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Augmentation totale.

L'aplitude individuelle ayant élé complètement éliminée par la mutation des deux groupes d'animaux, nous ne pouvons plus maintenant la faire entrer comme facteur dans la comparaison de nos résultats; nous constatons cependant dans le tableau ci-dessus une augmentation de 14 kilos sur la pesée précédente, pour le 4" lot nourri avec la betterave fourragère et de 44 kilos pour le 2* lot qui a reçu de la betterave h sucre, soit en faveur de la dernière encore une différence de 3 kilos.

En résumé, la betterave Améliorée Vilmorin a fait acquérir aux deux lots auxquels elle a été distribuée une augmentation totale de 9 kil. 500+44 kilos = 23 kil. 500 et la betterave ïankard une augmentation de 8 + 41 = 19 kilos. Cette différence de 4 kil. 500, loin d'être négligeable, représente environ 20 p, 400 de Taugmentation totale.

Ainsi donc, le doute n'est plus possible : placés dans des conditions absolument identiques, les animaux acquièrent un poids plus élevé lorsqu'ils sont nourris avec la betterave à sucre que lorsqu'ils le sont avec la betterave fourragère, ces deux aliments étant distribués, bien entendu, à quantité de matière sèche égale.

Ces résultats nous étant connus et ne pouvant être contredits, il nous a paru intéressant de faire l'analyse complète de ces deux variétés de betteraves afin de savoir si la différence de leurs qua-

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lilés nutritives ne provenait pas de la oomposilion de leur matière sèche. Les résultats de ces analyses ont été donnés plus haut dans le tableau n° 1 .

A l'examen de ce tableau, il est facile de constater que la matière sèche et ses éléments constituants sont tous en excédent, sauf pour les cendres, dans la betterave à sucre, mais que la proportion entre la matière sèche et ces divers autres éléments est à peu de chose près la même pour les deux variétés de betteraves misesenexpérience;sinousétablissons, en effet, larelationnutritive de chacune d'elle, nous trouvons, pour la betterave à sucre, M^ = «J» et pour la betterave fourragère, jna = à-

Ces deux relations ne présentant qu'une différence pratiquement négligeable, les écarts de poids observés ne peuvent donc tenir à la composition centésimale des betteraves ayant servi à Texpérience.

Comment donc expliquer la supériorité qu'a présentée la betterave à sucre dans l'alimentation de nos animaux? Uniquement par sa digeslibilité plus élevée, c'est-à-dire par la plus grande facilité avec laquelle elle permet aux sucs digestifs d'attaquer ses divers éléments et de les utiliser ainsi dans une plus grande mesure au profit de l'animal.

Nous n'avons pas expérimenté d'une façon directe le coefficient de digestibilité de ces deux variétés de betteraves, nous réservant de le faire dans une étude ultérieure dont l'objet sera de compléter celle-ci ; mais il nous est cependant permis d'affirmer que la plus grande augmentation de poids obtenue avec la betterave à sucre ne peut être due qu'à son coefficient de digestibilité plus élevé.

Il est un autre facteur qui, avec l'emploi de certaines variétés de betteraves fourragères, ne serait peut-être pas à négliger dans la comparaison de nos résultats : nous voulons parler du nitrate de potasse que ces betteraves contiennent en proportion plus ou moins grande, et qui, à une certaine dose, peut produire sur les animaux des efTels désastreux dont le moindre serait un grand trouble dans la digestion.

Dans un mémoire sur « la culture des betteraves au champ d'expérience de Grignon* », M. Dehérain nous montre que certaines

1. Culture des betteraves au champ d'expériences de Grignon. Annales agronomiques^ année i890, p. 542.

betteraves, telle que la « Jaune ovoïde des Barres », peuvent contenir jusqu'à 0.23 p. 100 du poids de bellerave en nitrate de potasse. Dans une ration de 3 kilos, par exemple, on administrerait journellement à des moutons 6 gv. 900 de ce sel; celte forte dose pourrait peut-être provoquer chez l'animal des troubles dont sa sanlé se ressentirait certainement.

Dans notre expérience, nous n'avons pas à tenir compte de ces considérations; nous avons, en effet, choisi une variété, la Tankard, qui semble être la plus pauvre de toutes en nitrate de potasse, puisqu'elle n'en contient que 0.06 p. 100, ce qui, dans la ration de 3 kilos, représentait le poids insignifiant de 1 gv. 800 de ce sel. Cette quantité ne pouvait nuire à nos brebis, aussi avonsnous constaté, dans nos deux lots, un très grand appétit pendant toute la durée de l'expérience.

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