PRIX IMPORTATIONS
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Toutes les fois que les importations augmentent, les prix s'élèvent, et ceux-ci s'abaissent, au contraire, quand les importations diminuent. Les variations des nombres que le lecteur a sous les yeux nous paraissent indiquer celte règle qui les résume et les explique.
Pour rendre plus frappante la relation si étroite qui existe entre les prix et les importations, nous avons tracé les courbes du graphique suivant. Voici, en outre, les chiffres qui indiquent les fluctuations des importations et des prix par périodes quinquennales depuis 1831 jusqu'en 1860.
PRIX IMPORTATIONS par hectol. ((nilliers d'bectol.^
fr. c.
Depuis 1831 jusqu'en 1845, les prix sont fort bas et les importations insignifiantes. La disette de 1847 fait monter les cours à 30 francs l'hectolitre et provoque une importation de près de 19 millions d'hectolitres. Cette circonstance explique le chiffre considérable des importations moyennes depuis 1846 jusqu'à 1850; mais le niveau moyen des prix reste fort peu élevé. A partir de 1851, au contraire, on voit monter en même temps le chiffre des importations et celui des cours.
Le graphique retrace avec une singulière précision la dépendance des importations et des prix. Les deux courbes qui les con-
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cernent ne sont pas sans doute parallèles, mais il est visible qu'elles s'abaissent ou se relèvent au même moment. La règle que nous indiquions plus haut est donc absolument confirmée.
En présence de ces faits, et en s'appuyant sur une expérience de quarante ans, il est possible d'affirmer que ce ne sont pas les importations qui ont fait baisser les prix depuis 1820 jusqu'à 1850, cl que ce n'est pas davantage la diminution des entrées qui a pu amener le relèvement des cours entre 1850 et 1860.
Quand on observe ces faits, on se'rend compte de l'impuissance évidente de Péchelle mobile à relover les prix du froment jusqu'au niveau précédemment atteint. Il est pourtant vraisemblable que le régime protecteur appliqué aux céréales eut déjà pour effet d'opérer une hausse relative, c'est-à-dire d'arrêter la baisse ou de la limiter.
En Angleterre, où la législation des grains avait pour but avoué de conserver les prix de 34 à 35 francs par hectolitre, le niveau moyen resta toujours plus élevé qu'en France jusqu'à l'abolition des Lois-Céréales (1849).
Il est facile de constater l'effet d'une législation plus restrictive sur le cours du froment en comparant, pour une même époque, les mercuriales anglaises et françaises.
PRIX DE L'HECTOLITRE DE BLÉ En France. En Angleterre.
fr. c. fr. c.
Dans l'un et l'autre pays nous observons sans doute une baisse significative et accentuée à partir de 1820^ mais il est visible que le niveau moyen des cours reste plus élevé en Angleterre qu'en France. Cette différence nous parait due presque entièrement à la différence des législations douanières.
« Sans doute, auraient pu dire en 1830 les propriétaires et les fermiers anglais, nos lois protectrices sont nécessaires pour nous préserver d'une baisse ruineuse ; mais ces lois n'ont pas eu pour effet de nuire au consommateur puisque, loin de s'élever depuis dix ans, les prix se sont au contraire abaissés. »
D*unc façon absolue les cours avaient ûéchi, cela est vrai ; et le langage que nous prêtons aux représentants de Taristocratie foncière ou agricole de T Angleterre pouvait faire impression sur les esprits. Le raisonnement auquel nous faisons allusion ne saurait, cependant, être considéré comme juste. Il ne s'agit point, en effet, de savoir si le froment valait un moindre prix durant la période de 1830-1840 comparée à la période 1810-1820. L*esscntiel est de constater que les lois destinées à satisfaire des intérêts menacés ont eu pour conséquence d*élever les cours au-dessus du niveau qu'ils auraient atteint sans l'intervention du législateur.
Forcer le consommateur à débourser 24 francs pour acheter 1 hectolitre de blé qu'il pourrait se procurer ailleurs au prix de 19 francs, c'est lui imposer un sacrifice. En comparant les cours du froment en Angleterre et en France nous voyons ainsi, qu'au commencement de ce siècle et durant une période de baisse, la législation douanière anglaise très nettement protectrice pouvait déterminer une hausse relative que venait seulement masquer la diminution absolue subie par les cours. Nous aurons bientôt a signaler des faits analogues et une situation comparable.
Une nouvelle période commence en 1861, au point de vue du régime douanier. En jetant les yeux sur le graphique joint à ce chapitre, on peut voir immédiatement que les importations se sont accrues en même temps que disparaissaient les obstacles apportés par l'échelle mobile au commerce extérieur du froment. Les prix se sont-ils abaissés comme on serait tenté de l'admettre? En aucune façon. La courbe tracée par nous le montre clairement. Voici, d'ailleurs, pour résumer ces indications, les moyennes quinquennales comparables à celles déjà citées pour les périodes antérieures.
Depuis 1861 jusqu'à 1875, les importations ont presque doublé, et pourtant les prix se sont élevés. Durant cette période, les deux courbes tracées sur le graphique restent presque toujours parai-
PRIX par beciol.