‹ Annales agronomiques (volume 2)Chapitre 81 sur 253 · III. — Conclusions · texte numérisé non relu

III. — Conclusions

De cette expérience, nous pouvons tirer les conclusions suivantes :

i* Qtià quantité de matière sèche égale ^ la betterave àsticre pos* séde des qualités nutritives plus grandes que celles de la betterave fourragère^ cette supériorité ayant été constatée par une augmentation plus grande du poids des animaux;

2** Que cette supériorité de la betterave à sucre n'est due uniquement quà son coefficient de digestibilité plus élevé.

Ceci étant bien établi, reste à savoir maintenant si l'agriculteur aura avantage à substituer la betterave à sucre à la betterave fourragère dans la nourriture des animaux; cela dépend assurément des quantités de matière sèche qu'il pourra obtenir à Theclare avec l'une ou l'autre de ces betteraves. L'expérience seule peut le renseigner à ce sujet.

REVUE DES TRAVAUX PUBLIÉS EN FRANCE ET A L'ÉTRANGER

Technologie.

La eonlenr de l'orge de brasserie, par M. A. Zœbl *. — On n'a pas pu

se mettre d'accord jusqu'à ce jour sur rimportance que les brasseurs doivent attacher à la couleur de Torge ; la plupart d'entre eux préfèreut la coloration

\. Œslerreichische Zeiischr. f. Dieràraunrei u. Mahfaôrikation^{Sd2, n<»» 23 et 25; — BraunspUzige Gersle, Allgem, Brauer- u. Hopfen-ZeUung^ 1892, d« 106. — Bot, CêntralbL, LU, 344.

jaune clair. Cependant, dans ces derniers temps, Topinion a été émise que la couleur ne permettait pas de distinguer les orges saines des malades.

11 y avait donc là une affaire importante à tirer au clair.

Dans Torge mûre ce sont surtout les parois cellulaires de Tépiderrae des glumelles qui renferment la matière colorante jaune.

Or, Tauteur a trouvé que de faibles quantités d'ammoniaque, agissant sur les grains d'orge mouillés, changent cette coloration en jaune foncé. Le même virage de la couleur se produit lorsque, pendant la maturation, les grains sont exposés à la fois à une grande humidité et à une basse température. On obtiendra au contraire la couleur jaune clair par les temps favorables qui hâtent la dessiccation des grains.

Parfois les grains d'orge deviennent gris. Ce changement de couleur doit être attribué à des champignons qui s'établissent de bonne heure sur le grain, surtout sur son sommet coiffé de poils, dans le sillon et sur le stylet basilairc et dorsal; ce sont en général des espèces saprophytes, des genres Spoindesmium, Cladosporium, Helminthosporium et Domalium. Qu'il intervienne un temps humide pendant la maturation, les spores de ces champignons germent, donnent naissance à des mycéliums qui envahissent la surface des glumelles, le sommet et le sillon du grain, traversent les tissus, surtout parenchymateux,pour y provoquer des altérations qui viennent renforcer encore la couleur grise, olivâtre ou brune des mycéliums eux-mêmes.

C'est là la raison d'être de la suspicion dans laquelle on tient les grains mouillés par la pluie.

Une autre maladie du grain d'orge consiste en ce que l'extrémité inférieure est colorée en brun par une substance très résistante, que les oxydants seuls détruisent et qui paraît être, au point de vue physiologique, un équivalent de la gomme cicatricielle. On la trouve surlout abondamment dans le voisinage immédiat des faisceaux libéro-ligneux, dans l'axe de Tépillct et dans le parenchyme des glumelles. Les tissus brunis sont traversés par les hypbes d'un cliarapignon d'où paraissent émaner les masses brunes. Ce champignon serait, d'après l'auteur, le C/«f/osponam herbarum.

L'expérience a démontré que l'orge à pointe brune ne possède plus son énergie germinative normale. Sur le papier buvard mouillé, les grains malades deviennent bientôt la proie des moisissures, et, sans aucun doute, le même inconvénient doit se présenter dans les malteries.

En ceci l'expérience exactement conduite n'a fait que confirmer une opinion depuis longtemps trè? répandue parmi les praticiens.

Le Gérant : G. Masson.

P&rit. — Imprimerie L. Mahkthbux, 1, me Cai^ette.

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