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Ifeles ou, du moins, s'abaissent tour à tour et se relèvent au même moment.
Il en est de même en Angleterre. Les chiffres suivants nous prouvent clairement que l'accroissement des importations et Tabolition dos droils sur les grains n'ont pas déterminé une baisse progressive.
PRIX IMPORTATIONS par quaners en shillings.
millions de cwts.
La fixité des prix est aussi remarquable que l'accroissement rapide des importations.
A partir de 1875, en France comme en Angleterre, et on peut le dire, comme dans le monde entier, le prix du blé diminue. Cependant, la législation douanière ne change pas avant 1885 dans notre pays. Le déficit énorme des années 1878, 1879 et 1880, suspend un moment la baisse des cours. Mais, dès 1881, elle s'accentue, et comme toujours, les importations diminuent en même temps que les prix. 11 suffit de jeter les yeux sur le graphique dont nous avons déjà parlé pour le constater. Un droit de 3 francs par quintal est volé en 1885, au printemps; deux ans après, le droit est porté à 5 francs.
Néanmoins les prix diminuent de même qu'ils s'abaissaient après 1820 sous le régime de l'échelle mobile. En voici la preuve.
PRIX par heciol. IMPORTATIO.NS
fr. c. milliers d'hcctol.
De même qu'en 1820 ou 1830, la législation douanière très nettement protectrice appliquée aujourd'hui en France, comme elle Tétait autrefois en Angleterre, a déterminé une hausse relative qui masque simplement la baisse absolue constatée par tout le monde. Il s'est produit un écart entre les cours pratiqués en
Franco et ceux que Von peut noter au même moment sur des marchés francs tels que ceux de TAnglelerre, de la Belgique ou de la Hollande. Depuis 1887, cet écart a été presque toujours égal et souvent supérieur au droit de douane que l'importateur étranger devait acquitter à l'entrée. Cette hausse qu'a déterminée la protection douanière n'a donc nullement nui aux producteurs étrangers, elle n'a apporté aucun obstacle sérieux aux importations qui n'ont pas diminué. Seuls les acheteurs de froment ont dû subir le sacrifice représenté par la différence entre leur prix d'achat et le cours, auquel ils se seraient procuré la même marchandise, si les droits protecteurs appliqués en France n'avaient pas déterminé une hausse relative.
Parmi les producteurs de blé, ceux qui vendent une partie de leur récolte ont seuls, également, profilé de ce régime. Le gain qu'ils ont réalisé est égal à la perte subie par les acheteurs. Il s'agit, dans l'espèce, d*une subvention accordée par une catégorie de citoyens à une autre classe de la nation.
Si nous avons réussi à exposer clairement les faits récents qui se sont produits, le lecteur doit comprendre et admettre avec nous que les droits de douane n'ont pas eu pour eiïet de limiter ou de suspendre les importations. Le tarif douanier a simplement déterminé une hausse suffisante pour en annuler les effets à l'égard des importateurs étrangers. Cette hausse étant égale au montant des droits, il est devenu indifférent au négociant de porter son blé à Londres pour le vendre 15 francs, sans payer de taxes, ou de l'amener au Havre et de le vendre 20 francs après avoir acquitté un droit de 5 francs.
Dans les deux cas, la recette nette a été pour lui de 15 francs.
D*un autre côté, l'accroissement des quantités importées depuis 1875 peut-il justifier la baisse des cours? Les entrées ont diminué et non augmenté depuis celte époque en même temps que les prix; c'est un fait certain mais que nous tenons à signaler une fois de plus.
PRIX IMPORTATIONS par hectol. (milliers d'hectol.)
fr. c.
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De la première de ces périodes à la troisième, e'est-à-dire, de 1876-1880 à4886-1890,lescours passent de 22 fr.30àl8.20,maisles importations ont diminué de 4,653,000 hectolitres, ou de 36 p. 100 environ. L'année 1891 a été marquée par une mauvaise récolte; les achats de blés étrangers s'élèvent à 25 millions d'hectolitres et dépassent de 101 p. 100 la moyenne quinquennale précédente, mais les cours augmentent de 13 p. 100, malgré la réduction à 3 francs du droit de 5 francs appliqué depuis 1887. Cet abaissement brusque des droits et les nécessités de la consommation justifient tout à la fois le chiffre considérable des importations en 1892 et la baisse des cours qui tombent à H fr. 87. En 1893, la taxe de 5 francs est de nouveau appliquée, mais la baisse générale sur les marchés du monde exerce son influence, et le prix du froment ne dépasse pas 15 fr. 70, tandis que les importations se réduisent à 12,840,000 hectolitres, quantité qui eût été moins forte si Tannonce d'un relèvement prochain des droits de douane n'avait pas provoqué des achats considérables.