, à l'augmentation des récoltes, ce qui prouve une amélioration certaine de la productivité du sol et des procédés de culture employés.
En définitive, nos terres portent des moissons plus abondantes, la surface consacrée au froment s'est étendue, les rendements se sont élevés, et pourtant, malgré des progrès que nul ne conteste, malgré une abondance de produits que tout le monde est d'accord pour reconnaître, il existe une crise douloureuse dont les agriculteurs se plaignent amèrement.
Nos récoltes de blé ont augmenté de 55 p. 100, et ce sont précisément les producteurs de blé qui voudraient voir apporter un remède aussi prompt qu'efficace à leur situation devenue mauvaise !
Il est facile d'expliquer ce singulier désaccord et d'indiquer la cause des plaintes qui se font entendre.
Voici les cours de l'hectolitre de froment en France depuis vingt ans, par périodes quinquennales.