LES IMPORTATIONS ET LES PRIX
Les importations de grains étaient si rares et si peu redoutées SOUS l'ancien régime que le gouvernement royal ne songea jamais à les arrêter ou à les restreindre. L'égoïsme étroit de quelques
\, Annales[agronom\ques, tome XIX, octobre 1893, p. 449. — Étude sur les variations du prix du bétail et de la viande, par D. Zolla.
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producteurs se manifesta sans doute à bien des reprises et Ton demanda parfois d'interdire sur quelques points l'entrée des froments de l'étranger. C'est ainsi qu'en 1633 les Étals de Provence supplièrent le roi de c prohiber l'entrée des blés dans la contrée, fors et excepté le cas où le prix du blé excéderait sur les lieux maritimes 16 livres la charge (équivalant au prix de 26 fr. 50 rhectolitre) ».
Cette singulière supplique n'eut aucun succès.
L'autorité royale se préoccupait presque exclusivement de prévenir les effets de la cherté excessive résultant parfois d'une mauvaise récolte, et surtout des obstacles que les douanes intérieures, les règlements locaux et l'insuffisance des moyens de transport apportaient à la circulation des grains. C'est contre rexportation que dçs mesures étaient prises fréquemment avant
Au début même de la Restauration, quelques années seulement avant l'établissement de l'échelle mobile, la hausse des prix avait si bien rassuré les producteurs ou les propriétaires qu'aucune restriction ne fut apportée à la liberté d'importation. La loi du 13 septembre 1814 ne réglementa que l'exporlalion.
En 1818, les premiers effets de la baisse prochaine se font sentir. En 1819, le blé tombe à 18 fr. 42, tandis qu'il s'était vendu 36 francs en 1817. La loi de l'échelle mobile est votée le 15 juin. La France est divisée en trois classes; le froment étranger doit acquitter à l'entrée un droit d'autant plus élevé que la baisse des cours intérieurs est plus marquée. L'interdiction d'importer est même stipulée toutes les fois que les prix tomberont sur les marchés régulateurs à 20, 18 ou 16 francs, selon les classes.
La baisse que l'on attribuait à la concurrence étrangère fut encore plus marquée en d820 et au début de l'année 1821. Les importations étaient en réalité insignifiantes, mais il fallait céder aux réclamations pressantes qui s'étaient produites. Dès le mois de juin 1821, la loi de 1819 élait modifiée ; le prix à partir duquel des droits à l'importation devraient être perçus fut relevé de façon à agir plus efficacement sur les cours intérieurs.
Examinons maintenant la marche simultanée des importations et des prix pendant la Restauration. Le tableau suivant résume ces indications :
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