CULTURES TROPICALES
tous sens par des hyphes de champignons, et sur celles-ci se développent de minuscules excroissances tuberculeuses, que Tauteur appelle plaisamment des « choux-raves ».
Les choux-raves erf question sont la nouiTiture principale, sinon exclusive des Atta. Il n*y ena plus dans les parties vieilles du jardin. Hs résultent simplement d'un renflement sphérique de l'extrémité des hyphes, rempli d'un protoplasme mousseux.
Vidons le contenu d'un nid, les habitants y compris, dans un cristallisoir, nous verrons les fourmis se mettre de suite à la reconstruction de leur jardin; tous les matériaux étrangers au jardin, sont entassés le long des parois du cristallisoir, qui devient, par conséquent, opaque; au milieu, nous verrons bientôt apparaître la masse spongieuse typique du jardin. Les jours suivants, les parois augmentent d'épaisseur, tandis que le jardin diminue d'étendue et finit par disparaître ; alors on voit les fourmis anxieuses courir dans cet espace vide et périr toutes au bout de huit à quinze jours. Tant que le jardin subsiste, le décès d'une fourmi est un accident rare.
L'auteur a eu l'idée de laisser jeûner les fourmis en ne leur donnant que des feuilles de rosiers, auxquelles, d'ailleurs, elles ne touchaient pas; puis il leur a offert des fragments d'un jardin purgé de ses habitants. Aussitôt, et sous les yeux de l'observateur, les insectes se sont mis à manger. Avec un peu d'exercice, on a môme pu alimenter directement les fourmis avec les « choux-raves », même avec ceux qui avaient été cultivés par d'autres espèces à' Atta, Ces mêmes fourmis dédaignaient, au contraire, les « choux -raves » cultivés par d'autres genres de fourmis, car il en existe plusieurs, ainsi que tous les autres champignons.
On a pu voir du même coup comment les fourmis s'y prennent pour préparer le jardin. Non seulement les fragments de feuilles apportés sont de nouveau divisés, mais ils sont soumis à un tel triturage que toutes les cellules en sont déchirées.
Tous les jardins cultivés par les Atta dont il s'agit renferment un seul et même champignon, celui qui produit les « choux-raves ». Jamais, tant qu'il y a des fourmis, le mycélium n'apparaît à l'air libre; jamais il ne s'y développe aucune sorte de fructification. C'est une culture pure. On obtient facilement deux formes conidiennes lorsqu'on écarte les fourmis. Le mycélium a la tendance à former des renflements, des processus vésiculeux très distincts les uns des autres; Tune de ces productions, résultat de la culture, est le « chou-rave ». L'auteur a pu l'obtenir dans une culture artificielle, au sein d'une solution nourricière, et ces '< choux-raves » artificiels ont été parfaitement acceptés des fourmis. Il a trouvé également la fructification du champignon, lequel est un champignon à chapeau, appartenant aux Agaricinées et dont il a fait le Rozites gongylophora^ au chapeau couvert d'écaillés rouges ou pourpre noir, aux spores brunes et à double volve.
Les Atta ne sont pas les seules fourmis qui cultivent des champignons. U faut y ajouter quelques espèces à' Apterostigma et de Cyphomyrmex.
Vbsqub.
Physiologie végétale.
Recherches sur la re^iratten Intramelécnlalre des plantes, par
M. A. ÂMM. * — Quoique très studieusement exploré, le terrain de la respiration n'est pas épuisé; des lacunes existent encore notamment dans Thistoire de la respiration intramoléculaire, surtout en ce qui concerne ses relations avec la respiration normale. A ce titre, le travail de M. Amm mérite d'être lu.
L'auteur se propose de répondre aux questions suivantes : Quelle est Tinfluence de la température sur la respiration inlramoléculaire, dont l'intensité sera mesurée naturellement par les quantités d'acide carbonique dégagé? Quelles sont les quantités d'acide carbonique émis par une seule et même espèce ep respiration normale et intramoléculaire et dans ses divers stades de développement? Quelles sont enfin les quantités d'acide carbonique émis par les divers organes d'une môme plante eu respiration normale et intramoléculaire? Pour les deux dernières questions on portera son attention surtout sur le rapport entre les volumes d'acide carbonique provenant des deux modes de respiration.
La méthode employée par l'auteur consiste à faire passer de l'hydrogène sur les plantes et à lui faire ensuite traverser un tube de Pettenkofer chargé d'eau de baryte. On litre l'eau de baryte avant et après l'expérience à l'aide d'une solution d'acide oxalique; la différence de l'acide oxalique nécessaire à la neutralisation de la baryte donne les quantités d'acide carbonique exprimées en acide oxalique; un calcul très simple, fait une fois pour toutes, permet de traduire les quantités proportionnelles en quantités réelles.
L auteur est parvenu à fixer ainsi les points suivants :
1. — Le minimum de température est situé plus bas pour la respiration intramoléculaire que pour la respiration normale; au lieu de se trouver à zéro, il est situé à quelques degrés au dessous; à zéro degré on observe déjà un dégagement d'acide carbonique assez intense.
2. — La respiration intramoléculaire s'accroît avec la température, mais point du tout proportionnellement.
3. — Pour la respiration intramoléculaire du blé et du lupin, l'optimum de température est situé aux environs de 40 degrés ; il occupe par conséquent la même place que celui de la respiration normale.
4. — Tandis qu'il y a sans doute un maximum de température pour la respiration normale du blé et du lupin, maximum situé vers 45 degrés, on ne saurait parler d'un maximum de température pour la respiration intramoléculaire; en effet les jeunes plantules de blé et de lupin supportent bien les températures de 40 et 50 degrés en présence de l'oxygène, mais périssent en l'absence de l'oxygène dès que la température dépasse 40 degrés ; la courbe de la respiration tombe brusquement au delà de l'optimum de température.
5. — L'ascension la plus rapide de la courbe de la respiration intramolé-