‹ Annales agronomiques (volume 2)Chapitre 82 sur 253 · QUELQUES RECHERCHES · texte numérisé non relu

QUELQUES RECHERCHES

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LTSAGE DES FRUITS ET DES RÉSIDUS DE LEUR DISTILLATION DANS L'ALIMENTATION DU BÉTAIL

m. Ch. CORNEVIIV

Professeur 4 TÉcole vétérinaire de Lyon.

En lisant le litre de ce petit Mémoire, peut-être plus d'une personne pensera que si des générations d*habilcs arboriculteurs ont créé el multiplié nombre de variétés et de races de fruits succulents, c'est pour en orner la table de l'homme, apporter un appoint à son alimentation mais non à celle de ses animaux domestiques; que distribuer à ceux-ci le produit de nos vergers et de nos vignobles est faire un acte comparable à rintroddction du blé dans leurs rations, et elles ne sont peut-être pas loin de penser que si ces distributions ne sont pas prohibées, elles mériteraient de l'être.

Est-il nécessaire de faire ressortir la puérilité d'une pareille façon d'envisager les choses. Est-ce que, transportant la doctrine des causes finales dans le domaine de l'économie rurale, ces personnes voudraient soutenir que le raisin a été créé uniquement en vue de donner du vin et le blé d'êlre transformé en pain? Hélas, les plaintes sur la mévente des vins el le bas prix des céréales démontrent assez qu*il n'y a pas el qu'il ne peut point y avoir de prédestinationpour tel ou tel produit. Bien au contraire, le changement de destination^ aussi prompt que le demandent les circonstances, doit être la première préoccupalion de Tagriculteur. Faire, par exemple, en une année de sécheresse, la balance entre le prix de vente du blé, des fruils, du vin et le taux probable auquel ces produits ressortiraient en les utilisant à alimenter la machine animale et en les transformant en viande grasse, en lait, etc., non seulement est fort légitime, c'est nécessaire.

Mais — et à nous en tenir aux fruits seuls — avant de mettre une telle idée en pratique, si on la jugeait rémunératrice, il est indispensable d'être fixé sur l'accueil que les animaux réservent à cette nourriture, éloignée de leur genre habituel d'ali-

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mentSy de voir quelles sont les espèces qui la recherchent ou tout au moins raccueillent sans trop d'hésitation, celles auxquelles il est avantageux de la donner et celles qui en tirent le moindre profit. On ne possédait que quelques documents, dispersés dans diverses publications et ne concernant que trois ou quatre espèces de fruits. L'abondance des produits de nos vergers en 1893 m'a permis d'expérimenter avec la cerise, la pomme, la poire, la prune, la prunelle, la châtaigne, le raisin, ainsi qu'avec les glands. Parmi les fruits reçus de l'étranger, je me suis occupé des caroubes, des figues et des dattes.

Dans les années d'abondance, une quantité notable de ces fruits, indigènes et exotiques, est soumise à la fermentation puis à la distillation en vue do la production d'alcools de saveur et d'odeur diverses, kirsch, mirabelline, eau de prunelles, etc. Ya-t-il possibilité d'utiliser les résidus de ces opérations pour la nourriture des animaux, sans danger pour leur santé ni disqualification des produits qu'ils fournissent? Si oui, quelle est la composition chimique et par suite la valeur approximative de ces résidus comme aliments ?

Voilà les quelques questions qui vont être traitées, en laissant toutefois de côté ce qui concerne les marcs de raisins et do pommes dont l'étude a été faite déjà, notamment par M. DegruUy et par M. Houzeau.

La plus grande partie de mes essais a été faite pendant les vacances, à la campagne, dans un petit domaine de l'Est. Là, si j'ai les fruits sous la main, je ne suis pas outillé pour des recherches scientifiques poussées bien loin. On voudra donc ne pas deman* der à ce travail ce que je ne pouvais y mettre dans les conditions où il a été réalisé, mais le considérer simplement comme une préface à des recherches plus appprofondies qui seront entreprises sur ce sujet et surtout comme une réponse aux questions de pratique que j'ai posées plus haut.

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